vendredi 27 mars 2020

JAPON : LE RAFFINEMENT DU BAIN

Au Japon, les bains sont un lieu de détente privilégié

Le complexe de Yunessum dans la ville d'Hakone...

reconstitue une ambiance naturelle...

dans une moiteur tropicale

En ces temps de confinement souvent difficiles à vivre, pourquoi ne pas retrouver le plaisir des choses simples, celui du bain notamment ? Plus besoin de se hâter sous la douche, voici venu celui de se prélasser dans un bain moussant ou parfumé aux huiles essentielles en s'imaginant au Japon.

L'hygiène japonaise n'est plus à vanter. Nul ne se lave plus qu'un Japonais et c'est ravissant de voir une femme à sa toilette dans un bain public, à la fois pudique et charmeuse. C'est aussi un lieu convivial où l'on se donne rendez-vous, par plaisir ou pour discuter affaires.

Les règles du savoir-vivre du bain japonais
La tradition japonaise du bain comporte tout un rituel qu'il faut observer avec soin, dans les ryokan ou auberges d'antan. Le bain est public et se prend nu, les femmes d'un côté, les hommes de l'autre, la salle des femmes étant indiquée par un rideau rouge et celle des hommes par un bleu. Avant d'entrer nu dans la vaste piscine d'eau chaude, il convient, par courtoisie, de se savonner des pieds à la tête, assis sur un tabouret, devant une sorte de comptoir comprenant tout ce qu'il faut pour la toilette : brosses à dents, peignes et brosses, shampoings, savons, crèmes diverses. Puis on se rince soigneusement avant de pénétrer dans le bain, plaçant pudiquement une minuscule serviette promue à cet usage devant son ventre, totalement nu mais saluant avec courtoisie les divers occupants. Il y a souvent, donnant directement sur un jardin intérieur, un vaste tonneau empli d'eau encore plus chaude où l'on se glisse en frissonnant, le taru-buro. C'est surtout délicieux quand il neige dehors car on se sent préservé, la tête et le cou étant seuls exposés au froid, sensation rare.
Dans l'appartement privé d'un ryokan, il existe toujours un coin réservé aux ablutions et des toilettes. Pour se rendre dans ce dernier lieu, il convient de mettre des sandales spéciales que l'on enlève sitôt sorti. La plupart sont équipées d'un curieux bloc hérissé de boutons. L'un permet d'avoir une lunette chauffante où s'asseoir, deux autres offrent plusieurs sortes de jets d'eau servant à la toilette intime, un autre au séchage, luxe inconnu des malheureux Occidentaux que nous sommes...

Les folies de Yunessum

Ces étudiantes se sont donné rendez-vous à Yunessum pour un
bain au café

Ce sont surtout les hommes les adeptes du bain au vin

Les Japonais adorent les bains naturels, dans de jolis lieux où jaillissent naturellement des sources d'eau chaude, souvent sulfureuses, ce qui n'est pas rare dans ce pays de volcans. C'est ainsi que la charmante ville de province d'Hakone, située dans la vallée volcanique d'Owakudani, au bord du lac d'Ashino, est célèbre pour ses sources d'eau chaude naturelles. Il y a six ans, le vaste complexe de Yunessum a ouvert au public dans un parc imitant à merveille les caprices de la nature, cascades, bassins, rochers, geysers tout un assortiment de bains, du plus poétique au plus fou.
A Yunessun, qui comprend toute sorte de bains traditionnels, publics et privés, piscines et saunas, la partie aménagée dans le parc est mixte. On s'y rend donc en maillots de bain. Là, on peut se doucher dans des vasques imitant la nature, sous une cascade d'eau chaude. Mais on peut aussi, sous une grande bouteille de vin, japonais bien sûr, barboter dans une eau rouge sang. Ce bassin n'est évidemment pas rempli de vin, des colorants étant mêlés aux arômes, mais il en donne l'illusion. Il y a ainsi le bain de thé vert, à l'eau d'une belle teinte émeraude surmontée d'une grosse théière, celui de café, de saké ou de goémons. Le premier détend, le second et le troisième stimulent, le saké est excellent pour la peau et les goémons sont bénéfiques aux articulations douloureuses.
Cuvette naturelle dans cette région volcanique et jardin tropical
font de Yunussum un petit paradis

Ces jeunes filles essaient le bain au thé,
idéal pour raffermir la peau

L'ambiance est surtout festive. Les enfants, émerveillés, courent d'un bain à l'autre, tâtant d'une couleur puis d'une autre. Pour les adultes, cette installation en plein air, imitant parfaitement les caprices de la nature, est poétique à souhait et la couleur très crue des autres bains ajoute une petite touche de folie à cet ensemble si bien conçu. De toute façon, l'effet curatif des eaux sulfureuses, excellentes pour tout eczéma ou maladies de peau, est connu depuis longtemps. Et l'on passe là une journée de détente dans un lieu ravissant, avant de prendre le funiculaire pour aller voir les curieuses fumeroles volcaniques ou d'emprunter un bateau digne des pirates du capitaine Crochet pour sillonner les eaux du lac d'Ashino et visiter son sanctuaire, le Hakone Gongen. Il s'élève au pied du mont Koma, son entrée étant marquée par un vaste torii ou porte, planté dans l'eau.  Le soir venu, rentré dans son ryokan, on goûte à nouveau cette détente aimable d'un bain public, avant qu'un repas raffiné, à base d'algues et de poissons du lac, ne soit servi dans la chambre, comme c'est l'usage dans ces auberges traditionnelles où une hôtesse en kimono déploiera, sitôt la table basse desservie, futon et couette pour la nuit. Le matin, le rituel des bains recommence, chacun se pressant dans les couloirs, vêtu de son kimono d'intérieur qui donne une allure si élégante au moindre geste.

