jeudi 14 septembre 2017

DIOR ET GRANVILLE

Christian Dior à Granville

La villa Les Rhumbs à Granville


Granville fête les soixante-dix ans de la maison de couture Dior, quand le couturier présentait le 12 février 1947 son premier défilé dans l’hôtel particulier du 30, avenue Montaigne, à Paris. Le musée Christian Dior de Granville, dans la Manche, s’est tout naturellement installé dans la maison de famille du grand couturier, dont l’art est devenu symbole de l’élégance parisienne dans le monde entier. La villa Les Rhumbs, au coquet crépi rose, est nichée dans un beau jardin et domine la mer et le cimetière marin tout proche. Et pour fonder sa maison de couture, Christian Dior rassembla autour de lui tous ses amis de Granville.
Elégance équestre

Ses créations subirent l’influence normande, s’inspirant de l’immensité du ciel et de la mer et des souvenirs d’une enfance choyée et heureuse. Ainsi, le vestibule asiatique de la villa, avec ses panneaux peints et son décor de bambou, lui inspira nombre de ses robes japonisantes. L’esprit Grand Siècle du salon l’initia au raffinement des marquises du temps jadis. Le petit salon à la décoration Empire inspira ses robes à la taille haute, aux étoffes drapées très près du corps… Et la proximité des îles Chausey lui donna le goût d’un confort très british. De même que sa mère Madeleine qui crut toujours en son talent et sut l’encourager, Christian aima les fleurs dès sa prime enfance et orna maintes de ses créations d’imprimés floraux, de broderies végétales. Tout le charme et l’attrait de cette nouvelle exposition de ses plus élégantes créations, mais aussi de sa vie et de ses souvenirs tiennent à la puissance de cette évocation de ses sources d’inspiration…

Jusqu’au 24 septembre prochain, « Aux sources de la légende », musée Christian Dior à Granville, Villa Les Rhumbs, 1, rue d’Estouteville, 50400 Granville, Tél. : 02 33 61 48 21.

Christian Dior à 10 ans

Parée pour la promenade
Toilettes en rose tendre dans la chambre de jeune fille

Gris à la ville, grège en soirée

Robe de mariée au filet

dimanche 10 septembre 2017

ERIK ET LE JAZZ

Quand Erik peint le jazz

Erik lors de son vernissage

Lady in concert, huile et acrylique

Erik nous avait habitués à d’étranges compositions à l’acrylique disant le temps qui passe, les choses qui rouillent, les maisons qui se délitent, les piscines qui verdissent et disent l’absence, la mort sans doute. Aujourd’hui et jusqu’au 24 septembre prochain, au ravissant manoir de Brancas, 1388 route de Bonneville, 14130 Les Authiers sur Calonne, dans le Calvados (mf5@hotmail.fr), il nous offre sa vision du jazz. Il mêle les matières, huile et acrylique, acrylique et pastel pour nous offrir un ensemble d’une bonne trentaine de tableaux faisant revivre l’atmosphère un peu magique de la Nouvelle Orléans, quand le jazz faisait danser la vie. Bateau vapeur voguant avec sa cargaison de musiciens, jeune femme évanescente prise par l’émotion de son piano, puissante évocation de Dionne Warwik, jubilation un peu canaille de la jeune violoniste qui rit à son instrument, virtuosité des doigts posés sur les touches du saxo… On est pris par cette ambiance et l’on danse avec ses personnages. Les couleurs éclatent hors de la toile, rappelant certaines audaces du fauvisme, le trait est puissant ou sinueux et aérien…

Sax sur les docks New Orleans, acrylique et pastel

Le Natchez et ses musicien New Orleans, acrylique
et pastel

Walk on with Dionne, huile et acrylique

La fée Lindsey, acrylique et pastel


La propriétaire des lieux et organisatrice de cette exposition dédiée au jazz, Marie-France Meuleman, a aussi convié un sculpteur de talent, parfois facétieux lorsqu’il habille à demi ses figures ou ses bustes de terre cuite, Didier Jeanblanc. Et, pour demeurer durant le vernissage au pays du jazz, souverain, tendre ou sauvage, la chanteuse Alessandra Veneriano interprétait avec brio quelques tubes nostalgiques.

Pour retrouver toute l’actualité d’Erik, voir son site www.erik-peintre.com.

