jeudi 13 juin 2013

IRLANDE DU NORD


Derry, capitale culturelle de Grande Bretagne pour 2013

 
Canons sur les remparts

Ambiance bistro sur les remparts


Cette charmante petite ville médiévale, dont le centre historique est toujours ceint de plus d’un kilomètre de remparts intacts, se blottit de part et d’autre de la Foyle. Cette rivière délimite d’ailleurs deux parties dans la ville : le quartier des catholiques, les plus pauvres parmi lesquels se recrutaient les ouvriers, et celui des protestants qui tenaient les commandes de la cité. Pour les premiers, nationalistes, leur ville restera toujours Derry. Pour les seconds, unionistes, elle se nomme Londonderry depuis le XVII è siècle, ce qui est devenu son nom légal.

 
Une histoire souvent tragique

Ce fut à cette époque, sous le parrainage du roi Jacques Ier et des diverses corporations londoniennes que Derry (Doire ou « chêne » en irlandais) fut officiellement rebaptisée Londonderry pour humilier ses habitants, après un siège long de 105 jours, une occupation anglaise et la famine qu’elle causa parmi la population catholique. Sa situation se détériora encore durant les deux siècles suivants, si bien que le port de Derry devint le principal lieu d’embarquement des émigrés espérant trouver du travail aux Etats-Unis, le nouvel Eldorado.
 
Commémoration du Bloody Sunday


Peintures murales des émeutes dans le quartier catholique

Détail d'une photo de Gilles Caron


 Dans les années soixante, l’exaspération des catholiques ne cessa de croître et les troubles commencèrent en 1969, avec les barricades montées dans tout le quartier catholique, le Bogside. Pour aboutir au sinistre 30 janvier 1972, plus connu sous le nom de Bloody Sunday.

Une manifestation pacifiste des catholiques afin d’obtenir les mêmes droits civiques que les protestants vira au cauchemar. Sans sommation ni provocation, l’armée britannique se mit à tirer sur les manifestants. Bilan : quatorze tués dont une grande part n’avaient pas dix-huit ans et de nombreux blessés. A la lecture du rapport accablant pour l’armée britannique publié bien plus tard, le 15 juin 2010, le Premier ministre britannique, David Cameron, n’a pu que déclarer être « profondément désolé ». Un musée, le Free Derry museum, de nombreuses peintures murales et des tags sur les remparts commémorent ce triste événement et tous les premiers dimanches de janvier a lieu une marche commémorative.

 
Jours de fête à Derry
Le retour de saint Colmcille en currach

Le défilé le long des quais

Une jolie danseuse

Une acrobate


Saint Colmcille fait des galipettes

Si Derry a pansé ses plaies sans oublier ses morts, elle triomphe aujourd’hui en ayant été nommée « ville de la culture 2013 » pour la Grande Bretagne. Durant toute cette année, cette ville de 110 000 habitants, la deuxième plus importante d’Irlande du Nord après Belfast, accueillera de nombreux visiteurs venus assister à ses défilés pleins de drôlerie et de bonne humeur, partager la festivité contagieuse de ses pubs, visiter ses musées dont l’ancienne usine de chemises devenue un lieu de mémoire ou le Tower museum retraçant l’émouvante histoire de la ville, arpenter ses ruelles colorées, déguster son fameux whisky ou ses  bières aux noms pittoresques, tel « le chien sans tête », à la terrasse de ses bistros, car le soleil est de la partie. Les Irlandaises, minijupées ou minishortées, exhibent leurs coups de soleil sur les pelouses bien tondues jouxtant la cathédrale St Columb. Les canettes de bière circulent. Puis tout le monde se presse sur les quais et sur le sinueux pont de la Paix pour assister au retour en currach, simple barque de pêche au fond goudronné, du mythique moine Colmcille, censé avoir fondé la ville il y a 1500 ans. En ce jour, il charrie avec lui une mystérieuse caisse qui sera le fil conducteur du spectacle conçu par Frank Cottrell Boyce, l’auteur de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Londres en 2012.

