lundi 1 juillet 2013

ISAURE DE SAINT PIERRE EN VOYAGE

 
EN VOYAGE N° 21 Juillet- Août 13
 
 

 
Jeune Iranienne de Yazd

 
                                      . Une maison bourgeoise dans son jus
                                   à Moulins
                                 . Redécouvrir le peintre Georges-                                   Antoine Rochegrosse à Moulins
                                 . Parution de mon roman historique
                                   Bonnie prince Charlie sur Néo Book
                                  . Hôtel de charme à Yazd en Iran

LES CHARMES PEU DISCRETS DE LA BOURGEOISIE


La Maison Mantin à Moulins,

La demeure d’un bourgeois du XIX è siècle

 


Cour intérieure de la Maison Mantin vue d'une fenêtre

Le bureau de Louis Mantin

Le grand salon

Des vitraux fleuris


Plantée un peu comme un bubon entre le pavillon Renaissance édifié par Anne de Beaujeu et son époux et le donjon féodal des Bourbon, cette Maison Mantin fut construite entre 1894 et 1897 par Louis Mantin, riche bourgeois de Moulins, sur les restes incendiés de l’ancien palais ducal. Son apparence extérieure continue à hésiter entre le style gothique et celui d’une villa balnéaire et elle est plus drôle qu’harmonieuse, avec ses délires de tours, tourelles, clochetons poussés comme au hasard. Le but de son propriétaire, qui en fit don à la ville en 1905 car il  n’avait pas d’héritier, était de montrer cent ans plus tard aux curieux le cadre de vie d’un bourgeois du XIX è siècle. La visite en est étonnante. Grand voyageur, Louis Mantin y rassembla, dans son cabinet sous les combles, quantité de souvenirs étranges, tableaux, livres, miniatures, objets insolites et minéraux.

Très moderne pour l’époque, cette villa électrifiée, pourvue d’un chauffage par air pulsé et d’une salle de bain avec mitigeur, constitue un vrai labyrinthe consacré à toutes les époques. La chambre du maître de maison serait plutôt d’inspiration Louis XIII et celle de sa compagne de style Louis XV. Meubles authentiques et copies s’y côtoient en un aimable désordre. Ce qui fait surtout son charme et son intérêt est la précision de sa reconstitution après soixante-dix ans d’abandon. Dans chaque pièce, on a l’impression que ses habitants viennent juste de passer la porte. Un livre est comme oublié sur un bureau mazarin et une chemise flotte encore sur le dossier d’une bergère Louis XV.

 
Chambre Louis XV de sa compagne

Le grand salon et ses tapisseries

Sa chambre et son revêtement de Cordou

La salle de bain et son mitigeur 

Détail de la cheminée de son cabinet de curiosités


Visite sur réservation avec un guide conférencier, contactez le 04 70 20 48 47.

MOULINS VILLE D'ART


Le peintre Georges-Antoine Rochegrosse

Redécouvert à Moulins

Autoportrait de jeunesse

L'espiègle

Sarah Bernhardt en Cléopâtre
 

Georges-Antoine Rochegrosse fut célèbre sous le Second Empire, puis classé dans le genre « pompier » et peu à peu oublié. Aujourd’hui, pour la première fois, toute une rétrospective lui est consacrée au musée Anne-de-Beaujeu, à Moulins. Comme on s’en souvient, cette fille de Louis XI avisée et fine politique assura la régence du royaume à la mort de son père. Mariée à Pierre de Beaujeu, duc de Bourbon, elle résida souvent dans la capitale de son duché. Même s’il ne reste aujourd’hui que peu de chose de son ancien palais, il abrite une bonne partie des collections de la ville qui lui rend ainsi hommage. Moulins fut d’ailleurs une ville où le peintre vint souvent, puisqu’il passait ses vacances dans la maison de campagne, toute proche, de son beau-père.