Bluesman de Didier Jeanblanc
L'élégant manoir de Brancas

vendredi 1 septembre 2017

LE CHARME PAISIBLE D'AMSTERDAM

Amsterdam à fleur d’eau

 
Tout est licite à Amsterdam, même le jeu,
ici le casino
« Dieu créa le monde, à l’exception de la Hollande qui fut créée par les Hollandais », se répète chaque habitant des Pays-Bas, fier de son pays et de sa capitale durement gagnés sur l’eau grâce aux digues et barrages.

La « Venise du Nord »

Dans la boutique du Van Gogh Museum, des souvenirs
qui mettraient le peintre en fureur !

On appelle volontiers Amsterdam « la Venise du Nord ». Mais quand Venise reste altière, Amsterdam la discrète penche sur l’eau de ses canaux des maisons de briques plus modestes que des palais, aux pignons joliment festonnés de blanc. C’est aussi une ville éprise de modernisme, patrie des designers et des stylistes, pépinière de jeunes talents fleurissant par exemple dans la rue Peter Cornelius Hoofstraat qui longe le Vondel Park ou dans cet immense entrepôt reconverti en galeries, le Pakhuis Amsterdam.
Malgré ce vent de modernité soufflant sur Amsterdam, on ne court pas dans cette ville posée sur l’eau, on y flâne à pied ou juché sur l’une des cinq cent mille « petites reines » sillonnant la ville. Dès le premier soleil, toujours bienvenu dans cette ville du Nord, on se précipite à la terrasse des innombrables cafés ponctuant la ville. Les « blancs », bien modernes, sont le repaire de la jeunesse. Les « bruns », plus anciens, arborent des poutres noircies par des poêles essoufflés, des carreaux de Delft du bleu de la mer et des yeux des Hollandais.
A la place de la cité lacustre d’aujourd’hui s’étendaient jadis d’insalubres marais régulièrement inondés par les eaux du Zuiderzee, véritable mer intérieure à présent matée par des digues. Les maisons n’étaient que les modestes cases sur pilotis de pêcheurs attirés par les bancs de harengs et installés sur la rive droite de l’embouchure de l’Amstel, vrai poumon aquatique de la ville. Pour se protéger des tempêtes, ils édifièrent une solide digue, une dam. Et l’union des deux noms donna son nom à la ville.
Comme à Venise, les musées sont innombrables : Rijksmuseum, Stadhouderskade 42, musée Van-Gogh,  Paulus Potterstraat 7, musée Municipal d’Art Moderne, Paulus Potterstraat 13, maison de Rembrandt, Jodenbreestraat 4-6, le Béguinage, près de la place Dam…

Le long du Keizersgrachts, ce magasin propose des remèdes...
à base de marijuana


Une terre d’asile
Une belle tradition de liberté en fit la terre promise des opprimés. Chassés d’Espagne et du Portugal à la fin du XV è siècle, les Juifs s’y réfugièrent et y prospérèrent jusqu’à atteindre le nombre de vingt mille. Lors de la Deuxième guerre mondiale, les nazis en éliminèrent la majeure partie. Parmi les morts, une adolescente devenue célèbre par son Journal : Anne Franck. Sa maison et l’échoppe d’herboriste de son père s’élèvent toujours au 263 du Prinsengracht, le canal du Prince. On peut même voir l’émouvante cachette où les deux familles amies vécurent plus de 24 mois, jusqu’à leur dénonciation.
A présent reconstituée, la communauté juive compte 25 000 membres, dont beaucoup travaillent à la taille ou au commerce des diamants. La plus belle des synagogues, celle de l’architecte Elias Brouwman, date du XVII è et fut, dit-on, inspirée du temple de Salomon. Ce vaste cube de brique rose percé d’audacieuses ouvertures est soutenu par de larges colonnes. Les moucharabiehs du premier étage, pour les femmes, évoquent les origines méditerranéennes de la communauté.

Amsterdam et ses canaux

L'éternelle poésie des canaux, ici le Lijnbaansgracht
et ses péniches

Une boutique de chaussures très design
 le long du même canal

Pour avoir un premier aperçu de cette cité lacustre, achetez un billet dans l’une des officines situées en face de la gare pour un tour en bateaux-mouches (à partir de 10 E l’heure). Après avoir longé les quais et les docks, on pénètre dans le bassin de l’Osterdok où flottent un restaurant chinois ressemblant à ceux d’Aberdeen, à Honk Kong et un fringant galion reconstitué. Un autre vaisseau, de béton cette fois, imaginé par l’architecte Enzo Piano semble prêt à s’élancer vers le large et abrite le centre des Sciences et de la Technologie. Là, le T’Kromhout bourdonne encore d’activité et donne une idée de ce que pouvait être le port d’Amsterdam au XVII è siècle, quand trente autres chantiers s’affairaient à construire les diverses flottes européennes. Au-delà du bassin, sur une langue de terre formant une presqu’île s’étendent les deux nouveaux quartiers de la ville, Java-eiland et KNSM-eiland.
Remontant ensuite par l’un des Grands Canaux, le bateau permet d’admirer les plus belles demeures patriciennes d’Herengracht, Keizergracht ou Princegracht, avant de se faufiler, par des canaux secondaires, sous de minuscules ponts enjambant l’eau d’un bond agile.

