mercredi 3 juillet 2019

EN INDE : eros et thanatos

En Inde, Khajuraho et Bénarès,

eros et thanatos

A khajuraho, le temple de Vishwanath


L’amour et la mort, deux mots étroitement mêlés en Inde, Khajuraho et Bénarès, deux lieux hors du commun  chargés de spiritualité.

Khajurato, le Kama Sutra en pierre

Détail des sculptures de Kandariya
Les parois finement travaillées de
Devi Jagdamba

          En quittant Agra et cet émouvant poème de marbre que l’empereur Shah Jahan édifia au XVII è siècle pour la femme aimée, Mumtaz Mahal, Kajuraho figure un autre hymne à l’amour, plus érotique celui-ci. Cette ancienne capitale de la dynastie Chandella comporte une vingtaine de temples érigés sur une vaste plate-forme de la vallée du Gange. Elle fut longtemps ignorée du public à cause de la pudibonderie anglaise victorienne, qui avait préféré clore le site et l’interdire. Ce rare ensemble édifié dans le style Nagara aux X è et XI è siècles suscite aujourd’hui l’admiration générale. Ces temples de petites dimensions, aux tours curvilignes, ne comportent en général qu’un Mandapa ou salle hypostyle, un hall, un vestibule et un sanctuaire entouré d’un corridor.

Détail des sculptures du Kandariya

A Adinat, un brahmane en adoration devant
un lingam géant ou phallus des dieux

          Répartis en trois groupes, ceux de l’ouest, de l’est et du sud, ces temples sont délicieusement sculptés d’animaux, d’êtres fantastiques ou Makaras, de divinités hindouistes, de danseuses ou Apsaras, de couples enlacés dans des postures aussi compliquées qu’érotiques. Ces accouplements, union mâle et femelle, permettent la fusion de l’Atman, l’âme individuelle, avec le Brahman ou âme universelle, et font partie des rites ésotériques. Certaines sont aussi de simples illustrations du Kama Sutra, célèbre manuel érotique très en vogue parmi une aristocratie recherchant le plaisir des sens. Toujours belles et gracieuses, elles exaltent les corps et l’amour. Les plus émouvantes sont celles du Kandariya, le plus parfait des temples de ce site, et du Vishwanath, délicieusement scupté. Les Apsaras aux corps souples et gracieux, aux seins très ronds et aux hanches généreuses, au sourire mystérieux, de séduction ou d’extase, on ne sait, s’offrent à leurs amants avec une savante provocation. A Khajuraho, l’étreinte n’est jamais laide ou bestiale, mais toujours mystique et superbe, une offrande au ciel…

Les ghats ou gradins de Bénarès permettent aux pélerins de
faire leurs ablutions dans le Gange sacré

Temples et palais se reflètent dans les eaux jaunes
 du Gange

Chaque maharajah avait jadis son palais à Bénarès

Varanasi, la ville où l’on va pour mourir
          Bénarès est aussi appelée Varanasi, la ville où l’on va pour mourir. Dédiée à Shiva et située sur le Gange, là où se joignent deux rivières qui lui ont donné son nom, la Varuna et l’Asi, quand on a la chance d’y mourir, on peut plus sûrement briser le cycle des réincarnations et trouver l’illumination, croyance hindouiste comme bouddhiste.

Les singes se réfugient derrière les moulins à prières ou
mani korlo

          La vie de Bénarès se concentre sur les Ghats, innombrables gradins descendant des temples et des palais déchus vers le Gange, le fleuve sacré. Dès l’aube, tandis que les dauphins d’eau douce s’ébattent dans l’immense rivière que le soleil dore doucement, les pèlerins font leurs ablutions dans l’eau, des gamins s’y ébattent en riant, des femmes y font leur lessive ou leur toilette, des sadhus, des sages presque nus, les reins ceints d’un pagne orange, les cheveux longs et en broussaille maculés de cendres, prient  sous des parasols de même teinte et font dûment payer leurs prières.
          Un bon pèlerin doit effectuer en six jours pleins un tour complet de la ville sainte, le Panch Kosi, parcours de soixante bons kilomètres, mais beaucoup se contentent aujourd’hui de visiter les cinq ghats les plus sacrés et les principaux sanctuaires de la ville.
Deux écolières faisant un câlin à une vache sacrée

