vendredi 11 décembre 2015

                      N° 34- Novembre-décembre 2015

                            Sommaire :

                                     Les routes du miel

                                   . 13 novembre

                                   . Dalèle qui chante

                                   . Dali à Montmertre

                                    . La France qui gagne... à être connue

                                    . Les nomades du Nord Vietnam

jeudi 3 décembre 2015

CADEAU DE NOËL


 

Les routes du miel

 

d’Eric Tourneret et Sylla de Saint Pierre


 

Intérieur d'une ruche

Eclosion d'une larve


Cela fait plus de dix ans qu’Eric Tourneret sillonne le globe à la recherche des cueilleurs de miel ou des éleveurs d’abeilles, ces blondes butineuses si indispensables à la survie de l’espèce humaine, puisque ce sont elles qui permettent la fécondation de la plupart des espèces végétales, et hélas si menacées, principalement par les pesticides. Ces photos magnifiques et les beaux textes de Sylla nous initient à ce monde mystérieux des insectes sociaux où chacun occupe une place bien définie mais interchangeable.

« Dans le monde des Apis, nous explique Jean-Claude Ameisen dans sa magistrale préface, tous les petits sont d’abord nourris de gelée royale – dont le composant essentiel, la royalactine produite par les nourrices, n’a été identifié qu’en 2011. Les futures ouvrières ne sont nourries de gelée royale que durant trois jours, puis sont alimentées avec du pollen et du miel. Seule la future reine sera nourrie toute sa vie de gelée royale. Et ainsi, il y a, pour deux sœurs, en fonction de l’alimentation qu’elles reçoivent de leurs nourrices, au moins deux façons profondément différentes d’utiliser leurs gènes, qui aboutissent à la construction de corps aux potentialités radicalement différentes et au développement de comportements très différents. »

 
Le miel des Intouchables en Inde


Pasteurs d'abeilles en Afrique

La Fête des Fleurs en Chine, en posant la reine sur son visage,
cet apiculteur attire toute la colonie


45E aux éditions Hishoni et voir aussi www.editions-hozhoni.com

lundi 16 novembre 2015

ATTENTATS A PARIS


              




               13 novembre

Ce soir, Paris s'enflamme et se teinte de sang,

Les kalachnikov tonnent et le tir qui descend

Ces promeneurs en fête et rieurs sous novembre

Tout explose soudain, laissant des corps sans membre.



Et qu'en est-il alors des jeunes rassemblés

Pour écouter du rock et rire, il m'a semblé,

Des tireurs fous barbares et ivres de carnage

Ont surgi de ce noir pour assouvir leur rage.



Quand au stade de France, les joueurs sur le gazon

Suscitaient les clameurs en poussant leur ballon

Soudain ont retenti deux salves qui déchirent

Les corps et toute joie en supprimant les rires.



Ce vendredi maudit et tout teinté de sang

Pleure toujours ses morts, ils sont bien plus de cent

Mais pourquoi tous ces crimes et pourquoi cette haine

Au nom d'un dieu jaloux, d'ailleurs la coupe est pleine.



13 novembre 2015
 
Pour pleurer nos morts et les honorer, il faut refuser la peur et ces actes de guerre, l'escalade de la violence, les mosquées où l'on prêche la haine et les imans fanatiques. Il faut aussi refuser l'amalgame et la montée du racisme. La grande majorité des musulmans français ne sont pas des djiadistes fous et barbares, blasphématoires comme l'a si bien dit le pape François, mais qu'ils osent le faire savoir. Il faut anéantir Daesh.
 
 

vendredi 13 novembre 2015

DALI A MONTMARTRE


                                Salvador Dali : le Surréalisme, c'est moi

 
 
Canapé lèvres de Mae West



Excentrique, provocateur, pantomime génial faisant de chacune de ses apparitions un spectacle, Salvador Dali se devait de contredire aussi le mythe du peintre famélique né dans une mansarde. Dans La vie secrète de Salvador Dali, une autobiographie soigneusement maquillée par ses soins, Dali prolonge la vie de son frère aîné jusqu’à l’âge de sept ans et accuse ses parents de lui avoir donné le même prénom. Dans la réalité, ce frère n’a vécu que vingt-deux mois et Dali a aussi une sœur de quatre ans sa cadette, Anna Maria, qui lui sert de modèle jusqu’à sa brouille avec sa famille.

