mercredi 12 décembre 2018

LA CATALOGNE DE DALI

Catalogne : le triangle de Dali

Barques devant sa crique

Si on prend la carte de la Catalogne, on voit que les trois lieux privilégiés de Salvator Dali, Cadaquès où il passe ses vacances en famille dès sa prime enfance, Figueres où il conçoit « son » musée et Pùbol où se situe le château qu’il offre à Gala, sa femme et principale égérie, forment en effet un triangle parfait. La Catalogne, avec ses vents furieux sculptant les montagnes et dégageant des ciels presque diaphanes, sa mer si bleue ombrée de rochers et ses plaines alanguies au soleil, son goût pour la liberté est en effet le paradis de Dali et sa principale source d’inspiration.


Sa maison

L'oeuf du pigeonnier

Devant la piscine

Enfance aisée entre Figueres et Cadaqués
Excentrique, provocateur, pantomime génial faisant de chacune de ses apparitions un spectacle, Salvador Dali se devait de contredire aussi le mythe du peintre famélique né dans une mansarde. Dans La vie secrète de Salvador Dali, une autobiographie soigneusement maquillée par ses soins, Dali prolonge la vie de son frère aîné jusqu’à l’âge de sept ans et accuse ses parents de lui avoir donné le même prénom. Dans la réalité, ce frère n’a vécu que vingt-deux mois et Dali a aussi une sœur de quatre ans sa cadette, Anna Maria, qui lui sert de modèle jusqu’à sa brouille avec sa famille.
Il est donc né le 11 mai 1904, à l’entresol du 20, rue Monturiol (aujourd’hui le 6), dans une riche famille de notaire. Ses parents, attentifs à satisfaire ses goûts, l’inscrivent dès l’âge de six ans à l’Ecole de dessin de monsieur Nunez, un professeur que Dali adore et qui lui conseille de bonne heure de tout abandonner pour se consacrer à la peinture et qui sait convaincre ses parents. Dès ses quatre ans, il passe en famille ses étés à Cadaqués, dans une étable restaurée, trop petite pour y installer un atelier. Son père lui loue plus tard un studio à la pointe de Pampà.
Avec Gala

Le repaire de Gala

Leur chambre

Inlassablement, le peintre en couvre les murs de toiles figurant les petits ports du coin et leurs barques multicolores, les villages perchés, les oliviers couronnant « les fronts philosophiques des collines, ridées par des crevasses », comme il se plaît à le dire. Il peint aussi le Cap de Creus, dont « les falaises paranoïaques sont les plus mortes du monde ».
Peu à peu, Cadaqués devient un endroit à la mode attirant des personnalités telles que Federico Garcia Lorca, Luis Bunuel ou Paul Eluard, venu avec sa femme Gala et leur fille Cécile durant l’été 1929. Bunuel loge chez les Dali et propose au peintre de travailler avec lui sur ses scénarii. Mais dès que Salvador aperçoit Gala en maillot de bain sur la plage d’El Llaner, il en demeure ébloui et ne pense plus qu’à elle, lui faisant bientôt une cour éperdue qui effraie d’abord la jeune femme russe (elle a dix ans de plus que lui, est mariée et mère de famille).
La légende voudrait que l’idylle avec Gala soit à l’origine de la brouille familiale, mais il n’en est rien. Dali, pressé de retrouver sa muse à Paris, où elle est partie rejoindre son mari, y organise une exposition dès novembre. Sur le tableau intitulé Le sacré-cœur, Dali écrit cette phrase terrible : « Parfois, je crache par PLAISIR sur le portrait de ma mère ».
Son père l’apprend et ne lui pardonne pas, comme il le lui signifie dans une lettre. Seule réponse de Dali : se tondre le crâne, enterrer ses cheveux en grande cérémonie sur la même plage et se représenter ainsi, un oursin sur la tête. Le notaire pousse loin la vengeance, interdisant aux propriétaires de la région de louer ou de vendre la moindre bicoque au fils indigne…