Il y aura même, une fois la nuit tombée, une spectaculaire apparition de Nessie, le monstre du Loch Ness, serpentant sur la Foyle avant un feu d’artifice tiré de plusieurs points de la rivière.
 
Nessie en visite à Derry

Feu d'artifice sur le Foyle

Musiciens dans un pub

 
Où dormir à Derry :

Au Ramada Da Vinci’s Hotel Derry, moderne et confortable, flanqué d’un pub sympa au bar surmonté d’un invraisemblable bric-à-brac et pourvu d’une agréable terrasse.

Où manger :

Au Custom House Restaurant, juste derrière la cathédrale, pourvu d’agréables petites salles à l’étage, bon menu traditionnel, Tél. : 44 (0)2871373366.

Ou au Café del Mondo, au Craft Village, une délicieuse ruelle hors du temps, pour une restauration rapide, de fishs and chips par exemple, Tél. : 44(0) 2871366877.

 
Les environs de Derry

Toute cette côte nord de l’Irlande est magnifique, creusée de caps, arborant de blanches falaises dignes d’Etretat, coiffée de genêts rivalisant d’or avec le soleil. Les fameux moutons irlandais à tête noire, la toison pour une fois parfaitement sèche, n’en reviennent pas d’un pareil soleil. L’eau est calme, ondulant mollement contre le sable, d’une transparence inhabituelle.
L'impressionnante forteresse de Dunluce

Des murailles qui se fondent avec le roc

La côte vue de la forteresse

Une plongée vers l'abîme

Perchée sur son rocher de balsalte noir, les ruines impressionnantes de la forteresse de Dunluce date des XVI è et XVII è siècles. Elle appartenait au clan McDonnell et empêchait toute incursion ennemie sur cette portion de côte. Ce fut la mer et son lent travail de sape qui la détruisit en en faisant basculer tout un pan dans les flots. La visite et la vue sur la côte vaut le coup d’œil. Voir www.doeni.gov.uk

Vue de l'hôtel Causeway

Les blocs cahotiques de la Chaussée des Géants

La lave a formé de vrais pavés qui ne sont
pas à l'échelle humaine
 
En suivant toujours la côte jusqu’au bourg de Bushmills, de nombreux sentiers pédestres bien balisés, escaladant les crêtes ou serpentant près du rivage, permettent de découvrir un lieu mythique : la Chaussée des Géants. Toujours friands de merveilleux, les Irlandais de la région se sont empressés de conter l’histoire de ce fantastique amas chaotique d’énormes roches en forme de pavés ou dressées contre le ciel pour former des orgues. Un géant du nom de Finn McCool aurait jadis construit cette extraordinaire chaussée pour traverser la mer à pied sec.

Bien sûr protégé par le National Trust, ce vestige géologique vieux de soixante millions d’années fut en fait formé par le brutal refroidissement au contact de la mer de coulées de laves successives. Certains blocs se sont éparpillés pour former cette chaussée des géants, d’autres se sont emboîtés les uns dans les autres pour donner naissance à plus de quarante mille colonnes de basalte. Un nouveau musée explique phénomène naturel et légende et permet de se restaurer agréablement. Un minuscule train à vapeur traversant le terrain de golf permet de se rendre au village de Bushmills.

Sur ces pavés de géants, on pourrait toucher le ciel...

Ou traverser les mers
 
E-mail : giantscausewaytic@nationaltrust.org.uk

Site Internet : nationaltrust.org.uk/giantscauseway

Où dormir : au Causeway Hotel, récemment redécoré dans d’harmonieux tons de gris, d’où la vue est magnifique sur toute la baie. Tél. : 44(0)2820731226.