Une enfance aisée

Il est donc né le 11 mai 1904, à l’entresol du 20, rue Monturiol (aujourd’hui le 6), dans une riche famille de notaire. Ses parents, attentifs à satisfaire ses goûts, l’inscrivent dès l’âge de six ans à l’Ecole de dessin de monsieur Nunez, un professeur que Dali adore et qui lui conseille de bonne heure de tout abandonner pour se consacrer à la peinture et qui sait convaincre ses parents. Dès ses quatre ans, il passe en famille ses étés à Cadaqués, dans une étable restaurée, trop petite pour y installer un atelier. Son père lui loue plus tard un studio à la pointe de Pampà.

Inlassablement, le peintre en couvre les murs de toiles figurant les petits ports du coin et leurs barques multicolores, les villages perchés, les oliviers couronnant « les fronts philosophiques des collines, ridées par des crevasses », comme il se plaît à le dire. Il peint aussi le Cap de Creus, dont « les falaises paranoïaques sont les plus mortes du monde ».

Peu à peu, Cadaqués devient un endroit à la mode attirant des personnalités telles que Federico Garcia Lorca, Luis Bunuel ou Paul Eluard, venu avec sa femme Gala et leur fille Cécile durant l’été 1929. Bunuel loge chez les Dali et propose au peintre de travailler avec lui sur ses scénarii. Mais dès que Salvador aperçoit Gala en maillot de bain sur la plage d’El Llaner, il en demeure ébloui et ne pense plus qu’à elle, lui faisant bientôt une cour éperdue qui effraie d’abord la jeune femme russe (elle a dix ans de plus que lui, est mariée et mère de famille).

La légende voudrait que l’idylle avec Gala soit à l’origine de la brouille familiale, mais il n’en est rien. Dali, pressé de retrouver sa muse à Paris, où elle est partie rejoindre son mari, y organise une exposition dès novembre. Sur le tableau intitulé Le sacré-cœur, Dali écrit cette phrase terrible : « Parfois, je crache par PLAISIR sur le portrait de ma mère ».

Son père l’apprend et ne lui pardonne pas, comme il le lui signifie dans une lettre. Seule réponse de Dali : se tondre le crâne, enterrer ses cheveux en grande cérémonie sur la même plage et se représenter ainsi, un oursin sur la tête. Le notaire pousse loin la vengeance, interdisant aux propriétaires de la région de louer ou de vendre la moindre bicoque au fils indigne…
Vision de l'ange
 

Refuge à Portlligat

Réfugié à Paris auprès de sa belle, Dali regrette sa Catalogne et ne pense plus qu’à la maisonnette de la baie de Portlligat où il a laissé son matériel de peinture. Crique à la rondeur parfaite fermée par l’île de Sa Farinera, rivage vierge seulement utilisé par quelques pêcheurs, Portlligat est le refuge auquel Dali aspire, pas trop loin pourtant de Cadaqués et de sa notoriété… Il contacte alors la propriétaire de la baraque, Lidia, pêcheuse illuminée que le notaire n’impressionne pas. Elle lui vend terrain et tanière qu’elle promet de rendre habitable, mais le décor reste spartiate. Pas de route, pas d’électricité, eau potable à pomper au puits, une pièce unique. Cette première maison est suivie d’une deuxième achetée deux ans plus tard, puis d’une autre, encore une autre. Jusqu’à sept maisons de pêcheurs juxtaposées pour former une unique villa au fur et à mesure de la venue du succès. « Je ne suis chez moi qu’ici, affirme Dali, partout ailleurs, je ne suis que de passage. » Dans son atelier, il travaille comme un forcené, au son des lectures que lui fait Gala…

Comme le proclamait Dali : « Le mauvais goût est ce qu’il y a de plus créatif. Le bon goût, qui est tout ce qui est français, est stérile. »

Permanente représentation au Théâtre-Musée

 
Buste de femme rétrospectif

C’est en mai 1961 que Dali exprime au maire de Figueres son désir de faire de l’ancien théâtre municipal de la ville incendié durant la guerre civile un extraordinaire sanctuaire… dédié bien sûr à sa propre gloire – on n’est jamais mieux servi que par soi-même ! Il lui faut dix ans pour convaincre la Direction des Beaux-Arts de Madrid de financer le projet. Principale exigence de Madrid : que Dali offre à sa ville des œuvres originales. La discussion est ardue. Dali promet de peindre le plafond du Palais du Vent et les travaux peuvent commencer en octobre 1973.