Refuge à Portlligat
Le théâtre-musée

Sa signature

Dali faisant son show

Réfugié à Paris auprès de sa belle, Dali regrette sa Catalogne et ne pense plus qu’à la maisonnette de la baie de Portlligat où il a laissé son matériel de peinture. Crique à la rondeur parfaite fermée par l’île de Sa Farinera, rivage vierge seulement utilisé par quelques pêcheurs, Portlligat est le refuge auquel Dali aspire, pas trop loin pourtant de Cadaqués et de sa notoriété… Il contacte alors la propriétaire de la baraque, Lidia, pêcheuse illuminée que le notaire n’impressionne pas. Elle lui vend terrain et tanière qu’elle promet de rendre habitable, mais le décor reste spartiate. Pas de route, pas d’électricité, eau potable à pomper au puits, une pièce unique. Cette première maison est suivie d’une deuxième achetée deux ans plus tard, puis d’une autre, encore une autre. Jusqu’à sept maisons de pêcheurs juxtaposées pour former une unique villa au fur et à mesure de la venue du succès. « Je ne suis chez moi qu’ici, affirme Dali, partout ailleurs, je ne suis que de passage. » Dans son atelier, il travaille comme un forcené, au son des lectures que lui fait Gala…
Devenue une Maison-Musée, la villa est un vrai labyrinthe comprenant « un peu de tout », selon son expression. Surréalisme, classicisme, style kitsch délirant. On y est accueilli par un ours mangé aux mites. Suivent salle à manger aux chaises de différentes hauteurs, bibliothèque aux innombrables volumes que Dali a tous lus, spacieux atelier donnant sur la baie de Portlligat, Chambre des Modèles (souvent des plâtres), Salle Ovale, espace intime de Gala et son sanctuaire. A l’extérieur, la charmante Voie Lactée permet d’accéder à la plage et le patio de recevoir les amis pour boire et déguster les homards des pêcheurs, mais ils ne restent jamais dormir. La piscine est bien sûr phallique, surmontée d’une plaisante oliveraie d’où la vue est splendide sur la mer et habitée par un curieux Christ des poubelles, fait à partir de rebuts de toute sorte. Le blanc Colombier des Fourches est surmonté d’un oeuf gigantesque, motif souvent repris par Dali.
Le visiteur est tout d’abord abasourdi par un tel dédalle, l’accumulation des objets, animaux empaillés, bouquets d’immortelles chères à Gala, puis conquis par la paix presque mystique se dégageant de ce lieu au charme un peu vénéneux. Comme le proclamait Dali : « Le mauvais goût est ce qu’il y a de plus créatif. Le bon goût, qui est tout ce qui est français, est stérile. »

La même voiture qu'Al Capone,
la Cadillac pleureuse

Le bateau de Gala et la mer gouttant des préservatifs

La tête de Beethoven apparaît
sous les graffitis

Permanente représentation au Théâtre-Musée
C’est en mai 1961 que Dali exprime au maire de Figueres son désir de faire de l’ancien théâtre municipal de la ville incendié durant la guerre civile un extraordinaire sanctuaire… dédié bien sûr à sa propre gloire – on n’est jamais mieux servi que par soi-même ! Il lui faut dix ans pour convaincre la Direction des Beaux-Arts de Madrid de financer le projet. Principale exigence de Madrid : que Dali offre à sa ville des œuvres originales. La discussion est ardue. Dali promet de peindre le plafond du Palais du Vent et les travaux peuvent commencer en octobre 1973.
Toujours aussi opposé à l’ordre français et à ses angles droits, Dali charge l’architecte Emilio Pérez Pinero de couronner le bâtiment d’une structure de verre et d’acier en forme de géode. On introduit dans la fosse de l’orchestre une Cadillac pluvieuse semblable à celle de Bonnie and Clyde, flanquée d’une opulente statue offerte par Ernst Fuchs et surmontée par le bateau jaune de Gala laissant s’égoutter l’eau de mer représentée par des préservatifs. Sous la coupole, dans la partie autrefois réservée aux acteurs, Dali installe ses principales toiles en trompe-l’œil, un visage apparaissant entre motifs abstraits ou représentation de pixels colorés. A noter qu’il n’a jamais donné de nom à aucune de ses œuvres…

Léda atomique 1949, hommage à Gala

Visage en relief de Mae West

Pieds en raccourci dans la Salle du Vent

Dans la Salle Mae West, une combinaison de perruques, tableaux pointillistes, narines et sofa figurant les lèvres de l’actrice permet d’apercevoir son visage en son entier du haut d’un petit observatoire. Pour la plus grande joie des enfants…
Pour Dali, ce musée inauguré en grande pompe, à peine fini, le 28 septembre 1974, ne doit pas être figé mais demeurer un work in process. Ce que prouve l’artiste en y adjoignant neuf ans plus tard la maison voisine, la Casa Gorgot comprenant la Torre Galatea où il habite parfois.

Déclamation de l’amour courtois au château de Pubol

Patio Renaissance du château de Gala
Trône de Gala et porte en trompe-l'oeil

Chambre de gala, comme à Versailles...

Portlligat comme Fueres se situent dans le Haut Ampourdan, mais entre la sierra des Gavarres et le massif du Montgri s’insère un paysage moins rude, le Bas Ampourdan. C’est d’ailleurs là, à l’ermitage des Anges, que Dali et Gala se marient en grand secret le 8 août 1958. Curieux contraste pour ce cabotin génial aimant tant la publicité.
Dix ans plus tard, âgée alors de 74 ans et lasse du tapage escortant toujours son grand homme, Gala lui fait part de son désir de se retirer au calme dans cette région. Dali, enthousiaste, lui promet un palais. Le journaliste Eric Sabater qui deviendra plus tard leur secrétaire privé découvre en avion le lieu idéal : un petit château du XIV è siècle en fort mauvais état, accolé à l’église médiévale de San Pere de Pubol. Les propriétaires permettent au couple de commencer les travaux avant même la signature de l’acte d’achat.
A l’opposé de la délirante villa de Portlligat, le château de Gala, plus sobre et plus austère, reflète le caractère de sa propriétaire. Dali, qui a comme toujours une idée à la minute, ne peut se laisser complètement aller à ses fantaisies. C’est une demeure majestueuse dédiée à « la reine Gala », avec salle du trône, emblèmes ésotériques, trompe-l’œil et hommages dédiés à sa muse. Le plus spectaculaire est sans doute Le chemin de Pubol (nom donné plus tard à la toile) où l’on voit Gala en marin et représentée comme un double sur le drapeau émergeant de la forteresse dominant la plaine de Pubol. Au loin, dans les nuages, apparaissent les coupoles d’une église, russe bien sûr.
Pour visiter Gala à Pubol, même Dali doit exhiber son carton d’invitation.