          Après la vieille ville aux rues étroites et souvent fort sales, Golden Temple, sur la Kachouri Galli, est l’un des coins les plus animés du vieux Bénarès. Dans le sanctuaire interdit aux non hindouistes, les pèlerins affluent dans une atmosphère recueillie après avoir acheté des offrandes de fleurs qui combattent les autres effluves moins agréables. Partout, des lingams de Shiva, représentation du phallus sacré, sont enduits de ghee ou beurre et abondamment fleuris. De la grande mosquée d’Aurangzeb, car la religion musulmane est aussi présente à Bénarès, la vue sur le Gange est ravissante.
          A la tombée de la nuit, tandis que les fidèles posent sur les eaux du Gange quantité de feuilles de bananiers où sont fichées des bougies allumées semblant voguer sur le fleuve, un bateau vogue au soleil couchant de ghats en ghats et de palais en palais. Certains, à demi ruinés, sont parfois devenus des squats. Celui  d’Hanuman Ghat  est dédié au singe allié de Krishna. Un bâtiment insolite et criard s’avance sur pilotis devant les vieux palais, gardé par deux tigres bariolés. C’est la demeure de l’Intouchable le plus riche de la ville, car les castes perdurent en Inde même si elles n’ont plus d’existence légale, le propriétaire des crématoires électriques…

L'incinération dans la ville sainte permet de briser
 le cycle des réincarnations

A Jalsain Ghat, le ghat des crémations, on dit que « la pente est si raide que les morts semblent tenir debout ». Le bateau s’immobilise devant le vaste bûcher dressé pour brûler le mort, tant la mort est aussi un spectacle à Varanasi. La famille du défunt, toute vêtue de blanc, la couleur du deuil en Inde, se tient debout sur un balcon surplombant le bûcher. Un corps revêtu de somptueux brocarts et de monceaux de fleurs se trouve allongé sur un brancard, près du bûcher. Quatre porteurs le soulèvent et l’immergent trois fois dans le Gange pour le purifier, puis le hisse au sommet du bûcher que l’on arrose d’essence. Un jeune homme au crâne rasé, nus pieds, prend des mains du brahmane une torche allumée. Trois fois, il fait en courant le tour du tas de bois, s’arrêtant à chaque fois pour toucher le crâne et les pieds de son père. Sur un signe de l’officiant, il jette sa torche sur le bûcher et tout s’embrasse d’un seul coup. Les vêtements du mort se consument et le vent porte une désagréable odeur de chair brûlée. Puis les aides du brahmane recueillent les cendres, les remettent au jeune homme et le cortège se disperse. Alors les aides frappent avec des gourdins sur les cendres pour réduire les os en poudre. Ce qu’il reste du bûcher est alors recueilli dans des paniers et jeté dans le fleuve.
          Ainsi vont les choses au pays des sages nus…

Voyage organisé par Atalante, 5, rue de Sommerard, 75005 Paris, Tél. : 01 55 42 81 00.



mardi 2 juillet 2019

L'art Brut à Lausanne

Au château de Beaulieu, à Lausanne,
la Collection d’Art Brut de Jean Dubuffet

Princesse de conte de fées d'Aloïse



 Né au Havre et mort à 84 ans à Paris le 12 mai 1985, Jean Dubuffet est le premier théoricien d’un art dit Art Brut, qui inspira sa propre production, faite de peintures et d’assemblages qualifiés de collages, mais aussi de sculptures et de monuments, tels que L’Hourloupe,  la Closerie Falbala ou la Villa Falbala, en même temps qu’il ne cessait de critiquer les arts culturels alors reconnus, notamment dans son ouvrage Asphyxiante Culture.

Des expositions qui firent scandale
Sa première exposition, le 20 octobre 1945, à la galerie René Drouin, suscita alors un véritable scandale. Suivit quatre ans plus tard une seconde exposition, L’Art brut préféré aux arts culturels. La virulence de ses convictions, ces créations si différentes de celles de l’art traditionnel qu’il faisait ainsi connaître aux Français le propulsèrent sur le devant de la scène artistique, qu’il fût encensé ou vivement critiqué. Si bien que le Musée des arts décoratifs de Paris lui ouvrit ses portes du 16 décembre 1960 au 25 février 1961 pour y exposer une rétrospective de quatre cents peintures, gouaches, dessins ou sculptures. Pour lui, une consécration.

