mercredi 2 août 2017

MANUSCRITS RARES

                    


                  Exposition à l’abbaye de Graville

 
Graville, une abbaye du XI è siècle au Havre

L'abbaye de Graville dans sa pureté romane

Le grand retable baroque

Ermitage au VI è siècle, Graville devient ensuite un lieu de pèlerinage en accueillant les reliques de Sainte Honorine. Au XI è siècle, Guillaume Malet, compagnon de Guillaume le Conquérant et sire de Graville, pour célébrer la victoire d’Hastings, le fait agrandir et l’érige en abbaye. Ses successeurs entreprennent la construction des logis abbatiaux au siècle suivant. La tour Nord a été détruite durant la guerre de Cent ans et la tour Sud pendant les guerres de religion, mais l’abbatiale romane demeure aujourd’hui, altière et dépouillée. L’abbaye de Graville peut s’enorgueillir d’avoir accueilli toute une brochette de rois, Philippe le Bel en août 1295, Henri V d’Angleterre en août 1415 et Charles IX en 1563. L‘élégant retable baroque fut placé dans le chœur au XVII è. Les actuels bâtiments conventuels ont été en partie détruits par un incendie en 1787, ce qu’il en reste date aussi du XVIII è siècle.
Actuellement et jusqu’au 18 septembre prochain, une exposition est consacrée à Louis Malet de Graville, né vers 1440 et mort en 1516, conseiller de Louis XI puis amiral de France sous Charles VIII, Louis XII et François Ier, ce qui n’est pas rien, qui fut aussi un grand mécène et collectionna en particulier les manuscrits rares.
L'amiral de Graville était un grand amateur de tapisseries

Des maquettes des mnoirs ou maisons remarquables
de Normandie

Pour lui rendre hommage à l’occasion du 500 è anniversaire de la fondation du Havre, Elisabeth Leprêtre, conservateur en chef et directrice des Musées d’Art et d’Histoire du Havre, a organisé cette exposition et réuni avec l’aide de la Bibliothèque nationale de France tapisserie, portraits de l’époque, manuscrits précieusement enluminés dont le très rare et unique exemplaire des minutes du procès de Jeanne d’Arc. Une visite à ne pas manquer dans un cadre remarquablement reconstitué et bien entretenu.
Rue de l’Abbaye, 76600 Le Havre, Tél. 02 35 24 51 00, site abbayegraville.lehavre.fr.



vendredi 28 juillet 2017

PIERRE ET GILLES AU HAVRE

Clair-obscur de Pierre et Gilles

L'affiche de l'expo

Vierge à l'enfant

Le p'tit bal

Le fruit défendu, Arielle Dombasle

Pierre Commoy et Gilles Blanchard se rencontrent en 1976 chez le couturier Kenzo. S’ensuivront quarante ans de complicité amoureuse et de création artistique, avec leurs multiples portraits très kitches, à mi chemin entre photographies et peintures. Des célébrités, mais aussi leurs amis ont posé pour eux, dans des décors inspirés de la mythologie, de la littérature, des contes de fées ou des croyances populaires.

Pour toujours

Leurs collections bric-à-brac

Fragile

Marianne

Dans le style des années soixante-dix, une centaine de créations sont ainsi exposées, le cadre étant la plupart du temps aussi inspiré que l’œuvre elle-même. Des objets disposés comme dans un « cabinet de curiosités » d’autrefois évoquent l’univers si particulier de ce duo devenu mythique. Pour cette exposition au Muma du Havre qui durera jusqu’au 20 août prochain, les auteurs ont imaginé de glisser certains tableaux dans… des cabines de plage.

