mardi 21 mai 2013


EN VOYAGE N° 20 mai-juin 2013


 


Jeune Iranienne dans la maison Borujerdi à Kashan, en Iran 
 
. Tintine en Iran
                      . Maison d'hôtes aux Andelys
                        . Michèle Ratel au fil de l'onde
                  . Signac, le peintre de l'eau
                         . Giverny, le domaine enchanté
de Monet
                    . Bonnes adresses à Giverny

 
 

 

Tintine en Iran

 
Ambiance décontractée au café Azadegan, dans le bazar d'Ispahan

 
Pique-nique décontracté à la mosquée Emenzadeh, à Kashan,
pour fêter la mort de Fatima, la fille du Prophète

 


 
Quand Tintine a annoncé à sa famille, sa rédac-chef ou ses copines qu’elle partait seule effectuer plusieurs reportages en Iran, son projet a subi une foule de qualificatifs, le plus indulgent étant encore qu’elle était « complètement perchée ». Tous la voyaient déjà vouée aux gémonies de la police religieuse, arrêtée, expulsée dans le meilleur des cas. Et les copines de lui rappeler le sort des malheureuses épouses adultères condamnée par la sharia à être lapidées ou pendues, les voleurs aux mains coupées, les mariages temporaires et le port obligatoire du tchador. Même si on se souvient des pétitions ayant circulé dans le monde entier pour empêcher Sakineh, une femme prétendue adultère, d’être lapidée et qui ont abouti à sa grâce, d’autres abus insoutenables ont bien sûr eu lieu. Pourtant, une certaine ouverture d’esprit se manifeste depuis la mort de l’ayatollah Khomeiny.

Son successeur désigné, Ali Khamenei, le guide suprême nommé à vie par l’ensemble des quelques quatre-vingt ayatollahs reste le véritable chef d’Etat contrôlant police, armée, milices islamiques, police secrète, médias, fondations, mosquées et justice, même s’il y a un président élu au suffrage universel qui applique en fait sa politique et un Parlement sans grands pouvoirs. Le faqih, le Guide Suprême dont le portrait souriant est omni présent en Iran, passe pour un homme intègre, alors qu’on ne peut en dire autant de tous les autres Grands Ayatollahs et que la corruption décourage bien des Iraniens. Il souhaite donner une image plus rassurante de son pays et que la sharia cesse d’être appliquée dans toute sa rigueur comme en Arabie saoudite. Problème complexe qui ne fait certes pas l’unanimité parmi les chefs religieux. Autre problème, bien des Iraniens émettent de sérieux doutes quant à la fiabilité des élections.

 
Tintine et ses copines écolières au musée du palais de Golestan,
à Téhéran

 
Les Iraniennes adorent se faire photographier
avec une des trop rares touristes

 
Petite pose narguilé avec deux étudiants à Persépolis



 

Pourtant, l’allure des femmes commence à s’émanciper. On voit de plus en plus souvent, dans les grandes villes, des Iraniennes en jeans très moulants, un petit foulard porté tout en arrière d’un chignon oxygéné, affublées de tuniques de plus en plus courtes et perchées sur des sandales à talons vertigineux révélant des ongles peints de toutes les couleurs. Les plus riches arborent par malheur un petit nez refait, en trompette, et une bouche botoxée ressemblant aux becs de canards de quelques unes de nos principales stars.

Tintine, se contentant pour sa part de ses jeans habituels portés sous un T-shirt à manches longues pas trop décolleté, minuscule foulard noué sous le menton, a toujours été bien accueillie dans les mosquées – parfois drapée par des matrones indulgentes dans un long voile ayant toujours tendance à chavirer –, les fêtes, les mariages. La police des bonnes mœurs, représentée en général par un motard discret, se contente de passer voir si tout va bien et n’a même pas critiqué une fiancée n’arborant aucun voile. Les hommes et les femmes, installés séparément sur des chaises entourant la piste, peuvent danser à tour de rôle sur de la musique pop. En principe jamais ensemble. Les photos privées sont interdites.

Quant aux mariages temporaires, ce ne sont que des contrats à durée déterminée signés par des mollahs et permettant à deux adultes consentants, même si l’homme est marié, la femme devant être veuve ou divorcée, d’avoir des relations sexuelles dans des hôtels sans être passibles d’amendes ou même d’emprisonnement. Les supprimer serait une entrave de plus à une liberté sexuelle déjà bien restreinte. Même si les mariages ne sont plus en principe imposés et que les fiancés peuvent refuser une union qui n’aurait pas leur agrément, l’accord du père de la jeune fille est obligatoire, et sa virginité exigée.

Les écoles et lycées ne sont pas mixtes, les gamines sont voilées dans ces établissements mais elles suivent le même enseignement que les garçons. Plus tard, les universités deviennent mixtes, les sorties en groupes permises mais les flirts prohibés tant que les fiançailles n’ont pas été dûment enregistrées par les autorités religieuses. D’une manière générale, on voit rarement un couple main dans la main, encore moins s’embrasser en public.

