vendredi 20 janvier 2012

DECOUVERTE DU SRI LANKA



Gangaramaya Temple à Colombo


Sri Lanka, la terre des dieux



Sri Lanka, « l’île sacrée », est le nouveau nom de Ceylan depuis 1972, remplaçant celui d’ « île des lions ». Grande comme l’Irlande, Sri Lanka est un vrai patchwork de culture. On y parle le cinghalais, le tamoul et l’anglais et cette république socialiste démocratique à la grosse majorité bouddhiste (69% de la population) compte aussi musulmans, hindouistes et chrétiens.

Colombo, la capitale économique
Située à seulement 31 km de la côte est indienne, cette île de moins de vingt millions d’habitants, à la jungle presque intacte, laissant place surtout dans le sud à des rizières étagées ou aux plantations bien alignées de théiers toujours verts, enthousiasma les Anglais qui la considéraient comme un paradis. Ses lagunes du nord, ses kilomètres de plages blondes bordées de cocotiers, ses nombreux parcs nationaux protégeant une végétation sauvage encore superbe en font un lieu de villégiature incomparable. On croit en général que sa capitale est Colombo, le principal port de l’île, situé sur la côte ouest, mais Colombo n’est en fait que la capitale économique. La vraie capitale est Kotte, à 15 km au sud-est de Colombo, là où siège le gouvernement. Le président en est Mahinda Rajapakse, ancien Premier ministre, qui attaque cette année son deuxième mandat présidentiel.
Le pays est parfaitement sûr depuis les accords de paix passés avec les Tigres tamouls en 2001. Ce mouvement extrémiste, responsable trois ans plus tôt d’un sanglant attentat dans le temple de la Dent, principal sanctuaire bouddhiste de Kandy, n’a pas touché, comme on le pense parfois, l’ensemble de la population tamoule venue autrefois d’Inde. On peut donc aller à présent partout.

La plage de Colombo

Alanguie au bord d’une mer toujours bleue, Colombo, l’ancienne capitale coloniale de l’île, ne cesse de s’étendre, repoussant sans cesse plus loin ses quinze quartiers. Hôtels bien modernes s’élevant en bordure de mer, maisons coloniales, merveilleux temples, vieux marchés, beaux jardins ornés de pièces d’eau et avenues plus trépidantes, c’est tout cela, Colombo. Un mélange plutôt harmonieux formant une ville propre, qui s’ouvre au XXI è siècle et semble parfois à des années lumières du reste de l’île. Il est très facile de s’y balader à pied, en taxi et surtout en tuck-tuck, ces petits véhicules à trois roues que l’on voit dans tout le sud-est asiatique, à condition de marchander le prix à l’avance, comme partout !
S’il n’y a plus rien à voir dans l’ancien Fort de Colombo dont le périmètre est devenu un quartier d’affaires, c’est juste à l’extérieur, dans le quartier de Petah, que l’on commence à goûter la vraie ambiance de la ville. C’est le souk, le bazar fait d’un lacis de ruelles encombrées où il ne faut surtout pas tenter de s’aventurer en taxi. Bijoutiers, marchands de tissus ou d’aromates, de fruits et de légumes se disputent le chaland à grands cris. C’est une enclave tamoule semée de temples hindouistes et de mosquées où il fait bon se perdre et flâner. Il est rare de ne pas tomber sur une de ces processions hindouistes qui sillonnent la ville avec éléphants sacrés, tambourins, cymbales et danseurs mimant les combats de jadis, quand les vieux royaumes repoussaient, déjà, les envahisseurs tamouls. Prodigieux spectacles auxquels se mêle la population.
Deux des plus beaux temples de Colombo se trouvent également dans cette zone. L’un, minuscule enclave sacrée bâtie sur pilotis sur le lac Beira où canotent les amoureux a pris son nom au lac et est un délicieux lieu de prières bouddhistes. L’autre, situé à une cinquantaine de mètres de là, sur Sri Jinarathna Road, le Gangaramaya Temple, se visite surtout pour ses vastes salles encombrées d’un amoncellement d’offrandes les plus diverses,  nombreuses défenses, sculptures, peintures…



Situé sur l'eau, le délicieux temple du Lac Beira

Même si Lovinia Beach, à Colombo, est propre et attire les promeneurs, les égouts se déversent dans la mer et mieux vaut ne pas s’y baigner, mais on trouve de ravissantes plages au sud de la ville, vers Dehiwala et Moratuwa.


Moine au Gangaramaya

Le Musée National de Colombo



Cinnamon Gardens à Colombo

Festival de Colombo

Gamines dansant

Eléphant sacré et son cornac

Danses figurant les combats de jadis


Vélos participant à la parade
La procession
Temple du Lac Beira la nuit


Le triangle culturel
Le bazar de Colombo
Pour les amoureux des vieilles pierres, Sri Lanka est un véritable rêve permettant d’alterner visites des anciennes capitales avec celles de parcs nationaux et de charmants villages encore épargnés par le tourisme de masse.
Six heures d’une route plutôt cahotante, traversant une alternance de forêts tropicales peuplées de singes, de rizières étagées et de plantations de bananiers mènent à Anuradpura, non loin du parc national de Wilpattu, au nord de Colombo. Cette ville sainte bouddhiste fondée au V è siècle av.J.-C., demeura capitale de l’île durant quatorze siècles, dominée par trois grands monastères bouddhistes. Il en reste aujourd’hui les immenses reliquaires édifiés en briques, nommés stupas ou chortens au Tibet ou au Népal, dagobas ici. Thuparama est le plus ancien de l’île, Ruvanveliseya, à la blancheur irréelle, est toujours vénéré aujourd’hui, mais les plus grands sont Jetavanarama et Abbhayagiriya. Cette véritable « ville sainte » est inscrite depuis 1982 au Patrimoine mondial de l’Unesco, ce qui explique sans doute le bon état du site et son extrême propreté, en pleine jungle.
Sanstuaire hindouiste

Anuradhapura

Grand Bouddha couché

Dagoba de Thuparama

Ruwanseli Seya

Bonzes


Pollannaruwa, la seconde capitale
A partir du X è siècle, la capitale se transporta à Polannaruwa, plus au sud-est, avec la dynastie des rois Cholas, venus du sud de l’Inde, qui en furent chassés un siècle plus tard par un roi originaire de l’île, Parakrama Bahu, qui en fit une éclatante cité bouddhiste. Ce roi visionnaire fit construire un immense réservoir de 2400 ha, pour irriguer les rizières de son royaume en lui apportant une prospérité jamais vue auparavant. Ce véritable lac existe toujours et se nomme Parakrama Samudra, la mer de Parakrama. Puis ce fut le déclin au XIII è siècle. La jungle envahit la vieille cité oubliée et redécouverte au XIXè siècle par les Anglais, pas encore terminée de fouiller. L’ensemble est déjà prodigieux : temple circulaire du Poth Gul Vihara et sa statue du roi bâtisseur, pavillon circulaire aussi du Vatadage flanqué de quatre bouddhas faisant face aux quatre points cardinaux, avec une magnifique pierre de lune représentant les signes du zodiaque, le Hatadage ou temple de la Dent datant du XII è siècle, le gigantesque Livre de pierre relatant les exploits guerriers du roi Nissanka Malla face aux envahisseurs indiens, la salle du chapitre, massif ensemble de sept étages, le temple un peu plus tardif du Shiva Devale puis, plus au sud, l’ancienne forteresse de Bahu I er. On peut encore voir l’immense dagoba de 55 m de haut de Rankot Vihara et, véritable trésor exposé à ciel ouvert, le Gal Vihara, un ensemble de quatre bouddhas datant du XII è siècle reflétant une sérénité inhumaine. Grandiose…


Sculpteur vers Polannaruwa
Masques ceylannais
Entrée du Palais Royal

Hatadage

Vatadage

Lankafilaka

Bouddhas de Gal Vihara

Visage à l'inhumaine perfection
Famille de singes

Bouddha des environs de Polannaruwa









Pêcheurs sur le réservoir d'eau

La forteresse de Sigiriya et ses sensuelles Demoiselles
Fermant le triangle, à 90 km au nord de Kandy, Sigiriya, ancienne forteresse bâtie sur un piton rocheux émergeant de la plaine à 370 m de haut, signifie « le rocher du lion ». Un immense lion sculpté dans la pierre, dont il ne reste aujourd’hui que les pattes, en gardait en effet l’entrée. Au V è siècle, le roi Dhatusena qui régnait à Anuradhyapura, eut deux fils, Kasyapa, l’aîné, dont la mère n’était pas de sang royal, et Mogallana, le cadet. Craignant de ne voir la couronne lui échapper, Kasyapa fit emprisonner puis tuer son père, tandis que Mogallana s’enfuyait en Inde. Le roi parricide édifia alors cette formidable forteresse de Sigiriya, pour s’y retrancher en cas de nécessité, tandis que son Palais d’Eté orné de merveilleux Jardins d’Eau dont on devine toujours les emplacements, s’élevait au pied du rocher.  Il resta dix ans à Sigiriya, le temps pour son frère de réunir une armée et de revenir l’assiéger.  A bout de vivres, le roi félon préféra alors se suicider en se jetant du haut de son roc inexpugnable.

La forteresse de Sigiriya

La grimpette

L'une des sensuelles Demoiselles









1200 marches mènent à la première plate-forme, où l’on peut encore voir la piscine du roi servant aussi de réserve d’eau et la place de son trône. Puis on monte encore par des passerelles métalliques remplaçant les anciennes marches creusées dans la pierre.
Deux autres belles courtisanes du palais
Un abri sous roche protège la merveille de Sigiriya : des peintures rupestres dont une partie se trouve aujourd’hui au musée de Colombo. Elles représentaient à l’origine 500 Demoiselles, des courtisanes d’une beauté sensuelle, à la taille flexible, aux seins épanouis. Aujourd’hui, elles ne sont plus qu’une vingtaine, mais quelle beauté !
Tout en haut de la forteresse, la vue porte à 380 ° sur la jungle environnante et, plus près, les féeriques Jardins d’Eau.






Vue d'ensemble du palais

La piscine royale












Le Temple d’or de Dambulla
Egalement classé au patrimoine de l’Unesco depuis 1991, ce Temple d’Or est un lieu de pèlerinage depuis vingt-deux siècles, avant même l’apparition du bouddhisme. Ce fut là que se réfugia en 103 av. J.-C. le roi Valagamba, chassé de son royaume par les Tamouls, encore eux ! C’est un ensemble de grottes troglodytes, naturelles ou non,  dont cinq principales furent aménagées en sanctuaires bouddhistes entre le XII è et le XVIII è siècles. Des peintures murales religieuses couvrent une superficie de plus de 6000 m2 et les grottes principales renferment 157 statues de rois ou de bouddhas, dont certaines en or et en argent.

Entrée du musée de Dambulla

Entrée des grottes

Bouddha couché
Détail du Bouddha

Après avoir gravi 180 mètres à flanc de roche, on débouche sur une vaste esplanade arrangée en sanctuaire, où s’ouvrent les cinq grottes que l’on peut visiter. Toute la vie de Siddharta, le futur Bouddha historique, est retracée là, dans les entrailles de la terre. Cette visite, jamais oppressante, se charge au contraire de plus de mystère et de sacré au fur et à mesure de la découverte des grottes…

Pieds d'un Bouddha couché

Chorten de la lère grotte








Les sages

Gros plan sur les pieds

Produits du Jardin d'Epices

Partout dans la région de ce district de Matale sont cultivés les fameux Spice Gardens de Sri Lanka, les Jardins d’Epices. Une visite n’est pas inintéressante, mais attention aux prix proposés pour le moindre produit ! Quant aux massages prétendument ayurvédiques, mieux vaut les choisir à Kandy, en comparant les prix.

Kandy, Temple de la Dent, jardin botanique et bain des éléphants

Kandy, le Temple de la Dent

Le Temple de la Dent

Offrandes de lotus
au Temple de la Dent

Les Bouddhas 









Offrandes de lotus bleus

Danse au Théâtre National de Kandy

Génie terrible

Danse du feu


Seconde ville de l’île avec ses 100 000 habitants après Colombo, Kandy a pourtant su garder son charme colonial. Située dans les collines, à 500 mètres d’altitude, elle jouit d’un climat sain, rarement étouffant. C’est là que vit la population la plus «aristocratique » de Sri Lanka, les habitants des Hautes Terres appartenant à la plus haute caste, par opposition à ceux de la région de Colombo appartenant aux Basses Terres…
Aujourd’hui, l’attentat de 1998 au célèbre Temple de la Dent n’est heureusement plus qu’un souvenir, mais c’est toujours là, au bord d’un paisible lac, que se concentre la vie religieuse de la cité. Ce monastère, célèbre parce qu’il conserverait une dent de l’Eveillé (encore une…), fut achevé en 1782 et est surtout remarquable par l’atmosphère de dévotion qui y règne de nouveau, à présent que le site a été réparé. Le temple lui-même est flanqué d’innombrables bâtiments, le Mangui Maduwa, salle d’audience autant politique que religieuse, puis un ensemble de plus petits temples, les Devala, dont le Natha Devale mi-bouddhiste mi-hindouiste, comprenant aussi les anciennes écuries royales, et le Vishnu Devale datant aussi du XVIII è siècle. Ne pas manquer de faire un petit tour à l’Elephant Museum, consacré à Rama, l’éléphant mort à 84 ans qui portait la dent sacrée lors des processions et qui eut droit à des funérailles nationales, ni la collection de costumes et vaisselle du National Museum installé dans l’ancien palais de la reine !
Si les boutiques de pierres précieuses sont nombreuses à la sortie de la ville, évitez celles qui ne portent pas le label d’Etat.

Bouddha géant dans la campagne

Au marché de Kandy

Une rue de Kandy

L'étonnante varité des thés ceylannais


Allée de palmiers royaux
Jardin botannique de Kandy

Une promenade au jardin botanique de Peradeniya, sur la route de Colombo permet de déambuler parmi 60 ha plantés d’arbres tropicaux dont les fameux palmiers royaux et un figuier Javan couvrant de ses branches 1600 m2. La maison des orchidées n’est pas mal non plus, mais  ses fleurs ne valent pas celles cultivées en plein air de Singapour.
Toujours sur la même route, à 38 km de Kandy, l’orphelinat d’éléphants de Pinnawala contient en ce moment une bonne centaine d’animaux dont certains infirmes ou orphelins. Le spectacle clef est le moment de leur bain dans un vaste étang naturel. L’un d’eux, à la jambe coupée, propulse, en un effort pénible à voir, toute sa masse vers l’eau qu’ils aiment tant. Un tout-petit, à peine âgé d’une semaine, est soigneusement encadré par sa mère et ses deux tantes pour éviter qu’un mâle maladroit n’aille le piétiner. Il se fait rabrouer d’un bon coup de pied s’il se trompe de mamelle, ce qui ne l’empêche de se livrer à toutes les facéties possibles : disparition soudaine sous l’eau, bain de poussière sur le rivage.
Comme il convient de ne rien gâcher de ces mastodontes qui se nourrissent principalement de végétaux, une fabrique de beau papier offre ses réalisations obtenues à partir… des larges bouses des pachydermes. Elles sont bien sûr nettoyées, désinfectées mais si riches en fibres qu’elles donnent un beau papier soyeux.
Puis il faut revoir, bien sûr, la blondeur des plages et, non loin de l’aéroport, cette charmante station balnéaire de Negombo où les pêcheurs hissent le matin de bonne heure leurs voiles triangulaires ressemblant à celles des felouques égyptiennes.
Le gardien surveillant le bain des éléphants

Un petit d'une semaine et sa mère

Sortie de bain du bébé
Barques de pêche à Negombo

Bain dans les rouleaux

Carnet d’adresses :
A Colombo
. Charme d’un hôtel colonial, Flower Drum Hotel, 26, Thurstan Road, Tél. : 2574216.
. National Museum of Colombo, nmdep@slt.Ik
Dans le triangle culturel
. Hôtel Randiya, ourhome@slnet.Ik, 394 Muditha Mawatha, à Anuradhapura.
. Ramboda Falls Hotel, 76 Nuwara Eliya Road à Ramboda, rambodafall@gmail.com
. Ranwali Spice Gardeen à Matale, ranspicem@sltin.Ik, achetez la célèbre crème d’aloevera et demandez des conseils de soins à Selva.
A Kandy
. Un élégant et savoureux restaurant, le Bakery, 21, Dalada Veediya, non loin du marché, foodlandswhitehouse@gmail.com
. Un salon de massages sérieux, Ayurveda Spa, 51 Srimath Kudarathwaththa Mw, roshan@kandyayurvedaspa.com
. Le Jardin Botanique, royalbotanicgardens@yahoo.com
. La fabrique de papier de Pinnawala, pinnawalaelephantdungpaper@yahoo.com
. Boutique de batik à Pinnawala, sasanka.gunarathne@gmail.com
A Negombo
. Délicieux restaurant de fruits de mer sur la plage, Fisk &Lobster, Ethukala, Negombo.
. Confortable hôtel tranquille, Windmill Beach Hotel, N°70 Etthukala, priyan2@sltnet.Ik