Voir muma-lehavre.fr


Maison de poupée, Audrey Tautou

Renaissance
Narcisse

mardi 25 juillet 2017

L'ELEGANT CAP-FERRET

Paisible promenade au Cap-Ferret

Sur la plage d'Arcachon

30 mn de traversée en "pinasse" jusqu'au Cap-Ferret

La jolie pkage de l'Herbe

Une ancienne cabane bien restaurée à l'Herbe

Vue sur les toits de l'Herbe

Ce cap forme un cordon littoral au sud de la presqu’île de Lège-Cap-Ferret, en Gironde, et sépare l’océan Atlantique du bassin d’Arcachon, ce qui explique la diversité des paysages, d’un côté l’alanguissement paisible du bassin, de l’autre l’immensité argentée de l’océan. A la pointe et au-delà de la célèbre dune du Pilat s’étend le banc d’Arguin et ses sab les changeants peuplés d’une multitude d’oiseaux marins.
Un autre banc, celui du Mimbeau, en partie couvert de tamaris et de petits pins, forme une paisible lagune séparée du reste du bassin, juste avant la pointe du Cap-Ferret. L’Etat étant en grande partie propriétaire du cap, les Eaux et Forêts les ont plantés de pins pour former une partie de la forêt domaniale de Garonne, dans la partie sud de la commune de La Teste.
Des concessionnaires de terrains de chasse situés sur le Cap achetèrent aux enchères, le 12 octobre 1908, un terrain boisé de 44 hectares appartenant à l’Etat pour le mettre en valeur en pratiquant des activités de chasse, pêche et station balnéaire., s’engageant notamment à la défense des berges menacées par l’érosion, ce qui ne fut guère respecté, notamment devant le fameux restaurant « Chez Hortense » où près d’un hectare de terrain fut emporté par les courants. Ce fut l’origine des fameux « 44 ha », le coin le plus chic du Cap, celui des premiers propriétaires, arrangeant souvent les anciennes cabanes des ostréiculteurs.


La célèbre dune du Pilat vue du chenal de La Vigne

La lagune du Mimbeau

Une élégante cabane bien rénovée dans les 44

Plage dans les 44
Dix ans plus tard, ce furent près de cinq cents hectares du Cap-Ferret que l’Etat décida d’échanger, cette fois contre plus de 2500 hectares de forêt, à la Compagnie d’entreprises immobilières formée par l’architecte Charles Labro et l’entrepreneur de travaux public Alexandre Joyeux. Et l’entreprise, la CEI, de revendre des lots dès 1920, se chargeant de construire des routes et de la viabilité des terrains, jusqu’à faire du Cap-Ferret une station balnéaire réputée de la Côte d’Argent. Aujourd’hui, le « Saint-Tropez de l’Atlantique », dont le prix dépasse la plupart du temps le million d’euros des maisons, après avoir attiré des personnalités telles que Le Corbusier, Jean Cocteau, Raymond Radiguet ou Jean Anouilh, est fréquenté par des stars comme Audrey Tautou, Guillaume Canet et Marion Cotillard, le romancier André Armandy ou le peintre Daniel Alaux.
A moins de trente minutes en « pinasse », les petits bateaux assurant la navette, d’Arcachon, moins bobo que sa rivale Le Pilat, le Cap-Ferret séduit par ses plages, ses jolies cabanes de pêcheurs repeintes de frais, ses discrètes villas blotties dans la pinède, ses marchés, ses huîtres incomparables et les eaux calmes, d’un bleu immuable, de son Bassin, la proximité de l’océan plus sauvage, ses bistros et restaurants à la mode, mais pas trop…

Devant "Chez Hortense"


samedi 22 juillet 2017

EXPO A LA MAISON DE L'ARMATEUR DU HAVRE

De précieux objets de céramique et de bronze exposés
dans la Maison de l’Armateur du Havre

Ce Mighty Foutain semble être fait pour
cette pièce en rotonde

Cette étonnante demeure construite autour d’un puits de lumière central en 1790 par l’architecte Paul-Michel Thibault s’élève toujours en bordure des vieux bassins du Havre. Ce fut surtout pour cette proximité que l’armateur Martin-Pierre Foache en fit l’acquisition en 1800. Il pouvait ainsi veiller sur ses vaisseaux marchands. Rachetée en 1955 par la ville du Havre, rénovée et décorée dans l’esprit du XVIII è siècle, elle fut ouverte au public en 2006. En la parcourant, le visiteur y goûte le raffinement et l’art de vivre si chers à l’Ancien Régime et a l’impression d’y être reçu par les maîtres de maison.

