dimanche 7 novembre 2010

Propos d'écrivain

Mon passe-temps préféré :
Tuer un peu, beaucoup…


« Les plus désespérés sont les chants les plus beaux
Et j’en sais d’éternels qui sont de purs sanglots »,

écrivait Alfred de Musset dans sa Nuit de mai. En ce XIX è siècle, le spleen se portait avec une sublime décontraction, comme la redingote d’un dandy ou la célèbre cape d’un Barbey d’Aurevilly. Maintenant que l’on n’ose plus sangloter en public, que reste-t-il à l’écrivain de mauvais poil pour diverses et pertinentes raisons ? Mon chéri est à mille kilomètres de chez moi. Je viens de me coltiner pour la neuf centième fois avec ma meilleure amie. J’ai découvert avec ahurissement que la haine de mon pire ennemi est encore bien vivace, trente ans après notre premier heurt pour cause de haute trahison (de sa part à lui, bien sûr). Mon frigo est vide, ce qui n’est pas très nouveau chez moi. Il pleut à verse et je n’ai aucun courage pour sortir. Au secours, ma boîte ne contient que des factures ! Mon voisin fait sa crise chaque fois que je j’insère un CD dans mon lecteur.
Une seule solution, je me rue sur mon PC et transforme ce qui s’annonçait à première vue comme un paisible article de tourisme sur Singapour en un sanglant polar. Et je tue un peu, beaucoup. Comme j’y prends goût, qu’une noyade dans une piscine à débordement située au 57 è étage de la dernière marina en construction me met en verve, j’enchaîne et trucide à tours de clavier. Meurtre au Fort Rouge de Delhi, noyade dans le Gange, fusillade-traquenard sur les routes himalayennes, torture qui tourne mal. Ouh, je vais de mieux en mieux… Au troisième crime, je commence à me marrer. Au cinquième, je deviens hilare. Au sixième, convenablement dopée à l’hémoglobine, je me sens fort bien dans ma peau de serial killer. Après une bonne nuit blanche fortement teintée d’écarlate, je plane sur les sommets du crime et il ne me reste plus qu’à mettre en ordre cette explosion de rage sans l’aide de papy Freud et sans savoir comment l’annoncer à mon éditeur. Tout de même, tuer un peu, beaucoup sur l’ordi s’avère un fameux remède… Essayer, pour voir s’il ne vous naît pas une nouvelle vocation !

Mon premier meurtre : dans la piscine à débordement
 du 57 è étage du Marina Bay Sand
     

samedi 6 novembre 2010

EN VOYAGE

Novembre 2010
N°1

Sâdhu à Haridwar


Couronner un roi au Bhoutan
Assister au bain des sâdhus nus
Louer sur la Côte basque
Suivre les bons plans de Tintine


      

                                                                                               

lundi 1 novembre 2010

Hôtel de charme




Tintine se prélasse dans un vieil hospice de Lille

Faire un hôtel moderne dans un vieil hospice du XV è siècle, telle fut la gageure réussie par l’architecte Hubert Maes au cœur de Lille, sans dénaturer les vieilles pierres du bâtiment et ses salles imposantes.

Une fondation charitable chez un particulier
En 1460, un notable de Lille, Jean de la Cambe, dit le Gantois, décida de créer dans sa propre maison un hospice capable de recevoir treize personnes âgées des deux sexes. La fondation marcha si bien que les bâtiments ne cessèrent d’être agrandis et, aux XVII è et XVIII è siècles, on ajouta deux ailes à l’habitation charitable, si bien que l’Hospice Gantois comptait 60 lits en 1820 et 200 en 1900. Il ferma en 1995 après 535 ans de bons et loyaux services. Le bâtiment, classé Monument Historique en 1923 comprenait, outre une belle chapelle, un élégant logis du chapelain et une vaste salle commune. Il ne pouvait être question de le détruire, mais la municipalité, ne sachant qu’en faire, proposa à l’architecte Hubert Maes de réfléchir à la question et il se promit de créer là un hôtel trois étoiles en alliant l’ancien et le moderne.
                                                                  