Une théière géante sert de douche

Le bain de goémon est réputé pour sa tonicité

Carnet pratique (pour... un peu plus tard) :
Comment y aller : Par Japon airline, 4, rue de Ventadour 75001 Paris, Tél. : 01 44 35 55 72 et en consultant le site de l'Office du Tourisme, même adresse et Tél. : 01 42 96 28 89, www.tourisme-japon.fr.
Comment organiser votre voyage :
- Voyageurs du Monde, 55, rue Saine-Anne 75002 Paris, Tél. : 08 92 23 56 56, grand spécialiste du Japon, vous organisera un voyage sur mesure et vous procurera le passe JR, qui vous permettra de voyager sur la plupart des trains japonais.
- L'agence NostaAsie, 19, rue Damesme, 75013 Paris, Tél. : 01 43 13 29 29 est également spécialiste du Japon.
- Où loger  : Dans bien des villes, les hôtels Prince, 12, rue Vignon 75009 Paris, Tél. : 01 53 05 99 09 jouissent en général d'une belle vue et les prix sont raisonnables.

- Yunessun : 1297 Ninotaira Hakone-machi Kanagawa-ken 250-0407, Tél. : 0460-82-4126, site : http://www.yunessun.com. 

lundi 23 mars 2020

JAPON :LES MOINES DE KOYASAN


Japon : vivre parmi les moines bouddhistes,
dans le sanctuaire de Koyasan

 En ces temps de confinement difficiles pour tous, s'initier à la la sagesse orientale peut devenir un réconfort

Préparation de la nourriture de Bouddha
Koyo distribuant la nourriture de Bouddha
sur les divers autels du temple

Il y a douze siècles, le moine Kukaï, de retour de Chine, fonda dans le massif montagneux de Koyasan, à cent kilomètres au sud de Kyoto, un lieu de prières et d’enseignements bouddhistes.

Kyo distribue « la nourriture de Bouddha »

Koyo préparant le thé selon
un rituel millénaire

La prière du matin dans le sanctuaire de Henjokoin

Le recueillement des moines

Depuis lors, les portes monumentales, pagodes et monastères se sont multipliés à Koyasan, si bien que l’on compte aujourd’hui cent dix-sept édifices religieux érigés le long des trois rues principales. S’il n’y a pas d’hôtels proprement dits, on peut loger dans les monastères où les moines permettent à leurs hôtes, même non bouddhistes, de participer à leurs prières.
Dans celui d’Henjokoin datant du XVII è siècle, le jeune moine Koyo est chargé du bien-être des hôtes. Il prépare les chambres, vastes, spacieuses et dénudés, donnant sur un petit jardin zen fait de roches et de mousses, déroule le futon pour la nuit, simple matelas pourvu d’un oreiller et d’un édredon. C’est lui encore qui sert dans les chambres les repas végétariens, à base d’algues. Avant de se coucher, on va se purifier dans les bains collectifs, une salle étant réservée aux femmes et une autre aux hommes. On se baigne nu dans une grande cuve de bois à l’eau bouillonnante. Auparavant, par courtoisie, on s’est entièrement savonné et rincé.


repas des moines à Henjokoin

Koyo prenant soin du jardin zen d'Henjokoin, propice
à la méditation

Sous la direction du maître ou Dojun, les moines psalmodient des mantras, des prières, dans le Goma Hall. Richement décoré de statues de Bouddha, il est pourvu de centaines de lanternes en fer forgé projetant sur les murs leurs lueurs mouvantes. A 4h 30 du matin, Koyo prépare dans une cuisine réservée à Bouddha, le riz qu’il dispose dans de petits bols déposés devant chaque statue. Il nourrit le Bouddha.
La salle la plus sacrée d’Henjokoin, dite de l’empereur, est celle où l’on conserve encore le trône et l’éventail de l’empereur Kano Fujirama Salrin, venu visiter le sanctuaire il y a trois cents ans…

Une profusion de portes sacrées, pagodes et monastères




Moines s'exerçant à l'art difficile de la calligraphie


          Kukaï cherchait un lieu où se retirer dans le silence et la prière pour enseigner cette nouvelle religion, le Bouddhisme, qu’il avait connue en Chine. Deux chiens, un noir et un blanc, le menèrent dans ce massif montagneux de Koyasan. Il y trouva une grotte une grotte où s’abriter avec son disciple Shinzen. Peu à peu, la réputation de sainteté de Kukaï et ses enseignements attirèrent d’autres disciples. Quand il se retira dans sa grotte le 21 mars 835 pour une dernière méditation et pour y attendre la mort, la première communauté bouddhiste était née à Koysan. Elle y perdura sous la direction de Shinzen et de ses successeurs et se dota d’une multitude d’édifices religieux, portes monumentales, pagodes parfois peintes d’orange tirant sur le rouge, telles celles du Daimon ou de Konpondaito, monastères blottis dans des jardins zens propices à la méditation, au sable ratissé tous les matin par les moines et ornés de roches symbolisant la création du monde : Kongobuji ou Kondo Hall.

Méditation devant le portrait du saint Kukaö

Un cimetière magique


Le précieux "daito" du temple du Garan



Moine méditant dans le cimetière magique d'
Okunoin

          L’itinéraire particulier de Koyo est singulier. Né à Hiroshima où il fit des études de Philosophie, il ne se destinait pas à la vie monastique. Son premier travail, à Tokyo, dans une société d’édition et d’audiovisuel bouddhistes décida de sa vocation. Depuis lors, il reste à Koyasan, passant de monastère en monastère, pour y suivre l’enseignement d’un maître et se perfectionner dans la calligraphie ou la méditation. Son maître actuel, Keika Ajari, est d’origine chinoise. A trente-deux ans, pas encore marié, il a décidé de consacrer sa vie à l’adoration de Bouddha.
          Pour parvenir au lieu le plus sacré de Koyasan, le monastère d’Okunoin abritant la fameuse grotte, il faut accomplir un véritable parcours initiatique parmi des pins centenaires. Là se dressent des milliers de stèles aux effigies des moines morts. Il y a aussi de naïves statues de femmes et de leurs bébés, les moines de Koyasan pouvant se marier. Ces petites figures pathétiques sont parfois dotées de bonnets et d’écharpes rouges, tricotées ou taillées dans un beau tissu, comme si l’on avait voulu protéger du froid, dans l’au-delà, ces fragiles petits morts…



N° 59 JANVIER-FEVRIER

N° 59 Janvier-février

Les beaux sourire d'Afrique

Sommaire :

