jeudi 19 avril 2018

LA VIE DE CHÂTEAU

La vie de château à la fin du règne de Louis XIV

Champs-sur-Marne côté cour

 Tout proche de Paris et appartenant à présent aux Monuments Nationaux, le château de Champs-sur-Marne et son parc furent aménagés par l’architecte Jean-Baptiste Bullet de Champlain entre 1703 et 1707 pour le financier Paul Poisson de Bourvallais. Il passa ensuite à la princesse de Conti puis au duc de la Vallière. La marquise de Pompadour le loua durant deux ans. Très détérioré sous la Révolution, le domaine fut racheté et restauré par Louis Cahen d’Anvers en 1895, mais son fils dut s’en séparer. Il le donna à l’Etat en 1935, lui vendant le précieux mobilier que l’on peut toujours admirer aujourd’hui. Servant tout d’abord à recevoir les chefs d’Etat étrangers, le domaine fut ensuite ouvert au public et illustre la vie d’une famille de la grande bourgeoisie vers 1930.

Le grand salon aux trois baies cintrées donnant sur le jardin

Le salon chinois aux boiseries peintes par Hué

Le salon aux camaïeux

L'élégante salle à manger

Détail de la table

Le plan a été réorganisé au XIX è siècle, avec escaliers et pièces de service côté cour, grand salon aux trois baies cintrées et pièces de réception côté jardin, fumoir, salon chinois aux boiseries peintes par Huet vers 1748, salon rouge transformé en bureau, cabinet en camaïeu également peint par Huet, bibliothèque-billard, salle à manger aux vasques de marbre, chambre du maître de maison, salle à manger des enfants. Au premier étage desservi par un impressionnant escalier d’honneur se succèdent salon de musique et diverses chambres, boudoir et cabinets de toilette.

Une chambre demeurée dans son jus

La grandiose cage d'escalier

De charmants petits amours

Concert d'oiseaux de Jean-Luc Bichaud
Collection de globes de mariées

Jusqu’au 12 septembre prochain, l’exposition Vive la mariée campe dans les différentes pièces du château de Champ des toilettes et globes de mariées datant du XVII è siècle jusqu’aux années 1930.


Cabinet de toilette comme autrefois

Le tapis vert s'étendant jusqu'au grand bassin

Champs-sur-Marne côté jardin
Château de Champs-sur-Marne, 31, rue de Paris, 77420 Champs-sur-Marne, Tél. 01 60 05 24 43.

jeudi 5 avril 2018

OFFRIR UN PORTRAIT

Pour une belle occasion, offrez son portrait à un proche

01. Maternité en jaune

02. Bonnet rose

03. Petit Bhoutanais


Un portrait peint à l’huile réalisé d’après une photo que vous aimez, c’est un cadeau original que vous pouvez offrir à ceux que vous chérissez pour immortaliser un instant de bonheur ou de rêverie, un certain regard, un sourire…
L’artiste se plaît ainsi à faire revivre un visage rencontré lors de l’un de ses reportages lointains ou plus simplement à rendre en peinture un portrait de ses proches qu’elle a particulièrement aimé. Envoyez-lui par mail un cliché réussi que vous voudriez voir peindre et elle le réalisera à l’huile pour vous.

04. Rêverie
05. Tendresse

06. jeune Indienne

07. Petit coeur

08. Nomade du Thar

09. Voile rouge


Coût : 500 E pour une toile de 29,7 x 42 cm, 300 E pour un format A4, livré encadré d’une baguette dorée, la moitié est payable à la commande, l’autre moitié à la remise du tableau. Envoyez vos photos à cette adresse mail : idesaintpierre@yahoo.fr

10. Voile rose

11. Soleil noir

12. Pull gris

13. Dix-huit ans !

14. Fumée

15. Robe noire

16. Mélancolie

17. Lointaine

18. Pénombre

vendredi 23 mars 2018

PROMENADE A AUVERS-SUR-OISE

Auvers-sur-Oise, la patrie des peintres

 
L'église d'Auvers-sur-Oise immortalisée par
Vincent Van Gogh

Champs de blé à Auvers-sur-Oise


A trente minutes en train de Paris, le charmant bourg d’Auvers-sur-Oise a su garder toute son authenticité, solides maisons de pierre, jolie église immortalisée par Vincent Van Gogh, rivages préservés de l’Oise bientôt aménagés pour permettre aux bateaux et péniches d’y accoster. Dès l’inauguration du train Paris-Le Havre en 1847, quantité de peintres ayant leurs ateliers à Paris sont venus « peindre sur le motif », tant dans l’Oise qu’en Normandie. Parmi eux, les Daubigny père et fils, des pré-impressionnistes ayant longtemps habité Auvers-sur-Oise, Vincent Van Gogh et le docteur Gachet, tout d’abord son médecin puis son ami, Daumier, Courbet mais aussi un post-impressionniste tel qu’Emile Boggio. Tous ont été séduits par le charme de cette bourgade encore bien campagnarde et en ont laissé de multiples témoignages et tableaux.

