lundi 9 mai 2011

Les bons plans de Tintine

Tintine en terre d’Argence




Beaucaire, son port de plaisance,
son élégant Hôtel de Ville et ses places ombragées


L'impressionnante forteresse de Beaucaire
L’ancienne Foire de Beaucaire
Ce joli nom de Terre d’Argence, donné par la couleur argentée des feuilles de peupliers agitées par le vent, couvre en fait un territoire incrusté dans le triangle formé par les villes d’Avignon, Nîmes et Arles, sans pour autant les inclure. Ce territoire, traversé par le Rhône et le canal du Rhône à Sète compte des bourgades plus modestes, mais à découvrir, Vallabrègues, Jonquières Saint Vincent, Fourquès et surtout Beaucaire, sa capitale. Région essentiellement viticole appréciée des Romains, la Via Domitia reliant Rome à Cadix passait alors par Beaucaire, cette ville connut ensuite un extraordinaire rayonnement durant quatre siècles, lorsque Louis XI confirma la Foire Franche (sans taxes et sans impôts) qui s’y tenait chaque année à partir du 21 juillet, la Foire de la Sainte Madeleine. 60 000 visiteurs s’y pressaient alors pour découvrir les riches denrées des marchands, mais aussi cotons, laines et soies, cuir, objets en fer, merveilleuses épices d’Orient, vins et bétail. Ce fut l’avènement du chemin de fer à la fin du XIX è siècle qui entraîna le déclin de cet immense marché.
De ces quatre siècles d’opulence, Beaucaire conserve de somptueux vestiges qu’il faut découvrir, comme Tintine, pas à pas, au hasard des rues. Tout d’abord l’imposante forteresse dominante la ville, où naquit le célèbre comte de Toulouse Raymond VII, démantelée au XVII è siècle. Puis l’église Notre-Dame des Pommiers, enchâssée dans un lacis de ruelles, se révèle surtout depuis la terrasse du château. Ne pas manquer sa belle frise romane extérieure représentant la Passion. La taille impressionnante de l’Hôtel de Ville édifié sous Louis XIV s’explique, car il abritait alors l’administration de la foire. A chaque détour du vieux Beaucaire, on trouve une jolie place où murmure une fontaine, l’entrée d’un élégant hôtel particulier.

Le musée du Cheval et de l’Eperonnerie, les artisans de Beaucaire

Redoutable collection d'éperons

Un musée surtout a fasciné Tintine, celui du Cheval et de l’Eperonnerie d’Art (Rue du 4 septembre à Beaucaire, Tél. :04 66 59 41 08). Plus de 2000 pièces rassemblées au cours de ses voyages en Amérique du Sud, Afrique Noire, Afghanistan, Chine et Japon par René François, un passionné de cheval, bien sûr, et prêté à la ville, témoignent du constant désir des cavaliers de parer leurs montures.
Une ville d’art attire bien sûr les artisans et ils ne manquent pas à Beaucaire. Spécialiste de la terre vernissée, Françoise Rebord accueille ainsi dans son atelier du 1, rue Rocquecourbe (Tél. : 04 66 68 28 32 ou 06 78 64 87 16) adultes et enfants pour leur faire partager sa passion. Quant à Rose-May Prevost, depuis toujours amoureuse de la lumière si particulière du Midi, particulièrement lorsqu’elle traverse le verre, elle a fait de l’art du vitrail son métier et sa vocation. On peut apprendre dans son atelier du 13, rue des Bijoutiers (Réservation par l’Office du Tourisme au 04 66 59 26 57) à s’initier au travail du vitrail traditionnel.


Françoise Rebord dans son atelier
 de céramiques

Rose-May Prevost enseigne l'art du vitrail

Bruno Hugounenq apprend la patine
et collectionne les vieilles afiches
Si Bruno Hugounenq, dans son atelier Ravanille et Framboise, 4, impasse des Jardins, Tél. : 04 66 59 69 89
 (renseignements à l’Office du Tourisme), enseigne tout sur la patine, capable de transformer un meuble ordinaire en œuvre d’art, il ne faut pas manquer pour autant son extraordinaire collection d’affiches anciennes gisant un peu partout chez lui. Il déroule sans se faire prier une publicité pour le digestif « la Farigouette », un portrait de Vera Sergine, une belle tout aussi oubliée, d’autres vantant cabarets ou corridas car nous ne sommes pas loin de la Camargue ! Poésie de ces dessins surgis du passé.