En trois semaines de reportage, Tintine n’a rencontré qu’une seule Française, qui résidait chez une de ses amies iraniennes à Téhéran. Les raisons d’un tel embargo, d’une telle peur en France, alors que la culture française est très prisée d’un peuple qui se veut persan avant d’être iranien, qui a toujours prisé toute forme d’art et avant tout la poésie et qui aborde avec joie tout étranger paraissent incompréhensibles et profondément injustes.

Il n’y a aucun danger à voyager en Iran, le service des bus est parfait, les hôtels agréables et confortables, la population toujours accueillante – on peut facilement et en toute sécurité dormir chez l’habitant, les hôtes se mettant toujours en quatre pour vous faire plaisir. Quant au patrimoine culturel, partout valorisé et bien entretenu, il est innombrable et prend toutes les formes. On ne compte bien sûr plus les mosquées, souvent décorées de belles tuiles vernissées de bleu, très rarement fermées aux visiteurs, les caravansérails souvent transformés en hôtels de charme, les forteresses en pisée parfois vieilles de mille ans, les palais et les jardins de plaisance arrosés par les eaux descendant des  nombreux glaciers, les bazars aux voûtes de stalactites, à l’ambiance toujours amusante, les petits cafés où même les femmes fument le narguilé, les musées regorgeant d’objets d’art dus à une culture plusieurs fois millénaire, les ruines grandioses dont Persépolis est sans doute le fleuron…
 
La principale difficulté pour voyager en Iran consiste à obtenir un visa au Consulat, il faut une invitation officielle d'un membre d'une famille iranienne résidant en Iran, avec photocopie de sa carte d'identité iranienne. Demander à l'ami en question de vous réserver un hôtel pour la première nuit à Téhéran, ensuite l'hôtel vous indiquera une agence de voyage locale, le mieux étant bien sûr de s'entendre directement avec un chauffeur parlant anglais, les prix étant alors bien plus bas. 

CHAMBRES D'HÔTES


La Canotière aux Andelys et ses chambres d’hôtes

L'orgueilleux Château-Gaillard édifié en trois ans
 par Richard Coeur de Lion



En bordure de Seine, le jardin de La Canotière


 
Une élégante villa normande
Merveilleusement située en bordure de Seine entre falaises de craie et chemin de halage, cette élégante villa normande a été bien restaurée par ses propriétaires, Dominique-Jeanne et Jean-Jacques qui y ont aménagé quatre confortables chambres d’hôtes pour y accueillir tous les amoureux de la Normandie. Dominique-Jeanne a décoré sa maison dans des teintes très douces, à dominantes blanches et bis, avec des objets chinés chez les brocanteurs de la région, pendant que son mari s’attaquait au gros œuvre à ses risques et périls – une jambe cassée... Il a su conserver les belles poutres d’origine et la jolie gloriette au bout du jardin, refuge idéal pour y prendre un verre en regardant couler la Seine. Non loin de là s’étale la vieille ville des Andelys et ses maisons à pans de bois, dominée par l’altière forteresse de Richard Cœur de Lion, malheureusement démantelée par Richelieu, mais toujours impressionnante : Chatêau-Gaillard le bien nommé.

 
Carrelage ancien, poutres et dominante blanche
pour le salon

Les quatre chambres, toutes différentes,
offrent un mélange d'éléments anciens
et de teintes blanches et bis



70 E la chambre pour une personne et 85 pour deux, avec petit-déjeuner. Tél. 09 53 28 42 84 et 06 26 56 73 66 et www.lacanotiere.net

vendredi 17 mai 2013

FLASH


Michèle Ratel et ses rêves au fil de l’eau

 
Michèle Ratel dans son atelier

Toujours à la recherche de la transparence


Cette artiste paysagiste amoureuse de Claude Monet, de son œuvre et des impressionnistes en général habite une délicieuse petite maison au bord de la seine, sur le chemin de halage de Poses, où elle a installé son atelier. Toujours à la recherche de davantage de transparence, elle a été jusqu’à transformer en jardin « sa » berge de Seine et à fleurir de clématites son bout de jetée car, bien sûr, elle ne conçoit de travailler que sur le motif, à la si changeante lumière normande. Sur un simple coup de fil, elle vous ouvrira en grand les portes de son atelier et vous accueillera avec un sourire jusqu’aux oreilles.

Tél. : 02 32 59 38 54 et www.mratel.fr
 
Elle cultive ses nénuphars dans la Seine

Et fleurit de clématites sa jetée
 

EXPO A GIVERNY


Paul Signac, l’amoureux de la mer

Paul Signac barrant son cotre

Paul Signac par Théo Van Rysselberghe
1884, Port-en-Bessin, la halle aux poissons

1885, Saint Briac, les balises


1889, Cassis, la jetée Opus
 

 A l’âge de 29 ans, Paul Signac commence à sillonner la mer à bord de son cotre Olympia, une passion qui ne le quittera jamais. Mais c’est sa visite à l’exposition de Claude Monet, en juin 1880, qui décide de sa vocation. La vision de Monet, son art à capter les scintillements de l’eau, l’incite à s’installer sur les bords de la Seine, à Port-en-Bessin. Il rêve de devenir « le » peintre de la mer.