Toujours aussi opposé à l’ordre français et à ses angles droits, Dali charge l’architecte Emilio Pérez Pinero de couronner le bâtiment d’une structure de verre et d’acier en forme de géode. On introduit dans la fosse de l’orchestre une Cadillac pluvieuse semblable à celle de Bonnie and Clyde, flanquée d’une opulente statue offerte par Ernst Fuchs et surmontée par le bateau jaune de Gala laissant s’égoutter l’eau de mer représentée par des préservatifs. Sous la coupole, dans la partie autrefois réservée aux acteurs, Dali installe ses principales toiles en trompe-l’œil, un visage apparaissant entre motifs abstraits ou représentation de pixels colorés. A noter qu’il n’a jamais donné de nom à aucune de ses œuvres…

Pour Dali, ce musée inauguré en grande pompe, à peine fini, le 28 septembre 1974, ne doit pas être figé mais demeurer un work in process. Ce que prouve l’artiste en y adjoignant neuf ans plus tard la maison voisine, la Casa Gorgot comprenant la Torre Galatea où il habite parfois.

La légende du temps

Déclamation de l’amour courtois au château de Pubol


C'est dans le Bas Ampourdan, à l’ermitage des Anges, que Dali et Gala se marient en grand secret le 8 août 1958. Curieux contraste pour ce cabotin génial aimant tant la publicité.

Dix ans plus tard, âgée alors de 74 ans et lasse du tapage escortant toujours son grand homme, Gala lui fait part de son désir de se retirer au calme dans cette région. Dali, enthousiaste, lui promet un palais. Le journaliste Eric Sabater qui deviendra plus tard leur secrétaire privé découvre en avion le lieu idéal : un petit château du XIV è siècle en fort mauvais état, accolé à l’église médiévale de San Pere de Pubol. Les propriétaires permettent au couple de commencer les travaux avant même la signature de l’acte d’achat.

A l’opposé de la délirante villa de Portlligat, le château de Gala, plus sobre et plus austère, reflète le caractère de sa propriétaire. Dali, qui a comme toujours une idée à la minute, ne peut se laisser complètement aller à ses fantaisies.

Pour visiter Gala à Pubol, même Dali doit exhiber son carton d’invitation.

Fin du couple et début du mythe

Ce n’est pourtant pas à Pubol, mais à Portlligat que Gala s’éteint le 10 juin 1982. Dali fait embaumer le corps et l’ensevelit dans sa robe rouge signée Christian Dior, en la crypte de Pubol. Portlligat lui rappelant de trop tristes souvenirs, il s’installe dans le château de Gala, peignant presque dans l’obscurité, face au buste de sa femme, ne se nourrissant que de sorbets à la menthe et s’affaiblissant dangereusement, contemplant parfois les plus belles robes de Gala, signées de Christian Dior, Elisabeth Arden ou Pierre Cardin, élégants fantômes de sa muse continuant de parader au grenier.

Après avoir provoqué un incendie accidentel dans la chambre de Gala en voulant sonner son infirmière, Dali est hospitalisé. Refusant de revoir le château de Pubol, il s’installe ensuite à Figueres, dans le dépendances de la Torre Galatea. C’est là qu’il meurt le 23 janvier 1989. Il repose à présent dans son Théâtre-Musée et la tombe qu’il a fait construire à Pubol, près de celle de Gala, reste toujours vide…

Jusqu'au 3 janvier 2016, l'Espace Dali, 11, rue poulbot à Montmartre, Tél. : 01 42 64 40 10, expose avec Daum en partenariat 29 sculptures de Dali rassemblées par l'expert Beniamino Levi, ainsi que des oeuvres peu connues de Dali illustrateur.




vendredi 6 novembre 2015

COUP DE COEUR EN CHANSON


Chanson française aux aromes swinguant !