L’Auberge Ravoux où mourut Vincent Van Gogh

L'Auberge Ravoux au temps de Vincent

Le plus célèbre – et aussi le plus tragique, puisqu’il y est mort le 29 juillet 1890 à l’âge de 37 ans – fut bien sûr Vincent Van Gogh. Les 70 jours que Vincent passa à Auvers furent pourtant les plus productifs de ca courte et fulgurante œuvre : 80 toiles brossées avec ardeur et parfois même enthousiasme, comme il l’écrivait à son frère Théo, durant ce séjour du 20 mai au 29 juillet. A nouveau saisi par ses démons et son instabilité mentale, Vincent qui était allé peindre dans un champ situé derrière le château d’Auvers, se tira une balle de pistolet dans la poitrine. Seulement blessé, il revint comme il put à l’Auberge Ravoux où il avait loué une chambre minuscule, 7m2, pour 3,50F par jour et la regagna péniblement. Alerté par ses gémissements, l’aubergiste Arthur Ravoux fit prévenir son ami le Dr Gachet, qui le pansa du mieux possible. Vincent mettra deux jours à mourir.
Le regard du peintre

La salle à manger telle qu'elle était autrefois, au coin
contre la fenêtre la table réservée à André Malraux et
le saucisson qu'il affectionnait

Conservée presque intacte, l’auberge Ravoux a gardé telle quelle sa salle à manger de dix tables et la mansarde nue de Vincent. On peut voir dans la chambre voisine le petit lit de fer où il mourut. Emouvante visite…

Musée et maison-atelier des Daubigny

Le musée Daubigny

La maison-atelier Daubigny

La chambre de Cécile

L'atelier proprement dit

Précurseur de Van Gogh à Auvers, les Daubigny père et fils, Charles-François puis Karl, chérirent aussi ce gros village et cette riche campagne qui inspirèrent nombre de leurs tableaux. Deux lieux les évoquent toujours et se visitent : le Musée d’Aubigny qui présente leurs principales œuvres ainsi que des expositions temporaires, jusqu’au 26 août Impressions Marines, une exposition dédiée à la Normandie avec des toiles de Corot, Boudin, Courbet… Et, tout près, la Maison-Atelier Daubigny, l’une des trois Maison des Illustres que comporte Auvers. Elle fut édifiée à la demande de Charles-François par son ami l’architecte Oudinot en 1861 et conservée dans son jus. Le maître de maison, aidé par ses amis Corot et Daumier et par ses trois enfants, Karl, Cécile et le petit Bernard s’affaireront pendant une dizaine d’années à décorer les murs de la maison. Une œuvre aussi touchante que poétique…

Les mirages de la fée verte et le château
Le charmant Musée de l'Absinthe

Tout ce qu'il faut pour consommer "la fée verte"

Plaisante affiche

Tout près de l’Auberge Ravoux, le Musée de l’Absinthe, aménagé dans une petite maison de village, évoque la vie de café à l’époque des impressionnistes. Il renferme quantité d’affiches, de dessins et peintures représentant les consommateurs de « la fée verte » et ses méfaits, mais aussi les objets usuels des buveurs d’absinthe…
Au château d'Auvers, un parcours vidéo dédié
à l'impressionnisme

Au cœur du village, le château d’Auvers, vaste demeure du XVII è siècle construite par un riche banquier italien de la cour de Marie de Médicis, Zanobi Lioni, puis embellie par Jean de Leyrit qui la dota de jardins à la française, se devait de célébrer aussi la peinture. Un parcours « Vision Impressionniste », inauguré il y a six mois, offre au visiteur une vision claire et complète de la recherche des peintres impressionnistes et de leur obsession des effets de lumières. Déjeuner au restaurant du château, le Nymphée, et savourer les plats du terroir du chef Cédric Barbet complète agréablement cette visite.

