mercredi 17 octobre 2012

EN VOYAGE N°16 SEPTEMBRE-OCTOBRE


 

 




Mariée posant devant le Palais Royal d'Angkor
. PROPOS D'ECRIVAIN
. LES TRIBULATIONS DE TINTINE
. NOUVEAUX TALENTS
. EXOTISME DEAUVILLE LA SAUVAGE
. PROMENADE CAMBODGIENNE
. HÔTEL DE CHARME A PUENTE LA REINA
. DALI ET SON ROYAUME

PROPOS D'ECRIVAIN


 

 

Les infidélités successives de Nicolas d’Estienne d’Orves

 

Voici un livre rare que l’on voudrait avoir écrit, cruel et flamboyant, sachant aussi parfois se nimber de tendresse. Y foisonne l’étrange faune des bas-fonds de l’occupation nazie à Paris. Ceux dont on connaît le rôle, Céline et Drieux La Rochelle bien sûr. Ceux dont on le découvre, Jean Denoël et Picasso, Danielle Darrieux, Cocteau, Sacha Guitry, Arletty et tous les intellectuels de Je suis partout, le journal antisémite. On y rencontre aussi un Goering monstrueux et grotesque. Il y a encore le monstrueux M. R, le roi de la contrebande, l’empereur du marché noir. Mais qui est-il vraiment, lui aussi ? Plus généreux qu’il n’y paraît ou au contraire mille fois plus vénéneux, plus pervers ?

Des personnages fictifs côtoient étrangement les vrais, leur donnant même parfois la réplique : il y a la tenancière de bordel au cœur étrangement élastique, Dodo la Menteuse qui ne ment jamais, telle cette duchesse espagnole des « Diaboliques » de Barbey d’Aurevilly. Il y a les Berkeley surtout, les petits seigneurs de Maldernay, île anglo-normande restée aussi féodale que celle de Sercq, Victor et Guillaume, le héros anti-héros et en majeure partie le narrateur de cette très noire histoire. Deux frères qui s’aiment, se jalousent, se haïssent souvent. Deux frères que sépare et rassemble une même passion pour leur fausse « demi-sœur » Victoire, en réalité la fille du second mari de leur mère.

Chaque personnage est double ou triple ou même quadruple à l’occasion, jusque ce que l’on ne sache plus exactement où se trouvent le bien ou le mal, si la fin justifie tous les moyens et si vraiment l’argent n’a pas d’odeur. C’était du moins ce que prétendait à son fils l’empereur Vespasien, l’inventeur des fameuses vespasiennes sur lesquelles il touchait un droit de « passage » ! La mystification tient le lecteur en haleine jusqu’au bout mais, peut-être, l’ultime pirouette est-elle de trop ? Comme si l’auteur, de même que son héros anti-héros, voulait savoir jusqu’où il pouvait aller trop loin…

(Albin Michel).

LES TRIBULATIONS DE TINTINE


Tintine et ses coquines copines bédouines
Ces infantines ballerines viennent d'au-delà les
étendues marines
 
Tintine rassemble ses coquines Bédouines


A l'attaque !

 
Chassées de leurs djebels par la famine, Tintine et ses coquines copines bédouines dévalent des collines. Ainsi que sa frangine de cœur et héroïne (voir « La Kahina reine des Aurès » chez Albin(e) Michel, puissante machine et formidable usine), elle chemine le long du chott aux salines d’hermine ou d’églantine, traînant dans son sillage quelques mutines aux œillades assassines. Gourgandines, et bien féminines, elles sont repues de tagines et de nectarines, clémentines ou mandarines sanguines servant de médecine dans bien des officines. Delantae sunt Médine, Médinine et Tataouine !
 
Sans vivres ni la plus petite mandarine

Les dromadaires se couchent pour mourir...
C'est la politique de la terre brûlée, des populations passées
au fil de fines épines
Vainqueur, Tintine a remporté la victorieuse et peut dicter ses
conditions aux vaincus. C'est une héroïne !