. Grandeur et misère de l'Afrique du Sud

. Amritsar, le sanctuaire des Sikhs

. La fête au Laos

. Thalasso à Dinard



jeudi 20 février 2020

GRANDEUR ET MISERE DE L'AFRIQUE DU SUD

L’Afrique du Sud, la magie dangereuse 

Carte de l'Afrique du Sud


Le Cap encerclé par ses montagnes

Des rochers abruptes que gravit un téléphérique

Un ourlet de nuages figurant une cascade

L’arrivée à Cape Town est grandiose. On rase des montagnes vertes avant de piquer vers l’océan et la célèbre Table surplombant la ville qui se love au bord des vagues. La plage s’étend, blanche et vierge, bordée de palmiers, cocotiers, bougainvilliers, flamboyants, céanothes, viornes ou lilas des Indes. Le port bourdonne d’activité. Le front de mer n’est pas uniforme, mais piqué ça et là de petits immeubles poussés entre de plus vieilles maisons de style hollandais aux frontons ouvragés. Par malheur, on distingue aussi, comme une ceinture de misère entourant toute cette splendeur : les innombrables bidonvilles habités par une population noire bien souvent sans travail.
A errer ensuite dans cette superbe ville hélas si disparate, ma première impression ne fait que se confirmer. On ne voit pas de couples mixtes. Peu de Noirs sur le front de mer. Les somptueuses villas des riches propriétaires, des Blancs pour la grande majorité, sont ceintes de tout un réseau compliqué de barbelés, le plus souvent électrifiés. C’est dire si la confiance et la sécurité règnent… Aucun problème durant la journée, mais à la nuit tombée, mieux vaut ne pas se promener seul. Le long de la ceinture de bidonvilles poussent pourtant des maisonnettes en dur sur des parcelles également protégés de barbelés. On voit ça et là des douches et des toilettes, mais les terrains sont réduits à la portion congrue et les maisonnettes si proches les unes des autres et si exiguës qu’on ne peut encore parler d’habitat décent, même si le progrès est réel. Ce sont les nouveaux logements des anciens sans-abris. Faille du système, la corruption règne en maître pour se voir attribuer ce genre d’habitations. Et, si la magie opère, l’équilibre social reste bien précaire…

City Bowl, le vrai cœur de la ville

Au marché de City Bowl

Des réfugiés fuyant guerre ou famine

On remballe avant la tombée de la nuit

Une famille heureuse

Pour une immersion rapide dans l’ambiance si colorée du Cap, rien ne vaut un tour à Green Market Square, le cœur du cœur de la ville. Imaginez un vaste quadrilatère situé sur Burg St où sont implantés des dizaines et des dizaines d’étals, surchargés de toutes ces babioles propres à l’Afrique et venues un peu de tous les coins du continent : masques, bijoux de perles, pagnes aux vives couleurs, œufs d’autruches, objets faits de boîtes de conserves recyclés ou de capsules, tout ça dans une ambiance bon enfant et souriante. Les vendeurs proposent leurs marchandises à grands renforts d’encouragements, en anglais, français ou afrikaans. Au pied de la Metropolitan Methodist Church surplombant le marché, de nombreux réfugiés venus des états voisins, échoués là pour fuir guerres ou famines, préparent comme ils peuvent la popote du soir. Eux n’auront même pas un bidonville pour s’abriter, la nuit venue. Cette église plutôt laide connut les premiers prêches du pasteur Barnabas Shaw qui introduisit ce culte en Afrique du Sud dès 1816.
Tout près du marché, la plus vieille construction de la ville, The Old Town House datant de 1755, servant jadis d’hôtel de ville et d’abris pour les gardes chargés de la prévention des incendies, éternel fléau du Cap, est fermée depuis deux ans pour rénovation.
En quittant le marché, on peu jouir de la délicieuse fraîcheur de Saint George’s Mall, large rue piétonne plantée d’acacias et d’échoppes multiples.
Non loin du marché, à l’angle d’Adderley et de Wale St., on tombe sur le Slave Lodge Museum, élégante bâtisse transformée en cour de justice au XIX è siècle. Y logeaient autrefois, dans des conditions déplorables, jusqu’à mille esclaves travaillant aux jardins qui faisaient alors la renommée du Cap.

Le siège du gouverneur

La grâce des vieilles maisons hollandaises

Le château de Bonne Espérance

Cette ancienne forteresse militaire fait de bois venu de la forêt de Hout Bay et de pierre importées de Hollande est plus emblématique que vraiment intéressante car on  n’en voit plus grand-chose. Elle fut le centre administratif, civil, militaire et judiciaire de la jeune colonie hollandaise arrivée là au XVIII è siècle et qui, à partir du Cap, allait partir à la conquête des terres fertiles de toute la péninsule avant de remonter vers le nord-est, puis de coloniser l’intérieur des terres. Parmi les autres monuments de la ville, notons le Parlement, siège du gouvernement, la cathédrale Saint-Georges où prêcha Monseigneur Desmond Tutu, Prix Nobel de la Paix, et le City Hall, l’hôtel de ville de style néo-Renaissance.
Les Hollandais ne furent d’ailleurs pas les premiers colonisateurs du Cap. Des Européens y abordèrent dès 1485, même si leur histoire s’est perdue. Ensuite vinrent les Portugais qui se contentèrent d’y fonder des comptoirs, Vasco de Gama confirmant officiellement en décembre 1497 l’existence de cette voie maritime vers les Indes et la Chine. Les Anglais ne s’y intéressent pas non plus de très près.
La vraie colonisation de cette partie de l’Afrique débuta avec la création de la VOC en 1602, société fondée avec la réunion de huit compagnies maritimes hollandaises pour commercer de l’Afrique à l’Asie. Son premier siège fut au Cap. Il faudra encore attendre cinquante ans, soit le mois de janvier 1652, pour que Jan Van Riebeeck y débarque avec femme et équipage et y fasse dresser le premier fort et planter autour un vaste potager, histoire de transformer le Cap en une vraie base de ravitaillement pour les navigateurs. Van Riebeeck était hélas raciste et ne pactisa pas avec les indigènes Khoi-Khoi, même s’ils lui vendaient du bétail. Il fit même venir à grands frais de la main d’œuvre du sud-est asiatique, les Cape Malays, regroupés dans ce qui devint l’un des plus jolis quartiers du Cap, avec ses pimpantes maisonnettes bariolées de teintes vives. C’est le quartier de Bo-Kaap, au pied de Signal Hill. Illettrée et sans papiers, cette population étrangère ne put qu’accepter les très dures conditions de travail imposées par la VOC. Même exploitée, cette main d’œuvre coûtait cher et la COP « libéra » ses employés qui durent alors se débrouiller comme ils le purent et devinrent les free burghers, cultivateurs ou petits commerçants.