Vue de la terrasse

Eléphant du jardin


Fin du couple et début du mythe
Ce n’est pourtant pas à Pubol, mais à Portlligat que Gala s’éteint le 10 juin 1982. Dali fait embaumer le corps et l’ensevelit dans sa robe rouge signée Christian Dior, en la crypte de Pubol. Portlligat lui rappelant de trop tristes souvenirs, il s’installe dans le château de Gala, peignant presque dans l’obscurité, face au buste de sa femme, ne se nourrissant que de sorbets à la menthe et s’affaiblissant dangereusement, contemplant parfois les plus belles robes de Gala, signées de Christian Dior, Elisabeth Arden ou Pierre Cardin, élégants fantômes de sa muse continuant de parader au grenier.
Après avoir provoqué un incendie accidentel dans la chambre de Gala en voulant sonner son infirmière, Dali est hospitalisé. Refusant de revoir le château de Pubol, il s’installe ensuite à Figueres, dans le dépendances de la Torre Galatea. C’est là qu’il meurt le 23 janvier 1989, après avoir doté son Théâtre-Musée de sa teinte écarlate et de ses pains disposés en quinconce, puis coiffé terrasses et créneaux de ses fameux œufs. Il repose à présent dans son Théâtre-Musée et la tombe qu’il a fait construire à Pubol, près de celle de Gala, reste toujours vide…




mardi 20 novembre 2018

PERIPLE EN ISLANDE


L’Islande le pays le plus cultivé du monde…

Sculpture de bateau à Reykjavic
Laison bariolée à Reykjavic

Une origine viking
Même s’ils sont fiers de leurs origines et de leur culture viking, même s’ils parlent toujours le norrois, cette langue connue depuis l’an 500, on ne peut pas dire que les souvenirs historiques pullulent en Islande. Quand il subsiste une ferme de cent ans d’âge, elle est aussi bien indiquée qu’un château de la Loire ! D’ailleurs, les Islandais, en dehors de Reykjavik, leur capitale déjantée où tout devient licite dans les bars du vendredi soir, on n’en voit guère, sinon dans les supérettes de villages de campagne que l’on peut dépasser sans les voir. Pas de place, les mignonnes chapelles sont le plus souvent isolées et… fermées, les fermes ont leurs portes closes, il n’y a personne sur les tracteurs. Dans les ports de pêche, on cherche en vain marins et poissons. Mais où sont donc les Islandais ?

Eglise vers Vigoulauv

Cataracte de Gulfoss

Vieille ferme de Stong au toit en herbe

Il faut dire qu’avec leur population de 320 000 habitants répartis sur plus de 100 000 kms 2, cette île du grand nord est l’une des régions les moins peuplées du monde, avec seulement 3% de terres cultivées. On voit dans les prairies à l’herbe rase et sèche leurs robustes petits poneys multicolores. Quant aux vaches, elles sont le plus souvent confinées dans des conditions de vie pitoyables. Depuis que les vikings norvégiens accompagnés d’esclaves et de femmes celtes ont colonisé l’île et donné naissance au peuple islandais à l’aube médiévale, les difficiles conditions climatiques n’ont guère encouragé le peuplement et, à présent, les campagnes se désertifient au profit de la capitale et des quelques chefs-lieux de régions.
En dépit de leur désir de modernité, les Islandais ont pourtant conservé leur système patronymique. Pas de noms de famille ici, comme c’était le cas dans toute la Scandinavie jusqu’au XVIII è siècle. On est simplement la fille – dottir – ou le fils – son – de son père. Ici, pas de différence non plus entre hommes et femmes. La parité reste parfaite ! Pas d’armée, liberté totale de la presse et la société islandaise passe pour la plus cultivée du monde. Il faut dire que les soirées hivernales restent bien longues… Le monde étrange et poétique des sagas islandaises peuplées d’elfes, de trolls et de géants maléfiques, mais avec toujours un fond de vérité sous la légende, rapportées par le premier historien du pays au XII è siècle, Snorri Sturluson, restent d’appréciables sources historiques relatant les temps héroïques de toute la Scandinavie.

