dimanche 27 janvier 2013

TINTINE AUVERGNATE


Tintine à l’assaut du Sancy
 
La belle cité médiévale de Besse

l

...contraste avec les étendues neigeuses de Super-Besse
 

Tintine avait toujours entendu dire que les stations de ski d’Auvergne s’étaient installées sur de la montagne à vaches peu enneigée. Pas du tout ! A la station de Super-Besse, veillée par la masse bienveillante du Sancy, neige et soleil étaient au rendez-vous et, lorsqu’elle s’est retrouvée par le plus grand des hasards en haut d’une piste noire, Tintine a trouvé que, pour de la « montagne à vaches », c’était du très sérieux. Les pistes du Massif Central ne sont donc pas à dédaigner, bien au contraire, et le domaine s’est bien étendu depuis que Super-Besse est relié au Mont-Dore. En comparaison de ses grandes sœurs et rivales des Alpes, le plus est que le parfum du terroir n’a pas besoin d’être reconstitué à grands coups de pub plus ou moins persuasifs. On peut le humer partout.




Toute l'équipe des joyeuses "yooneuses" !

Tintine skieuse...

... et paresseuse dans un bain malaisien
paradisiaque
 

Dans les ruelles tortueuses et les vénérables hôtels médiévaux de Besse où l’on croit se retrouver plusieurs siècles en arrière. Sur la table de ce restaurant rappelant les étables d’antan  où charcuteries et fromages se mêlent délicieusement, aux 500 Diables. Dans la belle vallée et réserve naturelle de Chaudefour, non loin du lac Chambon, où l’on randonne à raquettes. Chez Fannette, à Saint-Nectaire, patrie du fromage d’Auvergne, qui mitonne avec générosité confitures, pâtes de fruits et guimauve à faire se damner Tintine. ou encore à la table de l’Auberge de la Petite Ferme pour déguster les « truffardes » du chef, Didier Lemaréchal, dans un décor authentique contrastant avec l’élégant dépouillement des chambres.

 

Heureusement qu’il y a, le lendemain, une bonne journée de glisse en « yooner » (adaptation bien moderne de la glisse ancestrale des petits écoliers auvergnats qui parvenaient à faire virer leurs engins en plantant leurs mains dans la neige) et de ski ou d’escalade d’une cascade de glace pour venir à bout de ces splendeurs culinaires.

Gourmandise au 500 Diables


Ou Chez Fannette
 

Outre sa magnifique chaîne des puys, ses forêts et ses lacs, l’Auvergne offre aux visiteurs les bienfaits de ses eaux thermales, par exemple dans l’espace bien-être de l’hôtel Le Gran Carlina où le bain malaisien vous transporte jusque sous les tropiques. Il faut aussi découvrir le charme nostalgique de ses villes d’eau, telles le Mont-Dore et la Bourboule, où les thermes du XIX è siècle sont en train d’être dotés de nouveaux espaces aquatiques. Partout, des boutiques proposent vins, fromages et charcuteries du pays, mais nulle, mieux que Charlotte de la Tronchette, comédienne jouant avec conviction le rôle de la dame de compagnie anglaise de la duchesse de Berry, ne sait évoquer avec une telle drôlerie les fastes et les parties fines des cures thermales, tellement à la mode sous le Second empire.

Joli contraste entre les siècles en l'église du Mont-Dore

Au Mont-Dore, une marchande heureuse !

Les incomparables fromages d'Auvergne
 

Le Sancy pratique 

-        500diables@gmail.com


-        Raquettes : jean-luc.ranvier@lesaem.org



-        Infos sur les pistes et location de matériel : www.morelsport.com

-        Matériel pour la cascade de glace :bessac-sports@wanadoo.fr

-        Spa :www.hotel-grand-carlina.com

-        1050 Le Bistrot :hotelderussie@orange.fr

Charlotte dans les thermes de La Bourboule
 

mercredi 23 janvier 2013

TINTINE sur les traces de Luc Alphand

Toujours téméraire, Tintine préfère contempler les cîmes...

... que sauter et atterrir sur un airbag ! 