La cour intérieure fermée d'une verrière
 est devenue salon
                                                                        
La chapelle transformée en salle à manger

Les travaux commencèrent dès novembre 2001 pour protéger ce qui existait déjà tout en innovant. Jusqu’en juin 2003, 35 entreprises et 300 compagnons oeuvrèrent à ce gigantesque chantier représentant quelques 250 000 heures de travail. « C’était fascinant, raconte Hubert Maes, de voir à la fois s’affairer des grues modernes et couler des tonnes de béton, tandis que des compagnons restauraient au coton tige les tableaux de la chapelle ! Le contraste était absolu. »
L’enjeu était de ménager dans cet espace ancien 67 chambres confortables et pourvues de salles de bains bien modernes sans dénaturer le charme des lieux. Dans la cour centrale, on aménagea une verrière pour en faire le principal salon de réception de l’hôtel. Un décorateur, Jean-Marc Vynckier, se chargea de peaufiner l’intérieur et de choisir tissu et mobilier. Là aussi, il joua du contraste entre ancien et moderne. Les copies de mobilier furent chinées un peu partout en France, les fauteuils et canapés dessinés par Zanota et les tables par Jean Nouvelle, tandis que les poutres anciennes du plafond et certaines portes des cellules jalousement étaient conservées.
                                                                                                 
La bibliothèque aux volumes anciens semble faite pour Tintine
                    
            
Ainsi que la chambre confortable
 mêlant ancien et moderne



Reportage à Haridwar

Le bain de la nuit sans lune


En ce 15 mars 2010 (vérifier avec le calendrier lunaire 2011, le prochain bain des sâdhus, les sages qui vont nus), c’est la mystérieuse aube de la « nuit sans lune » à Haridwar, dans l’Uttaranchal, le nord-est de l’Inde.

Cet ancien palais du radjah tombe maintenant presque en ruines
Le bain des sâdhus
Sept heures du matin. Je marche depuis cinq bons kilomètres dans une lumière encore incertaine, enjambant les barrières dressées par la police chaque fois qu’on ne me regarde pas. Et je me fonds comme je peux dans une première vague humaine, qui déferle face aux ghâts, les marches roses descendant de l’enceinte sacrée de Har-Ki-Pairi vers le Gange. Toute la largeur du fleuve, tumultueux et d’un bleu limpide, nous sépare de la zone interdite ce matin-là, cette enceinte marquée, dit-on, de l’empreinte du pied de Vishnou, le dieu de la stabilité du monde et du temps. Se dressent contre les ghâts des temples aux bulbes gaîment peinturlurés d’orange.
La rive gauche est plus paisible pour se baigner

Depuis l’érection d’un immense hydraulique un peu en amont d’Haridwar, le Gange, ici, contrairement à la légende valable en bien d’autres endroits, est d’un bleu lumineux. Il a aussi, toujours a cause du barrage, la force et la furie d’un vrai torrent de montagne. La police, armée de longs bâtons et de sifflets assourdissants, ainsi que la brigade des sauveteurs, ont fort à faire pour empêcher la foule de se précipiter dans le fleuve saint. Le courant est si farouche qu’on ne pourrait le remonter. Gare aux imprudents, ils seraient vite emportés par les tourbillons. De grosses chaînes arrimées aux ghâts et une barrière protectrice permettent de se baigner en sécurité, à condition de rester dans l’enceinte protégée.
Un baigneur a lâché prise et est vite récupéré par les secouristes. Une jeune fille entre en transes sitôt dans l’eau dont on la fait sortir de force. Des femmes, enveloppées dans leurs plus beaux saris tout scintillants de paillettes, font la ronde en chantant, s’immergent entièrement. Mais il faut aller vite. Tout le monde veut se baigner en ce 15 mars, jour du bain de la nuit sans lune. Dix millions de pèlerins sont venus des quatre coins de l’Inde et parfois de bien plus loin. Une panique soudaine de la foule aurait de tragiques conséquences, ce qui explique la tension policière...      Trois heures durant, au son des gongs et des prières, les pèlerins prient Shiva comme Vishnou. Et je chante avec eux, massacrant allègrement les paroles que je ne comprends pas, et l’air car je ne suis guère musicienne, mais mon entrain me vaut la bienveillance générale et j’en profite pour photographier mes voisins à tout va. Venus en masse vers « les portes du Grand fleuve », là où le Gange quitte ses montagnes sacrées pour arroser la plaine, ils cherchent dans ce bain purificateur pardon et vie éternelle. J’ai peut-être une chance moi aussi, mais l’eau est si froide que je n’y aventure que des orteils prudents. Nul ne semble pourtant y prendre garde. Vieillards et bébés accrochés à leurs mères s’immergent dans l’onde tourbillonnante partout le long des rives du Gange. Le saint des saints est cette enceinte d’Har-Ki-Pairi encadrée par deux hautes passerelles de métal également interdites aux pèlerins. J’exhibe en vain une carte de presse tricolore, qui n’impressionne pas le moins du monde les autorités et me vaut force coups de sifflets.                                                                      
                                                                                          

