lundi 16 septembre 2013

SOUFFLES DU BOUT DU MONDE


Les roses d’Ispahan

Danseuse peinte sur fresque au palais Aliqapu


Les roses du palais Chehelsotoon à Ispahan
 

Les roses d’Ispahan en foule dense

Sourient près des soucis en majesté

Le palais de Chel Sotun reflété

Dans l’eau murmurante se fait immense

 

Sourient près des soucis en majesté

Ces fleurs de sang et d’or et leur fragrance

Dans l’eau murmurante se fait immense

Mon cœur demeure dans l’obscurité

 

Ces fleurs de sang et d’or et leur fragrance

Disent que tout amour est vanité

Mon cœur demeure dans l’obscurité

T’aimant à Ispahan dans le silence

 


Disent que tout amour est vanité

Ces roses et leur immobile danse

T’aimant à Ispahan dans le silence

Je sais de cela l’inutilité.

 

Ispahan, avril 2013


Pique-nique royal dans les jardins d'Ispahan, palais Chehelsotoon
 
Tintine, qui ne doute de rien, s'y est enfin décidée : rassembler tous ses écrits rimés, composés lors de ses périples à l'autre vout du monde et en faire un album de poèmes, illustré de ses photos. Et voici, à acheter si vous voulez sur Blurb, ce livre : "Souffles du bout du monde"...

 

Journées du patrimoine en Mayenne

Coup de chapeau, coup de gueule

 

Le château de Hauterives et ses terrasses fleuries

Un écrin de roses pour cette élégante demeure du XVIII è siècle



Si les journées du Patrimoine des 14 et 15 septembre ouvrent chaque année des domaines privés au public, si elles sont souvent l’occasion de découvrir des merveilles de l’architecture française, elles peuvent aussi ouvrir sur des découvertes… moins agréables. Ainsi, du côté de Laval, en Mayenne, Hauterives à Argentré, l’ancienne propriété des Montalembert appartenant à présent à une charmante Canadienne a retrouvé toiture et chiens assis flambant neuf, crépi tout frais refait, murs d’enceinte des jardins remontés et surtout… Les plans d’un délicieux jardin imaginé par Lenôtre pour ce domaine et jamais réalisé faute de moyens ont enfin vu le jour. Entre les buis bien taillés et autour d’un charmant kiosque s’épanouit une roseraie servant d’écrin à ce bel édifice du XVIII è siècle offrant chambres d’hôtes dans le château ou le pigeonnier et salles de réunions ou de mariages dans un parc de quinze hectares.





Sainte Véronique à ND de Pritz


Le maître autel
Autre son de cloche, si l’on peut dire, pour la petite chapelle de Notre Dame de Pritz, datant des VIIIè aux XIè siècles. Construite près d’un ancien gué de la Mayenne, sur l’emplacement d’une villa romaine – on peut d’ailleurs voir un lech ou stèle gauloise près de la porte d’entrée aujourd’hui murée, datant du VI è siècle av JC – elle fut rénovée en 1024 par les moines bénédictins de l’abbaye de la Couture du Mans. Son cimetière fut longtemps le seul de Laval. Vendue le 12 germinal an II, en 1794, à un certain Julien Dupré, elle est restée depuis lors une propriété privée. Appartenant aujourd’hui à Mme Jeanne Laurent-Bellue, elle se trouve dans un état d’abandon lamentable, murs couverts de salpêtre, dalles disjointes et à peine propres. Etat d’autant plus alarmant qu’elle comporte les magnifiques gisants d’André Mérienne et de sa femme, des fresques du XI è siècle représentant notamment les Vieillards de l’Apocalypse sur des murs partant en lambeaux, la sixième station d’un chemin de croix grandeur nature autrefois sur le chemin de Pritz, sainte Véronique essuyant de son voile le visage du Christ, et un extraordinaire retable datant de 1677, œuvre du sculpteur Michel Lemesle. Que certains édifices religieux demeurent propriété privée, pourquoi pas s’ils sont entretenus. Mais que le précieux patrimoine d’une région soit ainsi menacé devrait faire réagir les Monuments Historiques. Bientôt, il ne sera plus temps…