Ces dames dans leurs vitrines
Liberté aussi pour le ravitaillement en haschich que l’on peut acheter en petite quantité dans les bureaux de tabacs. Liberté encore dans le curieux Quartier Rouge de la ville, ainsi nommé pour la multitude de néons écarlates qui y clignotent la nuit venue. Dommage de donner tort à Jacques Brel, mais ce n’est pas près du port qu’oeuvrent ces dames. Les prostituées travaillent sans se cacher à cinquante mètres de la gare, non loin du Palais Royal de la place Dam. Peu vêtues mais douillettement installées dans leurs « vitrines », ces belles de nuit proposent leurs charmes aux passants, tricotant ou faisant du crochet tout en se déhanchant lascivement ! La plupart des filles sont jeunes, belles et aimables, sauf si on tente de les photographier.
Même l’intérieur des maisons ne se cache pas à Amsterdam, autre sorte de vitrine encadrée de rideaux bien empesés, contenant objets de Delft, cuivres rutilants et plantes tout aussi astiquées !

Dans le jour finissant, les élégants pignons festonnés
des maisons se découpent contre le ciel

Ici, la "petite reine" mérite bien son nom

Où dormir
. Au Seven One Seven, Prinsengracht 717, Tél. : (020) 427 07 17, élégant mais un peu cher, à partir de 300 E la chambre double.
. A L’hotel de Filosoof, Anna van den Vonndelstrat 6, Tél. : (020) 683 30 13, amusant décor évoquant un philosophe différent par chambre, à partir de 85 E la chambre double.
Où se restaurer
. Au Watertoren, Plein 6, Tél. :  682 26 66, restaurant de poissons situé dans l’ancien bâtiment contenant encore le mécanisme des écluses de la ville.
. Au Beaubourg, Emmalaan 25, Tél. : 664 01 55, pour goûter les étonnants rougets aux lentilles rouges ou le bœuf au réglisse.


LA CAPITALE DE TAMERLAN

Samarkand, la fierté de Tamerlan

Samarkand, porte de la mosquée de Shaki Zinda ou du Dieu Vivant

Si les conflits avec le Kirghizstan font éviter l’est du pays et la vallée de la Ferghana, l’Ouzbékistan et sa capitale historique, Samarkand, restent sûrs, tant la population est accueillante. Les hôtels d’inspiration soviétique sont confortables, mais d’un mauvais goût clinquant.

Un patrimoine historique préservé
Les occupants russes, présents en Asie Centrale depuis le XIX è siècle, puis les Soviétiques qui ont englobé l’Ouzbékistan dans leur République Socialiste ont su préserver les innombrables mosquées, madrasas, écoles coraniques, caravansérails hébergeant les caravanes de la Route de la Soie, khanakas, résidences des derviches tourneurs et tchaïkhanas ou maisons de thé. Si le nom du grand conquérant du XIV è siècle, Timür Lang surnommé Timür le Boiteux après une chute de cheval, Tamerlan pour les Occidentaux, ne fut plus prononcé jusqu’à l’Indépendance, ses édifices ont retrouvé leur splendeur. Quand éclata l’empire soviétique, le Premier Secrétaire du Parti, Islam Karinov, s’autoproclama Président le ler septembre 1991. Et le dictateur viellissant tient toujours les rênes du pouvoir.

Grandiose ensemble Bibi Khalum, du nom
de l'épouse préférée de Tamerlan


Une perle surgie du désert par la volonté de Tamerlan
L’arrivée en train ou en voiture est spectaculaire. Après l’immensité désolée d’un désert semé de chétifs épineux, l’oasis de Samarkand, créé par le Zerafchan, un affluent de l’Amou-Daria, semble magique, même si le problème de l’eau continue de se poser, à présent que la mer d’Aral, polluée et malsaine, s’assèche dangereusement.