Où manger : au French Rooms, à Bushmills, où l’on peut déguster des poissons tout frais pêchés, Tél. : 44 (0) 2820730033.
Entassés par quelque dieu fou, ces blocs forment aussi des orgues


Ce délicieux train à vapeur traverse vaillamment
golf et forêt et longe la baie jusqu'au village
 
 
Comment y aller :
Vol direct de Paris à Belfast par EasyJet, six fois par semaine toute l'année. Voir www.easyjet.com
Pour tous renseignements complémentaires :
S'adresser au Tourisme Irlandais, Tél. : 01 70 20 00 20 et www.irlande-tourisme.fr
Et à Visit Britain www.visitbritain.com et www;visitbritainshop.com

 

 

lundi 3 juin 2013

NOUVEAU ROMAN HISTORIQUE

                                          Bonnie Prince Charlie



Il était beau, follement brave et audacieux. Sans argent, sans armée, sans appui, il débarqua avec cinq amis sur les rivages tourmentés de l'Ecosse de l'ouest. Son intention : parvenir à soulever ses partisans jacobites pour reconquérir le trône de son père usurpé par leurs cousins Hanovre. Adulé par ses hommes et surtout ses fidèles Highlanders des Hautes Terres, il battit l'armée anglaise, conquit Edimbourg et voulut marcher sur Londres...
 
Ci-dessous un extrait de cette fantastique épopée. Ce roman historique paraît aux éditions numériques Néo Book le 22 juin prochain.


Charles et ses amis abandonnèrent leurs montures dans la cour. Puis il pénétra dans le château de ses ancêtres, qui avait accueilli la reine Marie Stuart à son arrivée de France. Marie avait adoré Holyrood House et avait décoré ses appartements de l’aile ouest avec le raffinement de la Cour de France : précieuses tapisseries, meubles richement sculptés, soieries de Lyon brodées à ses armes. Dans l’antique chapelle édifiée par le roi David Ier là où il avait aperçu un cerf portant entre ses bois la croix, Marie s’était mariée deux fois, deux mariages malheureux. C’était à elle surtout que songeait Charles en entrant dans la chapelle. Elle s’était d’abord unie à lord Darnley qu’elle avait fait roi et qui l’en avait remerciée en assassinant sous ses yeux, dans ses appartements, son secrétaire Rizzio. Puis elle s’était unie, après la mort programmée de Darnley, à son assassin, lord Bothwell, dont elle était éprise. De Darnley, Marie avait eu un fils qu’elle n’avait guère connu, mais qui avait été roi d’Écosse, d’Angleterre et d’Irlande et dont Charles descendait en droite ligne. De Bothwell qu’elle avait follement aimé, elle avait attendu des jumeaux qui n’avaient pas vécu...

Dans la Grande Galerie où l’on avait élu les nouveaux pairs du royaume en 1707 et qui servait aussi de salle de bal, Charles contempla les portraits des rois d’Écosse.

Ce qui inquiétait Charles, ses deux lieutenants-généraux et les chefs de clans était la prochaine arrivée du général Cope, dont l’armée allait rejoindre les deux piteux régiments de dragons. Il avait débarqué le 19 septembre à Dunbar avec deux mille deux cents hommes et marchait vers Haddington. L’armée jacobite se montait à deux mille quatre cents Highlanders, et ses rangs ne cessaient de grossir. Le bourgmestre et les notables lui remirent quinze cents mousquets. Une centaine d’Highlanders n’avait que des faux aiguisées des deux côtés. Parmi les clans qui avaient rejoint Charles, il y avait les sept clans MacDonald, les Cameron, les hommes d’Atholl, les Stewart d’Appin, les MacGregor, le régiment de Perth, les MacLachlan, la bande de Nairne et quelques deux mille cinq cents gentilshommes et soldats des Lowlands, ainsi que des volontaires recrutés à Édimbourg, tel que le régiment du duc de Perth. L’armée installa ses tentes dans le Parc Royal et, le matin du 19 septembre, pour parer à l’arrivée des troupes du général Cope, Charles donna l’ordre de marcher à l’Est, jusqu’à Duddingston, où il harangua ses hommes :

– Messieurs, avec l’aide et l’assistance de Dieu, je ne doute pas de faire de vous un peuple heureux et libre. Cope ne pourra nous échapper comme il le fit dans les Highlands.