 

Gisant d'André Mérienne


 

dimanche 15 septembre 2013

COUP DE COEUR


Expo au Bec-Hellouin


La splendide tour-donjon de
l'abbaye du Bec-Hellouin

 
L'élégante harmonoe des bâtiments conventuels
 

 
 Quel plus beau lieu pour exposer que le charmant village du Bec-Hellouin jouxtant la somptueuse abbaye anglo-normande ? Dans la salle des fêtes du village et jusqu’à la fin du mois, les artistes indépendants de Normandie montrent leurs œuvres. Cette année, la Palme d’Or est revenue à Erik, un jeune artiste dont Tintine suit attentivement les progrès, avant de pouvoir devenir un vrai mécène. Et pourquoi pas ?
Erik et sa Palme d'Or

Erik avec sa mère devant ses tableaux

Portrait d'une élégante des Années Folles

Outre une série de voiliers, thème qui l’a toujours inspiré, Erik oublie cette fois sa fascination pour les vieilles voitures ou tout autre rebut qui lui avait donné l’occasion de quelques compositions impressionnantes et son pinceau se fait délicat pour les élégantes des Années Folles. Un déjeuner sur l’herbe, une promenade à Villerville dans un envol de voiles délicats, une partie de canotage, autant de prétextes à des toiles tendres et nostalgiques.

Juste en face de son stand d’exposition, on peut remarquer les toiles puissantes et vivement colorées, avec beaucoup de matière et de force, de Florence Prigent-Humblot, une paysagiste presque abstraite mais recherchant sur sa palette de subtiles jeux de lumière, qui habite le bourg voisin de Saint-Cyr de Salernes. Elle aussi aime à peindre les teintes si changeantes de Normandie qui ont tant séduit les Impressionnistes.

 
Florence Prigent-Humblot devant sa cimposition "Reflets printanniers"



Deux artistes talentueux, à voir absolument.

vendredi 13 septembre 2013

VOYAGE A REBOURS



Malbork, la plus puissante forteresse d’Europe

et le siège des chevaliers teutoniques

 


Une formidabler machine de guerre


Les fresques et laes magnifiques voûtes de la
Salle des chevaliers
 

A soixante kilomètres au sud de Gdansk et de ses célèbres chantiers navals à présent presque désertés, sur les bords de la Nogat et au sein d’une région autrefois marécageuse, ce qui la rendait imprenable, s’élève cette puissante forteresse de brique occupant un terrain rectangulaire de vingt hectares et dégageant un incontestable charme romantique, même si le mot aurait déplu aux chevaliers.

 

Une formidable forteresse de brique

De gigantesques cuisines pour des appétits gargantuesques

Les statues des Grands Maîtres

Quand Malbork la coquette se mire dans les ondes












Quand Malbork résistait aux Suédois
Commencé de construire en 1275 jusque vers 1350, Malbork ou Marienburg en allemand devient le siège de l’ordre teutonique, autrefois situé à Venise. Il se compose du château bas avec l’arsenal et l’église Saint-Laurent, les réserves de vivres et les logements des serviteurs. Il y a ensuite l’avant-château où se déroulait la vie quotidienne et où se trouvaient, dans l’aile ouest, les appartements du Grand Maître et une cour à son usage privé, le rosarium, tandis que l’aile nord comprenait une salle à manger de 450 m2 et les appartements des hôtes illustres.  Les pièces étaient chauffées par un four central sur lequel reposait une grosse pierre dont la chaleur était répartie dans toute la salle par un système compliqué de canalisations.

La troisième partie, le château conventuel, appelé château haut, est la plus ancienne. Elle comporte une belle cour entourée de cellules pour les prisonniers, une salle capitulaire au premier étage, où l’on élisait le futur Grand-Maître. Son plafond en forme de palmier reposant sur trois colonnes symbolisait les trois vœux d’un chevalier teutonique : chasteté, pauvreté et obéissance. Entourant la porte d’or, réservée au Grand-Maître, des peintures représentent les cinq vierges sages de l’Ecriture tenant  leurs bols emplis d’huile sainte et, de l’autre côté, les vierges folles aux bols renversés, privées d’auréoles ! Au même étage était la chambre du trésor et le dortoir des chevaliers. Ils devaient dormir tout habillés à même le sol.