Fresque puissamment colorée d'August Walla

L'univers onirique d'henry Danger


Un art affranchi de toute culture
Amoureux d’un art qui serait affranchi de tout contexte culturel ou social, Jean Dubuffet s’est toute sa vie passionné pour les créations marginales de pensionnaires d’hôpitaux psychiatriques, détenus, êtres asociaux ou marginalisés, enfin n’importe quelle « opération artistique toute pure, brute, réinventée par son auteur, à partir seulement de ses propres impulsions ». Il rassembla ainsi plus de 60 000 œuvres de 400 auteurs, cette collection étant la propriété de la Compagnie de l’art brut, fondée en 1948. Devant le peu d’enthousiasme que suscita cette collection auprès des officiels français et en particulier d’André Malraux, il accepta l’offre de la ville  de Lausanne et la lui légua. Elle fut ainsi exposée pour la première fois dans son intégralité en 1976 dans ce château de Beaulieu datant du XVIII è siècle, ensuite agrandi et réaménagé. Les artistes sont des fous, des criminels, des êtres en marge dont les œuvres expriment la plupart du temps un cri, une souffrance ou parfois un charmant univers enfantin de petite fille croyant encore en la venue du prince charmant, telle l’artiste devenue célèbre bien malgré elle, Aloïse Corbaz, mieux connue sous le nom d’Aloïse.

Masques en glaise de Stanislas Zagajewski

Masques en coquillages de Philippe Dereux


Aloïse, la plus touchante
C’est sans doute parce qu’elle touche la part d’enfance qui demeure en chacun de nous qu’Aloïse nous semble la plus touchante. Une mère d’origine paysanne et morte quand elle avait onze ans, un père postier ne peuvent bien sûr satisfaire les rêves de grandeur et d’amour d’Aloïse. D’abord amoureuse d’un prêtre français défroqué, puis de l’empereur Guillaume II, Aloïse rentre dans sa Suisse natale juste avant la Première Guerre mondiale, sans toutefois oublier son grand amour, inassouvi bien sûr, pour l’empereur. « Que ne puis-je retremper mon âme en feu dans les yeux de firmament constellé d’étoiles d’un homme inaccessible que j’aime éperdument », écrira-t-elle.
En 1918, elle fut hospitalisée pour schizophrénie à l’asile de Cery de Prilly. Deux ans plus tard, elle fut définitivement internée à l’asile de la Rosière de Gimel, où elle eut la charge de raccommoder et repasser les tabliers des infirmières. Ce fut sur cette table qu’elle commença à dessiner, à peindre ou à coudre son féerique univers de contes tout en le commentant sur le tableau même. Son médecin généraliste, Jacqueline Porret-Forel, s’intéressa à son œuvre qui fit l’objet d’une thèse et de divers articles.
Ce fut en 1947 que Jean Dubuffet, qui avait lu ces articles, la rencontra, l’encouragea et en fit la figure majeure de sa collection. Enfin, cette même ville de Lausanne lui consacra une exposition spéciale réunissant près de trois cents de ses oeuvres en 2012, intitulée Aloïse le ricochet solaire. Bien malgré elle, sa renommée était faite !

Poisson en coquillages de Paul Amar
Sortes de marionnettes d'ombre de Carlo Zinelli dit Carlo
Femmes opulentes de Sylvain Fiesco 