Les meurtrières falaises de Reynisdrangar

Lagune glaciaire de Jokulsarlon 

Difficile passage du col de Selfoss

La crise économique de 2008 a pourtant un peu ébréché ce portrait d’une nation idyllique. L’alcoolisme et la consommation de drogue augmentent, le noyau familial, si important dans les sociétés scandinaves, se fissure, les prix montent en flèche, faisant de l’Islande l’une des régions les plus chères pour les touristes. On s’en tire en louant des camping-cars en couples (2000 E pour quinze jours en mai, en fait la meilleure saison pour apprécier l’Islande sans les hordes de touristes), en faisant du stop pour les courageux, mais ça marche, en improvisant des piques niques car les rares restaurants sont hors de prix. D’ailleurs, sur les routes, les tables de pique-nique sont bien signalées, dommage qu’aucun abri ne soit prévu…

Comment visiter l’Islande

Cataracte de Godafoss

Le cône parfait du mont Asbyrgi

Les eaux bleues du lac Myvatn, un lieu de villégiature

Mise à part la région très accidentée et magnifique des fjords du nord-ouest, assez semblables à ceux de Norvège, l’Islande se visite facilement en bus ou en voiture en suivant la fameuse Nationale 1 qui fait tout le tour de l’île. Les pistes du centre traversant les Hautes Terres, encore plus désertes que le reste du pays, ne sont accessibles qu’en 4x4. On peut ainsi explorer les environs de Reykjavik et la péninsule de Reykjanes, surtout connue pour son fameux Lagon Bleu. Imaginez un immense lagon d’un bleu turquoise laiteux entourant une centrale thermique que l’on ne devine que dans les nuages de vapeur et ceint de rochers de lave aussi noirs que l’enfer – enfin, selon les représentations de Jérôme Bosch. Si le prix d’entrée de 50E  et la queue de plus de deux heures en saison sont décourageants, on peut très bien se balader dans la partie non payante du lagon, interdite bien sûr à la baignade. Juste pour le plaisir des yeux ! Et se réserver pour les bains bien moins onéreux du lac Myvatn au nord-est par exemple, qui, eux, ne coûtent que 15E.

Les délicieux bains de Jarobaosholar au lac Myvatn

Le Cercle d’Or et le Sud
Ensuite, on se dirige par une route droite à deux voies où la vitesse est limitée à 90 ainsi que dans toute l’île, vers le fameux Cercle d’Or, un condensé des richesses naturelles et si contrastés de l’île : fumerolles et geyser qui explose soudain dans un gargouillis boulimique à Geysir, site ayant donné son nom au phénomène, large et spectaculaire cataracte de Gullfoss, curieuse vieille ferme de Stong dissimulée sous les roches et coiffée d’herbe, volcan enneigé de l’Hekla qui ne se laisse guère approcher en voiture, mais on peut y accéder assez facilement à pied, même s’il se voile souvent la face sous une enveloppe de brume, prodigieuses falaises déchiquetées de Reynisdrangar, où nichent des milliers d’oiseaux dont les amusants macareux, mirant leur noirceur dans une eau au bleu enchanteur, épaisse langue blanche de l’immense glacier de Skaftafell s’avançant sans cesse vers le sud et couvrant une superficie de 80 000 km2, la taille de la Corse ! Là, tout est prévu pour les sportifs désireux d’explorer ces immensités blanches, treks, chiens de traîneau, raquettes ou skis de fond ! En remontant vers le nord-est le lac glacé de Jokulsarlon, creusé par une série de tremblements de terre dans les années 1920-1950, laisse avec nonchalance traîner dans sa lagune des lambeaux de glace. Icebergs miniatures, certes, mais aux étonnantes nuances de bleu et de vert. Des canards sillonnent cette spectaculaire lagune glaciaire ayant servi de décor naturel à des films tels que Tomb Rider, Meurs un autre jour ou encore Batman Begins. Dans les autres lacs barbotent d’innombrables cygnes et oies sauvages.

Les fjords de l’Est
Alors qu’il n’existe aucun port sur la côte inhospitalière du sud où nombre de bateaux se sont échoués – pas moins de 120 sur les noires falaises de Reynisdrangar – , les fjords de l’est, comme alanguis sur l’eau, offrent aux pêcheurs quantité de rades sûres. C’était là que venaient pêcher la morue, mais aussi saumons, harengs et sardines les fameux Pêcheurs d’Islande chers à Pierre Loti. On ne peut dire que leur activité soit frénétique en ce mois de mai, les chalutiers sont déserts et l’on chercherait en vain la queue d’un maquereau dans les vastes entrepôts à poissons mais au moins, on voit des bateaux, c’est déjà ça ! Hofn, Djupivogur, Bérufjordur, Faskruosfjordur, ils se ressemblent tous un peu, avec leurs maisonnettes de bois ou de tôles peintes de couleurs vives, leurs rades doucement arrondies, la mer remontant parfois fort avant dans les terres. Le spectacle est paisible, reposant, un peu monotone peut-être et l’on n’est pas trop triste de quitter la mer quand la fameuse Nationale 1 bifurque soudain vers l’intérieur des terres après avoir longé l’harmonieux Lagarfljot qui s’étire jusqu’à la centrale thermique de Fljotsdalsstod que l’on peut visiter.

Les bains beaucoup plus fréquentés du Blue Lagoon

Pas beaucoup d'activité au joli port de Njarovik...