Vue sur le puits de lumière central

Breaking Earth trônant dans le salon
pompéien

Un Cabinet de Curiosités bien sûr dédié à la marine

Une bibliothèque d'angle aux
précieux volumes
 
Dans une harmonie de bleu et de parme,
la chambre de l'armateur

A l’occasion du 500è anniversaire de la ville du Havre, ce cadre exceptionnel accueille aujourd’hui les créations contemporaines de Gonzague Mézin pour la Maison Lignereux, l’un des plus célèbre créateur d’objets d’art du XVIII è siècle, fort prisé de la reine Marie-Antoinette. Au sortir d’un long sommeil, Lignereux propose depuis deux ans des objets extravagants, bien modernes mais respectant les exigences des anciens maîtres. Ainsi Gonzague Mézin, s’il a conçu chacun des cinq objets présentés ici, a fait appel pour leur réalisation à un bronzier d’art et à un céramiste-sculpteur. On doit ainsi à la conjugaison de ces talents les deux sculptures Breathing Earth, des serpents dorés soutenant ou laissant tomber ce qui pourrait être un globe terrestre, l’audacieux mobile Pleasure-Dome dont les teintes d’or et de lapis rehaussent celles du salon bleu, Voices, un éclat de soleil et de blancheur ou Mighty Fountain, véritable jaillissement incandescent… Ces objets, aussi beaux que surprenants, sont présentés dans un écrin bien digne d’eux…
Voices, délicatement posé sur le médaillon
de la chambre de la maîtresse de maison

Pleasure-Dome, un prélude au salon bleu

Même la cuisine ne manque pas d'élégance

Avec la conservatrice Elisabeth Leprêtre


Maison de l’Armateur, 3, Quai de l’Île, 76600 Le Havre, Tél. : 02 35 42 27 90 et www.lehavre.fr, jusqu’au 8 octobre prochain.

mardi 4 juillet 2017

ISTANBUL ET CHYPRE

Istanbul,
La ville au deux mille… dix mosquées

Sainte-Sophie, fleuron de l'art byzantin

Hésitant encore entre l’Europe et l’Asie, à la fois moderne et fière de ses racines, Istanbul a tout le charme des villes lacustres. Baignée par la mer de Marmara et le Bosphore, traversée par la flèche liquide de la Corne d’Or, cette antique cité au passé tourmenté semble puiser sa force dans toute cette eau.

Du haut du Marmara Hotel, on voit se déployer la ville magique


Istanbul, fouilles de l'ancien port théodose à Yenikapi
La quille d'un bateau marchand

Eglise Saint-Sauveur in chora, mosaïque du recensement 
des Juifs
Dès l’arrivée à Istanbul par la compagnie low cost de Pegasus Airlines, le flambant aéroport international de Sabiha Gokcen annonce par son moutonnement de coupoles de verre et de béton  rappelant celles des mosquées un futurisme largement inspiré du passé. C’est peut-être du restaurant panoramique du Marmara Hotel, sur la place de Taksim, le nouveau quartier branché, que l’on a la plus belle vue sur cette cité tentaculaire se déployant vers les quatre coins cardinaux. La ville s’insinue entre ses innombrables chemins d’eau délimitant vieux et nouveaux quartiers : la Vieille Ville au sud-ouest, qui a peu à peu débordé ses rives en essaimant ses monuments le long de la Corne d’Or et du Bosphore ou vers les rives d’Üsküdar, à l’est. Les quartiers modernes et plus populaires se concentrent à Beyoglu, au nord, tandis que les palais à la richesse un rien ostentatoire des derniers sultans, Dolmabahçe ou Ciragan,  s’alignent sur la rive gauche du Bosphore. Restauré à grands frais, ce dernier fait à présent partie du Kempinski Hotel où la nuit dans les anciens appartements impériaux ne coûte pas moins de 35 000 euros… On peut y dîner d’un somptueux buffet de fruits de mer face aux eaux dorées du Bosphore. De l’autre côté se mirent avec des grâces désuètes les Yalis – les délicieuses maisons de bois –, demeures des plus riches marchands ou banquiers d’Istanbul.
Marchand de glaces à Taksim