Un art impulsif né sur n’importe quel support
Comme l’explique Michel Thévoz, directeur de cette collection de 1976 à 2001 : « Les œuvres sont, dans leur conception et leur technique, largement indemnes d’influences venues de la tradition ou du contexte artistique. Elles mettent en application des matériaux, un savoir faire et des principes de figuration inédits, inventés par leurs auteurs et étrangers au langage figuratif institué. La déviance favorise la singularité d’expression et celle-ci accentue en retour l’isolement de l’auteur et son autisme, si bien que, au fur et à mesure qu’il s’engage dans son entreprise imaginaire, le créateur se soustrait au champ d’attraction culturelle et aux normes mentales. »
On a parfois voulu rapprocher l’Art Brut de l’art enfantin, naïf ou primitif. Même s’il y souffle le même vent, l’Art Brut ne subit aucune influence. Sa violence, déclenchée par un vécu difficile, folie, meurtre, mort, exil ou guerre, ne produit que des « œuvres orphelines ». Elle ne fait jamais école. La création devient une nécessité vitale qui accompagne l’artiste sa vie durant. Il ne peut pas ne pas créer.
Cet art, inné et impulsif, jamais appris dans une quelconque école, non destiné à être commercialisé, servit souvent à canaliser les pulsions suicidaires ou violentes de leurs auteurs ou à aider des fous ou des autistes à s’exprimer. Ces œuvres d’art brut peuvent se révéler sous forme de dessins, peintures ou pastels, sculptures sur bois, pierre, assemblages de coquillages (Pierre-Désir Maisonneuve ou), laines ou rebuts de toute sorte, broderies (Madge Gill) ou n’importe quels travaux d’aiguilles. Elles peuvent être de toutes tailles, exprimer un univers magique ((Henry Darger) ou ténébreux (Adolphe Wölfli ou Laure Pigeon), donner forme à d’étranges créatures ( Curzio Di Giovanni, Heinrich Anton  Mûller, Johann Hauser ou Carlo Zinelli) ou à un monde rêvé.

Collection de l’Art Brut Lausanne

11, av des Bergières, CH-1004 Lausanne, Tél. : + 41 21 315 25 70 et www.artbrut.ch

N° 55 MAI-JUIN

                                    N° 55 Mai-Juin

Affiche indiquant le quartier des geishas


. Tel-Aviv la ville qui ne dort jamais

. Délicatesse des jardins japonais

. Dormir dans un vrai palais de maharajah


mardi 11 juin 2019

PALAIS DE MAHARAJAHS

Dormir dans les palais des maharajahs

La princesse de Roopangarh

Quand lord Mountbatten, dernier vice-roi des Indes favorable à l’indépendance, arracha leurs accords aux maharajahs des Indes, il leur concéda des privilèges : garder une partie de leurs richesses et la jouissance de leurs palais.

En 1947, les multiples petits royaumes de l’ouest de l’Inde furent donc enfin réunis pour constituer l’Etat du Rajasthan, rattaché à l’Union indienne. Bien moins riches et puissants qu’auparavant, nombre de maharajahs ont converti certains de leurs palais en hôtels, qu’ils n’habitent pas toujours à présent, mais où vous pouvez encore vous croire au pays enchanté des Mille et Une nuits. Voici trois palais de rêve transformés en hôtels, du plus simple au plus luxueux.

A Jaipur, le palais Madhuban des anciens rois du Patan

Façade à fresque du palais de Madhuban

La salle à manger de Madhuban

Une chambre à Madhuban

Au sein d’un quartier paisible de la « ville rose » inaugurée en 1733 par le maharajah Sawai Jai Singh II, dans un luxuriant jardin tropical, ce petit palais blanc et rose, orné de fresques délicates, est toujours habité par l’ancienne famille régnante du Patan, petit royaume situé à 100 km de Jaipur. Une exquise vieille dame à cheveux blancs vous en fera volontiers les honneurs comme n’importe quelle hôtesse, sans vous révélez sa qualité d’ancienne maharani. A taille humaine, ce palais qu’elle a elle-même aménagé et décoré avec un mélange de meubles victoriens et indiens, comporte une vingtaine de chambres souvent pourvues de terrasses ou de vérandas. Les fresques bien restaurées, les tentures rajpoutes parfois tissées de fils d’or ou d’argent ou incrustées de motifs brodés, les jolis lustres et miroirs de style vénitien, les portraits de famille, les coussins chamarrés et les serviteurs enturbannés comme il se doit, l’ancien bassin transformé en piscine, la cuisine délicate à base de curry donnent un avant-goût de splendeurs défuntes remises au goût du jour, avec tout le confort moderne, par des familles princières converties aux affaires.

A Pushkar, le Roopangarh Fort

Les élégantes colonnes du fort de Roopangarh

L'opulence orientale du salon

La chambre du maharajah

Aux environs de cette jolie ville blanche lovée autour de son lac et située à 12 km au nord d’Ajmer, le village de Roopangarh est dominé par une puissante forteresse du XVII è siècle dont la partie la plus récente a été reconvertie en hôtel par la maharajah actuel, Brajray Singh, et décorée par la maharani. Même si la famille ne vit plus là, mais dans un palais voisin et privé, le lieu a gardé la chaleur et la splendeur d’un endroit où l’on a vécu. Impressionnante colonnade du hall d’entrée, service stylé, divans recouverts d’étoffes scintillantes et de profusion de coussins, vastes chambres toutes différentes, parfois à arcades, meubles délicatement ciselés, terrasses dominant la campagne environnante, salle à manger où sont servis les meilleurs mets rajpoutes, masala, samosa ou katchori, petits beignets fourrés aux légumes ou viandes à la sauce au tamarin, musique d’ambiance donnent l’illusion que l’on est reçu chez lui par le maharajah en personne.

