mardi 1 mars 2011

TENDANCES NEIGE

A Megève,
le retour victorieux du fuseau

Antoine Aallard fait revivre dans sa célèbre boutique du cœur de Megève l’antique fourreau de son grand-père Armand.

L'adorable église de Megève

Quand passe une montgolfière...

L’ancêtre du fuseau, le « sauteur »
Quand les Rothschild s’éprirent du petit village de Megève, ils en firent avant-guerre l’une des premières stations de ski de France. Et chacun, dans le village, de profiter de la « manne blanche » en devenant qui moniteur de ski, qui employé des remontées, restaurateur ou hôtelier. Il n’en d’abord pas ainsi d’Armand Aallard. Issu d’une famille paysanne, il attrapa la polio lorsqu’il était enfant, ce qui l’éloigna à jamais des pistes de ski. Tout d’abord, on skia ou patina en « vêtements de ville », avant d’adopter la tenue de golf, pantalons sous le genou et grosses chaussette retenant la neige, donc assez inconfortables. A la demande de son ami, le champion de ski Emile Allais, Armand chercha une tenue mieux adaptée à la neige, à la fois imperméable et confortable, faisant une jolie silhouette. Et ce fut le « sauteur », un pantalon formant une seule ligne de la taille aux chevilles, prolongé par un sous-pied permettant de le rentrer dans les chaussures. Peu à peu, le concept se précisa et devint la coqueluche de toutes les stations, françaises puis européennes et Armand ouvrit boutique au 148, place de l’Eglise, en plein cœur de la station. Il rebaptisa « fuseau » son modèle, terme qu’il jugeait plus élégant et le fuseau, inventé en 1930, connut une vogue sans exemple dans les années soixante.

Scène de patinage à la Belle Epoque

La boutique AAllard, temple des élégances

Aujourd’hui Antoine Aallard relance le fuseau de son grand-père
          Il neige sur Megève et bientôt arbres et toits s’ourlent de blanc. Les lumières scintillent sur cette blancheur et Megève se change en village de conte de fées, avec ses beaux chalets de bois, ses traîneaux et ses boutiques de luxe joliment éclairées. Dans la boutique Aallard, Antoine, 31 ans, examine d’un œil critique ses dernières créations, fabriquées dans des ateliers de France, Angleterre, Italie ou Allemagne. Voici une veste en cerf doublée de peau de loup, vendue 3 500 euros, une parka en velours de cachemire (1 100 euros) ou sa dernière ligne de bain, pour l’été, en velours et bouclettes éponge. Puis il sort un récent modèle de fuseau, repris sur celui de son grand-père pour les finitions qui ont fait sa renommée, les fameux trois boutons et les passants de ceinture. Le dessous de pied a été amélioré, rendu plus résistant grâce aux nouvelles matières synthétiques et plus enveloppant. Chaque modèle est fait sur mesure de façon à épouser exactement le corps et vendu 350 euros. La réplique, version ville, moins imperméable, coûte tout de même 260 euros.
          Puis Antoine se rend dans la boutiques d’accessoires Aallard, non loin de là, au 37 quai du Prieuré, pour vérifier la bonne disposition, dans la devanture, des nouveaux sacs, écharpes, châles, ceintures et gants, tous griffés du célèbre double « A ».
Antoine Aallard présentant un fuseau
          « Si je prépare deux collections par an, explique Antoine, hiver et été, il n’y pas chez nous de défilés de mannequins sur un podium, car nous n’avons pas besoin de nous faire d’avantage connaître, ni d’exporter notre marque à l’étranger. Peut-être existera-t-il un jour des franchises Aallard, nous ne sommes pas contre, mais elles supposeront le même choix de qualité et de façon « à la mesure ». Sur les vingt personnes que nous employons en saison dans les deux boutiques, quatre sont occupées à la retouche, chaque vêtement étant la plupart du temps spécialement repris aux mesures de notre client. Nous avons ainsi quelques trente mille clients réguliers qui viennent acheter directement dans nos magasins et non pas sur catalogues, certains modèles, telles les fourrures, ne se faisant qu’en petit nombre, pratiquement à la demande. Outre nos deux collections, nous renouvelons au fur et à mesure chaque mois les articles proposés. Sur ces deux collections, 80% de notre chiffre d’affaire se fait en hiver et seulement 20% en été, même si je cherche à agrandir et perfectionner notre gamme été. »


TENDANC

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