L’abbaye de Saint-Roman
Si Tintine connaissait les églises byzantines troglodytes de Cappadoce, en Turquie, d’Egypte, des Météores en Grêce ou celles de Georgie récemment ouvertes au tourisme, elle ignorait qu’à quelques kilomètres de Beaucaire, sur la route de Nîmes, l’abbaye de Saint-Roman n’avait rien à leur envier. Les premiers vestiges de ce vaste site classé monument historique datent du V è siècle, quand des ermites commencèrent à creuser chapelles, cellules, citernes et nécropoles dans cette roche dominant le Rhône. Peu à peu, la vie monastique s’organisa, les ermites devinrent les moines de l’abbaye où affluèrent les pèlerins.

Boire à la romaine !
Chez diane et Hervé Durand a été reconstitué
ce pressoir romain pour y faire de vrais vins à l'Antique
            Impossible pour Tintine de visiter une région de notre Douce France sans s’initier aussi à ses spécialités culinaires. Ici, place aux vins !
            Les Romains aimèrent les vins du Midi et cultivèrent les vignes de la Terre d’Argence, comme le prouve une fabrique d’amphores antiques trouvée sur le domaine viticole du Mas des Tourelles appartenant à Diane et Hervé Durand (4294, route de Saint-Gilles, 30300 Beaucaire, Tél. : 04 66 59 19 72). Deux archéologues amis des propriétaires, André Tchernia et Jean-Pierre Brun, intéressés par ce site, finirent par les persuader de construire à l’identique un pressoir romain et de faire comme jadis, en plus de leur production habituelle, du vin à l’antique ! Se fiant surtout aux descriptions de Caton l’Ancien, on commença dans une grange annexe à édifier le pressoir, tout en chêne, le fouloir, les aires de conservation des diverses amphores. Le plus connu des gastronomes romains, Gavius Apicius, qui vécut au début de notre ère, compila dans un ouvrage magistral plus de 500 recettes extravagantes en mentionnant les vins devant les accompagner, « De re coquinaria ». Le principal problème étant celui de la conservation, les Romains aromatisaient leurs vins de plantes, épices, miel mais aussi eau de mer. Une fois le pressoir reconstitué, la vigne installée en partie haute sur les arbres, comme cela se pratiquait alors, il fallut travailler les arômes.
Un texte de Pline l’Ancien vante et explique l’élaboration du Mulsum, vin de fête souvent servi au gustatio (apéritif), mariage du vin avec du miel, plantes et épices. C’est bien sûr un vin doux, évoquant assez le « vin de paille ».
Un autre texte, dû à Lucius Columelle cette fois, permet la fabrication complexe du Turriculae, vin sec accompagnant à merveille huîtres et poissons. Tintine le rapprocherait assez du Vin Jaune du Jura.
Quant au Carenum décrit par Palladius, il est obtenu à partir de raisins très mûrs portés à ébullition puis aromatisés en particulier de jus de raisin concentré et de coings. Délicat et liquoreux, il se dégustera avec foie gras ou desserts. Et Tintine de rêver avec nostalgie à de belles orgies romaines…

Un vignoble planté sur des galets

Dégustation chez François et Anne Collard

Passion égale chez François et Anne Collard, au château Mourgues du Grès (Route de Saint Gilles, 30300 Beaucaire, Tél. : 04 66 59 46 10), qui exploitent 65 ha en coteaux et terrasses sur l’AOP « Costières de Nîmes ». La présence de galets autrefois roulés par le Rhône sur leurs vignobles confère à leurs vins un goût très particulier, une vraie saveur de terre, mais laissons parler les œnologues : « vin, patiné, fin, notes d’épices », dit le critique de Vin de France pour qualifier leur rouge Capitelles des Mourgues 1998. Ou encore : « Nez franc, vanillé, boisé, sans note de déclin. Bouche riche, grasse, automnale. » Il s’agit toujours de la même revue, cette fois pour leur blanc Terre d’Argence 2000.