Un rugissement d’approbation lui répondit. Tous avaient hâte de se battre et en avaient assez de ces « tuniques rouges » qui ne cessaient de se dérober. Charles envoya ses éclaireurs reconnaître l’armée de Cope, qui marchait vers Tranent. La ville était dominée par des collines que Charles voulut occuper avant son rival. À nouveau, les deux armées rivalisèrent de vitesse et les hommes, des deux côtés, s’épuisèrent en marche forcée par des chemins escarpés.

Alors que Cope atteignait Tranent avant Charles et occupait une position stratégique sur la route principale et les collines voisines, il commanda à ses troupes de marcher vers le Nord en se rapprochant de la mer pour se retrancher derrière l’Esk, entre Musselburgh et Dalkeith, afin de s’approvisionner. Des canons s’embourbèrent, les chariots contenant le peu de vivres ne purent passer. Ses éclaireurs vinrent l’avertir de l’approche de l’armée jacobite et Cope dut renoncer à son plan. Il n’était plus temps d’atteindre l’Esk. Mieux valait se regrouper sur les hauteurs de Tranent. Ses hommes, épuisés par cette marche inutile et furieux de revenir vers leur position de départ, murmurèrent que leur chef se moquait d’eux, alors que l’endroit aurait été idéal pour affronter les Jacobites. Au Nord s’étendait une mer grise et calme pour l’instant. Au Sud courait un fort remblai parallèle à la route allant de Preston à Seton, ce qui délimitait un champ de bataille où l’armée de Cope pouvait se déployer en bon ordre et avoir l’avantage du terrain.

Les éclaireurs de Charles vinrent l’avertir.

– Ils auront l’avantage du terrain, étant protégés par des barrières naturelles. Les nôtres devront prendre de sérieux risques pour affronter les troupes de Cope et s’exposer au feu de l’ennemi.

Cette bataille tant espérée s’annonçait mal. Comme d’habitude, les chefs de clans se disputèrent pour savoir qui occuperait la position honorifique à la droite du prince. Charles, excédé, proposa de tirer au sort.

Les différents clans marchaient au combat en solitaires ou regroupés selon des affinités remontant parfois à la nuit des temps. Il fallait compter avec ces détails avant de décider d’un plan de bataille. Charles savait par exemple que les MacDonald de Glen Garry combattraient avec les Clanranald et ceux de Keppoch. De même, les Cameron avaient l’habitude de se battre avec les Stewart d’Appin. Charles prit des brins de paille et décida que le plus court occuperait la position à sa droite.

Ce furent les MacDonald de Glen Garry qui remportèrent la position tant enviée. Les autres MacDonald, furieux que le sort ne les eût pas désignés, formèrent une délégation qui vint trouver Charles.

– Les MacDonald ne combattent qu’à la droite de leur prince. Si Votre Altesse ne nous désigne pas à ce poste, nous ne nous battrons pas.

Charles, découragé par ces stupides querelles, tenta d’argumenter.

– La décision ne vient pas de moi, mes amis, mais du hasard. Le temps presse.

– Dans ces conditions, les MacDonald ne se battront pas, répétèrent leurs chefs avec obstination.

On n’arrivait à rien. Excédé, Cameron de Lochiel arbitra le différend en proposant :

– Si la bataille a lieu aujourd’hui, nous marcherons à la droite du prince comme le sort en a décidé. Sinon, nous vous offrirons demain l’aile droite et nous changerons chaque jour.

L’honneur était sauf et on accepta l’offre. Charles respira. On allait pouvoir passer aux choses sérieuses ! Il fallait couper à l’armée de Cope la route d’Édimbourg par laquelle pouvaient lui parvenir des renforts. Charles s’adressa à O’Sullivan :

– Que la Brigade d’Atholl aille se poster sur la route de Preston pour intercepter les renforts.

Quand lord George apprit ces dispositions pour lesquelles on ne l’avait pas consulté, il menaça Charles.

– Si Votre Altesse ne rappelle pas les hommes d’Atholl, je ne combattrai plus pour la cause jacobite.

Ces éternelles susceptibilités étaient épuisantes, mais Charles s’efforça de lui expliquer :

– Je ne voulais pas vous blesser, lord George, et vos avis me sont précieux. Cinq cents hommes sont partis vers Preston pour barrer la route d’Édimbourg. Voyez-vous un meilleur plan ? En ce cas, je m’y conformerai.