L’ensemble de la forteresse pouvait abriter jusqu’à mille chevaliers et serviteurs et était ceint de puissantes fortifications, tandis que la ville même se développait au sud. Si Malbork fut presque entièrement détruit en 1945 par l’Armée Rouge, il fut magnifiquement restauré par les efforts conjoints de l’Allemagne et de la Pologne et fait partie du patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1997.

 
Avant la course au leurre, chacun vérifie sa monture

En dépit du froid, de la pluie et du brouillard, on s'élance
pour le départ de la course au leurre


Les principaux ordres de chevalerie

Comme la plupart des ordres de chevalerie : Ordre du Temple, du Bain, de Saint-Georges, de Saint-Jean de Jérusalem devenu l’Ordre de Malte, du Saint-Sépulcre, de la Toison d’Or, de Saint-Michel, du Saint-Esprit  et d’autres encore ou, plus récemment, de la Légion d’Honneur, ces ordres de chevalerie, parfois de moines guerriers comme celui des chevaliers teutoniques, sont issus des croisades, du désir de préserver les lieux saints et, d’une façon plus générale, de faire triompher militairement la chrétienté sur les peuples encore barbares (il faut entendre par là non convertis à la foi catholique).

Celui des chevaliers teutoniques ne déroge pas à la règle, mais il a cette particularité d’être devenu un Etat monastique dès 1224. Au tout début du XIII è siècle, le duc Conrad Ier de Mazovie (centre et nord-est de la Pologne actuelle), impuissant à repousser les incessantes incursions des Borusses dans son duché, les Prussiens d’aujourd’hui, alors des barbares, fit appel aux chevaliers teutoniques et leur permit de s’installer dans ces territoires. L’empereur Frédéric II de Hohenstaufen confirma leurs privilèges, fit le Grand Maître de l’Ordre prince de l’Empire, lui donna la Prusse et la Livonie par la Bulle d’or impériale de Rimini, en mars 1226.

 
Un état monastique qui dure trois siècles

A l’apogée de sa puissance à la fin du XIV è siècle, le Grand Maître qui résidait toujours à Malbork avait sous ses ordres 28 commanderies, 46 châteaux, 700 chevaliers et plus de 6000 serviteurs, puissance jamais égalée par un autre ordre de chevalerie.

La course par des prairies détrempées est difficile...

Une joute de chevaliers pour fêter la victoire


Puis un grandiose banquet dans l'immense salle d'Arthus
chauffée par un poêle de faïence s'élevant
à la rencontre des voûtes
 

Le déclin commence avec la défaite de Grunwald en 1410, remportée par le roi polonais Ladislas Jagellon. Les chevaliers teutoniques se sont amollis dans le luxe, les défaites continuent, leurs territoires s’amoindrissent jusqu’au traité de Cracovie du 5 avril 1525, sécularisant cet Etat monastique en le faisant rentrer dans le giron de la Pologne, où il restera jusqu’en 1772.

Si l’ordre des chevaliers Teutoniques existe encore aujourd’hui, il a son siège à Vienne et plus aucune possession territoriale. Comme celui de Malte, il se consacre à des œuvres charitables.

 
Des joutes et tournois grandioses

Chaque week-end, du printemps à l’automne, des cascadeurs font revivre les tournois auxquels se livraient les chevaliers teutoniques de naguère. Une quinzaine de chevaliers portant les habits de Cour des Polonais au Moyen-Age disputent en pleine campagne, au pied des murailles de Malbork, une « course au leurre ». Il s’agit de reproduire exactement le parcours d’un piqueux agitant à plein galop une peau de bête, parcours d’environ cinq kilomètres à travers champs et bois en sautant des fossés, et d’accomplir le plus de tours possibles en une heure. Il a beaucoup plu. Le terrain est lourd et glissant. Les chevaux dérapent dans les virages ou en franchissant les obstacles, certains tombent. Les belles pelisses de velours doublés de renard ou de loup sont toutes crottées, les spectateurs grelottent sous la pluie qui commence à tomber dru, le brouillard s’en mêle, mais le spectacle est si beau et si naturel qu’on en oublie le froid…