1891, Concarneau, calme du soir


1898, Saint-Tropez, la terrasse

1904, Mouillage à la Giudecca, Venise

Sa rencontre avec Camille Pissarro en 1985 lui permet de participer l’année suivante, avec Seurat, à la huitième et dernière exposition du groupe impressionniste où toute une salle est réservée à cette nouvelle école. Comme eux, Signac privilégie la peinture sur le motif et son sujet de prédilection sera toujours l’eau ou la mer. Il en vient tout naturellement à outrer la technique du point. Et ce que l’on nommera « le pointillisme » est né ! Pourtant, comme il l’explique lui-même : « La division, c’est un système complexe d’harmonie, une esthétique plutôt qu’une technique. Le point n’est qu’un moyen. » Un moyen qui fait merveille pour saisir les infinis miroitements de l’eau. Et c’est sur ce thème, « Signac, les couleurs de l’eau », que le musée des Impressionnismes-Giverny expose jusqu’au 4 juillet quelques cent vingt œuvres, peintures, aquarelles et dessins.

1905, la Tartane, Saint-Tropez
 

 Tél. : 02 32 51 94 65 et www.muséedesimpressionnismesgiv erny.com.
1906, Rotterdam, à la remorque

1917, Petit Port de Bacon, Antibes

1926, le Pont Royal, inondations, Paris
1931, trois-mâts terre neuvas, voiles au sec

 

jeudi 16 mai 2013

FEERIE A GIVERNY


Giverny, le domaine enchanté de Claude Monet


Claude Monet, autoportrait
 

Les teintes acidulées des tulipes

Le maître en son jardin
Un foisonnement de formes et de couleurs

L'or des fleurs
 

Quand Claude Monet s’installa en 1883 à Giverny, en bordure de Seine, il fit de la maison, de son jardin et de son étang son domaine enchanté, la clef d’un renouveau pictural. Devenu le maître de l’impressionnisme par le nom donné à l’une de ses toiles « Impression soleil levant », le maître vieillissant accorda de plus en plus d’importance au scintillement des fleurs – son jardin était son seul luxe – aux reflets des nuages ou du ciel dans son étang, inspiration de ses gigantesques Nymphéas. La maison comme le jardin ou l’étang furent soigneusement restaurés par les soins de la Fondation Claude Monet. Leur visite attire chaque année quelques 500 000 visiteurs émerveillés. On connaissait déjà le rez-de-chaussée, ses symphonies de jaunes et de bleus. C’est à présent le premier étage et les ateliers qui ont été reconstitués à l’identique, avec de belles reproductions de ses toiles et la restitution de l’ambiance chère au maître.

Les chemins de Giverny

Les tulipes se pressent devant la maison

Symphonie bleue

Tendresse florale
 

Une promenade magique pour égayer notre « joli » mois de mai resté par trop maussade.
 
Sur la plage

L'entrée bibliothèque

Le premier atelier

Ombrelles

Petit conducteur

Fondation Claude Monet, Tél. : 02 32 51 28 21 et http://fondation-monet.com/fr/ ou www.eure-tourisme.fr.
La chambre de Monet
 

L'une des chambres d'amis

Le cabinet de toilette et ses estampes

La salle à manger jonquille

La cuisine et la flamme de ses cuivres

L'étang aux nymphéas

Tulipes au bord de l'étang

La maison vue de l'étang

Le second atelier

Au bord de l'eau







Monet dans son atelier


Les bonnes adresses de Giverny

Le Jardin des Plumes







 
 

Dans cette jolie villa d'un style deauvillais que n’aurait pas désavoué le duc de Morny, le chef étoilé  de la Mare aux Oiseaux Michel Guérin, propose une délicieuse halte gastronomique à tous les amoureux de Claude Monet. Huit chambres sont à la disposition de ceux qui souhaitent prolonger leur séjour à Giverny. Tél. : 02 32 54 26 35 et www.lejardindesplumes.fr.


L’hôtel Baudy

 






Attirée par la renommée de Claude Monet et espérant glaner quelques conseils du maître qui n’en donnait qu’à Blanche, sa belle-fille, une colonie d’artistes américains tels que Metcalf, Ritter, Breck ou Wendel vint s’installer à Giverny dès le XIX è siècle. Ils logeaient à l’hôtel Baudy où l’on pouvait payer sa chambre et ses repas en faisant cadeau d’une de ses toiles et travailler dans un atelier aménagé derrière l’auberge. L’endroit fut également fréquenté par des artistes français de renom tels que Renoir, Sisley, Cézanne ou le sculpteur Rodin. Monet venait parfois y prendre un verre en compagnie de son grand ami Clémenceau. Aujourd’hui reconverti en restaurant, l’ancien Hôtel Baudy a su conserver l’ambiance d’autrefois.

Tél. : 02 32 21 10 03 et www.restaurantbaudy.com.