Certains pèlerins se rendent dans les temples de la Basse Ville

D'autres se baignent dans l'enceinte d'Har-ki-Pairi


Agitation de la police, concert de hurlements. Une corde est tendue le long des ghâts, nous repoussant sans cesse plus loin de l’eau. Coups de bâtons, cris, protestations, chutes de certains nuisent un peu au recueillement. Plus personne n’a le droit d’entrer dans le fleuve. J’en profite pour m’engueuler avec un policier qui m’a violemment poussée. Mes nouveaux copains me regardant d’un air désapprobateur, je me fais toute petite.
La musique prend un rythme halluciné. Palanquins, parasols dorés, tridents de Shiva surgissent soudain sur la passerelle située à droite du sanctuaire. Des dizaines de sâdhus entièrement nus, le corps couvert de cendre en signe de pénitence, leurs immenses chevelures portées en dreadlocks enroulées autour du crâne, arrivent en dansant, martelant la passerelle de leurs pieds nus. Je n’ai jamais vu autant de  lingams, comme on qualifie ici avec élégance les phallus, de ma vie. Et je chante avec un enthousiasme " Hare Krishna, hare, hare, hare Rama, hare, hare". Certains ascètes ont au contraire le corps et tout le crâne rasé. Tous déposent ombrelles, palanquins et stridents près des passerelles.




Les sâdhus nus sont comme offerts à la foule

Ils se rassemblent sur les ghâts d’Har-Ki-Pairi. Immobiles. Majestueux. Comme offerts à la foule qui reprend ses incantations.
"Les ascètes nus, écrit la romancière indienne Sagarika Ghose dans son roman "Blind Faith", en rejetant toute politesse, normes ou "politiquement correct", progressent vers la vie. Le sâdhu nu incarne une monumentale fêlure. Une fêlure dans la vie. Il régresse au lieu d’avancer. Il est nu car il ne se soucie pas de la peur du ridicule. Mais c’est un espoir pour un monde qui permettrait une telle fêlure en célébrant leur existence."