A Serre Chevalier, Tintine a pas sauté mais…

 

Serre Chevalier, c’est bien plus qu’un beau domaine skiable de plus de 450 hectares et 101 pistes dominées par des sommets de plus de 2500 mètres comme le pic de l’Yret ou l’Eychauda, c’est aussi toute une vallée où serpente gaîment la Guisane, trois villages typiques, Le Monêtier, Villeneuve et La Salle, 13 hameaux et la ville de Briançon célèbre pour ses fortifications Vauban. Dommage d’ailleurs que les trois maires des villages presque mitoyens songent plus à se faire des guéguerres locales (celle des piscines bios ou des souterrains piétons que personne n’emprunte notamment) plutôt que de continuer d’améliorer les remontées mécaniques d’un domaine skiable privilégié par son enneigement et son soleil exceptionnels, sa situation si proche de l’Italie.
Tintine et son gentil Christophe
 
Heureusement que l’Office du Tourisme ne manque pas d’idées : création d’un village nomade évoquant l’histoire et l’habitat des peuples du grand nord, de jeux de pistes pour les petits, d’inventifs menus blancs à déguster au bord des pistes ou dans les restaurants de la vallée, d’une descente filmée en vidéo pour vous admirer sur grand écran et la télécharger ensuite pour éblouir les copains ou d’un saut permettant un spectaculaire atterrissage sur un gigantesque airbag. Une autre invention à signaler, celle de Guillaume et de ses Cols’Porteurs. En souvenir de ces marchands itinérants qui reliaient jadis les villages de haute montagne au reste du monde, tout possesseur d’un forfait peut bénéficier d’une visite d’une heure et demie de toutes les installations permettant le bon fonctionnement de la station, canons à neige, dameuses, postes de secours, entretien des bennes, tire-fesses et télésièges. Les dessous du spectacle !


Voici un hôtel-restaurant admirablement situé sur les pistes,
le Serre Ratier

La belle coupole tout en bois de l'établiseement
de bains et spas du Monêtier

La piscine extérieur permet de se prélasser même sous la neige
dans une eau naturelle à 37°

Trop de vent ce jour-là pour pratiquer le ski à voile


Se prélasser dans les eaux chaudes de la piscine extérieure
est tout à fait dans les cordes de Tintine !


Si Tintine n’a sauté ni pour la vidéo ni pour tester le vol plané sur coussin d’air, mea culpa, si elle n’a pas pratiqué la mini voile à ski, le vent étant trop fort pour ça, elle a pourtant bénéficié des conseils éclairés pendant deux jours de Christophe, qui n’est pas le plus vilain des moniteurs, il faut le dire ! Elle n’a pas boudé non plus les délectables menus du Triptyque de Chantemerle, (bravo pour les vraies ravioles à l’italienne !), les assortiments de charcuterie et fromages du pays au Serre-Ratier, joli chalet au cœur des pistes faisant hôtel et restaurant, les coquilles Saint-Jacques à la normande (eh oui…) du Loup Blanc à Chantemerle. Et pour le repos de la guerrière (toujours non sauteuse, tant pis), rien de telle qu’une belle truite toute fraîche pêchée et savourée au restaurant des Grands Bains du Monêtier, plus une séance de bain relaxant dans les bassins intérieurs ou extérieurs de ce bel établissement à l’élégante coupole de pin et de mélèze, en profitant des sources d’eau chaude naturelle qu’appréciaient déjà les Romains !


Serre Chevalier, toute une vallée comportant trois villages
presque comme autrefois,
des hameaux et la ville de Briançon


Rien de tel pour se prendre pour une (presque) championne que de dormir à l’hôtel La Balme, repris à présent par Anna Karine et Luc Alphand, l’enfant chéri de Serre Chevalier, trois fois champion du monde de descente et une fois vainqueur du Paris-Dakar à moto. Modernisé et relooké dans un style nordique à la fois dépouillé et chaleureux par Anna Karine, c’est un bel endroit aux somptueux petits-déjeuners servis par Anna Karine, qui n’est jamais avare de son sourire.
On se régale au Loup Blanc devant un bon feu de bois
Tout le charme nordique à l'Hôtel La Balme

Le bar de La Balme

Un décor très cosy pour ce coin salon de l'hôtel La Balme
 

Pour tout renseignement, voir www.serre-chevalier.com ou 04 92 24 98 98.

samedi 12 janvier 2013

TINTINE A AIME

Dalèle et son Café Quincaille



Dalèle et son spectacle du Café Quincaille

 



-        Nous cherchons le Café Quincaille, siouplaît.