La reine des confits et confitures
            Dans son joli mas du Petit Milord (Route de Fourques, 30300 Beaucaire, Tél. : 04 66 59 55 32), ce ne sont pas des confits de canards ou d’oies que mitonne Valérie Gallon, mais des confits à base de toutes les fleurs et plantes de son jardin : pâquerette, pissenlit, sureau, acacia, trèfle, coquelicot, rose, violette, jasmin et même de riz… Bien installée dans son salon de dégustation, Tintine qui n’en revient pas de goûter toutes ces fleurs en petits pots, les juge aussi savoureuses qui si elle était un lapin broutant une prairie ! Et Valérie, qui n’est pas en manque d’idées, de lui faire ensuite essayer des confitures de figue laurier, poire cannelle ou autre gelée de menthe. On peut ainsi caraméliser un gigot d’agneau de fleurs d’acacia, égayer un banal poulet de figues ou noisettes ou un foie gras de confit de lavande… Quel programme et quels amours de petits pots où se trouve enfermé tout un jardin !

Les étonnants confits de Valérie Gallon

l'harmonieux cloître du restaurant des Doctrinaires


Le port de plaisance de Bellegarde

Chambre romantique au Mas de l'Ilon

Rêver au fil de l’eau
            Pour se remettre de ces diverses dégustations avant de festoyer dans le restaurant des Doctrinaires au ravissant cloître authentique, quoi de plus délicieux que de paresser au soleil, sur le pont d’un des bateaux du port de plaisance de Bellegarde (Arolles Marine, port de Plaisance, 30127 Bellegarde, Tél. : 04 66 01 75 15), en regardant lentement défiler le paisible paysage aquatique, eau dormante bordée de saules, roseaux et iris d’eau, envol soudain d’un héron, cri d’une poule d’eau. Tintine, hors du temps, hors du monde, médite sur le plaisant métier de reporter. Baroudeuse, croyait-elle ? Puis de rêver à d’autres difficiles découvertes sous le baldaquin immaculé de sa chambre d’hôte, au Mas de l’Ilon (www.masdelilon-provence.com)…

Les bons plans de Tintine

Tintine dans le Tarn et l’Albigeois
Le théâtre de Castries et les jardins

Vieilles maisons de Castries


Maintenant qu’Airlinair propose un vol direct Orly-aéroport de Castres-Mazamet,  les déplacements vers le Tarn prennent des allures de voyages familiaux, intimes, rapides et pratiquement sans attente. Un délice et des prix très abordables quand on réserve d’avance : www.airlinair.vol24.fr. Pour vous concocter un séjour sur mesure, vous pouvez consulter www.tourisme-tarn.com ou suivre le périple de Tintine, ravie de découvrir d’autres sites que les surprenants châteaux cathares déjà bien visités. Elle ignorait par exemple, nul n’est parfait, que Jean Jaurès était né en 1859 dans l’adorable petite ville de Castres, qui n’en finit pas de refléter ses vieilles maisons peintes dans les eaux de l’Agout, au pied de l’étendue granitique de la Montagne Noire. Les briques roses de l’ancien Palais Episcopal édifié par Jules Hardouin-Mansart, premier architecte de Louis XIV, abritent aujourd’hui le Musée Goya. Il renferme trois œuvres majeures du célèbre peintre espagnol, l’Autoportrait aux lunettes, le portrait de Francisco del Mazo et l’Assemblée des Philippines dont on ne se serait jamais souvenu si Goya ne l’avait immortalisée. Un portrait de Philippe IV par Velazquez et une Vierge au chapelet de Murillo viennent compléter cette collection hispanique autrefois rassemblée par un commerçant de Castres, Marcel Briguiboul. Le somptueux jardin de l’Evêché dessiné par André Le Nôtre, ce « bonhomme » si apprécié du Roi Soleil qui l’embrassait familièrement sur les deux joues. Juste contre cette magnifique « broderie » figurant entre autres une fleur de lys s’élève un élégant théâtre municipal de style Art Nouveau. Au hasard des petites rues de la ville, Tintine a découvert bien des hôtels particuliers méritant d’être mentionnés, celui de Poncet, de Viviès ou de Nayrac.