Un cadeau dérobé aux dieux
Garuda, la monture ailée de Vishnou a visage humain, vola aux dieux à la nuit des temps quatre gouttes du nectar d’immortalité ou Amrital. Trois tombèrent dans le ciel et la quatrième à Haridwar. En souvenir de ce don fait aux humains, Haridwar est une ville du Gange sainte entre toutes.
Avec un voyeurisme bien occidental, je ne peux m’empêcher de détailler tous ces sages nus offerts à nos regards. Il y en a de gros, de maigres, des vieux et des jeunes. Quelques uns sont superbes et arrogants dans leur nudité, hélas intouchable… Ils ont fait en effet vœu de chasteté. Quel dommage…
Au signal des gongs, transmis par haut-parleurs car il n’y a pas de place pour un orchestre, tandis que la foule rythme la musique de milliers de claquements de mains, les sâdhus avancent lentement vers le fleuve dans l’enceinte protégée, s’immergent par trois fois. Puis chahutent comme des gosses, se bousculant, se faisant boire la tasse. La foule presque en transes se lève et danse en riant avec eux. je ne me suis jamais trémoussée avec une telle allégresse, la sainteté doit être en train de descendre sur moi… Quand ils sortent de l’eau, leurs corps ont retrouvé leurs belles couleurs d’acajou poli, la cendre s’en est allée. La procession se reforme et refranchit le Gange dans l’autre sens, par la passerelle de gauche, avec un peu moins de majesté. Le pèlerinage est devenu festif.
Les pèlerins s’écoulent lentement, toujours contenus par la police. Les gosses réclament des barbes à papa semblant voler dans les airs au bout de perches comme des ballons roses.
Cette fois encore, les forces du bien ont triomphé du mal et le Gange peut continuer son impassible course vers Varanasi (Bénarès), la ville où l’on va pour mourir et être incinéré, puis Kolkata (Calcutta), la tentaculaire.
Chacun regagne son campement, très bien organisé, avec salles de prières, côté réservé aux femmes, coin des hommes. Points d’eau un peu partout, fleurs plantées de neuf, cantines. Dans chaque tente a été déposée de la paille fraîche, couverte d’une bâche et l’on déploie dessus des couvertures bariolées. Un peu partout sèche la lessive du jour – jamais faite en principe dans le Gange, que l’on ne doit pas souiller par des impuretés. Les « gurus » commencent leurs prêches.



Dès que la nuit tombe...
... On porte dans le Gange
 son offrande de lumière
             



Quand vient la nuit, tous ces temples s’illuminent de guirlandes lumineuses et l’on se  croirait un peu à Disneyland.
Les pèlerins ont toujours rendez-vous à Har-Ki-Pairi le lendemain soir, 16 mars, à l’heure du coucher de soleil. Ce n’est pas seulement pour se baigner à nouveau dans le Gange ou jeter au fleuve ses offrandes de fleurs et de bougies, comme on le fait chaque pour la « Fête des Lumières » (l’harati). Ici, les fragiles esquifs faits d’une feuille de bananier où se trouve fichée une bougie sont si vite submergés par le courant que l’effet en est un peu gâché. C’est le nouveau calendrier hindou que l’on célèbre. Des amours de petits chanteurs et danseurs aux crânes rasés, hormis un sage petit chignon, revêtus de robes jaune d’or, dansent et chantent en l’honneur de l’année nouvelle. Un cortège représentant les douze mois de l’année serpente comme il peut parmi la foule, si dense qu’elle n’arrive pas toujours à s’écarter à temps. Un sadhu inspiré, portant en trophée sa longue chevelure laineuse qui doit bien mesurer dans les trois mètres de long, se déhanche lascivement. Assez exhibo, semble-t-il.
Même ferveur le lendemain matin, sur la rive droitee du Gange toujours, au pied de la colline surplombant lee Mansa Devi Temple. Cinq kilomètres d’une route en lacets, le le téléphérique étant en panne, comme souvent. Les petites mamies et papies grimpent allègrement. On s’arrête à plusieurs étapes pour se reposer, grignoter et se rafraîchir, car le soleil tape dur et il fait déjà plus de 35°. La vue sur la ville et surtout le majestueux étalement du Gange qui a retrouvé son cours tranquille est admirable. L’arrivée au temple est plus surprenante : cohue épouvantable pour approcher trois statues grossières, croulant sous tant de soieries et de guirlandes de fleurs qu’on ne distingue plus leurs visages. C’est la première étape du pèlerinage vers les sources du Gange, qui n’aura pourtant officiellement lieu qu’à partir… de mai. C’est fini, on redescend !

Au confluent de deux rivières prend
officiellement naissance le Gange
La vertigineuse route de Badrinath


Longtemps, la polémique fut animée pour déterminer où se situaient les sources du Gange, à Gangotri ou à Badrinath, deux cités saintes piquées sur l’Himalaya, à quelques trente kilomètres l’une de l’autre à vol d’oiseau, beaucoup plus par la route. A tout hasard, des sanctuaires très anciens, comme partout hélas supplantés par des constructions en béton, ont été dédiées le long des deux voies d’eau à la déesse Ganga. Pour mettre tout le monde d’accord, les géographes ont fini par décider qu’il n’existait pas de « vraies » sources et que le début du Gange se situerait désormais à Deoprayag, à l’embranchement des deux rivières également saintes, la Baghirati à l’ouest et l’Alakhanda à l’est.
Platon parlait déjà des « saints nus » descendus des montagnes pour suivre le fleuve sacré, abandonnant tout pour se livrer à l’ascèse, au yoga ou à la méditation afin de tenter de comprendre cette difficile dualité de l’être : avoir une âme immortelle dans un corps périssable.
 