-        Connais pas.

Ne cherchez plus ! Son Café Quincaille, ce café populaire à l’ambiance chaleureuse que chacun de nous garde dans un coin de sa mémoire, Dalèle et ses copains le réinventent chaque soir. Un soir il est là, un autre il est là-bas et même une fois, il s’est trouvé au Zénith de Toulouse, en avril dernier. Il est partout où on les demande et la demande, précisément, s’intensifie, à tel point que le Café Quincaille fera, le 24 janvier prochain, la première partie du spectacle de Juliette Gréco à la Halles de Toulouse.

Juliette a toujours été, pour Dalèle qui lui ressemble, cultive volontiers son look avec son teint pâle et ses longs cheveux noirs, la « grande dame » de la chanson. Une grande dame tout court pour Dalèletoutcourt – c’est sous ce nom qu’elle apparaît dans son site. Depuis qu’elle est enfant, Dalèle écoute Juliette avec ravissement. Ses parents avaient tous ses disques, dans leur petite maison de Fournes Cabardes, dans l’Aube, là où Dalèle a grandi, même si elle est née dans le neuf-trois.

C’est avec ce coup de cœur pour Juliette Gréco qui ne s’est jamais démenti que Dalèle a débuté dans la chanson, faisant d’abord partie d’une chorale pour jeunes lorsqu’elle était en fac de Lettres à Montpellier, expérimentant la scène et le trac pour la première fois de sa vie à Carcassonne, tout en continuant d’étudier le piano classique. Ensuite, avec sa copine de chambre qui jouait de la clarinette, Lise Oustric, elle a monté un groupe féminin féministe, les « Super belles », qui tourne d’ailleurs toujours à l’occasion et se produira en juillet prochain dans l’Aude, la naissance d’un nouveau groupe ne détruisant pas forcément le précédent.

Quant à ses copains du Café Quincaille, ce sont Philippe Yvron au piano, qui fait aussi la plupart des arrangements, Rolland Martinez à la contrebasse ou à la clarinette et elle à l’accordéon. Même s’ils ont un parolier, Philippe Sozaire, tous trois composent volontiers, précisément des chansons pour les copains.

- Quand notre groupe a commencé, explique Dalèle de sa belle voix rauque, je trouvais nos chansons sympas mais il leur manquait un lien pour constituer un vrai spectacle. C’est ainsi que nous avons eu l’idée de ce Café Quincaille, un vrai bistro comme on les aime, où l’on se sent à la fois chez soi et où l’on peut toujours découvrir de nouveaux copains. Un endroit qui bouge. Et chaque nouvelle tête peut aussi devenir le prétexte à une nouvelle chanson.

      Même si le Café Quincaille est un spectacle attachant, un vrai tourbillon de vie et de bonne humeur qui marche et qui plaît, Dalèle et ses copains pensent déjà à un nouveau thème. A un nouveau spectacle. Qui tournerait cette fois sur le thème de la photo, du cliché, de tout ce que peut dire – ou taire – une photo.

Pour ajouter à l’ambiance de fête, les enfants des copains peuvent aussi chanter, au Café Quincaille, en particulier Louise, la petite fille de sept ans de Dalèle. Et François, son mec à elle, qui est aussi musicos, et taquine volontiers la muse, lui écrira peut-être aussi une chanson. Pour ses trente-cinq ans !

 

Retrouvez Dalèle et son Café Quincaille sur www.myspace.fr/daleletoutcourt pour savourer ses meilleures chansons, « La grande lessive », « Le cœur en trois », « Dans ma baignoire » et imaginez humer l’appétissant café du bistro. Vous pouvez aussi acheter ses enregistrements sur le net chez Music’al sol.