Le Nord de l’île
L’un des hauts lieux de cette région est le lac Myvatn, immensité d’eau bleue creusée parmi les roches noires semées de fumerolles des volcans. Tous les touristes s’y pressent par vagues entières dès juin en dépit des nuées de moucherons, mais en mai, le lac reste presque désert et son pourtour facile à visiter en voiture, stop, vélo ou poney. On peut s’y loger très facilement et surtout profiter des eaux chaudes de sa centrale de Bjarnarflag pour s’y baigner dans un site naturel et sauvage, moins grandiose certes que le Blue Lagoon mais aussi bien moins fréquentées. Au sud du lac, zone de marais, des pseudo-cratères ceignent la lagune de Stakholstjorn en crachant des nuages de fumée. Et pour les passionnés, le musée des oiseaux de Sigurgeir vaut le détour. Ainsi, les moeurs du fuligule morillon, arlequin plongeur, harle huppé et autre garrot d’Islande n’aura plus de secret pour vous.
Les fjords n’y sont pas franchement différents de ceux de l’est. Eyjafjordur, Skagafjordur ou Hunofloi échancrent largement les terres, remontant parfois loin à l’intérieur…

Après ces solitudes assez désolées, on retrouve avec plaisir l’ambiance presque trépidante de Reykjavik, ses maisons gaîment bariolées, son essaim de bars et petits restaurants où l’on voit enfin… quelques Islandais profiter gaîment du soleil à présent rayonnant en sirotant leurs bières à 2° , la seule que l’on peut acheter dans les supérettes, autrement, il faut dénicher le liquors store du coin, en attendant les nouvelles folies du prochain vendredi soir !

samedi 3 novembre 2018

NOUVELLE PUBLICATION


                                                                   MARIE


Depuis le 2 novembre, mon dernier roman historique paru chez Albin Michel, Marie, peut se trouver en librairie.





 Quatrième de couverture
Louis XIV a vingt ans. Aux séduisantes dames de la cour qui virevoltent autour de lui, il préfère le charme discret d’une frêle jeune fille : grandie dans l’ombre de son oncle, le puissant ministre Mazarin, Marie Mancini le séduit par sa culture et sa sincérité.
   Loin de s’en réjouir, Mazarin s’en inquiète. Depuis de longs mois, il mène des négociations de paix difficiles avec l’Espagne et l’une des clauses du traité prévoit le mariage du jeune Louis avec l’infante d’Espagne Marie-Thérèse. Promise à Rome au prince Lorenzo Colonna, Marie est rapidement éloignée de la cour. Elle ne s’en remettra jamais et mènera une vie d’errance.
   Le destin de Marie Mancini ne pouvait laisser indifférente la romancière et historienne Isaure de Saint Pierre. Dans ce roman aussi foisonnant que les aventures de son héroïne, l’auteur de Gabrielle d’Estrées ou les belles amours s’empare de la vie tumultueuse et méconnue d’une femme contrainte à l’exil pour avoir aimé un roi et en avoir été aimée, esquissant en creux le portrait troublant de Mazarin.

Extrait 
1

    Avec l’insouciance de ses douze ans, Marie ne ratait pas une occasion d’échapper à la surveillance de sa mère et de sa tante pour courir sur le pont de la somptueuse galère voguant vers Marseille. En dépit de la lettre de son oncle Mazarin, le grand, l’immense cardinal Mazarin, Marie avait jusqu’au dernier instant redouté de ne pas faire partie du voyage. Elle avait dû supplier, tempêter, jurer que si on ne l’emmenait pas, elle en demanderait elle-même raison à son oncle pour que sa mère cédât enfin. Cette grosse femme molle et morose ne l’aimait guère, Marie l’avait toujours su. Elle lui préférait n’importe lequel de ses autres enfants, ses trois fils bien sûr, Paul, Philippe et Alphonse, qui étaient son orgueil, ou même ses quatre autres filles. Une brise légère frisait les vagues et permettait d’aller bon train. Dans deux jours, l’on serait à Marseille, puis à Aix et enfin à Paris. Paris, la capitale de ce jeune roi d’un an seulement plus vieux qu’elle. Marie se le représentait comme un dieu. Deux de ses frères, Paul et Philippe, se trouvaient déjà à la cour de France, avec ses sœurs Laure et Olympe. Laure était même fiancée à Louis II de Vendôme, duc de Mercoeur. Alliance prestigieuse avec un prince du sang qui renforçait encore le pouvoir et l’aura de leur oncle Mazarin, le maître de la France depuis qu’il avait jugulé la révolte de la Fronde et reconquis Paris pour Louis XIV.
   Marie savait tout cela. Tout comme elle savait qu’elle n’avait pas l’opulente beauté de ses sœurs, qu’elle ressemblait à un petit pruneau trop sec, trop brun, avec sa maigre silhouette et son visage aigu. Seuls ses yeux et ses cheveux étaient beaux. Mais Marie était rarement bien coiffée. D’ailleurs, elle affectait de se moquer de son apparence, elle que l’on n’affublait que de pauvres robes de laine ou de grosse toile. A Hortense, adorable poupée toujours rieuse, toujours de bonne humeur, les jolies toilettes et les baisers distraits de leur mère…
   Né à Rome de parents romains, le cardinal Mazarin avait eu un frère et quatre sœurs. Deux d’entre elles s’étaient bien mariées, la tante Martinozzi et Geronima, la mère de Marie – la baronne Mancini. C’étaient elles et leurs familles que le cardinal installait peu à peu à Paris afin d’établir un système d’alliances avantageuses. Jules Mazarin, s’il plaçait fort haut le bien de la France, aimait aussi avec passion le luxe, l’argent et toutes sortes de possessions terrestres. Une revanche de parvenu sur une origine des plus modestes. Son père n’avait été qu’un obscur intendant de la prestigieuse famille Colonna., mais le prince l’avait pris en affection et lui avait fait épouser l’une de ses riches filleules, Hortense Buffalini. Mais Jules n’était pas le seul à être ambitieux. Son frère cadet, Michel, devint archevêque puis cardinal d’Aix, et enfin vice-roi de Catalogne. C’était dans son palais d’Aix que devaient s’installer les deux sœurs et leurs familles avant leur arrivée à Paris.