Ensuite, des chevaliers en armures doivent, comme jadis, rompre des lances à l’intérieur d’une lice. Malheureusement le mauvais temps qui s’aggrave interrompt le spectacle. Le festin proposé aux chevaliers pour les récompenser d’une première victoire contre les archers suédois a lieu dans la grandiose Salle d’Arthur, véritable Salle d’Armes ornée d’une profusion de sculptures, d’étendards, d’armes et d’un rare poêle en faïence à la hauteur démesurée…  

vendredi 6 septembre 2013

ESCALE DANS LE JAPON TROPICAL


Okinawa, paradis des dieux et des Japonais

Jeune élégante à Naha
 



Une rue traditionnelle à Naha

Vue générale du port d'Okinawa

Contraste de couleurs et pub pour les immeubles
flambant neuf de Naha


 

Située à la latitude de Taïwan, Okinawa, la plus vaste des îles de l’archipel de Ryûkyû, est surtout connue pour la terrible bataille que s’y sont livrées durant la Seconde Guerre mondiale les forces armées américaines et japonaises. A la fin de la guerre, les îles les plus méridionales, dont Okinawa, furent placées sous le contrôle du gouverneur américain de Naha, la principale ville. Ce ne fut qu’en 1972 que l’archipel revint au Japon.

 
Aujourd’hui encore, plusieurs bases américaines et 50 000 Américains, tant civils que militaires, se partagent une bonne partie de l’île et l’on entend vrombir au-dessus de la forêt tropicale et des baies couleur turquoise des formations de Stealth, de F15 ou F22. En dépit du modernisme de Naha et de l’affluence des touristes japonais, la population d’Okinawa, qui s’est courageusement battue pour son empereur et a la même nationalité et le même statut que le reste des Japonais, continue à se considérer comme « à part ». Son dialecte, ses coutumes, croyances, danses et musique, arts martiaux enfin sont différents.

 
L’ancien royaume de Ryûkyû

Temple shintoïste de Namihoué à Nara
Nous sommes en 1477. Sho Shin n’a que douze ans lorsqu’il succède à son oncle, contraint d’abdiquer par la reine mère Yosoidon autour de laquelle s’est regroupée l’aristocratie locale, l’aji.  Sous la poigne de Yosoidon, le gouvernement se centralise à Shuri, actuelle Naha, et s’organise. A peine majeure, le roi contraint sa noblesse à lui remettre ses armes et à s’établir dans sa capitale. Il se dote en même temps d’une importante flotte de commerce à laquelle les empereurs chinois reconnaissent le droit de sillonner Chine et pays du sud-est asiatique. Okinawa possède en effet des gisements de souffre grâce auxquels les Chinois fabriquent leur poudre, et de robustes chevaux prisés des empereurs. En échange, les marins des Ryûkyû rapportent or, soie, objets manufacturés faisant évoluer les arts. La religion du royaume est alors un mélange d’animisme et de shintoïsme, les noro, les prêtresses, étant seules habilitées à converser avec les esprits. Pour conforter le pouvoir de la famille royale, Sho Shin pourvoit sa sœur préférée d’un titre qui va la placer au-dessus de toutes les autres prêtresses, celui de Kikoe-Ogimi, qui se transmettra à l’intérieur de la famille royale. Selon les croyances du royaume, une fois l’an, les divinités du royaume des morts viendraient visiter les utaki ou sanctuaires sacrés, pour apporter aux vivants paix et prospérité. Il existe plusieurs utaki à Okinawa, mais le plus vénéré reste celui de Seifa Utaki.
 