Samode et son palais
Samode, le raffinement du Salon d'Argent
La chambre du maharajah
La chambre de la maharani
Et sa salle de bain victorienne
Détail du Salon des Danseuses

L'une des somptueuses cours du palais de Samode






De loin le plus luxueux des trois, le palais de Samode domine un vieux village pittoresque possédant encore quelques belles maisons décorées de fresques, celles des riches marchands de l’ancienne Route de la Soie. Certaines parties de cet immense palais datent du XVI è siècle, mais ne sont plus habitables. L’hôtel a été aménagé par le maharajah de Samode et la maharani, qui habitent eux aussi un autre palais privé. Cet vaste ensemble est enserré par une muraille et l’on peut loger dans la partie datant du XVIII è siècle et admirablement aménagée avec tout le confort moderne. Le premier étage de cette aile, qui se visite, est à présent un musée illustrant un mélange harmonieux de l’art rajpoute et moghol : fresques incrustées de nacre, pierres semi précieuses ou éclats de miroirs venus de Venise, lustres impressionnants. Le mobilier est concentré dans la partie réservée à l’hôtellerie et l’on peut se faire servir dans le fameux « salon d’argent », où les meubles tourmentés sont plaqués d’argent et couverts de riches soieries dans les tons bleus, assorties aux fresques des murs. La fraîcheur des patios, la grâce du décor, les tentures des baldaquins feront de ce séjour un souvenir inoubliable…

Adresses :
. Hôtel Madhuban, D-237, Bihari Marg, Bani Park, Tél. : 220 00 33 et 54 27, à partir de 50 euros la nuit avec petit-déjeuner pour deux personnes.
. Fort de Roopangarth, à 60 km de Pushkar, sur la route du Shekhawati, Tél. : 01 497, à partir de 60 euros la nuit pour deux avec petit-déjeuner, 80 euros pour les suites.
. Palais de Samode, à 40 km au nord de Jaipur, Tél. : 263 24 07 ou 23 70, à partir de 300 euros la nuit pour deux avec petit-déjeuner, réservez d’avance pour avoir les chambres du maharaja ou de la maharani.




mercredi 29 mai 2019

FREQUENCE PROTESTANTE

                                    Nicolas Mietton reçoit Isaure de Saint Pierre


Le ler juin prochain à 22h sur Fréquence protestante, 100.7, Nicolas Mietton évoquera pour ses auditeurs, avec musique de Lully et extraits de dialogues de films, mon dernier roman, Marie, paru aux éditions Albin Michel en novembre dernier. Si vous aimez l'ambiance Grand Siècle, si vous vous intéressez à cette femme hors du commun, indépendante et tumultueuse, qui fut le premier amour de Louis XIV et lui inspira une telle passion qu'il lui avait promis de l'épouser, soyez avec nous ce samedi soir. Le roi  s'opposa autant qu'il le put à son mariage avec l'infante d'Espagne Marie-Thérèse - mariage hélas imposé par la raison d'Etat pour mettre fin à la guerre avec Philippe II. A travers ce portrait de Marie Mancini, nièce du fameux cardinal Mazarin, c'est toute la vie de cour au Louvre, les manoeuvres diplomatiques compliquées et tortueuses du cardinal, l'amour que lui voua la reine Anne d'Autriche, mère de Louis XIV, que fait revivre Nicolas Mietton dans cette émission. Et surtout, un amour intense entre un fougueux jeune roi de vingt ans et Marie qui sera sacrifiée.

jeudi 16 mai 2019

TEL AVIV

Tel Aviv, la ville qui ne s’arrête jamais…

Port et buildings

Vue de Tel Aviv


Fondée en 1909 par 66 familles de Jaffa désireuses de créer une nouvelle agglomération, Tel Aviv, la ville qui ne s’arrête jamais (de bâtir, de créer de nouvelles sociétés, de nouveaux styles, de vivre la nuit, d’accueillir les groupes les plus importants des nouvelles technologies tels que Google ou Microsoft) reste la cité de prédilection des jeunes.