    Dès la naissance de Marie, le 28 août 1639, son père Michel Laurent Mancini, d’une famille noble quoique sans éclat ni fortune, féru d’astrologie, fit l’horoscope de l’enfant en prédisant toutes sortes de catastrophes, qui ne manqueraient pas de rejaillir sur la famille. Marie était trop jeune lorsqu’il mourut pour garder un clair souvenir de son père, mais la fâcheuse prédiction affecta beaucoup sa mère. Elle la relégua dans un couvent romain, le Campo Marzio de l’ordre de Saint-Benoît, mais Mazarin appela Marie à ses côtés. Comme Geronima dépendait entièrement des largesses de son frère, il fallut bien le contenter et se résoudre à faire sortir Marie de son couvent. Quant aux deux cadets, Philippe et Marianne, ils resteraient encore quelque temps à Rome, sous la surveillance d’une autre de leurs tantes.

    Pendant huit mois, l’on demeura à Aix. Le temps d’établir le contrat de mariage de Laure et de Louis II de Vendôme, duc de Mercoeur, et de fixer les détails de la cérémonie. Ce répit avant la présentation officielle de la famille Mazarin à la cour de France fut occupé à commander des toilettes à la mode de Paris, à apprendre aux demoiselles la grande révérence de cour, à les familiariser avec l’étiquette du Louvre et les usages mondains.
    Puis ce fut la longue route jusqu’à Paris, l’arrivée dans la capitale et l’installation dans le palais du Louvre. Un bâtiment ancien, sombre et humide. Même si certaines parties, magnifiquement rénovées par la reine Anne d’Autriche, tranchaient par leur somptuosité sur la morosité des vieux murs. Marie était terriblement déçue. Leur propre appartement lui parut aussi étriqué que sinistre. Aussi la baronne Mancini se hâta-t-elle de remettre Marie au couvent, tandis qu’Hortense partait rejoindre Olympe dans l’hôtel de leur sœur aînée.
    L’enfermement, la solitude, le désenchantement, tel était l’éternel lot de Marie, même si l’intérêt que lui portait la supérieure, Mme de Lamoignon, parvenait parfois à la réconforter. Cette femme intelligente et libérale, séduite par la précoce intelligence de Marie et sa soif d’apprendre, mit à sa disposition toute la bibliothèque du couvent. Philosophes antiques, auteurs de romans de chevalerie, dramaturges contemporains, Marie, sans aucune méthode, dévorait tout ce qui lui tombait sous la main. Lire, encore et toujours, et s’enivrer de savoir.

    De nouvelles émeutes éclatèrent à Paris. Paul, le frère de Marie, ne survécut pas aux blessures reçues le 2 juillet 1652 lors des combats du faubourg Saint-Antoine, l’un des derniers assauts menés par les Frondeurs. Marie avait peu connu ce frère, qui avait rejoint la France bien avant elle, mais elle fut bouleverse par cette nouvelle. Mourir à seize ans était d’une effroyable injustice. A l’enterrement, l’enfant fut épouvantée par le cercueil englouti dans sa fosse.
   A plusieurs reprises, on la sortit du couvent. Vêtue à la hâte de somptueuses robes de toile d’or ou d’argent, elle assista aux fiançailles, puis aux mariages de ses deux cousines Martinozzi. La première, Laure, se fiança avec Alphonse d’Este. Son mariage la ferait duchesse de Modène. La seconde, Anne-Marie, épousa Armand de Bourbon, devenant ainsi princesse de Conti.
    Nul ne se souciait de l’enfant. Marie n’avait jamais vu en privé son redoutable oncle, elle n’avait que brièvement salué la reine, le roi, Monsieur ou les autres princes et princesses du sang. Il lui semblait qu’elle était devenue transparente. Personne ne la regardait. Sitôt les cérémonies familiales achevées, on la reléguait dans son triste couvent. Les années passaient. Marie lisait, lisait à s’en brûler les yeux, lisait encore et encore, pour ne plus pleurer, certaine que sa mère ne voulait pas d’elle et que son oncle l’avait bel et bien oubliée.


jeudi 1 novembre 2018

PORTUGAL

Le Portugal, de Coïmbra à Aveiro

Etudiant vendant des crayons à Coïmbra

La monumentale porte d'entrée

L'immense cour


Surplombant les rives du Mondego depuis une molle colline, appréciée des Phéniciens, des Romains, plusieurs fois conquise par les Maures, patrie d’Ines de Castro, la légendaire Reine Morte de Montherlant, Coïmbra devint la première université portugaise au XIII è siècle, même si le roi Dinis avait tout d’abord choisi Lisbonne.