 
L'imposant château Shuri de Naha

Les maisons traditionnelles du pittoresque quartier
des potiers à Naha

La mystérieuse forêt de Seifa utaki, dans le sud de l'île,
où se pratiquaient les vieux cultes
 

Seifa Utaki est un lieu magique, non seulement pour sa beauté, mais aussi pour le mystère qu’il dégage. S’il n’y avait un sentier tracé, ce serait l’impénétrable jungle équatoriale hantée par de grosses vipères de plus de deux mètres de long. Ca et là se dressent des roches déchiquetées par les vents, les mêmes reliefs karstiques que ceux de la baie d’Halong ou du centre Laos. Une faille volcanique ménage un étroit passage par lequel on parvient à d’autres étranges roches.

De religion animiste imprégnée des croyances chinoises liées au culte des morts, Kikohe Ogimi prie les dieux de la forêt et les mannes de ses ancêtres de l’éclairer sur la voie qu’elle doit suivre. Soudain elle entend une voix venue du ciel lui ordonner de demeurer vierge et de régner au côté de son frère, puisque seules les femmes peuvent converser avec les esprits. La lignée des prophétesses se propagea de tante à nièce jusqu’à l’annexion des Ryûkyû par le Japon en 1879 et la création du département d’Okinawa. Ce qui n’empêche pas les jeunes filles d’Okinawa de venir toujours prier les esprits dans la forêt magique.

 
Naha, entre tradition et modernisme

Dans cette ville provinciale de 320 000 habitants, ancienne capitale du royaume de Ryûkyû, il suffit de traverser une rue pour se retrouver sept siècles en arrière. Desservie par un métro monorail aérien, elle est traversée par les Champs-Elysées d’Okinawa, la rue Kokusai, toujours animée. Là se dressent magasins de grandes marques mais aussi échoppes vendant des vêtements pour chiens ou des équipements et masques à faire frémir Dracula, grands ou petits restaurants, hôtels. La nuit, elle scintille de tous ses néons. Face au magasin Mitsukoshi s’ouvre le marché de Makishi proposant les spécialités de la cuisine d’Okinawa, pieds de porcs bouillis riches en collagène, algues en tout genre, poissons multicolores, pieuvres ventrues et légumes de toutes teintes, surtout les fameuses carottes jaunes. Au premier étage, on peut faire cuisiner ce qu’on vient d’acheter.

Au cœur du pittoresque quartier de Tsuboya aux petites maisons traditionnelles et aux jardinets ruisselants de fleurs se niche le quartier des potiers et son musée exhibant une poterie faite d’arabesques étalée surtout sur des fonds sombres, noirs, marine ou marron. Il abonde aussi en bistrots végétaliens, magasin de jouets très créatif, boutiques de mode branchées.

Quant au musée historique d’Okinawa à l’altière architecture, il permet de se faire une idée de l’histoire de l’île et de sa production artisanale, tissage des fibres, travail de la soie avec ajouts d’éléments imprimés, laque et verrerie. Une aile est réservée la peinture moderne et contemporaine.
 
La production du célèbre potier Fugikawa Manabu à Naha
Barques de pêcheurs à Mii Baru
 

Classé au patrimoine mondial de l’humanité même s’il a été reconstruit après les bombardements, le château Shurijo fut le siège du royaume de 1429 à 1879. D’un élégant style plus chinois que japonais, il est flanqué de deux bâtiments réservés aux hôtes de marque et se compose d’un vaste ensemble de pièces d’apparat et d’appartements privés. Deux portes y donnent accès, la Shureimon pour y entrer et la Shurijo pour en sortir. Non loin, le mausolée du roi Tamaundun a été creusé dans la roche en 1501. Puis c’est la vieille rue pavée du quartier Kinjo et ses maisons aux toits rouges, et enfin le paisible jardin Shikinaen si prisé de l’ancienne famille royale. Il ne faut pas manquer la maison historique d’Okinawa, bel ensemble de bâtiments en bois, et l’émouvant Mémorial de la Paix, dressé en bordure de mer.

Même si le pont menant à l’île de Kouri, au nord, est impressionnant, même s’il faut goûter à l’ambiance de Chathan, les baies les plus idylliques se situent au sud, telle celle de Mii Baru.