Charme des passages couverts de Taksim

Ambiance à Taksim

Le célèbre pub irlandais de Taksim

Ici, l’Histoire se lit à ciel ouvert. L’ancienne Byzantion du XII è siècle av JC, devenue Byzance et la capitale des puissants « basileus » d’abord alliés puis rivaux de Rome, prit le nom de Constantinople quand l’empereur Constantin en fit sa capitale en 233 ap. JC. Lorsque déferlèrent les hordes turques venues d’Asie Centrale, la ville tomba entre leurs mains et devint à partir de 1453, sous le nom de Stanboul, le centre du puissant empire ottoman.
Entre 1923 et 1938, le plus populaire général du dernier sultan ottoman, plus tard connu sous le nom d’Atatürk, le Père des Turcs, bouleversa le système et fonda la Turquie moderne en déposant le sultan et en abolissant le califat. Il fit de cet empire religieux une république laïque quoique en large majorité musulmane, il accorda bien avant la France le droit de vote aux femmes et se tourna vers l’Occident, sans toutefois renier ses origines. De même que les remparts byzantins s’étaient appuyés aux murailles romaines et que les églises orthodoxes, dont la fastueuse Sainte-Sophie, avaient été flanquées de minarets, la ville nouvelle commença à planter ses tours sans rien détruire. Les vestiges d’un passé prestigieux continuent de bien cohabiter sans briser le charme magique d’Istanbul, tandis qu’à Taksim éclosent bars et boutiques branchées.
Escalier de secours dans une rue de Taksim

Restaurant dans une galerie de Taksim
Vue d'Istanbul depuis l'hôtel Marmara

Le palais de Ciragan reflété dans l'eau de la piscine
Dans la suite impériale, le salon victorien

Au pied du Marmara Hotel à l’opulence toute orientale, on suit le tramway filant par la rue Istikhal. Par cette large artère piétonnière surencombrée, on se faufile dans ce quartier de Taksim où les ados en jeans et mini jupes consomment de la marque : Top Ship, Lush, Mango, Adidas… Partout s’ouvrent de ravissants passages Art Déco regorgeant de bars, restaurants, galeries de peinture contemporaine ou de photos. Dans l’immeuble Art Déco dit « la maison égyptienne » s’abritent galeries contemporaines et restaurant tendance tel le 360, d’où la vue est également superbe. Dans les nouveaux quartiers poussent comme des champignons des outlet centers, comme cet Olivium éclos dans la périphérie de Zeytinburnu.
Le nouveau métro, qui ne cesse d’ailleurs de s’agrandir, permet de circuler facilement dans ce grouillement de vie. C’est d’ailleurs en travaillant à l’extension de ce métro vers l’ouest des rives de la mer de Marmara que les ouvriers découvrirent, il y a six ans, les vestiges, à Yenikapi, de l’ancien port de Théodose. Sans arrêter les travaux en cours, une équipe de 21 archéologues et 205 ouvriers continue aujourd’hui à fouiller une aire de 58 000 m2 livrant peu à peu ses secrets. Amphores, jarres, monnaies, ossements s’entassent dans des containers dûment numérotés, tandis que sous une vaste tente, les archéologues reconstituent morceau par morceau la quille d’une nouvelle découverte.