 




Dalèle Mukker lors de son précédent spectacle au Café Quincaille


« Dans un monde où chacun est poussé à la réussite, tant professionnelle que personnelle, où la performance est portée comme valeur sociale de référence, quand la femme « actuelle » doit tout réussir, quad l’égalité des sexes n’est toujours pas une réalité et quand de plus en plus de personnes vivent seules, ou du moins ont connu le célibat pendant leur vie adulte, Dalèle se propose d’aborder l’échec amoureux sous un aspect différent. Est-il possible de réussir ses échecs amoureux comme on réussit sa vie professionnelle, ses enfants, ses projets, ses vacances, son plan épargne ou encore une recette de cuisine ?

De quoi parle-ton quand on parle d’échec, par apport à quelle norme ?

Pour cela, Dalèle s’entoure des mêmes musiciens que pour « Le Café quincaille », Philippe Yvron au piano et Roland Martinez à la clarinette et à la contrebasse, mais la nouveauté pour l’équipe est l’arrivée d’un quatrième musicien, Armand Boisard, guitare et saxophone.

Si « Le Café Quincaille » invitait le public dans un univers, un lieu imaginaire permettant de lier le répertoire, le nouveau spectacle est lui aussi conçu comme un « tout », un petit monde où l’échec est réussite, où chacun est un héros au quotidien, et où les chansons seront cpmme des fenêtres ouvertes sur nos paysages intérieurs intimes et pourtant commun à la plupart d’entre nous. »

 

En concert : Dalèle : 14 et 15 novembre 2015

                    Concert « Chez ta mère », Toulouse

 

                    Dalèle : 8-12 décembre 2015

                    Concert « Apéros du Grand Point », Toulouse

                    

                    Dalèle ; 16 janvier 2016

                    Concert « Le chai », Capendu.  

 
Et Tintine n'en peut plus de fierté depuis qu'elle a entendu son premier poème mise en chanson par Dalèle, qui sait le dire avec émotion et maîtrise, de sa belle voix grave, éraillée, s'accompagnant de son accordéon fétiche. Elle ne résite pas au plaisir un peu narcissique, certes, de vous en livrer les paroles ci-dessous.


L’amour qui ment

Et je lève ma coupe au ciel rouge et rose

Parure un peu barbare et fantastique un temps

A l’ultime baiser passé en un instant

L’amour est un grand mal, il est si peu de chose



Parure un peu barbare et fantastique un temps

L’on croit alors que le bonheur enfin se pose

L’amour est un grand mal, il est si peu de chose

Il s’en va dans les larmes, il s’en vient en chantant



L’on croit alors que le bonheur enfin se pose

Et l’on peut aussi rêver à l’amour d’antan

Il s’en va dans les larmes, il s’en vient en chantant

Décrocher le soleil et les étoiles on ose



Et l’on peut aussi rêver à l’amour d’antan

Débordant de sa coupe, se pavanant sans dose

Décrocher le soleil et les étoiles on ose

Devenir un héros n’est pas sûr pour autant.





 

jeudi 5 novembre 2015

NOMADES DU NORD VIETNAM


        Le temps suspendu, dans les montagnes

                             du nord Vietnam

Fête du dragon à Te qua

 
Encore préservés par leurs montagnes, les anciens nomades appartenant à des minorités thaïs, méos, muongs, hoas ou dzaos vivent d’agriculture, de pêche ou d’élevage dans de jolis villages où le modernisme n’a pas encore pénétré.

D’anciens nomades à peine sédentarisés

 
Village de Sapa

Village de Da Phim

A cent kilomètres au nord-ouest de Hanoï commence le territoire des minorités ethniques. Les Thaïs aux ravissantes maisons sur pilotis et les Hmongs Blancs, Rouges ou Verts originaires de Chine et ainsi nommés d’après la couleur de leurs vestes occupent les vallées. Ils y font pousser riz, maïs, chanvre, coton et gingseng. Il y a peu de meubles dans les maisons, des matelas que l’on déploie pour la nuit sont roulés dans un coin. Devant un réchaud posé à même le sol, les femmes font mijoter soupe et riz. Les Hmongs, de même que les Méos des montagnes, cultivaient autrefois le pavot dont on tirait l’opium et l’héroïne. Depuis que la drogue a été interdite par le Parti en 1986 et que les trafiquants encourent la peine de mort, ils ont abandonné leurs champs de pavot et survivent péniblement. Il y a peu d’écoles et encore moins de dispensaires, 3% seulement des enfants étant scolarisés.
 