Le château de Salette
Le château de Salette (www.chateaudesalettes.com et salettes@châteaudesalettes.com) offre à l’extérieur
l’aspect massif et presque guerrier des bastides de ce coin du Tarn, mais l’intérieur, rénové d’une façon résolument moderne et minimaliste, est confortable tout en mettant en valeur l’éclat des vieilles pierres. Le chef Pascal Auger improvise pour ses hôtes et le plus grand plaisir de Tintine des plats traditionnels rehaussés de saveurs rares. Ainsi, un « foie gras mariné au sésame, pomme et pâte de citrons » ou un « lieu jaune doré sur un boulgour oriental et citrons confits, jus de coquillages au galanga ». La magie exotique opère, offrant un parfum venu d’ailleurs à des préparations bien de chez nous.

Cordes-sur-Ciel, un village-forteresse
Le lendemain, avant de plonger au cœur du pays albigeois, Tintine prend victorieusement d’assaut l’un des plus jolis villages perchés du Tarn, Cordes-sur-Ciel, la bien nommée, car murailles et maisons se profilent en effet sur un ciel clair, laissant la terre loin à ses pieds. Une série de portes, d’arches, de marches et de montées étroites s’insinuant entre de belles maisons gothiques et d’autres, plus humbles, en simple torchis donnent accès à ce bastion édifié en 1222 par Raymond II, comte de Toulouse, pour résister aux troupes d’invasion du roi Philippe Auguste. Les anciennes halles ménagent un vaste espace où se dresse un vieux puits. Ensuite on repart à l’assaut de ce village conçu d’abord comme un impressionnant ouvrage défensif.

25 km plus loin et c’est Albi la rose et son chef d’œuvre, sa surprenante cathédrale Sainte-Cécile, édifiée à partir de 1282 par Bernard de Castanet, évêque d’Albi. Son rôle ne se limita malheureusement pas à l’embellissement de sa ville, puisqu’il traqua avec un zèle contestable ce qu’on nomma « l’hérésie albigeoise ou cathare ». Son premier soin fut d’installer un couvent dominicain à Albi et de faire venir dans le palais de la Berbie un inquisiteur venu de Carcassonne, Jean Galand. Un premier procès fut organisé en 1285, un second l’année suivante. On arrêta, tortura, pendit ou brûla alors à qui mieux mieux… Même si elle parle aussi de sang et de carnage, la cathédrale Sainte-Cécile reste une féerie en rose et ses peintures du Jugement Dernier, et non fresques comme on le dit souvent à tort, admirablement conservées de part et d’autre du chœur un émerveillement à la Jérôme Bosch. La vue sur le Tarn, les vieux ponts qui l’enjambent, les maisons qui s’y mirent, tout participe à l’élégance d’Albi.

Albi et sa surprenante cathédrale de brique rose


Quoi de mieux que la voie des airs pour survoler à basse altitude, dans un avion particulier, cette masse austère de la Montagne Noire et ces dizaines de villages frileusement serrés autour de leurs églises, sur chaque coteau escarpé, pour résister aux troupes royales ?

Curieux destin que celui de cette ancienne abbaye bénédictine fondée en 754 au pied de la Montagne Noire, puisqu’elle devint successivement un séminaire, une Ecole Royale Militaire sous Louis XVI puis un collège de renommée internationale dirigé par le père Lacordaire jusqu’à sa fermeture en 1991. Deux ans plus tard, c’était un syndicat mixte dont le Conseil général entreprenait la restauration, abritant des activités économiques, touristiques et culturelles. C’est émouvant de contempler les vieilles photos des anciens Cadets, qui pouvaient graver leurs noms sur les piliers du cloître… Un lieu de mémoire où l’on peut aussi séjourner dans la paix d’un cadre magique, abbaye-ecole.soreze@cg81.fr.

Ecrivain, mode d'emploi

Lorsque le livre paraît…





Bientôt en librairie... Ouff...

