mardi 15 mars 2011

EXOTISME : AU ROYAUME DE RATATOUILLE

Bikaner et le temple des rats

Sieste en famille chez les nomades du Thar
Gamins dévalant une dune
 dans le désert du Thar

Bikaner, la ville jaillie du désert du Thar
Ce fut au XV è siècle que le rao Jodha, maharaja de Jodhpur, confia une armée à son turbulent fils Bika pour l’occuper en pacifiant les belliqueux nomades du Thar qui menaçait son propre royaume et fonder, où il n’y avait que sable, une ville et un Etat. Les travaux allèrent bon train. Bika ne se contenta pas de régner sur un palais et quelques arpents de sable, il voulut aussi rendre fertiles les terres arides que lui abandonna son père. Il multiplia puits, barrages et canaux jusqu’à faire un Eden enchanté de cette partie du désert du Thar. Il y attira commerçants et artisans. Les caravanes de la Route de la Soie et des Epices, enchantées de pouvoir y trouver caravansérails, eau et vivres, firent désormais un crochet par Bikaner, la ville de Bika, avant de continuer leur chemin vers le nord et l’est.

Junagarth Forth et son oasis créés par le prince Bika

Détail du palais de grès rose et marbre blanc
Un siècle plus tard, l’un des descendants de Bika, le raja Rai Singh, un allié d’Akbar le Très Grand, le plus célèbre des empereurs moghols venus de Turquie, eut à cœur de peaufiner l’œuvre de son ancêtre. Il bâtit Junagarth. De siècle en siècle, cette formidable forteresse du Junagarth Fort, couleur de sable, se trouva dotée de nouvelles cours, palais et temples jusqu’à devenir ce prodigieux labyrinthe de grès rose et de marbre blanc qu’elle est toujours.
La mode architecturale en Inde suppose en effet que chaque nouvelle génération offre sa contribution aux palais existants, non pas en les rénovant ou en les modernisant, mais en y ajoutant une aile neuve dotée de nouveaux décors, de peintures plus somptueuses, de balcons mieux ajourés, plus aériens.

Le souvenir des princesses immolées

Empreintes des mains
 des princesses immolées
Après avoir franchi le premier porche, on pénètre sous un second, aux murs intérieurs marqués des empreintes peintes en rouge des mains des princesses défuntes. C’étaient celles des veuves que l’on obligeait jadis à suivre la coutume du « sati », l’immolation par le feu à la mort de leur époux. Les occupants britanniques ont bien sûr aboli cette barbare coutume aux XIX è siècle, mais on murmure qu’elle existerait malheureusement toujours dans des coins isolés de l’Union Indienne. 
Que reste-t-il aujourd’hui de ces pauvres princesses ? Peut-être leurs ombres hantent-elles encore le Hall d’audience du Karan Mahal, aux peintures délicates et au massif trône d’argent ? On entend comme un écho de leurs rires dans le féerique Palais des Fleurs aux fresques si précises qu’on croirait humer leur parfum. Ont-elles tremblé, un soir d’orage, dans le poétique Palais des Nuages au ciel azuré zébré d’éclairs ? Ont-elle réjoui de leurs danses la maharani en sa Chambre d’Eté et poussé la balancelle de Krishna – le Kama Sutra, le plus vieux précis d’amour connu célèbre un Art d’Aimer parfois assez acrobatique, lorsqu’il est par exemple pratiqué sur des balancelles… Un couple à demi nu est alors censé se rencontrer en plein vol et le « lingam » bien dressé de l’amant pénétrer en une seule poussée le « yoni » offert de son amoureuse…

Chambre de la maharani
A la fenêtre d'une maison de la vieille ville
Petite nomade du Thar
Un saint ascète qui aimait les rats
On dit que le rao Bika dut sa victoire sur les terribles guerriers du Thar à l’intercession d’un saint ascète qui vivait à une trentaine de kilomètres de là, vers le Sud. Il accorda sa bénédiction au prince Bika, qui promit de lui faire ériger un sanctuaire s’il revenait victorieux. Et il tint parole.
Le Temple des Rats et sa belle façade ouvragée