 
Ajouter une légendeLa célèbre grande roue de la
station balnéaire de Chathan


Pratique :

. Où dormir, au Cannaresort Villa, Tél. 098 968 7011, aux jolis bungalows situés près d’une plage privée au nord.

Au Ryûkyû Onsen/ Senagashima Onsen Hôtel à Okinawa, à l’agréable complexe de bains japonais mais demander une chambre loin de la piste d’envol, Tél. 098 851 7077.

. Où manger, au Penguin restaurant, à Noha Asato, ambiance typique et bonnes soupes, Tél. 098 887 46 45.

. Où manger en musique, à Shima Kaze, Higov, Kumejima-town, Tél. 098 985 7333, ambiance extra.

. Où acheter des poteries, au village de Yomitan, à l’atelier de Zan Gama, Tél. 098 958 0800.

 

 

 

CHEZ LA FEE MELUSINE


Luxembourg, le royaume enchanté de la fée Mélusine

 


Dans les eaux bleues de l'Izette s'ébattait la très belle fée Mélusine...


Ce joli petit train vert permet de parcourir la ville sans fatigue

Du viaduc, la vue est superbe sur ville et campagne


La Corniche, la partie la plus ancienne de la cité
 
 
Sa petite taille, 2586 km2 et ses 476 000 habitants, sa situation au cœur de l’Europe, son surnom de « Gibraltar du nord », sa capitale de Luxembourg coupée par un profond ravin que dominent de puissants restes de forteresse, tout, au Luxembourg, prête à la légende. Celle de Mélusine est si poétique qu’on a envie d’y croire…

 

L’amoureux de la fée Mélusine, fondateur de la ville

On raconte qu’en l’an mille, le comte Sigefroi, venu des Ardennes en traquant un cerf, rencontra, se baignant dans les eaux bleues de l’Alzette, une ravissante jeune fille dont il s’éprit et dont il fit son épouse. En mémoire de leur rencontre, il décida de ne plus quitter ces lieux et d’édifier pour sa belle un fortin sur l’éperon rocheux du Bock dominant cette vallée. Il acquit cette terre et y bâtit le Lucilinburhuc, le « petit château ». Ils y furent heureux et eurent deux enfants. La seule exigence de Mélusine était que le comte ne cherchât pas à la voir lorsqu’elle prenait son bain, mais un jour Sigefroi, n’y tenant plus de curiosité, pénétra dans la pièce et vit que la comtesse s’était changée en dragon ailé. Et Mélusine, désespérée que son secret fût découvert, car elle était fée, s’envola par la fenêtre du castel pour ne jamais revenir. On dit que depuis lors, elle hante toujours les eaux de l’Alzette et que certaines nuits, on peut encore l’entendre pleurer.

Là où la légende rejoint l’Histoire, est que l’on trouve trace de ce comte Sigefroi, qui a donné son nom à l’une des rues de la ville. Un document datant de 963 atteste qu’il acheta bien cette terre à l’abbaye Saint-Maximin de Trèves. Son fils, Conrad Ier, fut le premier à porter le nom de « comes de Luccelemburc », comte de Luxembourg. Au fil des ans, le petit comté s’agrandit jusqu’à occuper au XIII è siècle un vaste espace entre Meuse et Moselle. Au tout début du XIV è siècle, le comte Henri VII de Luxembourg est élu roi d’Allemagne. Ensuite, le comté connaît des fortunes diverses. Il est la propriété des ducs de Bourgogne, puis des Pays-Bas et même de la France au XVIII è siècle.

 
La création du Grand-Duché au congrès de Vienne en 1815

La place du Marché, si animée chaque samedi

On peut y achever les meilleurs produits du terroi



 
La carte de l’Europe est redessinée lorsque s’effondre l’empire de Napoléon. Il s’agit de créer un état tampon protégeant le reste de l’Europe de la France, les Pays-Bas, qui englobent Hollande et Luxembourg. Ce ne sera qu’au traité de Londres de 1839 que le Grand-Duché du Luxembourg, sous la souveraineté des Orange-Nassau, se sépare du Luxembourg belge, tout en restant dans l’orbite de l’Allemagne et des Pays-Bas. Ces liens vont se défaire peu à peu, notamment lors de la Première Guerre mondiale, quand le Luxembourg affirme sa neutralité. Nouvelle occupation militaire par les Allemands lors de la Seconde Guerre mondiale. Cette fois, la Grande-Duchesse Charlotte et le Gouvernement choisissent l’exil. Le Luxembourg est libéré par l’armée américaine le 10 septembre 1944 et la Grande-Duchesse rentre d’exil le 14 avril suivant. Reste à reconstruire un petit pays durement éprouvé.