Deux autres Maisons des Illustres

L'atelier d'Emile Boggio

Les Gouttes d'eau de Xavier Boggio

Autre Maison des Illustres d’Auvers, la maison-atelier d’Emile Boggio, né à Caracas en 1857 d’une mère française et d’un père italien, installé à Auvers en 1910. Il y peindra près de 400 tableaux avant d’y mourir à l’âge de 63 ans. Le premier étage lui est dédié et montre son atelier, ses meubles et bon nombre de ses œuvres, tandis qu’au rez-de-chaussée sont exposées les curieuses sculptures de verre de son arrière-petit-neveu Xavier Boggio et, dans le jardin, ses étranges Gouttes d’eau.
Grosse maison cossue sans grand caractère, la maison du Dr Gachet abrite jusqu’au 4 novembre prochain l’exposition Melancholia évoquant l’art et la psychiatrie au XIX è siècle. On sait que Paul Ferdinand Gachet, un ami de Pissarro exposant lui-même et spécialiste des maladies mentales, accueillit à la demande de ce dernier Vincent Van Gogh à son arrivée à Auvers et tenta de l’aider de ses conseils. En vain, hélas…
Pour continuer la tradition picturale d’Auvers, le Grap’s, un collectif d’artistes qui habitent et travaillent à Auvers, expose régulièrement leurs œuvres dans cette galerie d’Art Contemporain.

Carnet d’adresses :
. L’Auberge Ravoux, Place de la Mairie, 95430 Auvers-sur-Oise, Tél. : 01 30 36 60 60.
. Musée Daubigny, Manoir des Colombières, rue de la Sansonne, 95430 Auvers-sur-Oise, Tél. : 01 30 36 80 20.
. Maison-Atelier Daubigny, 62, rue Daubigny, 95430 Auvers-sur-Oise, Tél. : 01 30 36 60 60.
. Musée de l’Absinthe, 44, rue Callé, 95430 Auvers-sur-Oise, Tél. : 01 30 36 83 26.
. Château d’Auvers-sur-Oise, rue de Léry, 95430 Auvers-sur-Oise, Tél. : 01 34 48 48 48.
. Les Ateliers Boggio, 47, rue Emile Boggio, 95430 Auvers-sur-Oise, Tél. : 06 10 33 24 71.
. Maison du Dr Gachet, 78, rue du Dr Gachet, 95430 Auvers-sur-Oise, Tél. : 01 30 36 81 27.

. Galerie municipale d’Art Contemporain, 5, rue du Montcel, 95430 Auvers-sur-Oise, Tél. : 01 30 36 13 46.

mercredi 7 mars 2018

MAGIE GRECQUE

Santorin, la belle engloutie

La grandiose arrivée à Santorin

Loin de la splendeur du Parthénon, de la fournaise d’Athènes, du fourmillement du Pirée, les îles grecques, fragments de mosaïque étalés sur le bleu de la Méditerranée, peuvent se découvrir à petits prix, si possible hors saison, en sautant d’un ferry à l’autre, de préférence les rapides Flying Dolphins. On loge chez l’habitant pour se faire dorloter par les mamas tout en noir. L’une de ces îles est particulièrement impressionnante par la catastrophe qu’elle évoque encore et ses hautes falaises torturées plongeant à la verticale vers la mer : Santorin.

Santorin la volcanique

La caldéra

Chapelle de Théra

Théra l'actuelle capitale

Perchée sur un ancien volcan dont on devine encore fort bien la forme, Santorin est la plus spectaculaire des îles grecques. L’éruption, qui aurait eu lieu vers 1500 av.J-C, serait à l’origine du mythe de l’Atlantide, le continent perdu chanté par Platon. L’éruption dut être terrible car on a trouvé des fragments de roches volcaniques jusqu’en Egypte et Palestine, à près de mille kilomètres de là. Cette explosion fut peut-être aussi à l’origine de la légende de l’ouverture de la Mer Rouge devant Moïse et son peuple, formidable raz-de-marée ou tsunami produit par la violence du choc. L’île en forme de fer à cheval épousant la courbe de l’ancien cratère est donc dominée à l’ouest par de hautes falaises s’élevant jusqu’à 120 mètres et basculant abruptement dans le bleu de la mer rayé par le sillage des bateaux. Sous l’eau, la « caldeira » du cratère a formé des fosses marines se creusant jusqu’à 400 mètres sous la surface. La côte est s’allonge au contraire jusqu’à la mer en formant de belles plages.

Théra, la ville multicolore

Une vieille toute en noir

Chemin de corniche vers Firostefani

Une vie de chat !