Au Cap, de l’esclavage à l’apartheid

la montée en téléphérique à la fameuse Table du Cap

La belle vue sur la rade et le port du Cap

Une ville de légende blottie entre mer et montagnes

Bonne humeur assurée lors d'un dîner typiquement africain au Cap

Petite danseuse zoulou au Cap

la statue de Mandela faisant son célèbre discours au balcon de
l'Hôtel de Ville du Cap

Après la Révocation de l’Edit de Nantes en 1685, l’une des plus funestes décisions de Louis XIV, de nombreux protestants français s’enfuirent dans des pays plus tolérants que la France ou débarquèrent au Cap où on leur donna des terres, pourvu qu’ils jurent fidélité à la VOC et s’engagent à y rester au moins cinq ans. L’intransigeance de cette compagnie incita d’ailleurs bien des colons à migrer vers l’est et les Khoi-Khoi furent sans cesse repoussés vers des terres moins fertiles. Leur massacre alla bon train sans émouvoir personne.
Brève colonisation française du Cap de 1781 à 1784, puis domination anglaise de 1795 à 1802, ensuite les Hollandais reprirent la main, pour être à nouveau chassés par les Anglais en 1814. Ils abolirent l’esclavage vingt ans plus tard à la grande colère des Afrikaners dont l’économie dépendait entièrement de cet esclavage. Ce sera le début de leur migration vers l’est, ce qu’on appela le Grand Trek et qui débuta dès 1835. Cette difficile migration des Boers fut dirigée par un certain Piet Retief, descendant d’un huguenot français. Ils avaient d’ailleurs la ferveur mystique et intransigeante des protestants purs et durs, leur austérité mais aussi leur courage. Fait curieux, de nombreux esclaves suivirent dans leur exode leurs anciens maîtres qu’ils préféraient à la domination anglaise… L’exode s’accéléra et le Cap perdit de son influence, jusqu’à ce qu’il devînt, en 1910, la capitale parlementaire de l’Union sud-africaine.
Le désastre s’accéléra au Cap avec la mise en place, dès 1948, des lois sur l’apartheid, l’arrestation de Nelson Mandela en 1962 ainsi que des principaux dirigeants de son parti, l’ANC. On peut d’ailleurs visiter sa prison de Robben island, au large du Cap. L’évacuation de District Six, l’un des quartiers les plus cosmopolites de la ville, de 1966 à 1983, consacra la totale séparation entre population noire et blanche. Soit plus de 60 000 personnes déplacées et entassées dans des taudis. Emeutes, manifestations, emprisonnements iniques, assassinats racistes marquèrent de leur violence incontrôlée les plus sombres heures du Cap.
Le Quartier Malais, celui d'une main d'oeuvre

exportée et donc très pauvre

est peu à peu devenu l'un des plus joli du Cap

avec ses galeries d'Art

et ses maisons peintes de vives couleurs

Dès sa libération le 11 février 1990, après près de trente ans de prison ou de résidence surveillée, Nelson Mandela prononça son premier discours politique du balcon de l’hôtel de ville du Cap. Une statue commémore cet événement.
Même si l’apartheid et ses lois iniques sont bien sûr abolis, même si la réconciliation entre Noirs et Blancs est proclamée, tout ne va pas pour le mieux en Afrique du Sud et au Cap en particulier. Bien des membres de l’ANC furent convaincus de corruption et la mixité dans l’habitat resta un vœu pieux. Nombre de riches propriétaires blancs n’ont toujours guère envie de voir leurs belles pelouses si vertes foulées par des Noirs…
Une excursion à ne pas manquer si le temps le permet : la montée en funiculaire au sommet de la fameuse Table du Cap, d’où la vue est extraordinaire sur toute la baie, la ville, le port et les montagnes environnantes. Le prix est un peu cher, 95E, mais le spectacle reste grandiose.

Pittoresque boutique du Cap

contrastant hélas


avec l'horreur de la ceinture des bidonvilles

Le légendaire Cap de Bonne Espérance

La paisible crique d'Hout Bay

Le charme de son port de plaisance

Les barques de pêche bariolées

En route pour Duiker Island

Parvenir à doubler sans avaries ce cap, fameux entre tous, c’était pour tout un équipage l’assurance d’avoir au moins échappé à un premier péril. En fait, il est situé à 4 bonnes heures de route de la ville, soit 140 km bien tortueux, d’où la vue est partout magnifique sur l’océan et sur une côte torturée aux coupants rochers noirs. Insinuée entre les massifs de Karbonkelberg au nord et de Chapman’s Peak au sud, Hout Bay est un joli port de pêche et de plaisance s’allongeant le long d’une paisible baie ourlée de sable blanc. Ce fut là que s’installèrent les premiers free burghers. On y va aujourd’hui pour y faire une excursion en bateau vers Duiker Island et son importante colonie d’otaries. Lourdes et gauches sur les rochers, elles savent fendre avec grâce les flots, leur vrai élément. Puis on continue par la route de corniche jusqu’au Cap de Bonne Espérance et ses falaises escarpées d’où l’on peut admirer le point de rencontre des deux océans, Atlantique et Indien. Passé le port de pêche de Simon’Town et ses barques peinturlurées de teintes vives, on s’arrête le long de la plage de Boulder’s pour admirer la colonie des pingouins qui ne semblent pas le moins du monde troublés par l’intrusion humaine et continue de se dandiner gravement sur le sable ou de creuser leurs nids à même la plage.
La colonie de phoques et d'otaries de duiker Island

Leurs jeux marins

Des rocs imposants, paradis des cormorans

Le dîner typiquement africain proposé par le restaurant Marco Radebe peut enchanter les carnivores, mais je ne suis pour ma part guère friande de steaks d’impalas ou des ragoûts de bébés phacochères, des animaux bien trop mignons pour que l’on puisse songer à les dévorer d’un coeur serein. En revanche, le décor est amusant, les danseuses et les musiciens zoulous font preuve d’une dextérité et d’une bonne humeur contagieuse.
Marco Radebe, 15, Rose Lane BO-Kaap, Cape Town, Tél. : 021 423 54 12
.
Retour à Hout Bay

