lundi 9 mai 2011

Les bons plans de Tintine

Tintine en terre d’Argence




Beaucaire, son port de plaisance,
son élégant Hôtel de Ville et ses places ombragées


L'impressionnante forteresse de Beaucaire
L’ancienne Foire de Beaucaire
Ce joli nom de Terre d’Argence, donné par la couleur argentée des feuilles de peupliers agitées par le vent, couvre en fait un territoire incrusté dans le triangle formé par les villes d’Avignon, Nîmes et Arles, sans pour autant les inclure. Ce territoire, traversé par le Rhône et le canal du Rhône à Sète compte des bourgades plus modestes, mais à découvrir, Vallabrègues, Jonquières Saint Vincent, Fourquès et surtout Beaucaire, sa capitale. Région essentiellement viticole appréciée des Romains, la Via Domitia reliant Rome à Cadix passait alors par Beaucaire, cette ville connut ensuite un extraordinaire rayonnement durant quatre siècles, lorsque Louis XI confirma la Foire Franche (sans taxes et sans impôts) qui s’y tenait chaque année à partir du 21 juillet, la Foire de la Sainte Madeleine. 60 000 visiteurs s’y pressaient alors pour découvrir les riches denrées des marchands, mais aussi cotons, laines et soies, cuir, objets en fer, merveilleuses épices d’Orient, vins et bétail. Ce fut l’avènement du chemin de fer à la fin du XIX è siècle qui entraîna le déclin de cet immense marché.
De ces quatre siècles d’opulence, Beaucaire conserve de somptueux vestiges qu’il faut découvrir, comme Tintine, pas à pas, au hasard des rues. Tout d’abord l’imposante forteresse dominante la ville, où naquit le célèbre comte de Toulouse Raymond VII, démantelée au XVII è siècle. Puis l’église Notre-Dame des Pommiers, enchâssée dans un lacis de ruelles, se révèle surtout depuis la terrasse du château. Ne pas manquer sa belle frise romane extérieure représentant la Passion. La taille impressionnante de l’Hôtel de Ville édifié sous Louis XIV s’explique, car il abritait alors l’administration de la foire. A chaque détour du vieux Beaucaire, on trouve une jolie place où murmure une fontaine, l’entrée d’un élégant hôtel particulier.

Le musée du Cheval et de l’Eperonnerie, les artisans de Beaucaire

Redoutable collection d'éperons

Un musée surtout a fasciné Tintine, celui du Cheval et de l’Eperonnerie d’Art (Rue du 4 septembre à Beaucaire, Tél. :04 66 59 41 08). Plus de 2000 pièces rassemblées au cours de ses voyages en Amérique du Sud, Afrique Noire, Afghanistan, Chine et Japon par René François, un passionné de cheval, bien sûr, et prêté à la ville, témoignent du constant désir des cavaliers de parer leurs montures.
Une ville d’art attire bien sûr les artisans et ils ne manquent pas à Beaucaire. Spécialiste de la terre vernissée, Françoise Rebord accueille ainsi dans son atelier du 1, rue Rocquecourbe (Tél. : 04 66 68 28 32 ou 06 78 64 87 16) adultes et enfants pour leur faire partager sa passion. Quant à Rose-May Prevost, depuis toujours amoureuse de la lumière si particulière du Midi, particulièrement lorsqu’elle traverse le verre, elle a fait de l’art du vitrail son métier et sa vocation. On peut apprendre dans son atelier du 13, rue des Bijoutiers (Réservation par l’Office du Tourisme au 04 66 59 26 57) à s’initier au travail du vitrail traditionnel.


Françoise Rebord dans son atelier
 de céramiques

Rose-May Prevost enseigne l'art du vitrail

Bruno Hugounenq apprend la patine
et collectionne les vieilles afiches
Si Bruno Hugounenq, dans son atelier Ravanille et Framboise, 4, impasse des Jardins, Tél. : 04 66 59 69 89
 (renseignements à l’Office du Tourisme), enseigne tout sur la patine, capable de transformer un meuble ordinaire en œuvre d’art, il ne faut pas manquer pour autant son extraordinaire collection d’affiches anciennes gisant un peu partout chez lui. Il déroule sans se faire prier une publicité pour le digestif « la Farigouette », un portrait de Vera Sergine, une belle tout aussi oubliée, d’autres vantant cabarets ou corridas car nous ne sommes pas loin de la Camargue ! Poésie de ces dessins surgis du passé.

L’abbaye de Saint-Roman
Si Tintine connaissait les églises byzantines troglodytes de Cappadoce, en Turquie, d’Egypte, des Météores en Grêce ou celles de Georgie récemment ouvertes au tourisme, elle ignorait qu’à quelques kilomètres de Beaucaire, sur la route de Nîmes, l’abbaye de Saint-Roman n’avait rien à leur envier. Les premiers vestiges de ce vaste site classé monument historique datent du V è siècle, quand des ermites commencèrent à creuser chapelles, cellules, citernes et nécropoles dans cette roche dominant le Rhône. Peu à peu, la vie monastique s’organisa, les ermites devinrent les moines de l’abbaye où affluèrent les pèlerins.