Le Shri Karni Mata Temple s’élève à l’endroit où priait jadis Shri Karni Mata, aujourd’hui dans une pauvre bourgade que personne ne connaîtrait s’il n’y avait ce délicieux temple aux élégants portiques de marbre blanc et aux portes d’argent finement sculptées.
Pèlerins venus honorer les rats
Peu à peu, les rats y proliférèrent. L’ascète ne les chassa pas et, depuis lors, personne ne s’y est risqué. Les villageois, épris de merveilleux comme le sont les Indiens, trouvèrent une raison à leur présence. Ils vénèrent en effet cet endroit en mémoire du saint homme, mais ils y apportent aussi chaque jour des offrandes de lait, farine, noix et fruits pour nourrir cette extraordinaire colonie de rats, bien sûr en liberté dans l’enceinte du temple, nullement farouches ou agressifs. Si les villageois se rendent ici pour les prier et les protéger, c’est parce qu’ils les considèrent comme les réincarnations de leurs propres enfants morts en bas âge. Délicieuse et poétique croyance…
Le festin des rats

Des brahmanes cuisiniers pour les servir
Une foule nombreuse se presse devant les portes d’argent. Les pèlerins sont chargés de sacs de nourriture qu’ils déposent au cœur du sanctuaire où une statue, d’argent aussi, figure le saint ascète. Il faut se déchausser pour entrer dans le temple, mais seuls les hindous peuvent s’agenouiller devant la statue. Les autres doivent se contenter de regarder, mais ils ont le droit de déambuler dans le reste du sanctuaire, photographier, nourrir et même caresser les petits rongeurs. Si on voit un rat blanc, c’est de la chance assurée pour toute une année !
Derrière le sanctuaire proprement dit s’ouvrent de vastes cuisines où les brahmanes et leurs aides font mijoter le contenu d’énormes chaudrons sur des feux d’enfer. C’est une bouillie de lait agrémentée de fruits secs et de flocons de céréales que l’on fait cuire ainsi. Le repas ordinaire d’un bébé, en somme…
Une grande cour enserre cette partie la plus sacrée du temple. Des câbles sont tendus au-dessus pour empêcher les prédateurs de s’offrir un festin de petits rongeurs. Des entrepôts pleins de farine et de sacs de blé constituent aussi les repaires de prédilection des rats, mais comme tout leur est destiné, nul ne songerait à les empêcher d’y goûter un peu plus tôt que prévu.

Au paradis de Ratatouille !

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TINTINE DANS LE MORBIHAN

Tintine au pays de Bécassine

Les dolmens érigés en cercle dont une partie est sous la mer
Les voiliers n'ont pas encore pris la mer

C’est d’un pied alerte que Tintine saute à bord du « Passeur des îles », robuste chalut construit sur le modèle des bateaux de pêche et qui assure pour la Compagnie maritime de Port Navalo des tours sur mesure dans le Golfe du Morbihan.
Tintine s'en va en bateau sur le Golfe
Elle n’a d’ailleurs pas grand mérite à avoir le pied marin, le Golfe est lisse, le soleil brille, rafraîchi par une bonne brise. Le Passeur se faufile entre l’île Longue et la pointe de Penbert, Er Lannic et son cromlec’h, ses dolmens formant un cercle dont une partie gît sous l’eau car les flots ont monté au cours des siècles, l’île de Berder et celle de la Jument, longeant ensuite l’île aux Moines, la plus longue du Golfe qui n’a pourtant jamais compté de monastère. La mer prend des teintes tropicales alliant toutes les sortes de bleues et rivalisant avec le ciel, les pins adoucissent les rochers de duc granit. Ca et là brillent les maisons claires des ports, Larmor-Baden, Port Blanc ou Port Anna. Les thermos de café sont les bienvenus en dépit du beau temps, mais à cette période, peu de voiliers encore s’aventurent sur le Golfe.

Dégustation au Bar à Huîtres de port Navalo
Surprise du chef au Grand Largue
A Port Navalo où Tintine débarque après cette belle balade de près de trois heures, une dégustation d’huître accompagnée des meilleurs muscadets du domaine Pierre Luneau-Papin l’attend, ainsi que les autres passagers, sur la terrasse du bar à huîtres planté face à la mer. Quelques pas et la voici attablée au restaurant du Grand Largue, où Hélène et Serge Adam régalent les convives d’un assortiment de coquillages dont le curieux « pousse-pied » si prisé en Espagne et de caviar à la chlorophylle d’algue, puis du homard bleu au bouillon et Kari Gosse.