Phoques et otaries se prélassant sur le port

La bonne humeur d'une troupe de chanteurs

Petit marché d'Hout Bay
Les différentes sortes de pingouins à la réserve de Boulder's

Pingouin presque apprivoisé

La colonie de Boulder's

Une plage paisible où s'ébattent les pingouins

Pingouin veillant sur sa femelle en train de creuser
son nid

Le petit port de Bouder's

Vers le Cap de Bonne espérance

Bidochons admirant le panneau mentionnant le
fameux cap

La majesté du Cap de Bonne espérance

Babouin du Cap occupé à sa dégustation

La route des vins, Franschhock et Swellendam

Dès que l’on s’éloigne de 40 km du Cap commence l’opulente région des vignobles et ses 100 000 hectares de vignes bien alignées, trouées d’élégantes villas blanches et cossues. Trois villes se partagent la région, Stellenbosch, fondée au XVII è siècle par le second gouverneur du Cap, Simon Van der Stel qui lui donna son nom, Franschhoek, autrefois siège des huguenots et Paarl, plus bruyante et commerciale. Les premiers viticulteurs de la région furent bien sûr Français mais ici, les cépages sont plus diversifiés que chez nous. On peut ainsi trouver dans le même secteur tous les cépages du Bordelais en même temps que du riesling ou du sauvignon blanc, du shiraz ou du chardonnay, mais le « pinotage », issu d’un mélange de pinot noir et de cinsault, demeure quant à lui bien spécifique de l’Afrique du Sud. Il faut évidemment tester ces vins plus alcoolisés que les nôtres. Les fermes de dégustation ne manquent pas, telle par exemple la Neethlingshop Wine Tasting Centre de Stellembosch, sur Polkadraai Road, Tel. : 27 21 883 8941, d’où l’on peut bien sûr se faire expédier en France les bouteilles choisies. Toujours à Franschhock, ne pas manquer le musée des Huguenots, ses vieilles photos nostalgiques, le mobilier et la vaisselle de ces pionniers du vin à l’existence plutôt rude.
Vignes vers Franschhock

Elégante ferme d'architecture hollandaise de Stellembosch

Le vieux pressoir

Vignoble vers Stellembosch

Le centre de dégustation

et son joli jardin

Plat typique hollandais fait de viande,
pomme de terre et fromage

Le musée des huguenots

Et le Mémorial à leurs morts
Toujours Mandela

De hautes montagnes avant d'atteindre Swellendam

Un petit air d'autrefois pour l'hôtel Swellengrebel 
à Swellendam

Le Petit Karoo, les Cango Caves et les autruches

Les immenses plaines bordées de montagnes du Petit Karoo
La célèbre Route 62 appréciée des motards

Une amusante boutique vers Oudtshoorn
Des roches rouges et escarpées succèdent aux luxuriants vignobles avant que la célèbre Route 62, celle des motards de tous poils, ne traverse les étendues plus désertiques du « Petit Karoo » où de rares fermes s’accrochent encore à leurs terres cultivables. Les eaux de ruissellement des monts du Swartberg ont patiemment creusé, durant des millénaires, à trente kms au nord d’Oudtshoorn, tout un labyrinthe de couloirs, goulots s’épanouissant soudain en salles spectaculaires où les stalactites figurent d’étranges lustres que les stalagmites s’efforcent lentement de rejoindre, jusqu’à former d’imposantes colonnades dignes des architectes antiques. Le chemin est dallé, bien balisé, les éclairages dosés juste comme il se doit et l’effet en est féerique.
Les magnifiques cavernes des Cango Caves

Des formes à rendre jaloux les plus grands sculpteurs

Comme un lustre accroché à la voûte

Cango Caves, Tel. : 27 (0)44 7410, reservations@cangocaves.co.za.
La ville d’Oudtshoorn, au nom bien sûr imprononçable, n’offre qu’un intérêt fort limité, avec ses interminables artères tracées au cordeau et on n’en parlerait même pas s’il n’y avait… les autruches. Bien sûr, aucune belle n’orne plus son chapeau de leurs plumes – qui porte encore un chapeau ? Il n’y a plus guère que les effeuilleuses des grands cabarets parisiens pour exhiber « leur truc en plumes » destiné à cacher bien des choses. Si la plume n’a donc plus beaucoup d’avenir dans la couture, la chair de l’autruche est appréciée (trop coriace à mon goût) et son cuir utilisé pour la maroquinerie de qualité, même si les boutiques des fermes proposent des articles hors de prix. Pourtant, la visite d’une de ces fermes s’impose, pour découvrir par exemple les différents types de bestioles, assister à l’incubation et peut-être à l’éclosion des œufs. Si leurs cerveaux ne pesant que quelques grammes laissent perplexes quant à leur intelligence, leurs grands yeux pensifs ourlés de longs cils sont irrésistibles. Il faut les voir se jeter sur les granulés que l’on peut leur distribuer dans leurs mangeoires et se tenir à l’abri de leurs becs parfois coléreux, même si elles n’ont pas de dents…
Cango Ostrich Show Farm, à 14 kms au nord de la ville sur la R 328, Tél. : 044 272 46 23.