 On parle beaucoup du traumatisme de la page blanche ou plutôt de l’écran d’ordinateur désespérément vide, mais ce n’est pas là le pire. Imaginez avoir porté un livre comme une gestation et brusquement, il est fini ! Pas un point ou une virgule à rajouter, aucun paragraphe à joyeusement massacrer, plus de dialogue à trucider… Au secours ! Tintine, que faire ? C’est un peu le mal de l’accouchée que les hommes ne peuvent appréhender qu’en ce genre de cas. Mais si tout se passe bien, après une naissance, on a du moins un poupon à dorloter. Rien de tel pour un livre terminé. Dans le meilleur des cas, après livraison à l’éditeur et quelques critiques plus ou moins agréables, le contrat signé, le livre tombe dans le tourbillon de la fabrication. Le pauvre auteur, une fois les corrections effectuées avec quelques grincements de dents, les épreuves relues, la couverture acceptée, la quatrième de couve terminée, que devient-il ? Rien. Jusqu’au moment exténuant du service de presse où l’on compte sur ses doigts ses copains journalistes qui, peut-être…, jusqu’à cette date, l’auteur n’est plus rien. Il a certes la brève satisfaction d’avoir en main la source de tant de doutes, effrois, désillusions. Il peut exhiber son nouveau livre sur sa cheminée, s’il en a une, le guetter chez son libraire, apprendre avec anxiété l’opinion de son entourage, lire les critiques, pas toujours très tendres. Mais, il faut le savoir avant de se jeter dans cette gratifiante carrière, l’auteur n’est plus grand-chose alors. C’est à l’éditeur, aux commerciaux, aux vendeurs de jouer. Lui, il n’existe plus ou si peu. Il n’est après tout que l’auteur.

Allons Tintine, au boulot, ce n’est pas parce que ton livre va sortir la semaine prochaine que ton ordinateur peut éternellement ronronner dans le vide. Et tu le sais, dès qu’un prochain sujet va t’empoigner, tout de suite, tu te sentiras mieux. Bon vent, pauvre auteur…

EXOTISME


Les seigneurs de la steppe

Grande comme cinq fois la France, mais peuplée de moins de deux millions et demi d’habitants, la Mongolie reste un pays d’éleveurs. Dans les monts Khangaï, à quatre cents kilomètres au sud-ouest d’Ulaan Baatar, région accessible à cheval ou à pied, les nomades vivent de leurs troupeaux de yacks, chevaux, chèvres et moutons.

Bazar de Betub à Ulan Bator

Dunes de Moltsog Els à Gobi

Nomades à Moltsog Els à Gobi

Un parc national très symbolique
Le nom de « parc national du Khangaï » reste symbolique, car il n’y a que des nomades dans ces contrées montagneuses de steppes et de forêts. L’entrée est défendue par une barrière devant laquelle on paie un droit de passage de mille tougriks, moins d’un euro.
Les nomades ont monté leur camp d’été dans une vallée d’altitude nommée la Har Buureg, le pommeau d’une selle, et arrosée par la rivière Songhi. Là sont plantées cinq yourtes où Monkhor, Enebish, Bold et Togtoh achèvent de choisir les chevaux et les yacks qui vont partir avec eux vers le marché de Karakorum, pour y vendre laine, viande salée, beurre, fromages et lait.
Petit motard dans la bourgade d'Arvaihee à Sud Gobi

Enfants à Bayanzag, à Gobi

Pour fêter leur prochain départ, ils sacrifient un mouton, ouvrant sa poitrine, y passant la main pour lui comprimer le cœur. Les femmes mijotent de l’horhog, plat traditionnel mongol. On jette dans une marmite  des morceaux de viande recouverts d’eau, surmontés de pierres rondes, nouvelle couche d’eau et de viande. On laisse frémir vingt minutes. C’est dur, gras, imprégné d’une odeur de suint... Ensuite, on se passe les pierres chaudes baignées de graisse pour bien huiler la peau… Une outre de chèvre pleine de shimiin arkhi, ou alcool de yaourt, circule à la ronde. Tortoï ! A votre santé !
La nuit tombée, les loups hurlent à la lune et les nomades apprendront le matin que les chiens n’ont pu empêcher une louve d’égorger une brebis.

En suivant la vallée de l’Orkhon

Petit nomade vers Shireetiin

Descente des yacks par le col de Shireetiin
Le lendemain, c’est le départ. Il faut d’abord monter jusqu’à 3000 m pour franchir le col de Sheretiin en bas duquel s’étend un lac limpide. La caravane part ensuite pour la région des Huit Lacs, puis bifurque vers une large vallée, celle de l’Orkhon ou Rivière Rouge. Tout embaume la menthe et l’arnica, senteur due à une plante nommée agi. Elle traverse une forêt de pins et de mélèzes au sol détrempé par les orages. Les hommes à cheval encadrent les yacks. Ces grosses bêtes placides et sûres peuvent supporter une charge de cent kilos tout en gravissant des cols difficiles. En chemin, tout devient prétexte à visiter le camp de yourtes de la cousine du cousin… Parfois, ces hommes-centaures, des dieux sur leurs petits chevaux racés, se laissent griser par la vitesse et emporter au grand galop.

