mardi 31 décembre 2013

HÔTEL DE CHARME

Le Old Jaffa à Tel Aviv

 
Des mosaïques des années cinquante
accueillent le visiteur

Une surprise à chaque marche

 
 Si l'on préfère le charme d'une déco très personnelle rappelant les années soixante-dix au confort standardisé des grands hôtels de Tel Aviv tels que le Hislton ou le Sheraton, situés en bordure de mer, malheureusement sur une promenade où le béton supplante les palmiers, il faut choisir le Old Jaffa. Il est situé au coeur de la "ville où l'on ne dort jamais", dans le quartier des restaus branchés et des boîtes de nuit, des bars servant un petit-déjeuner vingt-quatre heures sur vingt-quatre, là où se retrouve une population estudiantine toujours prête à s'enthousiasmer pour les modes farfelues, les musiques entraînantes et les nouveautés que "la bulle", autre surnom de Tel Aviv, offre avec une telle prodigalité.


Une terrasse surplombant"la bulle"

Une déco naïve

un autre coin repas avec le chandelier,
 à à cinq branches cette fois

Des chambres simples mais confortables
 
Address: 13 Amiad St.
Jaffa-Tel Aviv 68139, Israel
Tel: +972-3-6822370
Fax: +972-3-6823328
For Inquiries:
ojhostel@shani.net 



DECOUVERTE


Samarkand, la fierté de Tamerlan


Berger dans les steppes entoruant Samarkand
 
 
L'ensemble Saki Zinda
 Si les conflits avec le Kirghizstan font éviter l’est du pays et la vallée de la Ferghana, l’Ouzbékistan et sa capitale historique, Samarkand, restent sûrs, tant la population est accueillante. Les hôtels d’inspiration soviétique sont confortables, mais d’un mauvais goût clinquant.

 

Un patrimoine historique préservé


Les occupants russes, présents en Asie Centrale depuis le XIX è siècle, puis les Soviétiques qui ont englobé l’Ouzbékistan dans leur République Socialiste ont su préserver les innombrables mosquées, madrasas, écoles coraniques, caravansérails hébergeant les caravanes de la Route de la Soie, khanakas, résidences des derviches tourneurs et tchaïkhanas ou maisons de thé. Si le nom du grand conquérant du XIV è siècle, Timür Lang surnommé Timür le Boiteux après une chute de cheval, Tamerlan pour les Occidentaux, ne fut plus prononcé jusqu’à l’Indépendance, ses édifices ont retrouvé leur splendeur. Quand éclata l’empire soviétique, le Premier Secrétaire du Parti, Islam Karinov, s’autoproclama Président le ler septembre 1991. Et le dictateur de 74 ans tient toujours les rênes du pouvoir.

 

Une perle surgie du désert par la volonté de Tamerlan

 

Détail des voûtes de la mosquée Saki Zinda

L’arrivée en train ou en voiture est spectaculaire. Après l’immensité désolée d’un désert semé de chétifs épineux, l’oasis de Samarkand, créé par le Zerafchan, un affluent de l’Amou-Daria, semble magique, même si le problème de l’eau continue de se poser, à présent que la mer d’Aral, polluée et malsaine, s’assèche dangereusement.

Tout s’imprègne de démesure à Samarkand, capitale et joyau de Tamerlan, redevenu le héros de l’Ouzbékistan depuis l’indépendance. Préférant la vie citadine à l’errance après ses victoires sur les Ottomans, il fit de Samarkand une merveilleuse cité sans cesse enrichie par les meilleurs artistes venus du monde entier. C’était une ville sûre, le principal carrefour commercial entre Europe et Chine, accueillant les marchands étrangers pouvant y vendre soieries brodées de Chine, damas de Syrie, laines d’Europe ou cotonnades indiennes, fourrures sibériennes, épices orientales, pierres précieuses. Répété par les marchands, les caravaniers, les marins, le renom de Samarkand ne cessa d’enfler et d’attirer les voyageurs, impatients de découvrir la « ville bleue » et ses incomparables jardins, ses palais, mosquées et mausolées, son grand bazar, ses ruelles bien ordonnées, ses caravansérails abritant bêtes et marchands. C’était le phare de l’Orient et le centre d’un empire s’étendant jusqu’à la mer Noire et le Pendjab en Inde. Là se réunissaient savants, poètes, architectes, artistes et astronomes…
Fabrique de papier de soie, préparation des
copeaux de bois




Jeune fille devant l'ensemble Saki Zhinda
Au nord-est de la vieille ville, on accède à l’ancienne nécropole par une ruelle escaladant la colline d’Afrosyab où se nichait une antique cité dès la fin du VIII è siècle avant J.-C. Maintes fois détruite et reconstruite, elle servit sous Tamerlan de cimetière aux familles riches. Un bazar moderne abrite les paysans des environs venus y vendre leurs produits. Les femmes en robes bariolées portent un petit foulard noué sur la nuque. Heureux musulmans ouzbeks qui ne voilent plus leurs épouses, se rendent de façon épisodique à la mosquée, boivent allègrement et adorent les blagues salaces ! On peut goûter à tout, sur les étals du marché, toujours accueilli par un éblouissant sourire… en or. Les fausses dents sont un signe de coquetterie qui ne coûte pas cher dans un pays produisant 80 tonnes de ce métal par an.

Les maisons de thé, malheureusement moins nombreuses que du temps de Tamerlan, permettent de s’initier à la cuisine ouzbek : chi-tochi, mélange de spaghettis, viandes, pommes de terre, oignons et yaourt, plov, riz agrémenté de viande, raisins secs et carottes, soupe shourba aux légumes, shap-shap, si l’on a encore faim, gâteau au miel fariné, arrosé de Bagizagan, un vin capiteux.

 


 

Du mausolée de Tamerlan à la plus grande mosquée d’Asie


De l’univers enchanté de « l’émir de fer », subsistent trois monuments principaux : le Gour Emir, le Registan et la mosquée de Bibi Khanum. Commencé de construire en 1401 par Muhamad Sultan, son petit-fils préféré en qui il voyait son successeur, ce futur mausolée de Tamerlan s’élève face au colossal ensemble du Registan. Il se composait d’un ensemble de bâtiments flanqué de quatre minarets et ménageant une cour intérieure, puis d’une madrasa et d’une khanaka. Il en reste aujourd’hui le gigantesque portail, une partie de la cour intérieure et le mausolée du Gour Emir. Tamerlan y fut enterré à sa mort, en février 1405, près de Muhamad décédé deux ans avant lui et de son maître spirituel, le cheik Mir-Said-Berek. Les ornementations, en tuiles vernissées bleues, semblent rivaliser avec le ciel.
 
Jeune fille devant l'ensemble Bibi Khalum,
du nom de l'épouse préférée de Tamerlan

Sourire en or dans la mosquée Bibi Khalum

Minibus pour faire le tour de la ville

Le fastueux ensemble Bibi Khalum
Face au mausolée, s’étale le Registan, jadis place du marché et des exécutions. Il donne l’impression d’un immense théâtre déserté, avec ces trois madrasas bordant la grande esplanade vide, même si des échoppes occupent à présent leurs chambres. Coupoles, minarets et briques colorées lui confèrent une rare élégance.
 





La superbe gare de Samarkand

Puis on parvient à la mosquée Bibi Khanum, à la large coupole bleue émaillée de motifs jaunes et blancs. Pour stimuler l’architecte en l’absence de son époux, Bibi Khanum lui accorda un baiser, si torride que la marque en resta sur sa joue. Fou de jalousie à son retour, « l’émir de fer » ordonna que sa belle fût précipitée du haut de son minaret, mais la rusée avait revêtu tant de jupons sous sa robe qu’ils se déployèrent en parachute. Tamerlan prétendit y voir un signe du ciel, mais ordonna qu’à l’avenir, les femmes de son empire fussent voilées…

Des monuments plus tardifs illuminent Samarkand : l’ensemble Khodja Akhrar, du nom d’un soufi du XV è siècle, le mausolée Ak Sarai ou palais blanc, le mausolée Ishrat Khana, où reposent femmes et enfants de la dynastie timouride et bien d’autres…

 

Fiche pratique :  


Ce « Circuit des Princes » de huit jours est organisé par Asia, 1, rue Dante, Tél. : 01 44 41 50 10 et coûte environ 2000 euros, tout compris.

FEERIE


Palais et jardins des Mille et une nuits en Iran



Shiraz : Palais qatjar de Afif Abad



Téhéran, Jardin des Roses du Golestan
 

Il faudrait abolir la légende qui court toujours : l’Iran est un pays dangereux où l’on ne doit se rendre sous aucun prétexte. Rien n’est plus faux. Il n’y a aucun danger à voyager, même seule, en Iran. Il suffit d’avoir une invitation d’un résident iranien en Iran pour obtenir son visa et ensuite, tout s’enchaîne.

Petit code du voyageur

Le mieux est de demander à l’une des agences de voyages de Téhéran un chauffeur parlant anglais pour visiter la ville et de lui marchander ensuite ses services pour le tour classique réalisable en neuf jours : Téhéran, Kashan, Abyaneh, Ispahan la perle de l’Iran, la prodigieuse Persépolis hélas incendiée par Alexandre, Shiraz et les tombeaux de ses poètes, Kerman, Yazd la ville du désert couleur de miel, Kalardesh et retour à Téhéran. Ensuite on peut au choix se diriger vers la Caspienne puis l’Azerbaïdjan, le sud et ses îles du Golfe Persique, le nord-est et ses villes saintes ou le grand désert de l’est aux paysages lunaires. Partout, les rares visiteurs sont accueillis à bras ouverts et l’on peut dormir chez l’habitant sans le moindre risque. On vous invitera volontiers aux fêtes de famille, anniversaires, fiançailles ou mariages, où hommes et femmes ne dansent pas ensemble, sauf en comités restreints. La plupart des mosquées sont ouvertes à tous, ainsi que les cafés. On ne demande aux visiteuses que de porter un foulard, même minuscule et un T-shirt à manches longues pas trop décolleté par-dessus un pantalon.

La rigueur religieuse s’estompe depuis la mort de Khomeiny et son successeur l’ayatollah Ali Khamenei désire donner une image plus souriante d’un pays pour son malheur boudé par les touristes, alors que la Perse reste le berceau de nos civilisations et recèle des trésors d’art. Bien sûr, l’usage de l’alcool ou de drogues est interdit, des élans amoureux en public très mal vus !

Agences de voyages à Téhéran :






Téhéran, le « Jardin des Roses » du Golestan


Si la ville moderne en elle-même, poussée n’importe comment, n’a pas grand intérêt, adossée au nord (les quartiers chics) à de hautes montagnes que la pollution masque la plupart du temps, elle renferme de beaux musées et surtout un lieu féerique où échapper aux embouteillages urbains : le palais du Golestan, résidence des rois qajars durant les XVIII è et XIX è siècles. Situé près du bazar, en plein centre ville, il fut construit par Fath Ali Shah au début du XIX è puis sans cesse embelli par ses successeurs.

Dans ce jardin fleuri des roses iraniennes rouges et jaunes, partout murmure l’eau venue des montagnes – le mont Damavant, le plus haut sommet d’Iran aux neiges éternelles et culminant à 5671 m n’est situé qu’à une centaine de kilomètres de la capitale. Le parc est semé de pavillons émaillés décorés de motifs floraux ou de paysages de rêve. Le plus somptueux, le palais du Trône de marbre, qui date de 1806 et n’a subi aucune altération abrita les cérémonies de couronnement des shahs pahlavis. Le dernier shah recevait dans l’étincelant pavillon des Miroirs, le jour du Nouvel An, les dignitaires et ambassadeurs.


Golestan, Pavillon des Miroirs

Golestan : Pavillon du Trône de Marbre

Au fond du jardin se dresse le plus bel édifice qajar de Téhéran, Shams ol-Emareh et ses deux tours jumelles que reflètent les eaux calmes d’un grand bassin. L’intérieur n’est qu’un foisonnement de stucs richement travaillés, incrustés de miroirs ou de vitraux.

 


Kashan : le jardin d'eau de Fin Garden


Fin Gardens

Kashan, les jardins de Fin


La source Suleymaniyeh jaillie des montagnes bordant Kashan, conduite par tout un réseau de canaux, a formé une luxuriante oasis. Séduit par la douceur du climat, Shah Abbas Ier, dit le Grand, se fit construire au XVI è siècle un pavillon de plaisance planté au centre de jardins figurant la vision persane du paradis. A l’origine, ces jardins étaient formés de trois rectangles réguliers délimités par le tracé des canaux.

Au XIX è siècle, à l’époque qajar, Fath Ali Shah restructura les jardins en faisant tracer parallèlement à l’allée centrale une nouvelle allée aboutissant à un élégant pavillon orné de fresques et d’un hammam plus tard témoin d’un événement sanglant. Ce fut là que le grand vizir réformateur Amir Kabir, coupable aux yeux du shah d’être devenu plus populaire que lui, fut assassiné sur son ordre. Tout près, une agréable maison de thé abrite les familles qui viennent y pique-niquer dans la senteur des roses et des genets.

 

Ispahan, les jardins de l’hôtel Abbassi


Cet ancien caravansérail faisant partie des quelques 999 construits par Shah Abbas Ier pour favoriser le passage des caravanes et donc le commerce, admirablement restauré et constituant sans doute l’un des plus beaux hôtels iraniens, (Tél. : 222 60 10 à Ispahan) était si vaste que sa cour centrale fut aménagée en jardins ouverts au public.  On peut y dîner le soir devant les jets d’eau des bassins ou prendre un verre dans un délicieux café oriental.

 


Ispahan : les jardins de l'hôtel Abbassi


Son pavillon de thé

Shiraz, les jardins d’Afif Abad et de Qavam


Shiraz, la douce, de tout temps chantée par les poètes, fut d’ailleurs la patrie des plus célèbres d’entre eux,  Hafez et de Sa’di, qui y ont de somptueux tombeaux où les Iraniens, toujours amoureux de beauté et de poésie, aiment à se recueillir. Elle fut un temps la capitale de la Perse au XVIII è siècle, jusqu’en 1794, avant d’être détrônée par Téhéran. Il en reste quantité de monuments, forteresse, mosquées et mausolées, palais de plaisance plantés dans des jardins aussi somptueux que raffinés. Le canal coupé de cascatelles d’Afi Abad et son ravissant pavillon qajar, sa foison de fleurs en firent l’une des résidences préférées du dernier shah. Il sert à présent de cadre au musée militaire de la ville.


Le palais qatjar d'Afif Abab et ses giroflées

Le même palais et ses parterres de pavots

Celui de Qavam, achevé en 1886 pour le gouverneur de la ville durant la période qajar également, exhibe un riche décor de faïence émaillée, boiseries, stucs, vitraux et mosaïque de miroirs. Autrefois, un passage souterrain le reliait à la maison voisine dont il faisait partie, Zinat ol-Molk, que l’on peut aussi visiter. Ce pavillon décoré d’un fronton à trois arches ferme harmonieusement la perspective d’un jardin découpé en divers parterres floraux par le tracé des canaux. Roses, pensées, gueules de loup ou giroflées rivalisent d’éclat et de senteurs et s’harmonisent aux teintes des mosaîques.
 

Shiraz : palais Qavam et ses roses de légende

Intérieur du palais, vitraux et mosaïques

Palais Qavam et son foisonnement de mufliers

 Mahan, les jardins du prince


Mahan, pavillon d'entrée

Mahan, les anciens hamams


Mahan, le pavillon central

Oasis réputée sur la route de la soie pour les caravaniers avides d’eau et de fraîcheur, Mahan était une ville-jardin largement abreuvée par l’eau ruisselant des montagnes auxquelles elle s’adosse. A six kilomètres au sud de la ville, un carré émeraude comme jailli du sable d’ocre rouge intrigue. Il s’agit du paradis en miniature du prince qajar Abdul Hamid Mirza qui l’édifia en 1873. Les jardins situés en pente douce permettent au canal central d’être coupé de douze cascatelles du meilleur effet. Un portail d’entrée, un pavillon central coupant le canal en deux parties et un hammam abritant un restaurant et quatre chambres d’hôtes offrent un aperçu de l’art de vivre si raffiné des Persans.

 

mercredi 18 décembre 2013

EN VOYAGE

                               N° 22 : novembre-décembre 2013

Tintine surprise à flirter honteusement avec le père Noël...


Sommaire :

. Flâner sur les Champs-Elysées

. Vivre une féerie à Chantilly

. Lire un bouleversant témoignage

. Suivre Tintine à Lausanne

. Admirer l'art brut

. Célébrer le centenaire de la mort de Jaurès

. Découvrir le mystérieux Pérou

. S'inspirer des écrivains de Dublin




BON NOËL SUR LES CHAMSES !

Bon Noël sur les Chamses !

 
Champs-Elysées : un scintillement de lumières

Un train enchanté pour les petits

Une multitude de petits chalets pour de drôles de souvenirs

On s'attabke au soleil entre copains
 

Cette fois, nul besoin pour Tintine de se rendre au bout du monde pour y trouver un air de fête. Les Champs-Elysées sous le soleil de décembre, tout scintillants de lumières, avec les petits chalets bien alignés regorgeant de drôles de cadeaux, les enfants surexcités, les visiteurs le nez en l'air suffisent à l'ambiance.

 

JOYEUX NOËL A TOUS !