Village de Da Phim

Cultivateurs Méos vers Can Cau

En route vers le marché de Can Cau

Ya Long, village méo, essaime à flanc de montagne ses maisons de bois et de palmes tressées construites sur pilotis. Les femmes arborent de lourdes jupes brodées rouges, bleues, vertes ou roses selon la région, des jambières noires pour arquer les jambes, signe de beauté, des chapeaux à pompons. Les hommes sont vêtus de pantalons brodés et de chemises de couleur fermées sur le côté.

Aux premières lueurs de l’aube, aux abords de Sapa, bourgade proche de la frontière chinoise, une foule bigarrée chemine sur la piste, poussant vaches, buffles, porcs ou chèvres. Certains de ces montagnards sont en scooters, d’autres vont à pied, portant sur l’épaule la traditionnelle perche munie de paniers à chaque extrémité.

Sapa est une ville chinoise à la rue unique. Les échoppes sont tenues par des femmes Thaïs Fleuris à la coiffe faite de pompons multicolores, Méos aux jupes plissées, Dzaos aux coiffes rouges, Giâys aux jupes brodées, Tàys originaires du sud de la Chine, venus vendre tabac, thé et coton. On s’interpelle dans tous les idiomes, chacun se regroupant ensuite par village pour déjeuner d’un pho, soupe à base de nouilles, viande et légumes.
 

Dzaos de Da Phim et Méos de Can Cau


Entre Sapa et Bac La où la rivière Namthi, un affluent du Fleuve Rouge, marque la frontière avec la Chine, une piste mène au village dzao de Da Phim. Les femmes mariées se reconnaissent à leurs cheveux rasés en haut du front. Assises sous les auvents des maisons, elles brodent des couvertures pendant que les hommes sommeillent dans leurs hamacs. Les gamins jaillissent de l’école et organisent une partie de cartes, abattant leurs mises sur la table en hurlant. Une épicerie tenue par une vieille femme chiquant du bétel propose aux villageoises un bric à bras de vêtements, bouteilles et bocaux d’alcool de riz où macèrent serpent, scorpion ou abeilles, ustensiles ménagers en plastique.
Non loin de Da Phim, le marché de Can Cau est encore plus spectaculaire que celui de Sapa. Il a lieu chaque samedi sur une colline dominant des rizières en gradins. Les Méos y vendent vêtements traditionnels, bijoux d’argent, écheveaux de laines, tissus, paniers d’osier, volailles, porcs ou vaches.

Bien des ethnies viennent se ravitailler ou vendre leurs produits
au spectaculaire marché de Can Cau


Ici des femmes Mos achetant le tissu de leurs jolies jupes plissées

Des tréteaux sont bientôt dressés pour le repas, toujours à base du fameux pho, mais aussi de viandes grillées, riz gluant et fruits en pyramides : dragons verts, ramboutans, mangues, papayes, mangoustans ou jaquiers. On fait circuler plats de nems, oc nhoi, farce à base d’escargots ou trung lôn prisés des femmes enceintes pour leurs vitamines. Il s’agit d’un oeuf couvé dont le poussin craque sous la dent... Les gamins sucent des chao tôm, bâtons de canne à sucre.
 
Chaque village Méo se distingue par la couleur des fichus de ses femmes

Tous se rassemblent pour déjeuner à la cantine du marché de Can Cau

Les bébés Méos arborent des bonnets spectaculaires !

Sitôt dans la plaine, à Lao Cai, c’est le retour au modernisme, à l’agitation urbaine typiquement vietnamienne, loin de ces villages du bout du monde...
 
Fête au village de Binhda
Carnet pratique :

. Cette excursion d’une semaine en minibus est arrangée à la carte par l’agence Ma Tonkinoise, 20 To Tich, Hanoï, Tél. : 84 (4) 8 243 245, adresse émail : info@matonkinoise.com, site web : http: //www.matonkinoise.com.