mercredi 2 janvier 2013

ESCAPADE EXOTIQUE


Rishikesh, le paradis indien mise à la mode
 par les Beatles

 


la ville rose mise à la mode par les Beatles

Le gange vu du haut du Trayam
 

Quand le Gange devient divinité

Platon parlait déjà de cette étrange contrée, le long d’un fleuve imploré comme une divinité, où les saints allaient nus. Aujourd’hui encore, ces saints ascètes ou sâdhu cherchent dans la nudité une leçon d’humilité leur permettant d’entrer en communication avec les dieux, avec l’aide, il est vrai, du haschich et du yoga. Longtemps considéré comme un secret jalousement gardé ne pouvant être enseigné que par un maître lui-même initié, le yoga garda ses mystères avant de conquérir peu à peu l’occident depuis le début du siècle. Suivant la procession rituelle annuelle des sâdhu, partant à partir d’avril de la « Porte du Grand Fleuve », là où le Gange quitte ses montagnes sacrées pour arroser la plaine, en l’occurrence la bourgade d’Haridwar, dans l’Uttaranchal, les Beatles ont remonté avec eux le fleuve saint vers ses présumées sources – une question encore posée. Deux sanctuaires himalayens, Badrinath à l’est et Gangotri plus à l’ouest, se sont durant des siècles disputés l’honneur d’abriter les « vraies » sources. Disputes prenant parfois de redoutables proportions…

Statue géante de Shiva

Sur les ghâts pour célébrer la Fête des Lumières
 

Pour calmer les esprit, les géomètres ont décidé qu’il n’y avait pas de source du Gange et qu’on fixerait désormais sa naissance au petit village d’altitude de Rudaprayag, à la jonction de deux rivières, l’Alaknanda pour le premier monastère, et la Baghirati pour le second. Les bagarres ont cessé, ce qui n’empêche pas les pèlerins d’avoir chacun leur préférence. A tout hasard, les anciens sanctuaires continuent d’être vénérés à chaque affluent du Gange, qu’on appelle aussi la déesse Ganga.

La première étape de cette procession pouvant durer des mois pour certains est le sanctuaire de Munda Devi, situé sur une colline dominant Haridwar. Pourquoi Haridwar, simple petite ville des bords du Gange ? La légende veut qu’à l’aube des temps, Garuda, la monture ailée de Vishnou, ait dérobé aux dieux quelques gouttes du nectar d’immortalité pour l’offrir aux hommes. L’une d’elles tomba sur Haridwar.

Pour les hindouistes, la sainte trinité ou Trimûrti se compose en effet de Brahma le créateur, Vishnou le protecteur et Shiva, destructeur et régénérateur, puisqu’ils croient à la réincarnation et que la mort appelle la vie. Il y a encore leurs belles épouses, Sarasvati, Laksmi et Parvati, mère de Ganesh, le dieu de la prospérité à tête d’éléphant, sans oublier la sinistre Kali et sa guirlande de crânes, déesse de la mort, bien sûr.

Sur les ghâts

Un bébé bien fleuri
 

Rishikesh, capitale mondiale du yoga

A une trentaine de kilomètres d’Haridwar, par des sentiers ne cessant de grimper ou par une route sinueuse traversant de magnifiques paysages de forêts sylvestres et de gorges de plus en plus escarpées, on continue de remonter le fleuve saint jusqu’à 356 m d’altitude, dans les contreforts de l’Himalaya. La jolie petite ville de Rishikesh l’enjambe par deux passerelles. En quelques années, sous l’influence surtout de John Lennon venu y découvrir la méditation transcendantale, c’est devenu la capitale mondiale du yoga. Depuis lors, elle est hantée par une foule de baba venus méditer sur cette impossible contradiction : comment concilier une âme immortelle avec un corps périssable ? Les boutiques, les bistros mais surtout les ashram et centres de yoga de tout poil y pullulent, les prix frôlant souvent l’escroquerie pure et simple. Et chacun d’apprendre sous la férule de prétendus maîtres comment ouvrir ses chakra ou centres vitaux pour mieux faire circuler son énergie…

Deux pourtant sont intéressants. Le Shivanand Ashram sur Laksman Jhula Rd (voir sivanandaonline.org) est un centre de méditation fondé en 1936 par Swami Shivananda, le Sage de l’Himalaya prônant une autre technique que celle, plus traditionnelle, du grand maître du yoga, Patanjali. Le second, le Yoga Niketan Trust (même adresse, à 50m du premier, voir yoganiketan.org) propose des cours d’une excellente qualité. Ce qui ne signifie pas, bien sûr, qu’on ne puisse pratiquer le yoga ailleurs, mais le site, quand on quitte le centre ville trop encombré, est en effet d’une grande beauté, propice à la paix comme à la méditation.