Ce voyage a été organisé à la carte par Compagnie du Monde, 5 av de l’Opéra, 75 Paris, Tél. : 01 53 63 33 42.

Si vous êtes précis et savez ce que vous désirez, avoir recours à une agence de voyages de Delhi vous reviendra moins cher. Demandez Muna, à India Tours Development Co, au L-23/7, Middle Circle, Connaught Place à Delhi, indiatoursco@live.com. Il peut vous fournir un chauffeur, réserver vos vols intérieurs, vos hôtels, confirmer vos vols retours, etc.

 



Les bons plans de Tintine

Marché d'idées


 
. Faire son marché bio chez Aroma-Zone, 40, Bd Saint Germain, 75005 Paris.
En plein cœur de Paris, vient de s’ouvrir cette étonnante boutique bio où l’on se préoccupe à la fois de votre ligne tout en régalant vos papilles de produits garantis naturels, et savoureux, mais aussi de votre beauté et de votre séduction. Des ateliers vous proposent même comment imaginer votre parfum, préparer vous-même votre huile essentielle grâce à de savants petits  mélanges dignes des mixtures de Harry Popper ou créer votre crème de soins. On s’amuse, on apprend et on se régale !
. Dormir sur un vieux paquebot à Rotterdam
Quoi de plus dépaysant que le port de Rotterdam, condensé de belles péniches de bois gaîment peinturlurées et ornées de fleurs, de grues en enfilade, d’audacieux gratte-ciel dressés le long des quais ? Pour profiter de ces mélanges détonnants, Tintine a installé ses pénates au Cruisehotel SS Rotterdam, 3072 AM Rotterdam. Ne pas rater l’arrivée en petites vedettes se faisant la course dans le port en soulevant des montagnes d’écume et préciser que vous souhaiter une cabine à hublot. Et pour dîner dans le même esprit, sur les docks, essayez les poissons et crustacées du vaste entrepôt devenu l’Hotel New-York, www.hotelnewyork.nl.D.
Plutôt que d'envoyer les vieux paquebots à la ferraille,
mieux vaut les transformer en hôtels

. Offrir ses pieds aux massages tibétains du Pavillon de la Reine, 28, place des Vosges, 75003 Paris, Tél. : 01 40 29 19 19, contact@pavillon-de-la-reine.com. On y accède par la place du Palais Royal et l’on se croit dans un autre univers, presque à la campagne. Un jardin paisible dans lequel se dresse cet élégant hôtel couvert de vigne vierge. Carita y a ouvert un spa avec de ravissants masseurs experts dans l’art de vous tripoter les pieds à la tibétaine. On ne ferait pas mieux à Lhassa et la reine Marie-Antoinette aurait certainement adoré cet espace portant son nom !
. Se prélasser à bord du Fantasia
Construit de septembre 2006 à février 2008 dans les chantiers de Sain-Nézaire, le Fantasia est déjà une légende : il dépasse de 9m la Tour Eiffel, sa partie émergée atteint 59m, sa puissance électrique pourrait éclairer une ville de 120 000 habitants, il comprend 55 000 m2 de surface piétonne, l’équivalent de 9 terrains de foot, 4 piscines, 26 ascenseurs, un théâtre de 1649 places, 6 restaurants et buffets. Ses 1325 membres d’équipage peuvent accueillir 3959 passagers et la galère vogue à 23,3 nœuds ! Séduite par cette ville flottante, vrai paradis du kitch, Tintine ne sait ce qu’elle préfère, du piano en cristal incrusté de cristaux de Swarovski aux palmiers en plastique, à la luxueuse salle à manger Red Velvet ou à la boîte de
nuit aux couleurs acidulées. 
Le spectaculaire 14è pont
 et son complexe aquatique

Louer sur la Côte Basque








Le délicieux port de Socoa

Isaure loue sur la Côte Basque,
Tintine se passionne
 pour les vieilles voitures


Comme chacun sait, l’hôtellerie est chère et surtout bondée en saison, louer à plusieurs une maison ou un appartement sur la Côte Basque, voici la solution !