En bougonnant, lord George convint que la disposition était judicieuse et qu’il valait mieux ne rien changer. À l’avenir, il voulait pourtant être tenu au courant des ordres de Charles.

L’armée put se remettre en marche, approchant par le Sud-Ouest du champ où Cope avait déployé son armée. Trois bataillons campaient sur leurs positions, formant un angle droit. L’un se trouvait parallèlement à la route de Preston, les deux autres formaient deux rangées le long de celle menant de Tranent à Cockenzie, village de pêcheurs situé en bordure du Firth de Forth. Un quatrième bataillon se tenait en réserve.

Après avoir observé l’armée ennemie d’une éminence s’élevant près de Tranent, Charles convoqua les différents chefs de clans pour leur expliquer la situation et requérir leur avis. Après bien des palabres, on se mit d’accord pour contourner Tranent par l’Ouest, filer plus au Sud en direction de Seton, puis remonter les positions de Cope en franchissant la route de Preston à Seton. On se regrouperait en trois corps d’armée devant le remblai protégeant l’armée de Cope.

La nuit tomba et les Jacobites s’enroulèrent dans leurs manteaux sur l’herbe humide. Charles se retira sous une tente de fortune. On vint le prévenir qu’un fermier avait quelque chose d’important à lui dire. On le fit entrer. Il se nommait Robert Anderson et habitait Whitburgh.

– Il y a longtemps que j’espérais la venue d’un prince de votre Maison, Votre Altesse. Il se trouve que l’armée de Cope campe dans un champ qui m’appartient et je crois pouvoir vous aider.

Charles lui fit servir une chope de bière.

– Ce mur serait dangereux à franchir pour votre armée, mais Cope ignore qu’à un endroit caché par des broussailles, il y a une brèche assez large pour permettre à trois hommes d’y passer. J’y suis allé voir, Cope ne l’a pas découverte et elle n’est pas gardée. Je peux vous y conduire.

– Tu me proposes de profiter de la nuit pour y faire passer mon armée. J’envoie deux hommes en reconnaissance vérifier si ton plan est praticable. Conduis-les.

Charles voulait s’assurer que ce n’était pas un piège tendu par Cope. Les trois hommes revinrent un quart d’heure plus tard, affirmant que le plan avait toutes les chances de réussir.

Charles convoqua lord George et les chefs de clans pour leur exposer le plan de Robert Anderson. Ils furent d’accord pour agir à la faveur de la nuit. En dépit de ses protestations, le fermier s’en retourna chez lui avec une bourse bien remplie.

Dans le camp jacobite, on s’arma sans bruit, se formant en colonnes pour une fois disciplinées, chacun attendant son tour sans s’énerver. Les hommes se faufilèrent par la brèche débarrassée de ses broussailles et se rangèrent aussitôt selon l’ordre de bataille défini en colonnes s’étirant jusqu’à la mer, s’aplatissant dans les hautes herbes pour ne pas être aperçu des soldats de Cope, campés à moins de deux cents pas d’eux. Une première ligne de douze cents hommes fut ainsi formée, doublée par une seconde de six cents hommes sans fusils, mais avec des épées ou des faux fixées au bout de bâtons de huit pieds de long, armes redoutables dans les corps-à-corps.

Une fois la première ligne dirigée par lord George dissimulée sur ses positions, celui-ci envoya son ordonnance, le chevalier de Johnstone[1], veiller au passage de la seconde colonne, sous les ordres de Charles et de lord Nairn. Au moment précis où il aidait Charles à se couler par la brèche claqua le premier coup de fusil. À la faveur de l’aube naissante, en ce 21 septembre 1745, les sentinelles de Cope venaient de distinguer les soldats jacobites de la première ligne.



[1] C’est au chevalier de Johnstone que l’on doit le récit le plus précis de cette bataille, nommée par la suite bataille de Prestonpans, du nom d’un autre village côtier, situé juste au nord de Cockenzie.