Dans les années soixante, le Luxembourg devient une place financière avec laquelle il faut compter et s’inscrit dans la Grande Région, un espace de coopération transnationale englobant les villes de Luxembourg, Trèves, Sarrebruck et Metz, soit quelques onze millions d’habitants.

Pour ne pas gâcher tout le charme de la vieille cité que l’on parcourt facilement à pied ou à bicyclette, les tours du quartier des affaires se sont élevées au nord de la petite ville, dans le quartier du Kirchberg.

Le mariage du prince héritier Guillaume avec une jeune fille belge, la comtesse Stéphanie de Lannoy, le 20 octobre dernier en la cathédrale Notre-Dame de Luxembourg et les acclamations des Luxembourgeois prouvent combien ils sont attachés à leur histoire et à leur famille grand-ducale.

D'étranges lampadaires animent les principales rues

La nouvelle façade de glaces du Musée d'Histoire
s'harmonise bien à ses vieilles pierres

Du haut des remparts, la vue porte sur les jardins
 à la française, puis sur la cathédrale
 
 
Les casemates de la Pétrusse et du Bock

Flâner à pied à la découverte de la ville est la meilleure façon de la découvrir. En deux heures, on en fait le tour et l’on revient ensuite voir plus en détail ce que l’on a préféré. Ce qui frappe de prime abord à Luxembourg est le nombre des fortins, remparts, échauguettes, monumentales portes, puis les fortifications de Vauban érigées par les Français qui ont couvert jusqu’à 180 hectares, mais furent partiellement démembrées.

Pour mieux comprendre l’importance stratégique de cette ville et son surnom de « Gilbraltar du nord », il faut arpenter ses innombrables casemates de la Pétrusse et du Bock, emplacment du château du comte Sigefroi. Cet immense système de défense souterraine organisé par les Espagnols au XVII è siècle, puis par les Autrichiens au siècle suivant, fut sans cesse agrandi. Certaines galeries sont creusées jusqu’à 40 m de profondeur et serpente en leur monde souterrain sur plusieurs étages. Pendant les deux dernières guerres, elles servirent d’abri et pouvaient abriter jusqu’à 35 000 personnes. Après le démantèlement de la forteresse en 1867, la plupart furent murées, mais elles furent rouvertes au public en 1933. Elles sont classées au patrimoine de l’Unesco. Bien sûr, il serait dangereux de s’y aventurer seul et elles donnent lieu à deux visites différentes, se renseigner pour les heures et lieux de départ au City Tourist Office, 30, place Guillaume II ou sur www.Icto.lu. En sortant des galeries souterraines, gagnez le Chemin de la Corniche, le plus beau balcon de l’Europe, puis la vieille ville. Si vous êtes passionné d’histoire, vous pouvez aussi demander un plan du circuit Vauban permettant de parcourir une bonne partie de la ville-forteresse.

