vendredi 6 septembre 2013

ESCALE DANS LE JAPON TROPICAL


Okinawa, paradis des dieux et des Japonais

Jeune élégante à Naha
 



Une rue traditionnelle à Naha

Vue générale du port d'Okinawa

Contraste de couleurs et pub pour les immeubles
flambant neuf de Naha


 

Située à la latitude de Taïwan, Okinawa, la plus vaste des îles de l’archipel de Ryûkyû, est surtout connue pour la terrible bataille que s’y sont livrées durant la Seconde Guerre mondiale les forces armées américaines et japonaises. A la fin de la guerre, les îles les plus méridionales, dont Okinawa, furent placées sous le contrôle du gouverneur américain de Naha, la principale ville. Ce ne fut qu’en 1972 que l’archipel revint au Japon.

 
Aujourd’hui encore, plusieurs bases américaines et 50 000 Américains, tant civils que militaires, se partagent une bonne partie de l’île et l’on entend vrombir au-dessus de la forêt tropicale et des baies couleur turquoise des formations de Stealth, de F15 ou F22. En dépit du modernisme de Naha et de l’affluence des touristes japonais, la population d’Okinawa, qui s’est courageusement battue pour son empereur et a la même nationalité et le même statut que le reste des Japonais, continue à se considérer comme « à part ». Son dialecte, ses coutumes, croyances, danses et musique, arts martiaux enfin sont différents.

 
L’ancien royaume de Ryûkyû

Temple shintoïste de Namihoué à Nara
Nous sommes en 1477. Sho Shin n’a que douze ans lorsqu’il succède à son oncle, contraint d’abdiquer par la reine mère Yosoidon autour de laquelle s’est regroupée l’aristocratie locale, l’aji.  Sous la poigne de Yosoidon, le gouvernement se centralise à Shuri, actuelle Naha, et s’organise. A peine majeure, le roi contraint sa noblesse à lui remettre ses armes et à s’établir dans sa capitale. Il se dote en même temps d’une importante flotte de commerce à laquelle les empereurs chinois reconnaissent le droit de sillonner Chine et pays du sud-est asiatique. Okinawa possède en effet des gisements de souffre grâce auxquels les Chinois fabriquent leur poudre, et de robustes chevaux prisés des empereurs. En échange, les marins des Ryûkyû rapportent or, soie, objets manufacturés faisant évoluer les arts. La religion du royaume est alors un mélange d’animisme et de shintoïsme, les noro, les prêtresses, étant seules habilitées à converser avec les esprits. Pour conforter le pouvoir de la famille royale, Sho Shin pourvoit sa sœur préférée d’un titre qui va la placer au-dessus de toutes les autres prêtresses, celui de Kikoe-Ogimi, qui se transmettra à l’intérieur de la famille royale. Selon les croyances du royaume, une fois l’an, les divinités du royaume des morts viendraient visiter les utaki ou sanctuaires sacrés, pour apporter aux vivants paix et prospérité. Il existe plusieurs utaki à Okinawa, mais le plus vénéré reste celui de Seifa Utaki.
 
 
L'imposant château Shuri de Naha

Les maisons traditionnelles du pittoresque quartier
des potiers à Naha

La mystérieuse forêt de Seifa utaki, dans le sud de l'île,
où se pratiquaient les vieux cultes
 

Seifa Utaki est un lieu magique, non seulement pour sa beauté, mais aussi pour le mystère qu’il dégage. S’il n’y avait un sentier tracé, ce serait l’impénétrable jungle équatoriale hantée par de grosses vipères de plus de deux mètres de long. Ca et là se dressent des roches déchiquetées par les vents, les mêmes reliefs karstiques que ceux de la baie d’Halong ou du centre Laos. Une faille volcanique ménage un étroit passage par lequel on parvient à d’autres étranges roches.