. Comment y aller

Vietnam Airlines, 9, rue de la Paix, 75002 Paris, Tél. : 01 44 55 39 90 offre un vol direct Paris-Hanoï.

. Argent

La monnaie vietnamienne est le dông, un euro valant environ 20 000 dôngs.

. Quand y aller

La meilleure période se situe au mois de novembre et de mars à mai, avant la mousson.


Paysanne Méo de Marqucurt

 

jeudi 15 octobre 2015

LA GRECE D'ALEXANDRE


La Grèce dans les pas d’Alexandre le Grand


Tête d'Alexandre le Grand

Sa statue à Thessalonique
 

Paradoxalement, c'est surtout à travers le souvenir de son père, Philippe II de Macédoine, les fouilles de Pella et le tombeau de ce dernier à Vergina que l'on retrouve le mieux le souvenir d'Alexandre le Grand en Grèce et surtout en Chalcidique. Au printemps de 334 en effet, à l'âge de vingt-deux ans, Alexandre quitte la Grèce pour réaliser le rêve de son père : conquérir tout le monde connu. Il n'y reviendra jamais et mourut assassiné à l'âge de trente-deux ans à Babylone. On pense que ses restes ont été conduits par l'un de ses lieutenants, Ptolémée, qui régnera sur l'Egypte et sera à l'origine de cette dynastie, en un lieu secret à Alexandrie sur lequel on aurait plus tard édifié une mosquée, ce qui empêche bien sûr toute fouille.

L'assassinat est d'ailleurs comme une marque de fabrique chez les rois de Macédoine. Le propre père de Philippe, Amyntas III, meurt assassiné quand celui-ci n'a que douze ans et il devra attendre la mort de son frère Perdiccas pour devenir roi à son tour. Il n'a que vingt-trois ans et règne sur un minuscule royaume, bien faible en comparaison des arrogantes cités-états du reste de la Grèce. Sa vie n'est qu'une longue suite de combats contre les diverses tribus rebelles du nord du pays et contre les cités grecques. Souvent victorieux, il y perd pourtant l'usage d'une main, de la jambe droite, sans compter une clavicule cassée. Sa plus célèbre victoire est celle des Thermopyles contre Athènes en 352. Peu à peu, sous son impulsion, la Macédoine s'agrandit, s'ouvre une large façade sur la mer Egée, les tribus sont soumises. Philippe réorganise son armée en la dotant de la fameuse sarisse, cette haute lance dont il équipe ses phalanges. Quatorze ans après la victoire des Thermopyles, c'est son propre fils Alexandre, alors âgé de dix-huit ans, qui commande la cavalerie à ses côtés lors de la bataille de Chéronée contre Thèbes et Athènes unis contre la Macédoine. Une victoire éclatante.
 
Le théâtre où fut assassiné Philippe II de Macédoine

Deux ans plus tard, alors que Philippe se dispose à célébrer le mariage de sa fille Cléopâtre, sœur d'Alexandre, avec le frère de leur mère Olympias, le roi d'Epire Alexandre le Molosse, il est assassiné par l'un de ses lieutenants, Pausanias, dans le théâtre de Vergina où devait avoir lieu la cérémonie, sans doute à l'instigation d'Olympias. Elu par l'armée à la tête de la Macédoine, Alexandre devient roi à son tour et se met en devoir d'organiser pour son père des funérailles grandioses, telles que l'on n'en a jamais vues.

Il passera encore deux ans dans son royaume, devenu uni et puissant, pour mater les dernières velléités de révolte des cités-états, Athènes surtout, avant de marcher vers son fabuleux destin de presque dieu. Il se disait d'ailleurs descendant d'Héraclès, fils de Zeus, par son père, et d'Achille par sa mère ! Le philosophe Aristote, qui fut son précepteur et celui des compagnons de sa jeunesse qui ne le quitteront jamais, Héphaestion, Philotas et Eumène de Cardia, disait d'ailleurs de lui qu'il s'exprimait toujours en ionien-attique, la langue grecque, mais en macédonien quand il était sous l'emprise d'une de ses terribles colères. Même si les sculpteurs ont idéalisé son image, il passait pour fort beau, un corps athlétique bien sûr rompu aux arts de la guerre, des yeux vairons, des boucles châtain doré, une tête toujours un peu penchée sur la droite à cause d'une blessure reçue au combat. On disait aussi qu'il était peu porté sur les femmes et que ses parents, pour une fois d'accord sur ce sujet, durent lui mettre dans les bras la plus belle courtisane de Macédoine, Callixine, pour l'initier à l'amour !