 
En parcourant la vieille ville

En pleine ville, la belle façade un peu austère du
Palais Grand-Ducal
Pleine de charme avec ses ruelles tortueuses et ses vieilles maisons, ses boutiques, elle donne la surprise d’être soudain trouée de places spacieuses aux bistrots permettant de déguster un verre du célèbre crémant du Luxembourg en se reposant. Au cœur de la vieille ville, le Marché-aux-poissons où se croisaient jadis deux voies romaines occupe l’emplacement des premiers marchés et est bordé de beaux bâtiments à arcades. Bien plus vaste est la place Guillaume II, datant du XVIII è siècle, où se trouvaient autrefois l’église et le couvent des franciscains. Elle abrite maintenant l’Hôtel de Ville et le City Tourist Office, d’agréables marchés des produits locaux, charcuteries, vins et formages surtout, le marché aux fleurs et des concerts en plein air à la belle saison. Plantée de tilleuls ombrageant ses innombrables bistrots et datant du XVII è siècle, la Place d’Armes, en pleine zone piétonne, est le rendez-vous préféré des jeunes et est toujours gaie et animée. Toute proche de la cathédrale et du quartier gouvernemental, la place Clairefontaine doit son nom à l’abbaye à laquelle elle appartenait. Complètement réaménagée dans les années 80, elle offre un vaste espace ceint de vieilles maisons.
Cendrillon n'aurait pas boudé ces escarpins en chocolat de la
Chocolate House

Les pains de la gastronomie luxembourgeoise sont à juste titre célèbres

C’est aussi au cœur de la vieille ville que s’élève le palais grand-ducal datant de la Renaissance mais partiellement reconstruit après une explosion de poudre au XVI è siècle. C’est la résidence de ville de la famille grand-ducale, qui ne se visite pas. Ayant d’abord servi d’hôtel de ville, il n’a ni jardin ni espace vert. C’est aussi dans la vieille ville que l’on peut visiter le musée d’Histoire de la ville de Luxembourg, le plus intéressant pour comprendre cette ville si vous ne deviez en voir qu’un. Sa façade de verrières ultra modernes, son étonnant ascenseur aussi vaste qu’un salon s’intègrent bien dans un ensemble de quatre demeures historiques et donne une exacte idée de l’extraordinaire essor de cette ville depuis sa fondation au X è siècle. 14, rue du Saint-esprit et voir à www.mhvl.lu.

 
Le Mudam, le musée d’Art Moderne Grand-Duc Jean

Inauguré en 2006 et conç par l’architecte Ieoh Ming Pei, le célèbre architecte de la Pyramide du Louvre, ce musée d’Art contemporain rend hommage aux 25 ans de règne du Grand-Duc Jean, le père de l’actuel chef de l’Etat. Il se dresse sur le plateau de Kirchberg, face à la vieille ville, intégrant dans ses étonnantes structures jouant comme toujours chez Ming Pei avec la lumière les restes de l’ancien fort Thüngen. Même défi que pour le Louvre, quand une architecture futuriste fait revivre les vieilles pierres. Son Grand Hall aux dimensions d’une nef de cathédrale, ses escaliers s’envolant vers les airs, les vues ménagées sur l’extérieur et l’habile mélange de pierre dorée et de verre font que extérieur et intérieur ne cessent de se mêler en un harmonieux mélange. Mudam, 3, ParkDraï Eechelen et voir www.mudam.lu.

 

Fiche pratique

Comment y aller

En deux heures 06, un TGV relie plusieurs fois par jours Paris au Luxembourg. Si on réserve à l’avance, on trouve des places à 25E.

Où dormir

. Au « Le place d’Armes », au N° 18 de cette place, cet hôtel de charme mêle agréablement meubles anciens et contemporains. www.hotel-leplacedarmes.com.

. Charmant mais moins luxueux, l’hôtel Simoncini, 6, rue Notre-Dame et www.hotelsimoncini.lu est nettement plus abordable.

Où se restaurer

. Au restaurant Am Tiirmschen, au cœur de l’îlot gastronomique du Fëschmaart, 32, rue de L’eau et www.amtiirmschen.lu pour goûter quelques spécialités dont le fameux knidelen, sorte de gnocchis au roquefort.

. Au Mesa Verde du 11, rue du Saint-Esprit et www.mesa.lu pour essayer la cuisine végétarienne luxembourgeoise dans une étonnante ambiance.

Où déguster vins et chocolats

. Ouvert depuis juin 2012 et redécoré par Pascal Allaman, le Café de Paris du Place d’Armes est un vrai bar à vins permettant de s’initier aux vignobles luxembourgeois.

. A la Chocolate House du 20, rue du Marché aux-Herbes, juste en face du palais Grand-Ducal et www.chocobonn.lu, Nathalie Bonn vous fera tester ses audacieux mélanges.