La Fête des lumières en l'honneur d'un défunt
 

La Fête des lumières

Les deux quartiers piétonniers de la ville, Laksman Jhula et Swargashram, sont situés sur la rive gauche du Gange et tous deux reliés par un pont à la rive droite. Là, on oublie le temps pour s’absorber dans la beauté du paysage. Dans le premier, au pied de la passerelle qui permet une belle vue sur les ghât, les marches sacrées permettant de s’immerger sans danger dans le fleuve, s’élève l’imposant Trayambakeshwar Temple. En forme de pyramide, il se gravit jusqu’au sommet dans le sens des aiguilles d’une montre pour faire ses dévotions aux principales divinités du panthéon indien.
Chacun reçoit la lumière


Distribution de la lumière

Plus en aval, près du second pont, le Ram Jhula Bridge, les nouveaux ghât de Parmath attirent une foule nombreuse dès la tombée de la nuit. Ce jour-là, une famille aisée de Rishikesh célèbre le premier anniversaire de la mort de l’aïeule. Et, comme d’habitude en Inde, tout le monde, même les non hindouistes, est convié à unir ses prières à celles de la famille dans une atmosphère plus festive que triste. Sur le haut des ghât se tiennent les trois brahmanes venus célébrer « la fête des lumières », commémoration de l’immolation par le feu de Sati à la mort de son époux. La famille est assise autour d’un large brasier. Les brahmanes lui distribuent pétales de fleurs, graines et goutte d’huile à jeter dans le feu, puis ils allument trois candélabres en forme de trident, celui de Shiva, et leurs petits aides distribuent contre des oboles des feuilles de bananier plantées d’une bougie, que chacun va allumer aux candélabres. On danse et on chante tous ensemble avant d’abandonner le fragile esquif au courant du Gange, pour porter ses prières aux dieux et briser peut-être le cycle des réincarnations. C’est ravissant de voir ce chapelet de lueurs tremblantes cheminer dans la nuit…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

VOYAGE AU FIL DE L'EAU


Amsterdam au fil de l’eau

 

Appelée à tort la Venise du Nord, Amsterdam la discrète se différencie pourtant de la Sérénissime. Elle penche modestement vers l’eau grise de ses canaux de simples maisons de brique aux pignons festonnés de blanc. Eprise de modernisme, elle est devenue la patrie des designers.



Canal du Lijbaandgrach

Une ville où tout est licite, même le jeu,
ici le casino, sur l'eau bien sûr
 

A l’origine, un village de pêcheurs

On dirait que le temps s’est englué dans ses canaux en oubliant de couler. On ne court pas, à Amsterdam, on y flâne le nez au vent. Avec plus de cinq cents mille « petites reines »  dans la ville, la foule vit à leur rythme. De belles filles blondes, bottées et mini jupées, des enfants tout aussi blonds entassés dans leur remorque abordent tout à coup avec désinvolture une rue en sens interdit. Dès le premier soleil, attendu avec impatience dans cette ville du Nord, tous se précipitent à la terrasse d’un des nombreux cafés, les « blancs », bien modernes, où se retrouve la jeunesse, les « bruns », plus anciens, aux poutres noircies par des poêles essoufflés, décorés de carreaux de Delft du même bleu que les yeux des habitants.

C’est peut-être parce que les Hollandais durent batailler ferme avec les éléments pour édifier leur cité lacustre qu’ils tiennent tant à leur liberté. Autrefois s’étendaient là d’insalubres marais régulièrement inondés par les eaux du Zuiderzee. Cette véritable mer intérieure a depuis lors été policée par des digues. Des pêcheurs attirés par l’abondance des bancs de harengs leurs cabanes sur pilotis le long de la rive droite de l’embouchure de l’Amstel, aujourd’hui poumon aquatique de la ville. Pour protéger leurs masures des tempêtes, ils édifièrent une solide digue, une dam. L’union de ces deux mots donna son nom à la ville.

 
Ou les dérivés du chanvre indien, vendus en pommade, en potion...

Le refuge des opprimés

Une belle tradition de liberté en fit une terre de refuge pour les opprimés. Après avoir été chassés d’Espagne et du Portugal, les Juifs y prospérèrent dès a fin du XV è siècle et atteignirent le nombre de vingt mille. Lors de la Deuxième guerre mondiale, les nazis en éliminèrent plus de cent mille, dont une adolescente devenue célèbre par-delà la mort : Anne Franck. Sa maison s’élève au 263 du Prinsengracht, le canal du Prince, ainsi que l’échoppe d’herboriste de son père. Il est émouvant de visiter la cachette où deux familles vécurent un peu plus de deux ans avant d’être dénoncés et où Anne Franck écrivit son fameux Journal.