Jeune berger dans le steppes désettiques
environnant Samarkand

Rude escalier menant à la mosquée Shaki Zinda

Tout s’imprègne de démesure à Samarkand, capitale et joyau de Tamerlan, redevenu le héros de l’Ouzbékistan depuis l’indépendance. Préférant la vie citadine à l’errance après ses victoires sur les Ottomans, il fit de Samarkand une merveilleuse cité sans cesse enrichie par les meilleurs artistes venus du monde entier. C’était une ville sûre, le principal carrefour commercial entre Europe et Chine, accueillant les marchands étrangers pouvant y vendre soieries brodées de Chine, damas de Syrie, laines d’Europe ou cotonnades indiennes, fourrures sibériennes, épices orientales, pierres précieuses. Répété par les marchands, les caravaniers, les marins, le renom de Samarkand ne cessa d’enfler et d’attirer les voyageurs, impatients de découvrir la « ville bleue » et ses incomparables jardins, ses palais, mosquées et mausolées, son grand bazar, ses ruelles bien ordonnées, ses caravansérails abritant bêtes et marchands. C’était le phare de l’Orient et le centre d’un empire s’étendant jusqu’à la mer Noire et le Pendjab en Inde. Là se réunissaient savants, poètes, architectes, artistes et astronomes…
Au nord-est de la vieille ville, on accède à l’ancienne nécropole par une ruelle escaladant la colline d’Afrosyab où se nichait une antique cité dès la fin du VIII è siècle avant J.-C. Maintes fois détruite et reconstruite, elle servit sous Tamerlan de cimetière aux familles riches. Un bazar moderne abrite les paysans des environs venus y vendre leurs produits. Les femmes en robes bariolées portent un petit foulard noué sur la nuque. Heureux musulmans ouzbeks qui ne voilent plus leurs épouses, se rendent de façon épisodique à la mosquée, boivent allègrement et adorent les blagues salaces ! On peut goûter à tout, sur les étals du marché, toujours accueilli par un éblouissant sourire… en or. Les fausses dents sont un signe de coquetterie qui ne coûte pas cher dans un pays produisant 80 tonnes de ce métal par an.
Les maisons de thé, malheureusement moins nombreuses que du temps de Tamerlan, permettent de s’initier à la cuisine ouzbek : chi-tochi, mélange de spaghettis, viandes, pommes de terre, oignons et yaourt, plov, riz agrémenté de viande, raisins secs et carottes, soupe shourba aux légumes, shap-shap, si l’on a encore faim, gâteau au miel fariné, arrosé de Bagizagan, un vin capiteux.

Jeune fille à Shaki Zinda

Taille des copeaux de bois servant
à la fabrication du papier de soie


Du mausolée de Tamerlan à la plus grande mosquée d’Asie
De l’univers enchanté de « l’émir de fer », subsistent trois monuments principaux : le Gour Emir, le Registan et la mosquée de Bibi Khanum. Commencé de construire en 1401 par Muhamad Sultan, son petit-fils préféré en qui il voyait son successeur, ce futur mausolée de Tamerlan s’élève face au colossal ensemble du Registan. Il se composait d’un ensemble de bâtiments flanqué de quatre minarets et ménageant une cour intérieure, puis d’une madrasa et d’une khanaka. Il en reste aujourd’hui le gigantesque portail, une partie de la cour intérieure et le mausolée du Gour Emir. Tamerlan y fut enterré à sa mort, en février 1405, près de Muhamad décédé deux ans avant lui et de son maître spirituel, le cheik Mir-Said-Berek. Les ornementations, en tuiles vernissées bleues, semblent rivaliser avec le ciel.

Jeune fille devnt la mosquée Bibi Khalum

Sourire en or dans la même mosquée

Bébé dormant dans le dos de sa mère au marché de
Samarkand

Face au mausolée, s’étale le Registan, jadis place du marché et des exécutions. Il donne l’impression d’un immense théâtre déserté, avec ces trois madrasas bordant la grande esplanade vide, même si des échoppes occupent à présent leurs chambres. Coupoles, minarets et briques colorées lui confèrent une rare élégance.
Puis on parvient à la mosquée Bibi Khanum, à la large coupole bleue émaillée de motifs jaunes et blancs. Pour stimuler l’architecte en l’absence de son époux, Bibi Khanum lui accorda un baiser, si torride que la marque en resta sur sa joue. Fou de jalousie à son retour, « l’émir de fer » ordonna que sa belle fût précipitée du haut de son minaret, mais la rusée avait revêtu tant de jupons sous sa robe qu’ils se déployèrent en parachute. Tamerlan prétendit y voir un signe du ciel, mais ordonna qu’à l’avenir, les femmes de son empire fussent voilées…
Des monuments plus tardifs illuminent Samarkand : l’ensemble Khodja Akhrar, du nom d’un soufi du XV è siècle, le mausolée Ak Sarai ou palais blanc, le mausolée Ishrat Khana, où reposent femmes et enfants de la dynastie timouride et bien d’autres…