Toit traditionnel pour notre chambre de
l'
Oudtshoorn Inn

Les oeufs d'autruches mis à incuber sont sur ple
point d'éclore

Troupeau de bébés autruches

Troupeau adulte

Autruche mâle dans son enclos

De grands yeux pensifs bordés de cils immenses

On peut verser des granulés dans leur mangeoire pour
les voir accourir

La boutique de la ferme propose ses
parures désuettes

Descente vers Knysna et Port Elizabeth

Le paisible port de plaisance de Knysna

et son lagon tranquille

Nous quittons l’intérieur des terres, ses vignobles, ses élevages de bovins ou de moutons, ses cultures de cannes à sucre ou de fruits tropicaux, ananas surtout, ses immensités désertiques pourtant closes de barbelés – des réserves de chasse privées dépassant parfois les 60 000 hectares, l’un des scandales auquel ni Mandela ni le gouvernement actuel n’osèrent s’attaquer en limitant la propriété et en redistribuant les terres aux plus démunis, mesure devenant pourtant plus qu’urgente. Et nous piquons vers le sud et l’océan indien jusqu’à Knysna, en empruntant la luxuriante Route des Jardins et ses plantations de fruits.
Alanguie au bord de sa lagune, la ville n’a pas d’intérêt particulier hormis sa réserve naturelle privée de Featherbed et les somptueuses villas qui s’y nichent et semblent garder la passe aboutissant à l’océan indien et à ses plages immaculées. La balade en bateau est délicieuse. On longe des petites criques oubliées où l’on peut se croire seul au monde. Un guide nous emmène ensuite pour une balade à pied dans la forêt jouxtant le lagon, qui a hélas brûlé quelques mois plus tôt, faisant fuir les animaux qui s’y trouvaient et y reviennent lentement, antilopes et phacochères surtout. A travers les branches calcinées, le bleu de la mer semble presque arrogant.

Promenade en bateau le long de la réserve de Featherbed

Après le paisible lagin, place à l'océan indien

Un incendie a malheureusement ravagé
la réserve quelques mois plus tôt

Mais ses criques sont toujours aussi accueillantes

Peu avant la baie de Plettenberg s’épanouit sur une étroite bande côtière de 5 km la forêt de Tsitsikamma devenue parc national, heureusement intacte celle-ci. Elle s’allonge sur environ 70 km et est baignée par deux rivières, la Grout River et la Storms River, ce qui explique sa luxuriance et la présence des trois plus importantes variétés de bois précieux d’Afrique du Sud : stink wood, milk wood et yellow wood. Dommage que les coupes sauvages pratiquées à la fin du XIX è siècle l’aient bien endommagée, mais on la reboise depuis qu’elle est devenue parc national en 1969. Il était temps ! Une curiosité de cette forêt, un arbre gigantesque, le « Big Tree », un virgilier qui aurait plus de mille ans. Il faut 17 personnes pour faire le tour de son tronc !
Route des Jardins vers Plettenberg

Forêt de Tsitsikamma 
Forêt de Tsitsikamma, le Big Tree

L’industrielle Port Elizabeth, Durban et le Kwazulu-Natal

Cette ville portuaire et industrielle s’étend sur 16 km le long de la Nelson Mandela Bay, autrefois l’Algoa Bay. Elle est surtout célèbre pour ses usines automobiles employant des dizaines de milliers d’ouvriers, classe très pauvre, bien sûr, rendant la ville peu sûre la nuit. Là aussi, l’extrême pauvreté côtoie l’abondance la plus ostentatoire. Enfin, une autoroute longeant le splendide littoral achève de défigurer la cité des besogneux… Petit saut de puce en avion jusqu’à Durban et le Kwazulu-Natal, l’âme du peuple zoulou.

Vers Port Elizabeth

Cathédrale de Durban

Une pub à Durban

Le premier gouverneur de Durban

Petit marché

Panneau électoral

Cette province, la deuxième plus peuplée d’Afrique du Sud après celle du Cap avec ses onze millions d’habitants, est bien sûr le « pays des Zoulous, mais elle doit la deuxième partie de son nom à Vasco de Gama et ses marins, qui y accostèrent le jour de Noël de l’an 1487. 80% de la population y parle l’isiZulu. Pour simplifier, on emploie couramment les initiales de KZN pour désigner la province.
Le paysage luxuriant de molles collines vertes est semé de grands parcs nationaux où l’on peut voir les fameux Big Five choisis par Hemingway dans sa nouvelles Les neiges du Kilimandjaro : lion, léopard, éléphant, rhinocéros et buffle. Des espèces à protéger. Le nord humide de la région, l’Isimangaliso, est même classé au Patrimoine mondial de l’Unesco.

Le jardin botanique de Durban

Pièce d'eau au jardin botanique

La serre d'orchidées

Les singes du jardin botanique

Terre des Zoulous, peuple guerrier et fier qui a conservé ses coutumes ancestrales, le KZN est aussi une terre de mémoire où est venu mourir en héros le très jeune prince impérial Louis Bonaparte, fils unique de l’empereur Napoléon III et de l’impératrice Eugénie. Cette mère brisée est d’ailleurs venue se recueillir en pèlerinage sur le lieu de sa mort, voyage plus que difficile pour une femme déjà âgée… D’autres figures célèbres y sont venues sans se rencontrer : Churchill, encore jeune lieutenant, Gandhi en exil et enfin Nelson Mandela qui y vota de façon symbolique dans un lycée de Durban en 1994.
Passé de simple comptoir au statut de premier port d’Afrique, Durban est aussi la deuxième ville d’Afrique du sud après Johannesburg. Métropole bien moderne hérissée de gratte-ciels, vaste port sucrier, Durban est également une station balnéaire appréciée des surfeurs et des nageurs protégés des requins par des filets aux mailles d’acier. On y trouve une forte concentration de population indienne, son marché indien est d’ailleurs réputé, ainsi que son luxuriant jardin botanique aux précieuses orchidées. Aux alentours s’étendent à l’infini les champs de canne à sucre.

L'incroyable travail des oiseaux tisserands

Marché zoulou

Ananas au marché zoulou

Les fruits du marché zoulou

La réserve privée du Zulu Nyala, sur la route de Hluhluwe et du Swaziland, est un vrai paradis en pleine terre zoulou. Nos tentes, en fait des constructions en dur assez rustiques, sont situées en pleine nature et les impalas, ces ravissantes antilopes en miniature, viennent s’ébattre tout près au lever du soleil. Ravissant spectacle. Nous partons en 4X4 au petit matin dans une forêt assez dense, mais les points d’eau permettent de repérer les animaux venus s’y abreuver, même s’ils ont souffert de la récente sécheresse – les récentes pluies sont accueillies comme une bénédiction. Crocodiles dans les mares où vont boire les troupeaux de gnous et les si fragiles impalas, hippopotames paressant dans l’eau, la mère surveillant attentivement sa marmaille, seulement trois femelles éléphants sur tout le territoire, girafes, phacochères tout patauds, rhinocéros barbotant dans une mare, la femelle ne quittant guère son petit en repoussant les avances de son mâle. Notre guide, à la fois chauffeur, ranger et soigneur, connaît admirablement son petit monde qu’il peut aussi surveiller du haut d’un hélicoptère.
Impalas dans les jardins du lodge

Gracieux impala peu farouche

Notre "tente" dans le lodge

Entrée d'un village zoulou reconstitué

La case du conseil

Détail
Porttrait d'un chef zoulou

C’est un endroit facile d’accès, aux pistes bien entretenues, même si le jardin est un peu laissé à l’abandon, comme si les fameuses « tentes » faisaient vraiment partie du paysage.
Le soir, des danses zoulous ont lieu, malheureusement dans le patio du lodge et non dans le village reconstitué.
Leopard Walk Lodge, Lot H122, Hluhluwe, 3960, Tél. : +27 35 940 0801.