La déco des boutiques est toujours soignée, ici au Musée Van Gogh

Une amusante boutique de chaussures
 
La communauté juive s’est à présent reconstituée et compte 25 000 personnes, beaucoup travaillant à la taille ou au commerce des diamants. Il faut par exemple une journée pour scier un diamant d’un carat, minutieux travail que l’on peut observer dans de petits laboratoires, bien sûr sécurisés. La plus belle des synagogues, celle de l’architecte Elias Brouwman date du XVII è siècle et fut, dit-on, inspirée du temple de Salomon. C’est un immense cube de brique rose percé d’élégantes ouvertures et soutenu par de larges colonnes. Les moucharabiehs du premier étage, destinés à empêcher les femmes d’être vues, rappellent les origines méditerranéennes de cette communauté.

Les élégants pignons festonnés des maisons

Ici, la "petite reine" mérite bien son nom
 

Les tricoteuses des vitrines

Liberté aussi pour le ravitaillement en haschich que l’on peut acheter en petite quantité dans les bureaux de tabac. Liberté encore dans le curieux Quartier Rouge de la ville, ainsi nommé pour les néons écarlates qui y clignotent la nuit venue. Dommage de donner tort à Jacques Brel, mais ce n’est pas près du port qu’oeuvrent ces dames. Les prostituées travaillent sans se cacher à cinquante mètres de la gare, non loin du Palais Royal et de la place Dam. Peu vêtues, mais bien installées dans leurs « vitrines », ces belles de nuit proposent leurs charmes aux passants, tricotant ou faisant du crochet tout en se déhanchant de façon lascive ! La plupart des filles sont jeunes, belles et aimables, sauf si on veut les photographier.

 Même l’intérieur des maisons ne se cache pas, à Amsterdam, ce serait plutôt une autre sorte de vitrine, encadrée par des rideaux empesés, avec de beaux objets de cuivre et fleurs en pots.

 

mardi 1 janvier 2013

NOUVEL AN


Tintine et son aigle en Tunisie
 
                                          

INITIATION EROTIQUE

                                                              INITIATION EROTIQUE



                                2013 sera érotique ou ne sera pas !