Le guide Morghol dans les monts Kangaï



Morghol près du lac Kaya


Après quatre jours de chevauchée, la caravane se retrouve devant une autre barrière marquant la fin du parc national. Elle suit ensuite la rive gauche de l’Orkhon jusqu’au camp Boorog. Brusquement, la rivière tombe en chute dans un canyon. Les Mongols, animiste et bouddhistes, adorent les esprits du ciel, eau, steppe et montagnes. Cette chute est un lieu de dévotion, marqué par un tas de pierres ou owoo, que l’on doit contourner trois fois dans le sens des aiguilles d’une montre en ajoutant à chaque tour une pierre. Une khadag ou écharpe bleue est offerte aux esprits de la cascade.

Dans la yourte de Togtoh dans le Kangaï, son fils surveille
la cuisson du lait caillé

Son épouse Namunzaya et leur dernier né

Le reste de la nichée
L’Orkhon, sorti de son lit, coupe ensuite la piste et il faut rebrousser chemin jusqu’au seul pont de la région, à quarante kilomètres de là, soit six heures de route…

Des aires de sacrifices datant de l’Âge de Bronze

Dans la vallée de l'Orkhon, des aires de sacrifices
datant de l'Age de Bronze 

Ces chutes de l'Orkhon sont sacrées

En cheminant dans la vallée de l'Orkhon
Enfin, la caravane franchit l’Orkhon sur un pont tenant à peine debout. La rive droite est jalonnée d’aires de sacrifices datant de l’âge de Bronze et jamais fouillées. A Karakorum, légendaire camp fortifié de Genghis Khan, la ville nouvelle est déprimante. Le monastère d’Erdenezuu, construit au XVI è siècle et abritant autrefois mille lamas, a été mutilé par les Soviets mongols, mais il demeure des bâtiments au style tibétain et chinois. Les cavaliers disparaissent au galop vers l’aire du marché, leurs feels ou robes flottant au vent et leur donnant l’allure de seigneurs de jadis, maîtres de la steppe…
Monastère d'Erdenezum
 où se trouvait la capitale de Genghis Khan

Aigle royal à Erdenezum


Ce voyage a été réalisé avec le concours d’Atalante, 5, rue de Sommerard, 75005 Paris, Tél. : 01 55 42 81 00.

Monastère de Gandan à Ulan Bator

Puja à Gandan

Consultation chez le chaman Torigbaatar

Hôtel de Charme

Le charme discret du ferry


Le Pont-Aven, le vaisseau amiral
  

Le bar à deux étages et auditorium

Tintine, aventurière et baroudeuse pressée mais aussi soucieuse de son bien-être, a trouvé un bon moyen de concilier la croisière, souvent bien longue mais si confortable, avec la rapidité et la magie d’un court séjour en bateau. Pourquoi ne pas préférer le ferry à l’avion pour un petit trajet, l’Irlande par exemple ? De Roscoff, à quatre heures de train de Paris, un ferry aussi performant que moderne, élégant et confortable, vous permet d’expérimenter soirée et nuit en mer tout en se réveillant pour prendre votre petit-déjeuner face à la délicieuse baie de Cork.

Les trois chefs du Flora

Le restaurant gastronomique du Flora


Le commandant et son équipage sur la passerelle
Autre mérite de la combine, on débarque avec sa voiture sans avoir à expérimenter et surtout payer les locations anglaises. Le Pont Aven, capable de transporter 2400 personnes et 650 véhicules, propose à ses passagers 2000 couchettes, trois restaurants, des boutiques de souvenirs anglais et irlandais, des machines à sous et des salles de cinéma, sans oublier des hébergements à tarifs réduits à négocier avec la compagnie. Naviguant depuis mars 2004 et toujours aussi fringant, ce ferry, le plus puissant de sa catégorie grâce à ses 58 00 cv, opère aussi bien sur la Manche, le Golfe de Gascogne que la mer d’Irlande. C’est donc le navire amiral de Brittany Ferries. Voir brittanyferries.com et Tél. : 0871 244 1400.

Le joli phare de Cork

Cork, sa cathédrale, ses maisons bariolées
et son minuscule port de plaisance