Du 29 juin au 5 janvier 2014, les toiles, certaines immenses, dessins et illustrations de Rochegrosse y sont rassemblées sous le nom des « Fastes de la décadence » car ce beau-fils du poète Théodore de Banville, grand admirateur de la civilisation romaine qu’il connaissait fort bien, s’attacha surtout à peindre, en des compositions en effet fastueuses et sanglantes, la chute de divers empereurs romains. A la fin de sa vie, après la perte de sa femme Marie, réfugié dans leur villa surplombant Alger, profondément attristé par les désastres de la guerre de 14, il peignit des scènes peut-être encore plus sombres et désespérées.
Sa femme Marie et leur caniche dans leur villa d'Alger

Salammbô

Odalisque

Tout en reconnaissant la qualité de ses grandioses compositions, « Salomé devant Antipas », « Les Héros de Marathon », « Ulysse ordonnant la mort d’Astyanax » ou « Vitellius traîné dans les rues de Rome par la populace », avec ce regard halluciné, au centre de la toile, d’un enfant à la fois excité et apeuré par cette scène, ce n’est pas ce que je préfère de l’œuvre de Rochegrosse, découverte lors de cette exposition fort complète. Je préfère ses portraits faisant parfois songer à ceux de Gustave Moreau, lorsqu’il peint Salammbô ou Sarah Bernhardt dans le rôle de Cléopâtre ou ceux, plus intimistes, d’une odalisque, d’un nu, d’une Algérienne. Là, le pinceau de Rochegrosse se fait toute délicatesse et sensualité, jouant avec brio des roses s’enflammant au contact des rouges ou de l’orange très cru. C’est plutôt comme Orientaliste, en peintre connaissant bien son sujet et passant la fin de sa vie dans sa villa de Djenan Meriem, que Rochegrosse m’émeut, par sa vision tendre et réaliste de sa femme Marie et de son caniche ou celle d’une femme toujours sublimée.
 

Dans son atelier

Femme au kimono

Les colombes
 

Musée Anne-de-Beaujeu, place du Colonel Laussedat à Moulins, Tél. 04 70 20 48 47 et www.mab.allier.fr.

HÔTEL DE CHARME EN IRAN

L’hôtel Dolat Abad à Yazd, en Iran

On est accueilli par ce chatoyant couple de perroquets

On suit les ravissants chemins d'eau

Le pavillons menant à la grande salle à manger

Le pavillons semi-octogonal dominé par une tour à vent

Yazd, la cité du désert iranien couleur de miel ambré abritant la plus importante communauté zorastrienne du pays, les adorateurs du feu disciples de Zoroastre, comporte une vieille ville d’un charme infini. Il faut s’y perdre à pied, emprunter un lacis de petites ruelles semées de citernes, mosquées, tours à vent que l’on retrouve aussi à Dubaï, ingénieux système servant à rafraîchir les maisons, mosquées dont la principale, la mosquée Jameh, date du XIV è siècle même si elle fut maintes fois restaurée, vieilles maisons et bazar regorgeant d’étoffes chamarrées et de tapis de sol, l’orgueil de la ville. On peut encore voir la célèbre « prison d’Alexandre », en réalité une école coranique, la médersa Ziya’iyeh ou le mausolées des douze Imams. Il faut bien sûr visiter à l’orée de la ville, en plein désert, les émouvantes Tours du Silence où les adeptes de Zorastre abandonnaient leurs morts aux charognards, pratique aujourd’hui interdite.


La nuit, une féerie de lumières

La salle à manger

L'élégance des vitraux et des voûtes nervurées






Et, pour se reposer de tant de merveilles, on s’abandonne aux murmures de l’eau de la maison Dowlat Abad, l’ancienne résidence du gouverneur de la ville datant du XVIII è siècle, aujourd’hui admirablement restaurée et aménagée en hôtel. Partout jaillit l’eau et, à la tombée de la nuit, les odeurs du jardin et surtout celle de chèvres feuilles échevelés enivrent. Les chambres, simples mais confortables, s’organisent autour de petits patios également fleuris. C’est un séjour féerique.


La grande salle à manger

Des chambres simples et confortables
organisées autour de patios


Hôtel Dolat Abad, Shahid Rajaie street à Yazd et www.gogobot.com