Exposition Pop'Arzon sur le môle du port
L’originale exposition  de plein air Pop’Arzon permet une agréable promenade dans le délicieux village d’Arzon, dont le môle et certaines façades de maisons sont décorés d’œuvres éclatantes de couleurs, façon Andy Warhol. Pour les réaliser, tous les habitants ont été mis à contribution, recherchant des photos anciennes, des cartes postales d’autrefois illustrant la vie dans cette presqu’île de Rhuys. Dix-neuf œuvres en vinyle thermocollé s’étalent ainsi sur des surfaces plus ou moins planes en épousant la forme des pierres ou des briques. C’est follement gai, émouvant, spectaculaire.


De vieilles photos réactualisées

Une crique paisible à Arzon
Après quelques heures passées à batifoler dans les eaux salées du spa Miramar Crouesty ou à transpirer dans le hammam, Tintine est d’attaque pour faire honneur au dîner-cocktail du moulin marin de Pen Castel. Restauré à grands frais et avec talent par la commune d’Arzon, il offre son bel espace de pierre brute surmontée d’une impressionnante charpente à des expositions saisonnières, en l’occurrence des photos. En son centre, une plaque de verre permet de surveiller le mouvement des marées qui actionnait jadis les roues du moulin. Saumon fumé, rillettes de thon et savoureux tome de Rhuys laissant sur la langue un goût un peu piquant emplissent de monstrueux plateaux.

Le moulin marin de Pen Castel

Symphonie de noir et blanc pour le hall
 du Miramar Crouesty
Et pour se remettre en forme après ses agapes, Tintine goûte à nouveau aux plaisirs du spa, puis à la cuisine diététique du chef du Miramar Crouesty, Yves Toublanc. Et Tintine de trinquer en humant avec volupté les aromes du « Pueri Solis » 2005, la cuvée symbolique du domaine Pierre Luneau-Papin : « Et par sainte Anne, vive la Bretagne ! »

Adresses utiles
Le Passeur des îles : www.passeurdesiles.com
Grand Largue : larguedam@wanadoo.fr
Pop’Arzon : www.poparzon.com
Moulin de Pen Castel : moulinpencastel@crouesty.fr
Office du tourisme Arzon-Port Navalo-Port du Crouesty : crouesty@crouesty.fr
Tome de Rhuys : tomederhuys@orange.fr
Domaine Pierre Luneau-Papin : domaineluneaupapin@wanadoo.fr
Miramar Crouesty : reservation@miramarcrouesty.com

mercredi 2 mars 2011

EN VOYAGE N°6



                                                 Avril 2011



Petite nomade venue du Thar
 
Découvrir le royaume enchanté
de Pierre Loti
Suivre Tintine dans le Morbihan
Explorer l'Ecosse
avec le dernier des Stuart
Se rendre au Temple des Rats


TINTINE ET LES REFUGES D'ECRIVAINS

A Rochefort, le domaine enchanté de Pierre Loti


Dans ce métier de solitude qu’est l’écriture, le cadre joue un rôle de premier plan. L’écrivain s’y retrouve seul avec son œuvre, il y vit en famille, y reçoit ses amis. Ce refuge un peu magique reflète la nostalgie que pouvait garder Pierre Loti de ses voyages de marin.
Pour prouver à ses confrères académiciens
qu'il ne portait pas de corset !

En cheik arabe


Une maison de modeste apparence

Pierre Loti, de son vrai nom Julien Viaud, dut à la marine où il s’engagea tout jeune son goût pour les voyages. Cette maison de modeste apparence, sise dans une petite rue de Rochefort, fut acquise par son grand-père maternel. De pièce en pièce, le décor change. D’abord austère et familial dans le salon rouge, il se fait féminin et raffiné dans le salon bleu, puis« troubadour » ou exotique dans son domaine, quand il fut devenu écrivain sous le pseudonyme de Pierre Loti. Si ses premiers romans, Azyadé et Le Mariage de Loti, furent publiés sans nom d’auteur, leur succès l’incita à signer du nom de Pierre Loti les suivants. Et ce furent Le Roman d’un spahi, Mon frère Yves, Pêcheur d’Islande, Madame Chrysanthème, l’élection à l’Académie française à quarante ans, Ramuntcho, Les Derniers jours de Pékin, Un pèlerin d’Angkor et bien d’autres.

 

Le salon pseudo-gothique

La mezzanine de même style

 

Grâce à ses succès, Pierre Loti put s’adonner à ses rêves de décorateur. L’immense salle Renaissance, en fait « troubadour », est digne des délires d’un Louis II de Bavière.

