vendredi 13 septembre 2013

VOYAGE A REBOURS



Malbork, la plus puissante forteresse d’Europe

et le siège des chevaliers teutoniques

 


Une formidabler machine de guerre


Les fresques et laes magnifiques voûtes de la
Salle des chevaliers
 

A soixante kilomètres au sud de Gdansk et de ses célèbres chantiers navals à présent presque désertés, sur les bords de la Nogat et au sein d’une région autrefois marécageuse, ce qui la rendait imprenable, s’élève cette puissante forteresse de brique occupant un terrain rectangulaire de vingt hectares et dégageant un incontestable charme romantique, même si le mot aurait déplu aux chevaliers.

 

Une formidable forteresse de brique

De gigantesques cuisines pour des appétits gargantuesques

Les statues des Grands Maîtres

Quand Malbork la coquette se mire dans les ondes












Quand Malbork résistait aux Suédois
Commencé de construire en 1275 jusque vers 1350, Malbork ou Marienburg en allemand devient le siège de l’ordre teutonique, autrefois situé à Venise. Il se compose du château bas avec l’arsenal et l’église Saint-Laurent, les réserves de vivres et les logements des serviteurs. Il y a ensuite l’avant-château où se déroulait la vie quotidienne et où se trouvaient, dans l’aile ouest, les appartements du Grand Maître et une cour à son usage privé, le rosarium, tandis que l’aile nord comprenait une salle à manger de 450 m2 et les appartements des hôtes illustres.  Les pièces étaient chauffées par un four central sur lequel reposait une grosse pierre dont la chaleur était répartie dans toute la salle par un système compliqué de canalisations.

La troisième partie, le château conventuel, appelé château haut, est la plus ancienne. Elle comporte une belle cour entourée de cellules pour les prisonniers, une salle capitulaire au premier étage, où l’on élisait le futur Grand-Maître. Son plafond en forme de palmier reposant sur trois colonnes symbolisait les trois vœux d’un chevalier teutonique : chasteté, pauvreté et obéissance. Entourant la porte d’or, réservée au Grand-Maître, des peintures représentent les cinq vierges sages de l’Ecriture tenant  leurs bols emplis d’huile sainte et, de l’autre côté, les vierges folles aux bols renversés, privées d’auréoles ! Au même étage était la chambre du trésor et le dortoir des chevaliers. Ils devaient dormir tout habillés à même le sol.

L’ensemble de la forteresse pouvait abriter jusqu’à mille chevaliers et serviteurs et était ceint de puissantes fortifications, tandis que la ville même se développait au sud. Si Malbork fut presque entièrement détruit en 1945 par l’Armée Rouge, il fut magnifiquement restauré par les efforts conjoints de l’Allemagne et de la Pologne et fait partie du patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1997.

 
Avant la course au leurre, chacun vérifie sa monture

En dépit du froid, de la pluie et du brouillard, on s'élance
pour le départ de la course au leurre


Les principaux ordres de chevalerie

Comme la plupart des ordres de chevalerie : Ordre du Temple, du Bain, de Saint-Georges, de Saint-Jean de Jérusalem devenu l’Ordre de Malte, du Saint-Sépulcre, de la Toison d’Or, de Saint-Michel, du Saint-Esprit  et d’autres encore ou, plus récemment, de la Légion d’Honneur, ces ordres de chevalerie, parfois de moines guerriers comme celui des chevaliers teutoniques, sont issus des croisades, du désir de préserver les lieux saints et, d’une façon plus générale, de faire triompher militairement la chrétienté sur les peuples encore barbares (il faut entendre par là non convertis à la foi catholique).

Celui des chevaliers teutoniques ne déroge pas à la règle, mais il a cette particularité d’être devenu un Etat monastique dès 1224. Au tout début du XIII è siècle, le duc Conrad Ier de Mazovie (centre et nord-est de la Pologne actuelle), impuissant à repousser les incessantes incursions des Borusses dans son duché, les Prussiens d’aujourd’hui, alors des barbares, fit appel aux chevaliers teutoniques et leur permit de s’installer dans ces territoires. L’empereur Frédéric II de Hohenstaufen confirma leurs privilèges, fit le Grand Maître de l’Ordre prince de l’Empire, lui donna la Prusse et la Livonie par la Bulle d’or impériale de Rimini, en mars 1226.

 
Un état monastique qui dure trois siècles

A l’apogée de sa puissance à la fin du XIV è siècle, le Grand Maître qui résidait toujours à Malbork avait sous ses ordres 28 commanderies, 46 châteaux, 700 chevaliers et plus de 6000 serviteurs, puissance jamais égalée par un autre ordre de chevalerie.

La course par des prairies détrempées est difficile...

Une joute de chevaliers pour fêter la victoire


Puis un grandiose banquet dans l'immense salle d'Arthus
chauffée par un poêle de faïence s'élevant
à la rencontre des voûtes
 

Le déclin commence avec la défaite de Grunwald en 1410, remportée par le roi polonais Ladislas Jagellon. Les chevaliers teutoniques se sont amollis dans le luxe, les défaites continuent, leurs territoires s’amoindrissent jusqu’au traité de Cracovie du 5 avril 1525, sécularisant cet Etat monastique en le faisant rentrer dans le giron de la Pologne, où il restera jusqu’en 1772.

Si l’ordre des chevaliers Teutoniques existe encore aujourd’hui, il a son siège à Vienne et plus aucune possession territoriale. Comme celui de Malte, il se consacre à des œuvres charitables.

 
Des joutes et tournois grandioses

Chaque week-end, du printemps à l’automne, des cascadeurs font revivre les tournois auxquels se livraient les chevaliers teutoniques de naguère. Une quinzaine de chevaliers portant les habits de Cour des Polonais au Moyen-Age disputent en pleine campagne, au pied des murailles de Malbork, une « course au leurre ». Il s’agit de reproduire exactement le parcours d’un piqueux agitant à plein galop une peau de bête, parcours d’environ cinq kilomètres à travers champs et bois en sautant des fossés, et d’accomplir le plus de tours possibles en une heure. Il a beaucoup plu. Le terrain est lourd et glissant. Les chevaux dérapent dans les virages ou en franchissant les obstacles, certains tombent. Les belles pelisses de velours doublés de renard ou de loup sont toutes crottées, les spectateurs grelottent sous la pluie qui commence à tomber dru, le brouillard s’en mêle, mais le spectacle est si beau et si naturel qu’on en oublie le froid…

Ensuite, des chevaliers en armures doivent, comme jadis, rompre des lances à l’intérieur d’une lice. Malheureusement le mauvais temps qui s’aggrave interrompt le spectacle. Le festin proposé aux chevaliers pour les récompenser d’une première victoire contre les archers suédois a lieu dans la grandiose Salle d’Arthur, véritable Salle d’Armes ornée d’une profusion de sculptures, d’étendards, d’armes et d’un rare poêle en faïence à la hauteur démesurée…  

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire