mardi 4 septembre 2012

NOUVEAUX TALENTS


L’univers merveilleux d’Annette Soumillard

Au Viaduc des Arts, Annette Soumillard devant ses
"Visions subjectives"
 
Inquiétantes secrétions ou monstrueuses empreintes ?


Forêt tropicale, fleurs mutantes, fond des mers peut-être...
Sur quel univers peut donc ouvrir cette porte interdite ?




Sont-ce des peintures, gravures, sculptures, juxtapositions de divers collages, expression abstraite d’un univers en délire, tour à tour féerique ou inquiétant, maléfique ou serein ? On ne saurait le dire sans en connaître l’auteur, sans savoir qu’Annette Soumillard est d’abord une photographe de talent capable de mettre aussi un texte sous ses images et de nous mener dans les pays de ses rêves. Pourtant, son travail de journaliste n’a pas grand-chose à voir avec ce qu’elle a exposé  au Viaduc des Arts, à Paris. Pour cette œuvre qui vous prend à la gorge et ne vous lâche plus, elle s’est aussi servie de la photo. Ce rare ensemble de macro photos nous fait pénétrer dans un univers inconnu car rarement observé d’aussi près et avec une telle justesse : dépôt de rouille sur une porte, moisissure rampant sur une dalle, ombre délicate d’une feuille, cœur fantasmagorique d’une fleur, grains de sable… Annette traque sans relâche une surprise que seul son œil peut percevoir, puis elle réalise elle-même ses tirages en retouchant le moins possible la photo initiale. Parfois, elle la recadre à peine, contraste un peu les couleurs et voilà tout, car son monde poétique, Annette le porte en elle, le restituant aux spectateurs avec truculence et générosité. Superbe. Etonnant. Majestueux. Fort. Les adjectifs manquent pour qualifier son travail...


Bois calciné, naissance de l'antimatière...




Valère-Marie Marchand et les sept vies de Rousseau


 

Avec sa voix douce et posée, Valère-Marie n’a besoin ni d’emphase ni de pédanterie pour se faire entendre et captiver son public, qu’elle s’adresse à ses lecteurs pour leur conter Rousseau ou qu’elle anime sur Radio Libertaire l’émission « Bibliomanie ». Comme sa voix, comme sa personne, son écriture est toute en nuance et en finesse, brossant une analyse nouvelle et précise de notre grand humaniste, retraçant tout aussi bien les « vies d’un enfant sage qui fut aussi un enfant sauvage, d’un sédentaire sur les routes de l’exil, d’un tâcheron qui devint un styliste accompli, d’un père spirituel qui faut un père absent, d’un solitaire très solidaire de ses contemporains, d’un romancier à succès qui fit figure de proscrit et d’un réactionnaire étonnamment visionnaire ».

Si vous voulez l’écouter faire revivre ces surprenantes « sept vies », venez l’applaudir au Café de Flore à Paris le 17 octobre prochain à 19h15 en vous inscrivant sur gipri@intemporelles.org puis en achetant son livre « Rousseau les sept vies d’un visionnaire » aux éditions intemporelles.

lundi 3 septembre 2012

EXOTISME


Tintine goûte à l’exotisme… de Deauville

Que c'est loin, loin du Sénégal, la plage de Deauville...
 

Située à moins de 90mn par le train de Paris, Deauville, la station balnéaire destinée à concurrencer Dieppe et Biarritz a été créée comme une spéculation par le duc de Morny. Ce demi-frère de l’empereur Napoléon III, cet arbitre des élégances qui lançait les modes et les bonnes affaires pouvait aussi se permettre d’imaginer une ville nouvelle. Et ça marcha…

Pêche à la ligne devant les nouvelles marinas
 

Chalût bien normand et couleurs du Midi
Ardoises à la normande mais habitations déhanchées à découvrir à vélo


Le Royal se profile derrière la forêt des parasols

Comme des mouettes perchées


La Péniche, un savoureux restaurant de fruits de mer
Belles de jour à l'entrée du célèbre Normandy

On se donne toujours rendez-vous Chez Miocque


Terrasse de l'Hervé Photos un concept original
Bisous devant la mairie !

L'excellent festival du film policier
Le style deauvillais : fantaisie et pans de bois

Ambiance cossue au Morny's, du nom du fondateur de la station

 
 
Retour au port
Mélange aujourd’hui de luxe feutré et d’ambiance plus familiale, Deauville a su garder son style de la Belle Epoque tout en adoptant une allure bien plus moderne et moins ostentatoire, tant et si bien que des déesses noires en boubous viennent en goûter l’exotisme en tâtant l’eau d’un pied prudent, que des boutiques résolument design côtoient les villas ou hôtels à pans de bois d’autrefois. Et si les cafés Chez Miocque ou Le Morny sont restés les lieux de rendez-vous préférés des Deauvillais, de nouveaux arrivants sont venus habiter des marinas moins tristes que celles des années soixante-dix. A leurs pieds sont sagement couchés des voiliers moins arrogants que ceux d’antan et l’on redécouvre les huîtres de l’estuaire, un temps polluées mais saines à présent, à La Péniche, au marché à poissons de Trouville ou dans les nouvelles halles, bien sûr à pans de bois.

Vue d'ensemble du port
 

DECOUVERTE


Au pays des Khmers


Phnom Pen le long de la Jap River

Le Palais Royal

Le Musée des Beaux Arts
 

Bien des excursions au Cambodge se contentent d’en faire découvrir le joyau, Angkor et son complexe de temples, mais il serait dommage d’ignorer sa capitale et les forêts des Kulen, les villages lacustres du Tonlé Sap, vraie mer intérieure.
Cette mère et son bébé sont parmi les sept uniques rescapés
 de jeunes bourreaux aux sourires d'anges

Siem Reap, ancienne ville coloniale


Le Sofitel de Siem Reap
Epargnée par la guerre civile qui meurtrit le Cambodge du temps des Khmers Rouges, Siem Reap est une agréable cité conservant le long de sa rivière de jolies maisons coloniales. On ne cesse d’y construire de grands hôtels, mais ils sont par bonheur édifiés parmi les jardins tropicaux ou aquatiques, maintenant que l’on n’a plus le droit de bâtir sur le site. Cette ville aux larges avenues plantées d’arbres est fraîche et douce à vivre. Chaque restaurant, chaque hôtel a son jardin dont le plus agréable est peut-être celui du Sofitel, organisé autour d’un bassin où fleurissent les fleurs de lotus. Le coeur de la ville, situé près de la rivière, abrite un grand marché où l’on vend viandes, légumes et fruits exotiques, mais aussi des objets artisanaux de belle facture, bijoux, tuniques, écharpes de soie, bibelots d’argent ou étoffes damassées.

La splendeur minérale d’Angkor
 
La splendeur  d'Angkor reflétée dans ses larges douves


Prière à Angkor Vat


Ancienne capitale des rois Khmers, la ville d’Angkor connut son apogée du IXè au XIVè siècle et s’étend, en pleine jungle, sur un site de plus de 400 km2. Elle comporte plus de 300 temples et édifices, dont 70 sont accessibles à la visite. Il est impossible de tout arpenter à pied et vous ferez la visite en taxi ou mini-bus. Vous y entrerez par l’une des quatre portes d’enceinte, la porte sud coiffée d’une tour à quatre visages et prolongée par une double rangée de démons portant le serpent sacré ou naga.
Banteay Srei, la forteresse des femmes

Moines à Banteay Srei, la forteresse
 de grès rose
N’hésitez pas à vous lever tôt pour visiter dès l’ouverture son joyau, Angkor Wat, édifié au XIIè en l’honneur du dieu Vishnou, véritable montagne funéraire en grès et latérite reflétée par les eaux bleues d’un petit lac. Un édifice central flanqué de cinq tours est entouré d’enceintes successives et cerné de douves. D’exceptionnels bas-reliefs de deux mètres de haut, à l’intérieur de la seconde enceinte, content les épopées mythiques de l’hindouisme. A savourer au petit matin, sans les hordes de touristes.

Au Nord-ouest du site s’élève le célèbre Ta Prohm, seul temple d’Angkor que l’on ait laissé tel que le découvrirent les explorateurs européens du XIXè siècle. D’immenses racines de fromagers l’enserrent de leurs tentacules et les délicieuses apsaras aux seins ronds, les danseuses sacrées, s’ébattent entre les lianes. Ces vieilles pierres étouffées par la végétation ont inspiré à Kipling son célèbre Livre de la Jungle.

Au Nord de la cité royale, l’immense Preah Khan ou Epée Sacrée, édifié au XIIè siècle, est construit de plain-pied et l’on s’y perd comme dans un labyrinthe. Plus petit, mais plein de charme et d’élégance, le Prasat Kravan date du début du Xè siècle et se compose de plusieurs tours de brique alignées sur un soubassement. Les figures sculptées à l’intérieur de la tour centrale valent le détour. Non loin de là, le Banteay Kdei est un sanctuaire bouddhiste du XIIè siècle auquel on accède par une longue allée bordée d’arbres. C’est également un édifice de plain-pied ceint d’un mur en latérite. Tout près, l’immense bassin à ablutions de Srah Srang près duquel s’ébattent des singes peu farouches est flanqué d’une large terrasse veillée par des lions sculptés. Quant au Banteay Srei, la Citadelle des Femmes, il est ciselé dans du grès rose, ce qui lui donne une incomparable douceur quand ses vieilles pierres luisent au soleil.
Les fameuses racines de fromager de Ta Prohm
Terrasse des Eléphants du Palais Royal


Angkor Thom, dernière des cités royales

Angkor Thom ou Angkor la Grande est la dernière des cités royales édifiées à la fin du XIIè siècle par le plus grand roi bâtisseur de l’Empire Khmer, Jayavarman VII. Cette ville fortifiée de douze kilomètres de circonférence se compose principalement de l’ancien palais royal et du Bayon.

Sur le flanc est de l’ancien palais royal, deux plates-formes en surplomb, la terrasse des Eléphants et celle du Roi-Lépreux, ancien lieu de crémation, sont ornées de soubassements sculptés en parfait état. Une statue à la main rongée par le temps a donné ce nom de Roi-Lépreux à la terrasse. En contrebas, une rangée d’éléphants sacrés dont les trompes tiennent des fleurs de lotus veillent sur le défunt palais.
 
Rencontre avec un mamba vert

Tout près et datant de la même époque, le XIIè siècle, l’étrange Bayon, sanctuaire bouddhiste, offre aux regards, répétées près de cent fois, ces tours à quadruple visage, au merveilleux sourire énigmatique, celui du souverain en extase. Cet édifice de forme pyramidale, coiffé d’une tour de 45m ornée des quatre visages regardant les quatre points cardinaux, se compose de trois enceintes successives flanquées d’une cinquantaine d’autres tours plus petites, également ornées des quatre même visages. S’il n’a pas la majesté sereine d’Angkor Wat, c’est peut-être le plus émouvant des monuments d’Angkor et  l’on est longtemps hanté par le sourire du Bayon.
 
Mariée posant devant le Palais Royal

Le visage en extase mystique du roi bâtisseur indéfiniment répété au Bayon
Apsara ou danseuse sacrée au Bayon

Phnom Penh, alanguie au bord d’un affluent du Mékong


Un saut de puce en avion ou  quatre heures de bateau vous conduiront de Siem Reap à la capitale cambodgienne. De vieilles maisons au charme désuet, aux couleurs tendres attestent de la présence française au Cambodge. Trois artères suivent le cours de la Sap River tandis que les ruelles transversales affichent un pittoresque bien asiatique. Si vous n’y passez qu’un jour ou deux, ne manquez pas la visite du Musée National, élégant monument d’un rouge vermillon édifié dans le style des pagodes en 1920. Là sont rassemblés les plus beaux bas-reliefs et statues d’Angkor et des autres temples échappés au pillage, divinités hindouistes et diverses représentations du Bouddha.

La seconde visite incontournable est celle du Palais Royal. Ce vaste ensemble inclus dans un parc tropical comprend de nombreux bâtiments dont la salle du trône et la Pagode d’Argent dallée de 5000 pavés d’argent, son bouddha d’émeraude et sa collection de bouddhas d’or, le palais Kemarin où habite le roi Norodom Sihabouk et qu’on ne visite pas. Agé aujourd’hui de 84 ans, pourvu d’une descendance de 14 fils, le monarque ne gouverne pas, mais son influence reste prépondérante dans un pays qui l’adule et qui lui doit son existence. Sans le charisme du vieux roi, le Cambodge aurait sans doute cessé d’exister lors de la « libération vietnamienne » chassant les Khmers Rouges. Son premier ministre Hun Sen est lui-même un ancien Khmer Rouge repenti. Ce fut Sihanouk qui dota le 24 septembre 1993 son pays d’une vraie Constitution démocratique et redevint roi 38 ans après son abdication.

Le musée du génocide, un lycée ordinaire

Cette visite est difficile à supporter pour les âmes sensibles, poignante pour tous ! Ce bâtiment banal, l’ancien lycée Tuol Svay Prey, est devenu le 17 avril 1975, sous la direction du Khmer rouge Duch, un gamin, l’un des pires lieux de torture du Cambodge. On torturait et on tuait pour rien, pour un teint trop blanc ou des mains trop lisses, pour le port de lunettes ou l’exercice d’un métier bourgeois. 20 000 Cambodgiens sont passés par ce camp de la mort, sept seulement en ont réchappé. En décembre 1978, la « libération » du Cambodge par l’armée vietnamienne mit fin à la terreur des Khmers rouges, mais il fallut attendre le 23 octobre 1991 pour que les accords de paix soient enfin signés.

En bateau sur le Tonlé Sap

Les maisons flotantes du Tonlé Sap
A 15 km au sud de Siem Reap s’étend cette véritable mer que forme le fleuve Tonlé Sap. Au rythme des moussons, le lac se gonfle et se dégonfle comme un poumon et le cours du fleuve s’inverse tous les six mois. Ce paradis des pêcheurs grouillant de vie abrite houseboats et villages lacustres. On y voit tout un peuple d’oiseaux, crabiers chinois, hérons pourprés, milans à tête blanche. On y pêche à peu près tout. On peut visiter sur le lac le petit musée du Gecko Environment Center. Le périple commence dans le village lacustre de Chong Khnea où l’on embarque sur un sampan, puis on croise les villages de Prek Toal  avec école, pagode et église flottantes ou de Kon Pong Pluc, enserré par deux bras du fleuve, avant de se balader en pirogue entre les arbres de la forêt immergée…
 
En bateau sur le Tonlé Sap

 
Pour en savoir plus :

- Asia propose  avec la collaboration de Vietnam Airlines et d’Accord, des escapades asiatiques de six jours et trois nuits. Vous pouvez choisir entre trois destinations vedettes un séjour à Angkor, au Cambodge.

. Carlson Wagon-Lit Travel, 3 bis villa Thoreton 75015 Paris, Tél. : 01 56 82 64 59.

. Selectour Voyages, 6 bis rue Laferrière 75009 Paris,  Tél. : 01 55 07 12 10.

Hébergement :

. A Angkor, l’Apsara Angkor, situé à 5mn du centre ville de Siem Reap,  comprend restaurant, piscine et gymnase. Avec un supplément, vous pouvez être hébergé au Sofitel, blotti dans un délicieux jardin d’eau.

- Si vous avez plus de temps à consacrer au Cambodge, vous pouvez partir avec La Balaguère, grand spécialiste du trek, une autre agréable façon de découvrir le Cambodge en parcourant à pied Angkor et les villages voisins, en découvrant les collines des Kulens, au Nord, où les temples sont encore envahis par la jungle, en voguant sur le Tonlé Sap. La Balaguère, route du Val d’Azun, BP3, F65403 Arrens-Marsous cedex, Tél. : 05 62 97 20 21.

 

 

HÔTEL DE CHARME


En Espagne, l’exubérance d’un hôtel de Navarre
 
Un vieux pont de pierre mène à Puente la Reina

Le relais et château d'El Peregrino

Un hôtel comme une maison des champs

A Puenta la Reina, au cœur de la Navarre espagnole, sur le chemin du célèbre pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle, le relais et château El Peregrino a été décoré par son propriétaire comme une vraie maison, intime, chaleureuse, exubérante, où les couleurs éclatent en feu d’artifices.
 
Un meubles vestiaire accueille les visiteurs

Salon aux drôles de fenêtres à vitraux

Mezzanine aux sièges zébrés

Angelo Cambero habite son relais et château, ce qui explique sa volonté de le rendre très personnel en réalisant lui-même la décoration, mêlant pierre brute et bois cérusé, carreaux multicolores. Le mobilier n’est pas uniforme, installé au hasard des découvertes chez les antiquaires et brocanteurs de la région. Il aime les teintes audacieuses, les accumulations d’objets. Ses collections trônent sur les meubles ou les murs, vieilles poteries de grès, horloges, fourneaux d’autrefois servant de tables, anges baroques provenant d’anciennes églises. Pour jeter une note plus colorée près des nappes blanches de la salle à manger, Angelo a mis à sécher sur le piano une profusion de piments. Des tableaux très modernes voisinent avec des portraits classiques, des chaises patinées par le temps sont recouvertes de tissu zébré façon Art Déco et cohabitent avec de gros fauteuils clubs d’autrefois.
 
Salle à manger illuminée par la teinte des piments

Colonne baroque et angelot d'église

Boiseries d'église formant le bar

Une disparité bien pensée
Une seule règle a présidé à cette décoration surprenante : ne pas en avoir et se laisser guider en tout par son imagination et sa fantaisie en mélangeant couleurs, matériaux, formes et styles. Le résultat est un décor intime et chaleureux où l’on se sent bien, donnant l’impression d’être reçu dans une vraie maison. Des éléments de boiseries d’église forment le bar, les colonnes baroques d’un ancien autel font luire leurs ors contre un mur de pierres brutes, l’a&cajou d’une commode tranche avec un panneau badigeonné d’ocre jaune, un vieux fourneau émaillé sert de desserte, un autre supporte une grappe de raisins lumineuse faisant briller de vieux cuivres posés à même le sol en granit. Des statues ponctuent les marches de l’escalier menant à la mezzanine dominant le salon. Un vaste candélabre d’église trône sur une table de la salle à manger.


Simplicité presque monacale des chambres

Des chambres et leurs coins salons
Dans les chambres aussi, Angelo a crée un décor intime et chaleureux en laissant un large espace au coin salon, jouant sur le contraste des matériaux, laissant des murs en pierres nues, en peignant d’autres. Partout au plafond courent de massives poutres cérusées de gris clair ajoutant une touche rustique à l’ensemble, tandis qu’un mobilier du XIX è siècle donne un aspect cosy à la pièce.