Trophées au village zoulou

Zèbre au Zulu Nyala

Duo de girafes

Antilopes du Zulu Nyala
Phacochères venant s'abreuver

Gnous buvant

Rhino femelle protégeant son petit

Un mâle trop entreprenant


Tentative d'approche

Girafe broutant

Girafe du Zulu Nyala

Eléphant du Zulu Nyala

Le Swaziland, dernière monarchie d’Afrique

Arbre généalogique de la famille royale,  en
vente sur les marchés

Ce petit royaume d’opérette gouverné comme une monarchie absolue par le roi Mswati III, solide gaillard de bientôt  53 ans, 67 ème enfant du roi Sobhuza II, fut paraît-il choisi parce qu’il était l’unique enfant de sa mère Ntombi, ce qui réduisait les risques de querelles dynastiques. Il a succédé à son père en 1986, après une régence exercée par sa mère durant quatre ans.

Village swasi

Salle ç manger traditionnelle à Nisela

Ecole swasi

Sortie des classes

Le Swaziland, la terre du peuple Swazi, qui a repris son ancien nom de eSwatini, offre aux visiteurs des paysages sereins ressemblant un peu à la Suisse, molles collines, fertiles plaines, montagnes escarpées, foison de chutes et cascades, forêts de conifères. On y entre en montrant patte blanche à la frontière, mais les fonctionnaires sont souriants et bon enfant, de même que la population dans son ensemble, sans que se fassent sentir les tensions raciales existant toujours en Afrique du Sud. Comme il n’y a pas ici de grosses fortunes à part celles de la famille royale, le niveau de vie global est plus bas que pour l’ensemble de l’Afrique du Sud. Surtout, le sida y fait des ravages et touche 35% de la population. L’indépendance ne fut accordée au pays qu’en 1968, même s’il ne représente qu’un minuscule îlot au sein de l’immense Afrique du Sud. Le roi est polygame et aurait une bonne quinzaine d’épouses.

Marché à Manzinie

Marché à Manzini

Joli sourire à Manzini

Une élégante au chignon rose

Enfileuses de perles

créant leurs bijoux sur place

Des denrées bien protégées

Ambiance de marché
Manzini, la plus grande ville du royaume, nichée dans une fertile vallée, est aussi la porte du Mozambique qui n’est qu’à 80 km de là. On s’y rend pour son pittoresque marché du jeudi. Nous y logeons dans l’élégant lodge du Nisela Safaris, Tel. : +268 23 03 0318, www.niselasafaris.com, avant de visiter un village reconstitué Swasi et d’assister à de jolies danses  et chants émouvants. Puis nous en déjeunons chez Rosie Bota, au CornEcob, dans une ambiance cosy très british. On reprend la route pour visiter une amusante fabrique de bougies. Après Mbabane, la capitale sans grand charme, et après une autre visite à la fabrique de verres de Ngwenya, nous repassons la frontière pour retrouver l’Afrique du Sud et gagner le Parc Kruger.
Mantengala lodge, reservations@mantegalalodge.com, Tél. : +268 24 16 1049.
The Corn E Cob, cornandcob@lantic.net, Tél. : 082 388 35 12.

banc à la fabrique de bougies

Bougie facétieuse

Sculpture des bougies

A la fabrique

Un vrai poulailler

Exposition des bougies

Ouvrière à la fabrique

Peinture murale

Des paysages évoquant la Suisse

A la fabrique de verre

La boutique

Un paysage serein

Une poubelle servant de borne

Jolie vendeuse

Toiture swasi traditionnelle

Dans un village swasi reconstitué

danseurs se préparant

Les danseuses

Danseurs swasis

Danseurs swasis

La troupe

Les danseuses

chantent également sous le contrôle du maître de la chorale

Chanter tout en dansant avec un enthousiassme contagieux

Le mythique Parc Kruger

Antilopes du parc

Zèbres

Antilopes venues boire

Femelle hippo veillant sur sa marmaeille

Imposant éléphant

Antilope en éveil

Deux jeunes lions

Lion plutôt débonnaire dans sa marche vers nous

350 km de long pour 60 de large, soit une superficie de près de 20 000 km2, le Parc Kruger s’étire le long de la frontière avec le Mozambique. On y a recensé près de 140 espèces de mammifères dont 14 000 éléphants, 500 espèces d’oiseaux, 100 de reptiles. Comme il est très boisé et parcouru de nombreuses pistes sans compter les routes goudronnées, on n’y est pas gêné par le nombre de visiteurs, mais on repère moins bien les animaux que dans les grands parcs du Kenya par exemple.

Arbre aux tisserands et leurs nids
en forme de lanternes

Caméléon traversant la route
de sa démarche dansante

Gnou et paisibles antilopes


Eléphant émergeant de la forêt

Gracieux troupeau d'antilopes

Les Boers qui se réfugièrent dans cette région subsistèrent en grande partie grâce à la chasse, mais sans songer à préserver la faune sauvage, si bien qu’on décida de créer une réserve à la fin du XIX ème siècle, entreprise mise en péril par la seconde guerre anglo-boer, jusqu’à ce qu’un nouveau directeur de la réserve nommé en 1902, Stevenson-Hamilton, ne s’attelle vraiment à la tâche, ne cessant de réclamer la fondation d’un parc national. Ce qu’il n’obtint qu’en 1926. Entreprise pleinement réussie puisque le parc reçoit jusqu’à un million de visiteurs par an. Sur sa partie ouest, il est bordé par d’autres réserves, privées celles-ci. C’est la partie sud, celle qui abrite le plus d’animaux, qui est la plus visitée. Nous apercevons les fameux Big Five, bien sûr, dont un couple de lions assez efflanqués me semble-t-il, mais aussi des rhinos, guépards, girafes, hippos et antilopes de toutes sortes. Une beauté sauvage dont on ne se lasse jamais.
Nkambeni Safari Camp, Numbi Gate, Kruger National Park, 1350, Tél : +27 13 590 1011.