Conquérant toujours victorieux, il entraîne ses troupes jusqu'à l'Indus, fonde plus de soixante-dix cités qui portèrent son nom. Il n'a que trente-deux ans lorsqu'il meurt à Babylone, sans doute empoisonné par son grand-échanson. Son fils Alexandre, qu'il a de la princesse Roxane, est également assassiné, à l'âge de quatorze ans, et repose probablement dans l'un des quatre tumulus que découvrit l'archéologue Manolis Andronikos en 1977.


Pella où naquit Alexandre

 
Le site de Pella

La fameuse mosaïque de la Chasse au cerf

Attelage de chevaux

Stèle funéraire

Tombe et offrandes

Terre cuite
Seconde capitale du royaume macédonien après Aigéai devenue ensuite Vergina, Pella connut son apogée dès le tout début du IV è siècle av.J.-C. C'est donc dans le palais royal encore en fouilles qu'Olympias, quatrième des sept épouses de Philippe, donne le jour à Alexandre. Toute proche de la mer Egée, Pella était une florissante cité édifiée de façon géométrique autour d'un vaste agora jusqu'à sa destruction par les Romains en 168 av. J.-C. Parmi ses sanctuaires les plus fameux, citons le Thesmophorion dédié à Déméter , où l'on célébrait la fête des semences à l'automne, celui d'Aphrodite et celui de Darron, un dieu guérisseur local. C'est là que vit la famille royale et que se rassemble l'armée chaque printemps pour y célébrer la fête de Xandika. On peut y voir quelques colonnes, les restes du palais et de belles demeures patriciennes aux splendides mosaïques, parmi lesquelles la plus célèbre de toutes, la fameuse chasse au cerf signée du mosaïste Gnôsis et qui se trouve dans la demeure dite de l'Enlèvement d'Hélène, à cause d'une autre mosaïque, les vestiges des sanctuaires et du quartier des artisans. Bien des mosaïques ont été conservées sur place, d'autres se trouvent dans le beau musée du site, ainsi que les nombreux objets issus des fouilles, vaisselle, vases, statues de terre cuite, encore des mosaïques et tombes dont de curieux ossements enclos dans une grande amphore. La présentation est aussi sobre qu'élégante.


Le tombeau de Philippe à Aigéai


L'entrée du tombeau de Philippe

Son urne funéraire et la couronne royale


Même si le théâtre où mourut Philippe de Macédoine n'offre plus aux regards que des gradins festonnés d'herbe, l'endroit reste émouvant, niché près de bois d'oliviers, parmi des collines formant la frontière avec la Bulgarie toute proche. Mais là où tout évoque Alexandre, c'est l'intérieur du tumulus où il ensevelit avec un faste inouï les restes de son père. Le musée, magnifique, a été organisé à l'intérieur même du tumulus. Il y règne une semi-pénombre propice au recueillement tandis que les vitrines contenant les riches objets issus des quatre tombes trouvées là, dont la plus riche est bien sûr celle de Philippe, sont brillamment éclairées. On voit même les portes peintes menant aux quatre tombes, dont une ornée de belles fresques. On peut admirer l'armure et les armes de Philippe, ses colliers, jambières et cuirasse d'or pur finement ciselé, les coffres d'or ayant reçu les divers restes car la famille royale était toujours incinérée, des couronnes de chêne ou de myrte en or aussi, des bijoux et même de riches étoffes cloutées d'or, une multitude de pièces, statuettes, figurines d'or et d'ivoire ayant paré les couches funéraires, de la vaisselle d'or et d'argent, des vases aux délicates peintures. C'est une étrange profusion qui nous donne l'illusion de vraiment pénétrer dans un sanctuaire, celui érigé par un fils à la mémoire d'un père probablement assassiné par son épouse Olympias. Chaque détail de la grandiose cérémonie, chaque objet que l'on peut encore admirer aujourd'hui a été voulu, choisi avec soin par Alexandre le Grand pour magnifier la mémoire de son père...