« La Bulle », une ville de jeunes

Ambiance festive à la Gare

On dit même que c’est la ville la plus jeune du monde, avec plus d’un tiers de sa population âgée de 18 à 35 ans. Il faut avouer qu’elle a tout pour plaire, avec son ensoleillement exceptionnel de 300 jours par an, ses 14 km de plage et ses 120 km de pistes cyclables (elle a même adopté le système français de vélib). En même temps, Tel Aviv garde une dimension humaine, pas plus de 52 km2 pour une population de 410 000 habitants.
Dès vingt-deux heures, tous ces jeunes se retrouvent à déambuler autour de Rothschild boulevard, la plus large artère de la ville et la plus animée lorsque la nuit tombe. Les restaurants y sont légions et l’on se presse sur leurs terrasses, même en plein hiver. Les kiosques bien restaurés servent des cafés en plein air. Déjà, des groupes se forment à l’entrée des clubs, le Block, Haoman 17, Levontin 7 ou du très couru, Jimmy Who Bar.
Depuis près d’une dizaine d’années, cette ville est surnommée « La Bulle », du nom du film du réalisateur israélien Eytan Fox, The Bubble contant les amours impossibles d’un Israélien et d’un Palestinien à Tel Aviv.

Un patchwork de styles

Ancien port de Tel Aviv

Immeuble de style Bauhaus rénové

Les audaces du Design museum de Holon

Quand les membres de ces 66 familles ont décidé en 1909 de créer à l’emplacement de dunes désolées la première cité de culture purement hébraïque, tout restait bien sûr à faire. Aujourd’hui, journaux, écoles hébraïques, centres culturels et théâtres célèbres y pullulent. La danse y est somptueusement représentée au Suzan Dellal Center, à Varda Hall, par le spectacle de la compagnie Bat Sheva, The Hole, en ce moment. L’industrie du diamant y est florissante. Jérusalem n’étant pas reconnue internationalement comme capitale du pays, c’est aussi à Tel Aviv que se situent les différentes ambassades. A présent, la ville s’étend jusqu’à la rivière et le parc Yarkon, les banlieues chics de Hertzliva et Ramat Hasharon au nord, la rivière Ayalon à l’est et au sud les villes de Bat Yam et Holon qui seront bientôt enserrées dans son étreinte.
Aux premières maisons édifiées à la va-vite et entourées de jardinets tendant malheureusement à disparaître ont succédé des demeures en bois plus élégantes d’inspiration américaine, puis les lignes pures et sobres des petits immeubles de style Bauhaus, restaurés aujourd’hui à grands frais. Tous ces styles se côtoient au centre de la cité pour constituer « la ville blanche », classée au patrimoine de l’Unesco, tandis que, sur fond de ciel d’un bleu toujours limpide se profilent les immenses grues édifiant sans cesse de nouveaux buildings aux formes futuristes abritant banques et bureaux. Cette diversité, cette fête non stop dans « la ville qui ne dort jamais » et où l’on peut prendre son petit-déjeuner à n’importe quelle heure dans certains bars ont conquis les touristes. Ils sont plus de 2,5 millions à y accourir chaque année pour s’imprégner de son ambiance survoltée ou parcourir ses beaux musées, le Tel Aviv Museum of Art renfermant collection d’art contemporain et impressionnisme ou le Design Museum Holon aux grandioses volutes de métal, exposant actuellement l’incroyable collection de bicyclettes de Michael Embacher.