Le Blyde River Canyon et le village classé de Pilgrim’ Rest

Chutes vers le Blyde River Canyon

Chutes

Le vertigineux Blyde River Canyon

Autre vue du canyon

Montagnes vers Pilgrim's Rest

Lac vers Pilgrim's Rest

C’est le troisième plus grand canyon du monde, après celui du Colorado et le Fish River de Namibie. La belle R 532 – les routes et autoroutes d’Afrique du Sud sont dans un état magnifique – , on traverse une campagne paisible et rien ne prépare à la vision de ce site vertigineux où la nature et l’eau semblent s’en être donnés à cœur joie pour creuser et tourmenter les roches, formant cet immense canyon, mais aussi de nombreuses chutes et cascades. Le parcours est bien organisé, des petits ponts surplombent là où il faut des abîmes vertigineux, le spectacle est grandiose.


Pilgrim's Rest, un ancien village de mineurs demeuré
comme autrefois

Même le garagiste joue le jeu...

Une chambre comme chez nos grands-mères

Salle de bain à l'ancienne

Gmins jouant aux zombies

Coquet patio de l'hôtel tout en tôle ondulée

En continuant cette même R 532, on parvient, à 15 km à l’ouest de Graskop, au petit village préservé, comme hors du temps de Pilgrim’s Rest. Cet ancien village de mineurs, classé et restauré avec soin, aligne le long d’une rue unique ses coquettes maisons de tôle ondulée, ornée de fleurs. Fleurissent aussi de multiples échoppes et boutiques où les commerçants ont joué le jeu en exposant leurs articles sur des meubles datant du XIX è siècle, parmi des objets usuels de la même époque. C’est dépaysant et charmant.
On dîne et dort au Royal Hotel, vieille bicoque également en tôle datant de l’époque victorienne, après avoir pris un verre au bar, aménagé dans une ancienne chapelle.


Bar de l'hôtel aménagé dans une ancienne chapelle

Royal Hotel, Main St. Uptown, Tél. : 012 768 11 00.

Boutique d'horloges sur la route

Village Nbédélé et ses peintures rituelles

Danseurs au village Ndébélé

L'inévitable boutique de souvenirs

Le village reconstitué


Femme Nbédélé

Un traditionnel plat de chenilles grillées

La région du Kwandebele et la Mine de Diamants Premier

Tout est à présent automatisé à la mine de diamants

D'impressionnantes installations

Le premier filon à ciel ouvert n'est plus exploité
La seule mine de diamants que l'on peut visiter
en Afrique du Sud
La couronne d'Angletere et le fameux
Cullinan

A une cinquantaine de kilomètres à l’est de Pretoria, le paisible village de Cullinan abrite l’une des plus célèbres mines de diamants au monde, celle de Diamants Premier, la seule qui se visite en Afrique du Sud. Dans les années 1890, le prospecteur anglais Thomas Cullinan, était certain de trouver des diamants sous la ferme d’un Afrikaner têtu, qui refusait de vendre sa terre. Ruinée par la guerre anglo-boer, celui-ci y fut contraint douze ans plus tard et Cullinan y fit creuser une mine à ciel ouvert qui employait déjà deux mille mineurs deux ans plus tard. Ce fut le 26 janvier 1905, à seulement neuf mètres de profondeur, que fut découvert le plus gros diamant du monde, le fameux Cullinan de 3 106 carats. Le gouverneur du Transvaal l’acheta pour l’offrir au roi Edouard VII d’Angleterre et il est toujours le fleuron de la couronne anglaise, même s’il fut coupé en 105 morceaux qui ornent tous cette même couronne. Aujourd’hui, la mine emploie 2700 personnes, dont 750 en sous-sol et tout est automatisé. On en prévoit encore l’exploitation durant une cinquantaine d’années.
Diamond hub, Culinan Mine, Culinan, Tél. : 012 734 2626 et www.culinandiamonds.co.za.


Liz Taylor et ses diamants offert par Richard Burton

Soweto, le tragique souvenir d’un massacre d’enfants

Vue de Pretoria

Pretoria au soleil couchant

Ajouter une légendePique-nique nuptial

Façade du musée Kruger

Johannesburg, monument àa la gloire de la Constitution

Johannesburg, les éternels bidonvilles

Panneau électoral
Banlieue déshéritée de Johannesburg ou plutôt ville en elle-même, Soweto, South Western Townships, s’étend sur quelques 200 km2 au sud-ouest de la capitale économique de l’Afrique du Sud. A partir des années 1885, le gouvernement blanc commença à s’inquiéter de la concentration, à Johannesburg, d’une population ouvrière noire et démunie, qu’il convenait d’éloigner au plus vite des riches quartiers blancs. Ce fut l’origine du futur Soweto, suite de bidonvilles ou de maisons misérables, pépinière de leaders de l’ANC. Un premier massacre de Noirs eut lieu à Sharpeville en mars 1960, mais celui qui bouleversa le monde entier se perpétua à Soweto le 16 juin 1976, sur Villakazi Street, lorsque la police tira à balles réelles sur des collégiens et lycéens venus manifester contre l’enseignement obligatoire en afrikaans. Bilan : 176 morts et plus de mille blessés. Le projet fut annulé et ce massacre renforça la lutte anti apartheid. Il est émouvant de visiter un ancien Shebeen, ces cafés clandestins ou se retrouvaient les militants noirs. Ici aussi, il serait urgent de résorber le ghetto noir et d’offrir à tous un habitat décent…


Mandela à toutes les sauces...

Sa modeste maison devenue un musée

Un Shebeen ou ancien café clandestin où se réunissait l'opposition

Dans un bidonville

Dans un bidonville

Châteaux d'eau reliés par une passerelle pour le
saut à l'élastique