L'émouvant quartier juif de Vergina

 
Le quartier juif


Tag

Cette petite ville surplombant des gorges impressionnantes n'a bien sûr jamais recouvré son prestige de première capitale du royaume de Macédoine, mais elle sait charmer par ses jolies chapelles d'inspiration byzantine, ses petites places pavées de galets et ses maisons colorées à encorbellement, la plupart ayant appartenu à des familles juives souvent déportées. Si certains sont revenus, tous n'ont pas eu cette chance et bien des maisons aujourd'hui vides et ruinées témoignent des jours sombres.


Le passé tumultueux de Thessalonique

 
Cette capitale de la Macédoine grecque, fondée par Cassandre en -315 en l'honneur de sa femme Thessalonique, fille de Philippe II et demi soeur d'Alexandre, compte aujourd'hui plus d'un million d'habitants et est la seconde ville du pays après Athènes. C'est aussi un port important commerçant avec tous les Balkans. Saint Paul y prêcha en 50. De la période grecque restent un forum, la Rotonde toujours en travaux, un ancien temple dédié à Zeus faisant partie de l'enceinte impériale et le magnifique arc de triomphe de Galère avec ses fameux bas-reliefs.

Les remparts ottomans depuis la ville haute

Décor sur une façade de maison

Le monastère de Latomou

Saint-Nicolas-des-Orphelins

Constantin Ier la dote de remparts en 322 ap. J.-C., mais Théodose Ier en massacre la population qui s'était révoltée contre le pouvoir de Byzance en 390. Terrible bilan, près de 10 000 morts. Pillée à maintes reprises par les tribus slaves et celles du Danube, la ville ne retrouve la prospérité qu'au cours des X è et XI è siècles, jusqu'à sa prise par les Ottomans en 1430. De cette période datent la Tour Blanche qui se dresse près des quais, où étaient enfermés les Janissaires révoltés, bien souvent rouge de leurs têtes coupées plantées sur ses murs, les six kilomètres de nouveaux remparts et des bains. Quatrième ville de l'empire ottoman au XIX è siècle, la ville reste turque jusqu'à sa reconquête par les Grecs en 1912. On peut encore y voir la riche maison de Mustafa Kemal Atatürk qui y naquit en 1881, aujourd'hui siège du consulat turc. Occupée par l'armée française d'Orient au cours de la Seconde guerre mondiale, ravagée par un terrible incendie qui détruisit près de dix mille logements en août 1917, c'est aujourd'hui une jolie cité d'affaires au port prospère, alanguie contre la mer Egée. La ville haute offre le même genre de pittoresques maisons à encorbellement que Vergina, la ville basse un vaste marché couvert, l'élégante place Aristote, le long boulevard de la Victoire aux innombrables gargotes formant les quais et d'innombrables églises et chapelles parmi lesquelles Saint Démétrios, Sainte Sophie ou Notre-Dame des Forgerons. Deux petites chapelles byzantines à l'extérieur plus que discret, le monastère de Latomou et Hagios Nikolaos Orphanos, les plus anciennes, renferment des merveilles, la plus vieille mosaïque de la ville pour la première et d'innombrables fresques en parfait état pour la seconde.

La maison natale de Mustafa Kemal Atatürc

Minaret de la Coupole

Arc de triomphe de l'empereur Galère

Détail

L'ancien forum

Le marché aux poissons


Ce voyage a été organisé pour l'AJT, l'Assemblée des journalistes du Tourisme, avec l'aide du tourisme grec et du San Beach Hotel sur le cap Sani.



Contraste


Place Aristote

Restaurant du Bd de la Victoire

Pêcheurs devant la Tour Blanche

La Tour Blanche où étaient emprisonnés les Janissaires révoltés

Costumes traditionnels d'Halkidiki

Marina du cap Sani

Piscine et mer au Sani Beach Hotel