Dans la Vieille Ville, les vestiges de trois empires

Trois amies de styles différents

La Vieille Ville, presqu’île fermée au sud et à l’est par la mer de Marmara, bordée au nord par le Bosphore et à l’ouest par la Corne d’Or, a pu, à cause du vaste espace existant au nord comme à l’ouest et à l’est, garder intacts les vestiges de trois empires : romain, byzantin, puis ottoman. Il faut errer à pied par les petites ruelles de la colline de Sultan Ahmet regorgeant de mosquées, marchés et belles fontaines, jardins plantés de cyprès et de roses. La visite commence en général place de l’Hippodrome, là où les Romains organisaient leurs courses de chars, pour se continuer par cette merveille de grâce et de légèreté, la Mosquée Bleue aux 22 000 carreaux de faïences azurées. En face s’élève Sainte-Sophie, audacieuse basilique byzantine à la large coupole édifiée en cinq ans, à partir de l’an 532, par l’empereur Justinien Ier. C’est des galeries du premier étage que l’on voit le mieux l’orgueilleux étalement de Sainte-Sophie et les détails des mosaïques formant les hiératiques visages des saints byzantins. Dans toute la ville, il n’y a que l’église de Saint-Sauveur in Chora pour rivaliser avec les siennes.
L’est de la Vieille Ville est occupé par le vaste palais de Topkapi, à la fois résidence des sultans ottomans à partir de Soliman le Magnifique, siège de l’appareil étatique, demeure des sultanes, des quelques trois cents femmes du harem impérial et des eunuques qui les servaient. Il était gardé par les Janissaires, redoutables guerriers formant une caste à part. On ne trouve aucun bâtiment pompeux dans les jardins et les différentes cours de Topkapi, mais une succession de kiosques richement ouvragés, à la délicatesse digne d’un conte des Mille et Une Nuits. Il faut se perdre dans les dédales du harem ou admirer les fabuleux diamants et émeraudes du Trésor.

La cour intérieure de la Mosquée Bleue

Sainte-Sophie ensuite flanquée de minarets
Ses étonnantes mosaïques

Au Grand Bazar, les burkas
             se font plus nombreuses

Le tramway permet de se rendre facilement de Topkapi au Grand Bazaar. Ce parfait quadrilatère formé de ruelles couvertes aux arches dorées, ponctué de fontaines, fut aussi l’œuvre de Soliman. Le plus simple est d’y accéder par la porte Nurusmaniye. Il faut ensuite se laisser absorber par ce grouillement d’acheteurs et de femmes voilées contrastant avec les adolescentes de Taksim, errer parmi boutiques de faïences, luminaires, bijoux, soieries ou tapis, vêtements plus modernes. C’est aussi le temple de la contrefaçon…
A l’ouest abondent encore les chantiers : restauration du Darüssifa accolé au complexe de la mosquée de Süleymaniye, œuvre de l’architecte de génie Sinan commandée par la sultane Roxelane, unique épouse de Soliman. Restaurations encore tout autour de l’aqueduc romain de Valens… Vers le sud de la Vieille Ville, de nombreux restaurants insinués entre les remparts byzantins également restaurés à grands frais accueillent les cars de touristes, mais il est plus amusant d’entrer au hasard dans l’un des innombrables vieux bistrots du bas de la colline. Là, les croulantes maisons de bois ont aussi été restaurées pour ressembler à des « mews » aux couleurs acidulées de bonbons anglais. Elles servent d’hôtels de charme ou proposent des chambres d’hôtes.
Boutique de lampes au Grand Bazar

Achat de bijoux au Grand Bazar

Marchands de tapis du Grand Bazar

En fin d’après-midi, il faut s’embarquer près de la mosquée de Dolmabahçe dans l’un des ferries sillonnant le Bosphore pour voir le soleil s’abîmer dans ses eaux en faisant luire une dernière fois les croissants d’or ornant les cimes des mosquées. Un dîner à la terrasse du Sunset Restaurant, composé de metzés, toutes sortes d’entrées turques, agneau au curry et pâtisseries orientales, arrosé de vins locaux bien corsés, permet un dernier regard sur la vieille ville.