Coïmbra, centre culturel du Portugal

 En 1765 par exemple, on comptait plus de 8000 étudiants à Coïmbra, c’est-à-dire une bonne moitié de la ville. Aujourd’hui encore, on les voit errer dans les rues de la vieille ville, leurs capes noires s’envolant au vent comme les ailes de turbulents oiseaux. Il faut dire que c’est un rare privilège que d’étudier parmi les murs plusieurs fois centenaires de la vaste université qui coiffe tout le sommet de la colline. Et à l’intérieur, que de merveilles ! Il faudrait des heures pour déambuler d’une salle l’autre, parmi forêt d’azulejos, dorures tourmentées, cloîtres, courettes, balcons plongeant vers le fleuve, précieuses bibliothèques… Celle de Joanine, également appelée Maison de la Librairie, fut commencée de construire au XVIII è siècle, sous le règne de Jean V le Magnanime, par l’architecte Gaspar Ferreira. Elle comprend trois grandes salles abondamment sculptées, disposées sur deux étages, toutes dorées sur tranches, ornées d’impressionnantes fresques baroques. Les ors des reliures rivalisent avec ceux des sculptures. L’étage inférieur a même une prison !
La riche chapelle de l'université

Les orgues et les azulejos

Panolplie dans la salle d'armes

Bien sûr, l’université comporte aussi une chapelle, dédiée à Saint-Michel, avec de précieuses orgues comme enchâssées parmi les azulejos. Il y a encore une salle d’armes monumentale, mais le plus impressionnant est d’observer, depuis les balcons réservés aux spectateurs, un malheureux étudiant soutenir sa thèse dans la somptueuse Salle des Actes ou Salle des Capelos, ancienne Salle du Trône du Palais Royal de l’Alcaçova transportée là avec tous ses lambris, ses tableaux représentant les rois du Portugal, son plafond et ses plinthes d’azulejos. On est ébloui, mais on ne voudrait pas être à la place de l’infortuné.

Les ruelles escarpées de la vieille ville

Vue de l'université

La grande place de l'université

Vue sur les toits
Façade fortifiée de la cathédrale

Le choeur

Ange baroque
En parcourant les ruelles pentues de la vieille ville, on a l’impression de parcourir un livre d’Histoire : monastère de Santa Cruz de l’Ordre de saint-Augustin datant des XI è et XIII è siècles et ses dentelles de pierre, ses panneaux d’azulejos historiés, ses stalles du Haut-Chœur sculptées au XVI è siècle par l’ébéniste nordique Machim ; la Sé Vielle, la cathédrale fortifiée commencée au XII è siècle, dont l’intérieur fut embelli en style maniériste au XVI è siècle, au retable baroque signé Olivier de Gand et Jean d’Ypres ; La Sé-Neuve ne date quant à elle que du XVI è et était destinée à servir d’église au Collège-de-Jésus. Elle présente une succession de retables, tous plus ornementés les uns que les autres ; les anciens collèges universitaires de Saint-Jérôme ou de la rue de la Sofia, les innombrables musées ; l’aqueduc de Saint-Sébastien édifié à la fin du XVI è siècle, le paisible jardin botanique appartenant autrefois aux moines bénédictins, le carmel de Sainte-Thérèse où se retira sœur Lucie, l’une des principales « voyantes » des apparitions de Fatima… Il y a tant à voir…

Ange baroque
Retable d'argent

Vierge et azulejos
L'église romane de Saint-Jacques

Fado au restaurant Praxis

Le musée Machado de Castro


Les célèbres arcades du musée Machado de Castro

Marie-Madeleine du XV è siècle

Saint Michel du sculpteur Jean de Rouen

Mise au tombeau de Jean de Rouen

Fondé à l’emplacement de l’ancien forum romain, donc au cœur de la cité, cette résidence épiscopale est devenue musée en 1911. Il retrace toute l’histoire de la ville et renferme les collections des nombreux monastères et églises de la région fermés en 1834, à la suite de la révolution libérale. Sculptures, reconstitutions d’anciens cloîtres, céramiques, peintures, meubles ou tapisseries abondent et il faudrait plus d’une journée pour l’explorer. La sculpture portugaise du XI è au XVI è est spécialement bien représentée, avec la Dernière Cène de Hodart ou la Pieta de Frei Cipriano da Cruz. On peut aussi y voir une belle collection de peinture liturgique et le trésor de la Reine Sainte, l’épouse du fameux Dinis que tout le Portugal vénère encore. On y découvre aussi l’incroyable série de sculptures d’un artiste français, Jean de Rouen, venu s’installer à Coïmbra au XVI è siècle, à l’œuvre aussi magnifique que prolifique : série d’apôtres réalisés en terre cuite, Pieta, crèche, mise au tombeau provenant de l’église de Santa Cruz. Un artiste étonnant, bien oublié en France…