De religion animiste imprégnée des croyances chinoises liées au culte des morts, Kikohe Ogimi prie les dieux de la forêt et les mannes de ses ancêtres de l’éclairer sur la voie qu’elle doit suivre. Soudain elle entend une voix venue du ciel lui ordonner de demeurer vierge et de régner au côté de son frère, puisque seules les femmes peuvent converser avec les esprits. La lignée des prophétesses se propagea de tante à nièce jusqu’à l’annexion des Ryûkyû par le Japon en 1879 et la création du département d’Okinawa. Ce qui n’empêche pas les jeunes filles d’Okinawa de venir toujours prier les esprits dans la forêt magique.

 
Naha, entre tradition et modernisme

Dans cette ville provinciale de 320 000 habitants, ancienne capitale du royaume de Ryûkyû, il suffit de traverser une rue pour se retrouver sept siècles en arrière. Desservie par un métro monorail aérien, elle est traversée par les Champs-Elysées d’Okinawa, la rue Kokusai, toujours animée. Là se dressent magasins de grandes marques mais aussi échoppes vendant des vêtements pour chiens ou des équipements et masques à faire frémir Dracula, grands ou petits restaurants, hôtels. La nuit, elle scintille de tous ses néons. Face au magasin Mitsukoshi s’ouvre le marché de Makishi proposant les spécialités de la cuisine d’Okinawa, pieds de porcs bouillis riches en collagène, algues en tout genre, poissons multicolores, pieuvres ventrues et légumes de toutes teintes, surtout les fameuses carottes jaunes. Au premier étage, on peut faire cuisiner ce qu’on vient d’acheter.

Au cœur du pittoresque quartier de Tsuboya aux petites maisons traditionnelles et aux jardinets ruisselants de fleurs se niche le quartier des potiers et son musée exhibant une poterie faite d’arabesques étalée surtout sur des fonds sombres, noirs, marine ou marron. Il abonde aussi en bistrots végétaliens, magasin de jouets très créatif, boutiques de mode branchées.

Quant au musée historique d’Okinawa à l’altière architecture, il permet de se faire une idée de l’histoire de l’île et de sa production artisanale, tissage des fibres, travail de la soie avec ajouts d’éléments imprimés, laque et verrerie. Une aile est réservée la peinture moderne et contemporaine.
 
La production du célèbre potier Fugikawa Manabu à Naha
Barques de pêcheurs à Mii Baru
 

Classé au patrimoine mondial de l’humanité même s’il a été reconstruit après les bombardements, le château Shurijo fut le siège du royaume de 1429 à 1879. D’un élégant style plus chinois que japonais, il est flanqué de deux bâtiments réservés aux hôtes de marque et se compose d’un vaste ensemble de pièces d’apparat et d’appartements privés. Deux portes y donnent accès, la Shureimon pour y entrer et la Shurijo pour en sortir. Non loin, le mausolée du roi Tamaundun a été creusé dans la roche en 1501. Puis c’est la vieille rue pavée du quartier Kinjo et ses maisons aux toits rouges, et enfin le paisible jardin Shikinaen si prisé de l’ancienne famille royale. Il ne faut pas manquer la maison historique d’Okinawa, bel ensemble de bâtiments en bois, et l’émouvant Mémorial de la Paix, dressé en bordure de mer.

Même si le pont menant à l’île de Kouri, au nord, est impressionnant, même s’il faut goûter à l’ambiance de Chathan, les baies les plus idylliques se situent au sud, telle celle de Mii Baru.

 
Ajouter une légendeLa célèbre grande roue de la
station balnéaire de Chathan


Pratique :

. Où dormir, au Cannaresort Villa, Tél. 098 968 7011, aux jolis bungalows situés près d’une plage privée au nord.

Au Ryûkyû Onsen/ Senagashima Onsen Hôtel à Okinawa, à l’agréable complexe de bains japonais mais demander une chambre loin de la piste d’envol, Tél. 098 851 7077.

. Où manger, au Penguin restaurant, à Noha Asato, ambiance typique et bonnes soupes, Tél. 098 887 46 45.

. Où manger en musique, à Shima Kaze, Higov, Kumejima-town, Tél. 098 985 7333, ambiance extra.

. Où acheter des poteries, au village de Yomitan, à l’atelier de Zan Gama, Tél. 098 958 0800.

 

 

 

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