L'ambiance puces du célèbre
restaurant Shakshuka

Le renouveau de Jaffa

Famille arabe contemplant Tel Aviv depuis Jaffa

Flea Market à Jaffa

L'élégance intemporelle du Vieux Jaffa

Amusante boutique à Jaffa

Considérée comme l’une des plus vieilles villes du monde, l’ancienne cité de Jaffa, qui jouxte Tel Aviv et dont les habitants furent donc à l’origine de la ville « qui ne dort jamais », remonte à la haute Antiquité. On peut d’ailleurs voir, non loin du rivage, le rocher où la belle Andromède fut enchaînée pour servir de repas au monstre marin, avant d’être bien sûr délivrée par un vaillant et beau jeune homme, Persée monté sur Pégase, son cheval ailé ! La tour de l’horloge, la fontaine du zodiaque ou celle de Jonas ornée d’une débonnaire baleine, l’église Saint-Pierre, la synagogue Libyenne ou la maison du Tanneur où Saint Pierre eut son rêve prémonitoire l’envoyant précher l’Evangile aux quatre coins du monde sont autant de repères jalonnant un passé prospère, même si le port de pêche peut aujourd’hui sembler minuscule. Les vieilles maisons aux murs épais bien rénovées, les restes des murailles des croisés, l’ancienne gare ou le vaste hôpital Saint-Joseph pourraient en faire une ville musée, mais ce n’est pas la vocation de Jaffa. L’ancienne gare de Hatachana est devenue un pimpant centre commercial où abondent galeries, boutiques de mode et centre de soins de beauté (les produits de la Mer Morte riches en sels minéraux et commercialisés par Ahava sont à juste titre réputés) ou échoppes de plein d’air faisant la joie des petits. L’une des plus anciennes maisons du vieux Jaffa, vieille de 250 ans et située au cœur de la ville, celle de l’artiste Ilana Goor qui l’habite toujours, même si elle se visite, abrite ses œuvres et ses collections privées.

Plaisirs de la table
Deux formules pour goûter aux saveurs si variées de la cuisine juive issue d’Afrique du nord et d’Europe de l’est, déguster baba ganoush (mélange d’aubergine, crème et condiments), chrain (sauce au raifort et betteraves rouges), farfel (nouilles torsadées faites de farine et d’œufs pilés) cholent (plat à base d’orge, pommes de terre, bœufs et haricots) ou fondant malabi (sorte de yaourt agrémenté d’eau de rose, fruits secs et noix de coco) : .Acheter à l’office du tourisme une carte Shuk Bites permettant de prendre un repas complet en testant successivement cinq restaurants proches du Marché aux Puces, voir le Centre d’information touristique (46, rue Herbert Samuel, Tél. : 03 5166188).
. Se faire inviter chez l’habitant pour un vrai repas comme à la maison en contactant Katie Sorene, qui se charge de tout organiser : Tél. 03 5407239.



mercredi 15 mai 2019

LES JARDINS JAPONAIS

                              Féeriques jardins du Japon

Jardin paysagé du Temple d'Or à Kyoto

Les Japonais sont si amoureux des fleurs et de la nature qu'ils ont inventé un mot pour qualifier cet engouement : le hanami ou contemplation des fleurs. Leurs jardins, très divers, sont à juste titre célèbres dans le monde entier.

Les jardins zens destinés à aider la méditation


Jardin zen de Konkubuji à Koya-san

Jardin zen de Honen à Kyoto 

Les jardins  zen sont les plus surprenants à nos yeux occidentaux. Dépouillés, faits de sable et de roches avec parfois un élément végétal, ils symbolisent la création du monde ou les éléments. Branche du bouddhisme qui arriva au Japon via la Chine dès le VIè siècle, le bouddhisme zen ne fit son apparution au Japon que six siècles plus tard et se fonde sur la méditation et l'effort personnel. A Konkobuji, à Koya-san, le sable est ratissé chaque matin en forme de vagues autour des quinze roches traditionnelles. Jardin zen aussi dans le parc où s'élève le célèbre Temple d'Or, centre du célèbre livre du même nom de Mishima. Au Pavillon d'Argent de Kyoto, le jardin zen prend la forme d'une pyramide tronquée environnée de vagues de sable et à Honen, dans la même ville, d'un tumulus de sable sur lequel sont dessinées fleur et vagues. La plupart du temps, le jardin zen n'est d'ailleurs qu'une facette d'un jardin comprenant d'autres styles.

Les jardins de bambous et de mousses


Bambous de Honen à Kyoto

Jardin de mousses du Pavillon d'Argent

Les bambous sont magnifiques au Japon et il en existe une bonne centaine d'espèces. La plupart des jardins ont leur bambouseraie, mais celle du sanctuaire d'Honen, près du célèbre Chemin des Philosophes de Kyoto, est particulièrement belle et étendue. Sous les arbres, on cultive toute sorte de mousses qui évoquent de ravissants sous-bois. Celui du Pavillon d'Argent de Kyoto est particulièrement réussi.

Arbres et arbustes fleuris


Le célèbre Chemin des Philosophes de Kyoto

Camélia du Reikar-ji à Kyoto
La meilleure période pour se griser de cette explosion de fleurs déplaçant des foules entières au Japon est bien sûr le mois d'avril, bien que la palette de couleurs des célèbres érables japonais justifie aussi une visite automnale. Si l'on aime la poésie des cerisiers en fleurs, il ne faut pas manquer à Kyoto le célèbe Chemin des Philosophes. Ce n'est pas un jardin proprement dit, mais une allée  fleurie de blanc et de rose sur plusieurs kilomètres. Dans la même ville où chaque sanctuaire comporte un beau jardin, ne manquez pas les camélias de toutes teintes du Reikan-ji et l'infini moutonnement des azalées multicolores, taillés en forme de ballons, du Nezu-jinja.

Irréelle splendeur du jardin d'azalées
du Nezu-jinja de Tokyo

Jardins paysagés et jardins d'eau

Jardin d'eau du Pavillon d'Argent à Kyoto

Il n'est pas possible de dissocier les uns des autres, car il y a toujours de l'eau dans un jardin japonais, sous forme de lac, étang, simple mare ou nagent de magnifiques carpes koï dont on modifie la terne couleur grise par les aliments dont on les nourrit, cascade, vasque. Tout semble naturel, mais tout est en réalité pensé et retravailler pour simuler une nature idyllique. Autour de cette féerie aquatique est conçu un jardin paysagé recherchant l'escarpement d'une colline pour offrir une belle vue sur l'ensemble, toujours planté en ménageant vue et profondeur. Arbustes fleuris, érables, mais aussi cèdres, pins, cryptomerias géant forment un fond boisé dans lequel sont ménagées des allées sablées menant à de délicieux pavillons, souvent d'anciennes maisons de thé, à une lanterne de pierre, une fontaine, un torii ou porte permettant d'accéder au sanctuaire, un pont gracieusement incurvé au-dessus d'un cours d'eau.

Lanterne, fontaine et pont, les accessoires indispensables


Fontaine du Honen à Kyoto

Fontaine du jardin Ryonanji à Kyoto

Pont romantique de l'hôtel Fugi-ya à Hakone

Les lanternes de pierre ou de bois veillent les divinités des sanctuaires, tandis que les fontaines, de pierre ou de bambou, parfois un abreuvoir au-dessus duquel reposent les indispensables louches destinées aux ablutions sont en principe réservés aux temples, pagodes et sanctuaires, mais ils s'allient si bien à la poésie des jardins qu'ils sont omni-présents. Les ponts, parfois simples dalles de pierre jetées au-dessus d'un ruisseau, peuvent aussi devenir plus élaborés, tel celui, peint en rouge, du célèbre hôtel Fugi-ya d'Hakone, où aimait à séjourner le Beatle John Lennon et son épouse japonaise.
Il n'est pas nécessaire d'habiter le Japon pour s'inspirer de la beauté de ses jardins. On peut réserver un coin de son espace vert au style japonais en organisant un savant mélange d'eau, arbustes taillés en boules et fleurs, iris et pivoines surtout, leurs préférées. Même dans un appartement citadin, pourquoi ne pas s'inspirer de leur science des bouquets ou ikebana, acheter une minuscule fontaine en céramique et bambou ou élever un bonsaï, arbre nanifié à force de soins ?

Fiche pratique :
Comment y aller : Par Japon airline, 4, rue de Ventadour 75001 Paris, Tél. : 01 44 35 55 72 et en consultant le site de l'Office du Tourisme, même adresse et Tél. : 01 42 96 28 89, www.tourisme-japon.fr.
Comment organiser votre voyage :
-      Voyageurs du Monde, 55, rue Saine-Anne 75002 Paris, Tél. : 08 92 23 56 56, grand spécialiste du Japon, vous organisera un voyage sur mesure et vous procurera le passe JR, qui vous permettra de voyager sur la plupart des trains japonais.
-      -L'agence NostaAsie, 19, rue Damesme, 75013 Paris, Tél. : 01 43 13 29 29 est également spécialiste du Japon.
-      Où loger  : Dans bien des villes, les hôtels Prince, 12, rue Vignon 75009 Paris, Tél. : 01 53 05 99 09 jouissent en général d'une belle vue et les prix sont raisonnables.