La capitale de l’île, appelée Théra ou Fira, est juchée sur la crête des falaises, pourvue d’un minuscule port en contrebas que l’on atteint en téléphérique. Il y a peu de place et les maisons multicolores, les délicieuses chapelles également peinturlurées se serrent les unes contre les autres pour gagner de l’espace et ménager de tortueuses ruelles. La vue est saisissante, surtout au bout de la corniche, dans le quartier de Firostéfani où elle porte sur 360°. Même hors saison, Théra est si resserrée qu’il y a toujours du monde. Mais l’île ne manque pas de petits bistros où s’attabler pour déguster de merveilleux cafés glacés aromatisés au rhum.

Une promenade en caïque


A Firostefani, autant de chapelles
que de maisons
C’est au port en bas de la falaise que l’on peut retenir un bateau pour explorer les autres îlots de la caldeira. Un sentier escarpé y mène, mais aussi le téléphérique. La plus spectaculaire de ces îles est aussi la plus grande, Néa Kaméni, surgie des flots en 1573, donc très récemment pour un géologue ! Dans un paysage désolé évoquant les cratères lunaires, on distingue coulées de lave noire et fumerolles. L’îlot plus ancien et plus exigu de Paléa Kaméni, apparu quant à lui en 196 av. J-C, borde une crique d’eau sulfureuse et chaude, excellente pour la peau, où l’on peut se baigner depuis le bateau car il n’y a pas moyen d’y aborder. Mais on peut atteindre l’îlot habité de Thirassia, en face de Thera, d’où la vue est également splendide. Il faut la mériter car la montée est rude.

Les paisibles villages du centre de Santorin

Moulin à Firostefani


Musicien à Firostefani

Pour fuir la foule qu’attire en toute saison l’étonnante petite capitale de Santorin, rien de mieux que de louer un scooter pour sillonner la campagne plantée de vignes et d’oliviers et découvrir la côté est où s’étalent de belles plages où l’on peu se baigner sans danger, certaines de sable noire, telle Périssa ou Kamari avec ses gravillons sombres. Si les routes sont tournantes et plus ou moins bonnes, les distances restent courtes et il est facile de rayonner à partir de Théra pour découvrir les villages du centre de l’île, Kartérados, Messaria ou Pyrgos. Ils charment surtout par leur calme et leur rythme de vie si paisible, offrant à leurs visiteurs des pensions de famille bien moins chères que les hôtels, permettant de partager la vie d’une famille. En pleine campagne, d’austères monastères blottis parmi les oliviers renferment encore de belles icônes, comme ceux de Prophitis Ilias et de Mégalochori.

Finikia et le port d’Oia au nord

La majestueuse rade de Santorin

Finikia aux vieilles maisons chaulées et aux sombres ruelles invite aux paresseuses flâneries. Tout près, le port d’Oia est le plus beau village de l’île, avec sa rade paisible et ses demeures troglodytes creusées dans le roc, où habitaient jadis les marins. Très prospère au XIX è siècle, ce port abritait alors plus d’une centaine de navires de commerce avant de péricliter. On y voit encore d’élégantes demeures patriciennes juchées sur la falaise et les vestiges d’un ancien chantier naval.

Les sites archéologiques

A 9km au sud-ouest de Théra, vers la pointe de la caldeira, après le paisible village d’Akrotiri, s’étend un champ de fouilles de 12 000 m2.
Un archéologue grec, Spyridon Marinatos, passionné par Santorin, obtint la permission d’y faire des fouilles, qu’il conduisit pendant huit saisons. Il ne recherchait pas la mythique Atlantide, mais une rade bien abritée qui aurait convenu aux marins de l’Antiquité et son choix se porta sur Akrotini. Il n’avait pas tort. La masse des cendres du volcan avait recouvert tout l’ancien port comme à Pompéi et il dut creuser sur 40 à 50 m d’épaisseur pour trouver les ruines bien conservées d’un port important. Sa mort suspendit les fouilles, reprises ensuite par le professeur Doumas, mais Akrotiri est loin d’avoir livré tous ses secrets.

Le second site est celui de l’ancienne Théra, au sud-est de la capitale actuelle, perché au-dessus de Périssa, au sommet d’un piton rocheux désolé s’élevant à 369m au-dessus de la mer, poste d’observation idéale pour surveiller les abords de la mer Egée. Les vestiges sont surtout grecs et romains. Avec un peu d’imagination, quand on atteint la terrasse des Fêtes, au sud du site, on croit revoir et entendre les beaux éphèbes nus chantant et dansant en l’honneur d’Apollon, le dieu de la musique et de la poésie, honoré par les Grecs comme par les Romains.