En bateau sur le Bosphore vers la mosquée de Soliman

Le palais de Dolmabahçe, résidence d'été
 des derniers sultants

Vue du Sunset restaurnt
Le Ciragan Palace vu du Bosphore
La Chypre du Nord, un Etat de non droit recelant des merveilles

Nicosie, au-delà de la ligne verte s'étend la Chypre du Nord
Le casino de l'hôtel Merit

Nicosie, la cathédrale Sainte-Sophie

Encore peu connue du grand public, la Chypre du Nord s’ouvre aux touristes français grâce à un vol de Pégasus Airlines au départ de Paris, après un bref arrêt à Istanbul. Arrivée à Nicosie, la capitale de l’île coupée en deux par la trop fameuse « ligne verte ». S’il n’y a plus de conflit armé entre le nord de l’île, occupé par les Turcs, et le sud grec comprenant les deux tiers de Chypre, on ne parvient toujours pas à une réunification pacifique. On ne franchit la ligne verte qu’à pied, en montrant son passeport, sous l’œil débonnaire de policiers turcs battant le carton à la terrasse d’un bistro, le vrai problème restant la redistribution des terres aux anciens propriétaires, d’un côté comme de l’autre. Et l’on est arrivé à cette kafkaïenne situation politique d’une Chypre du Nord non reconnue par la communauté internationale, proche bien sûr de la Turquie, faisant partie de l’Europe comme le reste de l’île, alors que sa grande soeur n’y est toujours pas entrée… Privilège jalousement conservé par la Chypre du Nord, les casinos des grands hôtels faisant tourner toute la nuit la bille de leurs roulettes et la tête des innombrables joueurs venus d’Israël, Syrie, Jordanie ou Grèce…
Cathédrale de Bellapais

Cloître de Bellapais

Au village de Bellapais

La jolie plage de Bellapais

Même traversés par la « ligne verte », les 5 km de murailles ottomanes de la vieille ville de Nicosie forment toujours un cercle parfait. Ainsi qu’à Istanbul, les musulmans n’ont pas détruit les églises chrétiennes, se contentant de les transformer en mosquées, comme l’étonnante cathédrale Sainte-Sophie aux massifs piliers blancs, édifiée en 1209 par les Lusignan, souverains de l’île. Non loin de là, l’élégant Caravansérail ottoman à la cour et aux arcades bien restaurées sert en plein air tout un assortiment de brochettes et salades.
Partout sur la côte pullulent les vestiges romains, telles les ruines de Salamis, et médiévaux, œuvres de ces Lusignan qui devinrent rois de l’île à partir de 1196, jusqu’à l’arrivée des Vénitiens en 1489 puis des Ottomans en 1571. Ces rois de Chypre laissèrent une œuvre gothique grandiose : cathédrale de Nicosie, mais aussi monastère de Bellapaïs, forteresse de Kyrenai, cathédrale de Famagouste et tour Othello qui inspira Shakespeare, châteaux de Kolossi et Lacarna… Toute la pointe est de l’île est par bonheur protégée et forme une réserve naturelle à laquelle les promoteurs n’auront pas accès, mais ils semblent déjà d’une redoutable activité le long de la côte nord. Ils construisent sans beaucoup d’ordre au bord d’une mer d’un bleu turquoise et de kilomètres de sable blond où viennent en été pondre les tortues marines.

Le port de Kelleria, au pied de sa puissante forteresse

Kelleria et sa mosquée du bord de l'eau
Carnet pratique :
-        Vol bon marché par Pegasus Airlines, www.flypgs.com/fr/ et Odéon Tours, 9 bis Bd Hippolyte Pinaud, 95880 Enghien-les-Bains, Tél. : 01 39 89 00 71, site Internet : www.odeon-tours.com. Escale obligatoire à Istanbul puis vol jusqu’à Nicosie.
-        Où loger à Istanbul : le Marmara, Taksim Meydani, Tél. : 90 212 251 46 96, www.themarmarahotels.com.
-        Juste sous la Mosquée Bleue, le long du Bosphore, un hôtel de charme pourvu d’une bonne table : www.armadahotel.com.tr.
-        Pour y dîner comme un sultan : Ciragan Caddesi N° 32, Tél. 90 212 326 46 46.
-        Où loger en Chypre du Nord : Merit Lefkosa Hotel et Casino à Nicosie, Tél. : 90 392 228 45 70, www.merithotels.com.