Le cénotaphe d'Azaidé

Le salon des armes
Juché sur le premier palier de l’escalier, Loti, qui avait toujours souffert de sa petite taille, attendait ses hôtes avant de les introduire dans la salle gothique. Ensuite on accède à un univers oriental, un lieu de poésie et de réception précédant le salon turc et la chambre arabe, où Loti aimait se retirer pour rêver et se souvenir.

Pour en savoir plus :
Divan oriental


Souvenirs de Turquie et Syrie
Maison de Pierre Loti, 141, rue Pierre Loti, 17300 Rochefort, Tél. : 05 46 99 16 88.

EN ECOSSE AVEC BONNIE

L’Ecosse avec le dernier des Stuart

En Ecosse, mais surtout dans les Highlands, sauvages contrées du Nord, on vénère la mémoire de Bonnie prince Charlie, le dernier des Stuart qui tenta de reconquérir son royaume à la pointe de son épée sous le règne de Louis XV.
Charles Stuart, beau, adulé et follement brave
  
Un roi sans couronne
Né en 1720 à Rome, Charles Stuart connut l’existence difficile des exilés. En visite à Versailles, il sut convaincre Louis XV d’entreprendre un débarquement en Angleterre pour reconquérir la couronne de ses ancêtres, mais l’expédition maritime fut anéantie par la tempête. Alors Charles tenta l’impossible. Avec six compagnons, sans armes, sans hommes et sans argent, à vingt-cinq ans, il débarqua à Eriskay, île de l’ouest de l’Ecosse, puis rallia les chefs de clans des Highlands, séduits par cette folle bravoure. On lui donna bientôt ce surnom de « Bonnie prince Charlie » sous lequel il allait s’illustrer, le charmant prince Charles. Il n’était pas seulement beau et brillant orateur, mais aussi d’un courage et d’une résistance peu communs, qui forcèrent l’admiration de ces hommes rudes. Il voulait marcher sur Londres et s’emparer du pouvoir, mais les clans écossais préféraient un roi régnant en Ecosse. Ils le suivirent pourtant jusqu’à Carlisle, puis tinrent conseil et décidèrent de rebrousser chemin. C’en était fait du beau rêve.
Charme mélancolique du Lochnagar

Masdure au bord du Loc Linnhe

Pour s’immerger d’emblée au sein des paysages les plus tourmentés d’Ecosse, il est bon de choisir un vol pour Inverness, capitale régionale des Highlands, à l’extrémité nord du célèbre Loch Ness. Cette paisible ville provinciale se blottit au bord de la rivière Ness que domine un château de grès rouge d’époque victorienne. Son principal intérêt est le centre piétonnier, où l’on rencontre joueurs de cornemuse et magasins de pulls et écharpes en cachemire et où le Scottish Kiltmaker Center fait découvrir l’histoire du kilt. Dès qu’il posa le pied en Ecosse, Charles Stuart adopta ce seyant costume traditionnel des clans écossais, encore très en vogue lors des fêtes. Il est constitué pour les hommes d’une jupe plissée s’arrêtant aux genoux et pour les femmes aux chevilles. On l’accompagne d’un tartan, large écharpe posée sur l’épaule. Chaque clan se différencie par le motif de l’écossais qu’il arbore, à fond rouge pour les Stuart. Les boutiques de souvenirs ne manquent pas à Inverness et la plupart proposent de drôles effigies d’un beau vert de Nessie, le prétendu monstre préhistorique qui hanterait les eaux bleues du Loch Ness, même si les diverses expéditions scientifiques n’ont jamais rien trouvé…
Si le temps est beau, il faut réserver une place sur un bateau pour explorer cet étroit Loch Ness, long de 37 km et rejoignant Fort Augustus au sud. Bordé par de molles collines, le loch est dominé par les ruines grandioses d’Urquhart Castle. A huit kilomètres à l’est s’étend la plaine de Culloden, qui n’aurait pas grand intérêt si elle n’avait été le théâtre de la terrible défaite des Jacobites (les partisans des Stuart), commandés par Charles au nom de son père Jacques. A midi, en ce 16 avril 1746, à l’issue de l’affrontement, près de 2000 hommes gisaient sur le champ de bataille… comme le retrace le NTS Visitors Center, près d’Inverness.
Distillerie de Braemar, que Charles aurait adoré


L’ouest sauvage
Une mer furieuse et noire battant des roches tout aussi noires, une lande austère traversée de torrents, peuplée de masures, des champs d’un vert cru, telle fut la première vision que Charles eut de son royaume, désolation romantique des Highlands. Il alla ensuite à Fort William, principale ville de la côte ouest. De là, Charles et son armée gagnèrent Fort Augustus, sur le Loch Ness où certains ont cru voir Nessie, monstre préhistorique. Dans la ville pullulent ses effigies !
A Mallaig, une mer grise bat des roches sombres, une lande austère est semée de masures à toits de chaume et alterne avec des prairies d’un vert cru où paissent moutons ou vaches à frange rousse. Non loin du port, sur le Loch Cluanie, se dresse l’impressionnant château d’Eilean Donan, ancienne place forte jacobite détruite en 1719 et reconstruite à l’identique
Joueur de cornemuse d'Eilan Donan Castle

Les jeux des Highlands à Braemar
A 40 kilomètres au nord, Braemar est renommé pour ses jeux. Charles Stuart, sportif et vigoureux, adorait ces jeux écossais qui avaient lieu alors à chaque rencontre de clans, au son des cornemuses et il y excellait : épreuves de force, lancer de tronc, poids, marteau, et bonds de délicieuses petites danseuses. Depuis 1820, ceux de
Ouverture des jeux de Braemar
Braemar ont lieu chaque premier week-end de septembre. S’y rassemblent en plein air 16 000 spectateurs venus saluer les exploits de 2000 participants. Tous sont vêtus du kilt aux couleurs de leur clan, bonnet à plumes d’aigle, plaid drapé sur l’épaule, poignard au côté, poche en blaireau sur le ventre, longues chaussettes. Les jeux terminés, on se retrouve à la distillerie de Lochnagar aux antiques alambics de cuivre pour déguster un choix de vieux whiskies aux puissants aromes. Et Charles Stuart, qui avait goûté aux délices du whisky, était connu pour parfois en abuser…
Jeux de Braemar, lancer du tronc

Jeux de Braemar, la corde

Petites danseuses de Braemar

L'obligatoire pause boisson !


Ephémère régence à Edimbourg et fuite à Skye 
En prenant la direction d’Edimbourg, on passe par Blair Atholl, où s’élève toujours l’élégante façade blanche du château ducal. Bonnie y séjourna deux jours.
A Edimbourg, il s’installa en maître dans le château cher à Marie Stuart. « Bonnie prince Charlie » y fut l’éphémère régent adulé des Ecossais.

Petit port de Plockton

Vache écossaise près de Portree

Ravissant port de Portree dans l'île de Sky
 où se réfugia Bonnie vaincu

Située sur l’estuaire de la Forth, Edimbourg, capitale de l’Ecosse, comprend la vieille ville et la nouvelle, au nord, plus commerçante et composée de belles maisons georgiennes. La vieille ville s’étend de l’important château fort juché sur son piton rocheux, à l’ouest, jusqu’au palais d’Holyrood, à l’est, où résidèrent Marie Stuart au tragique destin, puis Charles, son descendant. La rue principale, Lawn Market prolongée par High Street, traverse la vieille ville et permet de découvrir les principales curiosités, maison d’un marchand de Gladstone’s Land, musée des écrivains de Lady Stair’s House, Royal Museum, magnifiques voûtes à nervures de la cathédrale Saint Giles, Maison du Parlement ou la plus ancienne demeure de la ville, celle de John Knox, fanatique prédicateur protestant opposé à la très catholique Marie Stuart. Quand la vieille ville médiévale déborda de ses remparts, le maire d’Edinburgh confia à l’architecte James Craig, au XVIIIe siècle, le soin de concevoir une ville nouvelle. Et il imagina cette succession de beaux hôtels particuliers, espaces verts et places aérées. Au n°7 de Charlotte Square, la Georgian House offre aux visiteurs un bel échantillon du mobilier écossais de cette époque. Quant au beau prince Charles, malgré la défaite de Culloden et les brimades qui suivirent, il est toujours chéri des Ecossais. Ainsi, au château de Traquair, au sud de la ville, ancienne maison forte du XVe siècle toujours habitée où il résida, le cinquième comte décida, quand Charles eut quitté le pays, de fermer son portail principal jusqu’au couronnement d’un futur roi catholique. Nul ne l’a rouvert depuis…


ECOSSE PRATIQUE

·       S’y rendre
- En avion : British Airways assure 9 vols directs par jour de Paris-Roissy  à Londres-Heathrow à Inverness. Comptez 1 heure 20 de vol. Puis 3 vols directs par jour Londres-Gatewick à Inverness, 1h45 de vol. Tél. 08 70 789 789 (prix à la minute). www.british-airways.com
- En train : prenez l’Eurostar gare du Nord  jusqu’à Londres-Saint Pancras (2H20). De là, gagnez la gare de King Cross pour prendre le train jusqu’à Edimbourg, 4h de trajet, par la compagnie GNER, www.nationalexpress.com. Eurostar, Tél 01 70 70 60 99., www.eurostar.com

Hôtels de charme
- Le Glenmoriston Town House à Inverness : situé au bord de l’eau, au décor moderne, offre 30 chambres confortables et des salles de bain avec baignoires en marbre. 20, Ness Bank. Tél.00 44 14 63 22 37 77, www.glenmoriston.com
- Le Viewfield House à Skye : dans le délicieux port de Portree, a gardé tout le charme d’une demeure vieille de 200 ans. 12 chambres d’hôtes. Adresse, Portree suffit car il n’y a qu’une seule rue, Tél. 00 44 14 78 61 22 17, wwwviewfieldhouse.com 
- Le Bank Hotel à Edimbourg : dans Old Town, près du Royal Mile, c’est une ancienne banque reconvertie en hôtel. Chacune des 9 chambres commémore un Ecossais célèbre. 1 South Bridge. Tél. 00 44 13 15 56 99 40, www.bankhotel.com
- L’Albany Hotel : dans New Town, il se compose de trois belles maisons georgiennes classées monument historique avec 43 chambres. Son restaurant en sous-sol, le Haldanes, sert poissons et fruits de mer. 39 Albany Street. Tél. 00 44 13 15 56 03 97, www.albanyhoteledinburgh.co.uk

·       Se renseigner
-       Visitscotland : c/o Agence TQC, 59, rue du Fb Saint-Antoine, 75011 Paris, Tél. 01 47 66 63 37 vous organisera un voyage à la carte.
-       Internet : consultez geraldineenecosse.over-blog.com, l’amusante expérience pendant plus de trois mois d’une étudiante, avec des photos sympas.
-       Formalités : carte d’identité ou passeport en cours de validité.



HÔTEL DE CHARME

Le Miramar Crouesty, un paquebot de grande classe


Symphonie en noir et blanc pour le vaste hall

Une chambre aux tons d'océan

Sur la presqu’île de Rhuys qui ferme au sud le Golfe du Morbihan, la Petite Mer en breton, un paquebot tout blanc semblant prêt à s’élancer vers le large est environné d’eau et donne sur l’océan : c’est l’hôtel quatre étoiles du Miramar Crouesty. Deux restaurants, un bar panoramique, une tisanerie, salle de fitness, piscine au quatrième étage, centre de thalassothérapie, spa océanique et expérience, spa bien-être et spa beauté, billard américain, jeux, club et nursery pour les enfants, boutique et salon de coiffure, chambres aussi spacieuses que des salons, Tintine n’en croit pas ses yeux. Ancré depuis vingt ans dans le Golfe du Morbihan, mais tout juste rénové, le Miramar Crouesty offre de prime abord  aux regards émerveillés de Tintine son hall grandiose et ses hauts piliers rayés de noir et de blanc que l’on peut contempler depuis la passerelle du premier étage, son mobilier en alternance laqué de noir ou de blanc, ses statues lascives, ses immenses baies vitrées invitant le soleil à caresser les murs.

L'entrée du spa comme une grotte magique

Piscine marine, ses jets et son confort

Volupté de s’abandonner aux jets du jacuzzi de l’immense piscine marine toute ronde ou de se laisser doucement masser par l’eau, allongée dans un fauteuil.
Remodelage au jet
Puis Tintine goûte au massage revitalisant par jet qui sculpte le corps en gommant ses imperfections, avant de s’abandonner aux mains de fée, bretonne bien sûr, d’un autre massage, tout en douceur celui-ci, dans une vraie cabine pourvue d’un hublot,  douche programmée en musique, petit tour sur les machines de musculation, réconfort du repas diététique conçu par le chef Yves Toublanc, permettant de se laisser aller à la gourmandise en dégustant les produits de la mer sans prendre un gramme et surtout sans la moindre culpabilité. Que c’est bon de se faire du bien dans un tel cadre !

Miramar Crouesty, hôtel thalasso et spa, port du Crouesty, 56 640 Arzon, Tél. : 33 297 53 49 13 et reservation@miramarcrouesty.com.