Minibus dans les rues de Samarkand

La superbe gare, ses lustres et son sol
de marbre

EN VOYAGE N° 44

                    EN VOYAGE N° 44 juillet-août


Arielle Dombasle le fruit défendu de Pierre et Gilles


SOMMAIRE :

. Manuscrits rares à Graville

. Exposition Pierre et Gilles au Havre

. L'élégant Cap-Ferret

La Maison de l'Armateur au Havre

. Istanbul et Chypre

. La Sardaigne en mosaïque



mercredi 2 août 2017

MANUSCRITS RARES

                    


                  Exposition à l’abbaye de Graville

 
Graville, une abbaye du XI è siècle au Havre

L'abbaye de Graville dans sa pureté romane

Le grand retable baroque

Ermitage au VI è siècle, Graville devient ensuite un lieu de pèlerinage en accueillant les reliques de Sainte Honorine. Au XI è siècle, Guillaume Malet, compagnon de Guillaume le Conquérant et sire de Graville, pour célébrer la victoire d’Hastings, le fait agrandir et l’érige en abbaye. Ses successeurs entreprennent la construction des logis abbatiaux au siècle suivant. La tour Nord a été détruite durant la guerre de Cent ans et la tour Sud pendant les guerres de religion, mais l’abbatiale romane demeure aujourd’hui, altière et dépouillée. L’abbaye de Graville peut s’enorgueillir d’avoir accueilli toute une brochette de rois, Philippe le Bel en août 1295, Henri V d’Angleterre en août 1415 et Charles IX en 1563. L‘élégant retable baroque fut placé dans le chœur au XVII è. Les actuels bâtiments conventuels ont été en partie détruits par un incendie en 1787, ce qu’il en reste date aussi du XVIII è siècle.
Actuellement et jusqu’au 18 septembre prochain, une exposition est consacrée à Louis Malet de Graville, né vers 1440 et mort en 1516, conseiller de Louis XI puis amiral de France sous Charles VIII, Louis XII et François Ier, ce qui n’est pas rien, qui fut aussi un grand mécène et collectionna en particulier les manuscrits rares.
L'amiral de Graville était un grand amateur de tapisseries

Des maquettes des mnoirs ou maisons remarquables
de Normandie

Pour lui rendre hommage à l’occasion du 500 è anniversaire de la fondation du Havre, Elisabeth Leprêtre, conservateur en chef et directrice des Musées d’Art et d’Histoire du Havre, a organisé cette exposition et réuni avec l’aide de la Bibliothèque nationale de France tapisserie, portraits de l’époque, manuscrits précieusement enluminés dont le très rare et unique exemplaire des minutes du procès de Jeanne d’Arc. Une visite à ne pas manquer dans un cadre remarquablement reconstitué et bien entretenu.
Rue de l’Abbaye, 76600 Le Havre, Tél. 02 35 24 51 00, site abbayegraville.lehavre.fr.



vendredi 28 juillet 2017

PIERRE ET GILLES AU HAVRE

Clair-obscur de Pierre et Gilles

L'affiche de l'expo

Vierge à l'enfant

Le p'tit bal

Le fruit défendu, Arielle Dombasle

Pierre Commoy et Gilles Blanchard se rencontrent en 1976 chez le couturier Kenzo. S’ensuivront quarante ans de complicité amoureuse et de création artistique, avec leurs multiples portraits très kitches, à mi chemin entre photographies et peintures. Des célébrités, mais aussi leurs amis ont posé pour eux, dans des décors inspirés de la mythologie, de la littérature, des contes de fées ou des croyances populaires.

Pour toujours

Leurs collections bric-à-brac

Fragile

Marianne

Dans le style des années soixante-dix, une centaine de créations sont ainsi exposées, le cadre étant la plupart du temps aussi inspiré que l’œuvre elle-même. Des objets disposés comme dans un « cabinet de curiosités » d’autrefois évoquent l’univers si particulier de ce duo devenu mythique. Pour cette exposition au Muma du Havre qui durera jusqu’au 20 août prochain, les auteurs ont imaginé de glisser certains tableaux dans… des cabines de plage.

Voir muma-lehavre.fr


Maison de poupée, Audrey Tautou

Renaissance
Narcisse