 
Depuis ma découverte de « l’enfer » de mon beau-père, j’ai donc continué à compléter sa collection et mes connaissances théoriques par l’achat d’ouvrages plus modernes. Peut-être, ma vie avec Olivier n’aurait-elle pas été ce triste fiasco si j’avais alors osé quelques initiatives.
J’aurais pu, telle Emmanuelle :
Sans tenir trop serrée la verge vibrante, elle ajoute la pression de ses doigts et le mouvement régulier de sa main à la succion de ses lèvres – appliquée à délivrer harmonieusement l’organe de sa semence, à le vider le plus totalement possible. Lorsque Jean se rend, elle avale par lentes gorgées la substance savoureuse qu’elle a réussi à tirer du fond de lui ; mais le dernier jet, elle le laisse en ronronnant fondre sur sa langue amoureuse. 
            Mais je n’ai jamais goûté au sperme d’Olivier.
            J’aurais pu, telle la Minne de Colette :
 Enfin elle tourna vers lui des yeux inconnus et chantonna : « Ta Minne… ta Minne… à   toi… », tandis qu’il   sentait enfin, contre lui, la houle d’un corps heureux… 
                  Mais je n’ai jamais chantonné de la sorte pour Olivier, qui n’a jamais rendu mon corps  
Heureux.
J’aurais pu, telle l’amante de Baudelaire, m’offrir nue sur les draps :
            Tu trouveras au bout de deux seins bien lourds,
            Deux larges médaille de bronze,
            Et sous un ventre uni, doux comme du velours,
            Bistré comme la peau d’un bonze,
            Une riche toison qui vraiment est la sœur
            De cette énorme chevelure,
            Souple et frisée, et qui t’égale en épaisseur,
            Nuit sans étoiles, Nuit obscure ! 
  Mais je me suis toujours enfouie dans l’obscurité de ma chambre,  à l’abri des  
             regards d’Olivier.
 J’aurais pu lui murmurer les mots et les outrances de Pierre Louÿs en lui faisant     
            découvrir cette partie de moi :  
             Le clitoris extasié par la douleur.
             Rubis mystérieux qui bouge.
             Mais Olivier ne s’intéressa guère à ce genre de rubis.
  J’aurais pu, parfois, le bercer comme on fait d’un enfant, imitant l’Ada de  Nabokov :
  Quand il devenait trop bruyant, elle essayait de le calmer comme on calme un enfant,  elle faisait chut ! chut ! en       lui soufflant dans la bouche – et ses quatre membres étaient noués sans vergogne autour de lui comme si elle avait fait l’amour depuis toujours, dans tous nos rêves – mais l’impatience de la passion juvénile ne résista pas à quelques coups de pointe poussés à l’aventure. 
    Mais Olivier témoigna bien rarement d’impatience juvénileJ’aurais pu, telle la  Rébecca    de     Mandiargues, me laisser fustiger par un bouquet de roses :Plus tard, Daniel avait pris sur         le guéridon les roses et il les avait disposées aux pieds de Rébecca, entre ses pieds plutôt, à dire les choses avec précision, et devant l’enfourchure de ses membres inférieurs. Il les avait réunies en faisceau, puis il s’était servi de ce faisceau pour battre très doucement le corps nu de son amante, en lui déchirant un peu la peau des cuisses, par l’effet des épines, ainsi que celle des flancs, au-dessous des seins, et celle du ventre maigre. Les pétales en pluie de thé s’étaient effeuillés sur le lit de repos, tandis que les coups ou les caresses, s’étaient abaissé à égratigner ses pieds également. 
Mais Olivier ne m’avait jamais offert de fleurs. Les roses, je les cultivais moi-même, sans  songer à les rendre objet de plaisir.
            J’aurais pu, telle la Lula de Rezvani, jouer avec le feu :
 Elle fait sauter la boucle de ma ceinture et entrouvre mon blue-jean. Sa main se pose sur mon ventre, glisse dans les poils, m’enveloppe. Dans les lueurs du feu elle m’attire de son autre main, appuie sur ma hanche, me déplace vers son visage dans des froissements énervants. 
 Mais si Malortie ne manque pas de cheminée tirant fort bien, Olivier n’a jamais porté de blue-jean…
  J’ai plutôt imitée la Nana de Zola. Comme on ne m’aimait pas, je me suis contemplée, parfois aimée :
Nana se pelotonnait sur elle-même. Un frisson de tendresse semblait avoir passé dans ses membres. Les yeux mouillés, elle se faisait petite, comme pour mieux se sentir. Puis elle dénoua les mains, les abaissa le long d’elle par un glissement jusqu’aux seins, qu’elle écrasa d’une étreinte nerveuse. Et rengorgée, se fondant dans une caresse de tout son corps, elle se frotta les joues à droite, à gauche, contre ses épaules, avec câlinerie. Sa bouche goulue soufflait sur elle le désir. Elle allongea les lèvres, elle se baisa longuement près de l’aisselle, en riant à l’autre Nana qui, elle aussi, se baisait dans la glace. 






La vieille dame qui lisait des romans

pornos

Isaure de Saint Pierre

à commander sur Shop my Book


 Renouant avec ses premières amours, un érotisme chatoyant s’exprimant  au niveau du ressenti,  Isaure  de Saint Pierre s’amuse, avec ce roman inédit, à brouiller les cartes et à modifier son image d’historienne.
 Anti-conformiste comme l’auteur l’a toujours elle-même été, cette « vieille dame » se souvient, critique son clan, aime encore et part à la découverte de « l’enfer » son beau-père. Ce qui la mettra, elle et son vieux soupirant, sur la trace d’un de châtelains bien sous tous rapports. Erotisme et enquête se mêlent pour inaugurer peut-être un nouveau genre, le polar érotique.
 Grand reporter et auteur d’un blog « Isaure de saint Pierre en voyage », l’auteur
 entraîne ses lecteurs à la découverte de sensations neuves, de personnages hors du
 commun. Quand elle voyage dans le temps pour ses romans historiques, ses       
  héroïnes nous deviennent étrangement familières. Ouverte aux innovations de
  notre époque, elle se lance dans l’édition numérique et l’auto édition afin de
  rendre la lecture accessible à tous et de préserver nos forêts.