Pieta de Jean de Rouen

Crèche de Jean de Rouen

Fresque en azulejos

La Sé-Neuve

Le couvent submergé de Sainte-Claire-la-vieille

Poèmes au rocher de la Saudade

Le couvent de Santa Clara et son cloître dévastés par une crue
Sa façade dépouillée

L'intérieur de l'église


Curieux traité de médecine médiéval
En nous dirigeant vers ce couvent submergé situé un peu en dehors de la ville, nous croisons un lieu de poésie comme il en existe peu : le Rocher de la Saudade. Quand on dévale le fameux rocher transformé en petit jardin de plaisance, on tombe sur un mini amphithéâtre creusé à même la roche, pourvu d’une table et de rustiques bancs en pierre. Là se réunissaient étudiants ou poètes pour travailler, méditer ou lire leurs œuvres. Là, d’innombrables plaques gravées témoignent des événements importants de l’université ou portent des citations poétiques.
La reine Isabelle d’Aragon, la sainte vénérée des Portugais, l’épouse du roi Dinis, décida avec l’accord du Vatican, de fonder à Coïmbra un couvent de clarisses et les premières religieuses purent s’y installer dès 1317. Devenue veuve, la reine décida de construire dans la même enceinte un second monastère, encore plus proche de son palais, et une église de transition gothique où elle désirait être ensevelie, flanquée d’un cloître monumental. L’ouvrage fut confié au fameux maître bâtisseur Domingos Domingues. Une crue particulièrement forte du Mondego en 1677 força la communauté à quitter le couvent pour Sainte-Claire-la-Neuve. Au début du XX è siècle, des travaux débutèrent pour restaurer le site et le protéger par un remblai de prochains débords. Un petit musée archéologique bien moderne expose les trésors qui ont pu être sauvés des crues. Et l’on chemine parmi des ruines fantomatiques…

A Aveiro, le musée de Santo Antonio 

Couvent et fontaine de Santo Antonio à Aveiro

Le tombeau en marbre de la princesse Joana

Sa chapelle

Peinture de sa mort

Ce couvent dominicain est surtout célèbre par la présence dans ses murs, à partir de 1472, de la princesse Joana, fille du roi Alphonse V, qui fut béatifiée en 1693. La princesse ne cessa de l’agrandir et de l’embellir. Le décret de 1834 du ministre Joaquim Antonio de Aguiar a mis fin à l’existence des ordres religieux au Portugal, mais les religieuses y sont encore demeurées quarante ans. On peut admirer le riche tombeau de la princesse en marbre multicolore, l’église de Jésus, le cloître  du XV è siècle et ses chapelles, le réfectoire avec ses tables numérotées et sa tribune de lecture.

La manufacture de porcelaines de Vista Alegre

L'église de la manufacture de Vista Alegre

L'ancienne maison de maître

la salle à manger avec vue sur la lagune

L'audacieux escalier très design

A l'hôtel Montebelo, une insolite présentation
 de porcelaines


Admirablement située comme son nom l’indique sur la lagune de Aveiro, cette fabrique de porcelaine, célèbre dans le monde entier, fut fondée par José Ferreira Pinto Basto au début du XIX è, puis l’usine s’est étendue et le propriétaire acquit un nouveau terrain, la Quinta de Vista Alegra, qui comprenait déjà une maison de maître, une église et des bâtiments. Aujourd’hui, la fabrique ne tourne plus, la porcelaine est fabriquée ailleurs, les immenses fours ne sont plus en service mais on peut visiter musée et salle d’exposition où sont montrées et vendues les récentes créations. Seul l’atelier de peinture à la main est encore en activité. Le complexe est devenu un hôtel cinq étoiles, le Montebelo Vista Alegre, d’où la vue est toujours superbe sur la lagune.

Le four géant qui ne sert plus

Un beau service à thé
L'atelier de peinture à la main


En bateau sur la lagune, la station balnéaire

Les élégantes barcos moliceiros de la lagune d'Aveiro

En moliceiro sur la lagune

Les quais et leurs maisons bariolées

Les surprenants immeubles Art Nouveau

Les proues peintes des moliceiros

Située sur la côte ouest du Portugal, Aveiro s’alanguit au bord d’un lagon nommé Ria de Aveiro, sillonné par d’anciennes barques utilisées pour ramasser les algues, les barcos moliceiros aux proues aiguisées évoquant les gondoles vénitiennes, et maintenant plus souvent pour transporter les touristes le long de quais où se dressent des petits immeubles Art Nouveau gaîment bariolés de couleurs tendres. Au bord de l’océan, la Costa Nova Beach aligne d’adorables petites maisons rayées de bleu, de rouge, de jaune ou de vert et déroule ses plages immenses. Bien sûr, les restaurants de fruits de mer ne manquent pas, tel le Marisqueira Costa Nova.






Façade Art Nouveau sur les quais

Peintures murales


Station balnéaire de Costa Nova et ses maisons rayées

De jaune et de blanc

Phare et monastère


Ce voyage a été organisé par l'AJT,
Association des Journalistes du Tourisme
avec l'aide du tourisme
Centro de Portugal
Voir www.centerofportugal.com