Boire à la romaine !
Chez diane et Hervé Durand a été reconstitué
ce pressoir romain pour y faire de vrais vins à l'Antique
            Impossible pour Tintine de visiter une région de notre Douce France sans s’initier aussi à ses spécialités culinaires. Ici, place aux vins !
            Les Romains aimèrent les vins du Midi et cultivèrent les vignes de la Terre d’Argence, comme le prouve une fabrique d’amphores antiques trouvée sur le domaine viticole du Mas des Tourelles appartenant à Diane et Hervé Durand (4294, route de Saint-Gilles, 30300 Beaucaire, Tél. : 04 66 59 19 72). Deux archéologues amis des propriétaires, André Tchernia et Jean-Pierre Brun, intéressés par ce site, finirent par les persuader de construire à l’identique un pressoir romain et de faire comme jadis, en plus de leur production habituelle, du vin à l’antique ! Se fiant surtout aux descriptions de Caton l’Ancien, on commença dans une grange annexe à édifier le pressoir, tout en chêne, le fouloir, les aires de conservation des diverses amphores. Le plus connu des gastronomes romains, Gavius Apicius, qui vécut au début de notre ère, compila dans un ouvrage magistral plus de 500 recettes extravagantes en mentionnant les vins devant les accompagner, « De re coquinaria ». Le principal problème étant celui de la conservation, les Romains aromatisaient leurs vins de plantes, épices, miel mais aussi eau de mer. Une fois le pressoir reconstitué, la vigne installée en partie haute sur les arbres, comme cela se pratiquait alors, il fallut travailler les arômes.
Un texte de Pline l’Ancien vante et explique l’élaboration du Mulsum, vin de fête souvent servi au gustatio (apéritif), mariage du vin avec du miel, plantes et épices. C’est bien sûr un vin doux, évoquant assez le « vin de paille ».
Un autre texte, dû à Lucius Columelle cette fois, permet la fabrication complexe du Turriculae, vin sec accompagnant à merveille huîtres et poissons. Tintine le rapprocherait assez du Vin Jaune du Jura.
Quant au Carenum décrit par Palladius, il est obtenu à partir de raisins très mûrs portés à ébullition puis aromatisés en particulier de jus de raisin concentré et de coings. Délicat et liquoreux, il se dégustera avec foie gras ou desserts. Et Tintine de rêver avec nostalgie à de belles orgies romaines…

Un vignoble planté sur des galets

Dégustation chez François et Anne Collard

Passion égale chez François et Anne Collard, au château Mourgues du Grès (Route de Saint Gilles, 30300 Beaucaire, Tél. : 04 66 59 46 10), qui exploitent 65 ha en coteaux et terrasses sur l’AOP « Costières de Nîmes ». La présence de galets autrefois roulés par le Rhône sur leurs vignobles confère à leurs vins un goût très particulier, une vraie saveur de terre, mais laissons parler les œnologues : « vin, patiné, fin, notes d’épices », dit le critique de Vin de France pour qualifier leur rouge Capitelles des Mourgues 1998. Ou encore : « Nez franc, vanillé, boisé, sans note de déclin. Bouche riche, grasse, automnale. » Il s’agit toujours de la même revue, cette fois pour leur blanc Terre d’Argence 2000.

La reine des confits et confitures
            Dans son joli mas du Petit Milord (Route de Fourques, 30300 Beaucaire, Tél. : 04 66 59 55 32), ce ne sont pas des confits de canards ou d’oies que mitonne Valérie Gallon, mais des confits à base de toutes les fleurs et plantes de son jardin : pâquerette, pissenlit, sureau, acacia, trèfle, coquelicot, rose, violette, jasmin et même de riz… Bien installée dans son salon de dégustation, Tintine qui n’en revient pas de goûter toutes ces fleurs en petits pots, les juge aussi savoureuses qui si elle était un lapin broutant une prairie ! Et Valérie, qui n’est pas en manque d’idées, de lui faire ensuite essayer des confitures de figue laurier, poire cannelle ou autre gelée de menthe. On peut ainsi caraméliser un gigot d’agneau de fleurs d’acacia, égayer un banal poulet de figues ou noisettes ou un foie gras de confit de lavande… Quel programme et quels amours de petits pots où se trouve enfermé tout un jardin !

Les étonnants confits de Valérie Gallon

l'harmonieux cloître du restaurant des Doctrinaires


Le port de plaisance de Bellegarde

Chambre romantique au Mas de l'Ilon

Rêver au fil de l’eau
            Pour se remettre de ces diverses dégustations avant de festoyer dans le restaurant des Doctrinaires au ravissant cloître authentique, quoi de plus délicieux que de paresser au soleil, sur le pont d’un des bateaux du port de plaisance de Bellegarde (Arolles Marine, port de Plaisance, 30127 Bellegarde, Tél. : 04 66 01 75 15), en regardant lentement défiler le paisible paysage aquatique, eau dormante bordée de saules, roseaux et iris d’eau, envol soudain d’un héron, cri d’une poule d’eau. Tintine, hors du temps, hors du monde, médite sur le plaisant métier de reporter. Baroudeuse, croyait-elle ? Puis de rêver à d’autres difficiles découvertes sous le baldaquin immaculé de sa chambre d’hôte, au Mas de l’Ilon (www.masdelilon-provence.com)…

1 commentaire:

  1. Très agréable description de Beaucaire que vous présentez dans ses belles lumières !
    Pour compléter les données sur Ravanille et Framboise, voici son numéro de téléphone :
    04 66 59 69 89
    Quand à son site web, même s'il n'a pas été mis à jour depuis des lustres et qu'il ressemble un peu à du web préhistorique ( et j'en suis la première responable !), vous y retrouver quelques infos utiles et photos intéressantes :
    www.ravanille-framboise.com

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