Les groupes Abritel et Homelidays venant de fusionner sous le label unique de HomeAway et la direction de l’homme d’affaires américain Brian Charpers, plus de locations sont à votre disposition, pour tous les goûts et tous les budgets. Isaure a sélectionné pour vous six possibilités de locations. Tintine, quant à elle, voudrait tout retenir. Comme c’est impossible, elle se console en sillonnant avec ses copines  le bel arrière-pays en vieille voiture.

A Biarritz, la station balnéaire chère à Eugénie
Découverte par l’impératrice Eugénie, qui adorait les bains de mer, Biarritz a le charme des villes d’eau ayant su aussi évoluer.
- Dans le quartier de la Négresse, cette villa allie charme et modernisme. Insolite et Design, Homelidays, 5 chambres doubles, Homelidays, de 2500 à 4000 E la semaine.


Dans le quartier de la Négresse

- En plein cœur de la ville, avec une superbe vue sur la cathédrale et la mer, cet appartement surprenant peut loger six personnes. Insolite et pittoresque, Abritel et Homelidays, à partir de 280E le week-end.


 
  
 
La cathédrale vue du studio

 
Dans le studio, l'escalier menant à la loggia

Vers Saint-Jean-de-Luz,
la ville qui accueillit  l’Infante
Mise à la mode par les fastes du mariage de Louis XIV avec l’Infante Marie-Thérèse d’Espagne, Saint-Jean-de-Luz conserve le charme de son prestigieux passé.


La célèbre Maison Adam à Saint-Jean
La Maison de l'Infante sur le port de Saint-Jean

- En pleine nature, cette vieille ferme bien restaurée, proche de l’adorable port de Socoa, offre un gîte pour quatre personnes. Charme et design, Homelidays, à partir de 600 E par semaine.

Une vieille ferme en pleine nature

La maison bio avec sa vue sur la mer

- Construite toute en bois, avec une belle vue sur la plage d’Erromardie, au nord de Saint-Jean, cette insolite villa au charme nordique dispose de quatre chambres. Ecolo, Abritel, à partir de 2900 E la semaine.
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Un petit air de villa américaine

Un insolite pavillon japonais

Du côté de Bayonne, typique ville basque de caractère, ce délicieux pavillon japonais édifié au bord d’un petit étang n’a rien de très basque mais offre un dépaysement exotique garanti. Insolite, Abritel, pour trois personnes, 700E la semaine.

Tintine et ses copines découvrent le Pays Basque en vieilles voitures (Authentique Tour, 64500 Saint Jean de Luz, Tél. : 06 85 40 32 88).


Tintine et ses copines devant leurs montures




Au couronnement du roi du Bhoutan

Le nouveau roi du Bhoutan

Dans ce mystérieux royaume himalayen pas plus grand que la Suisse, coincé entre Tibet et Inde, tout parle de dragon, druk en bhoutanais. Le nouveau roi n’est-il pas le Druk Gyalpo, le Maître du Dragon ? La seule compagnie aérienne se nomme Druk Air et la bière Druk 11 000...
       
La sérénité de Paro
Le dragon s’étale sur les murs des maisons de Paro, à l’ouest du pays, l’unique aéroport, en compagnie de phallus, symboles bien sûr de fertilité. Pas un bruit, mais une immensité de champs dorés, le riz venant d’être coupé. Les hommes en gho et les femmes en kira déambulent dans la seule rue. Le gho est une robe écossaise, serrée à la taille par une ceinture tissée, s’arrêtant aux genoux et se portant au-dessus de hautes chaussettes et de chaussures de ville. La kira des femmes se compose d’une robe enroulée autour du corps, ajustée sous un court boléro.
Une heure de route dans un paysage majestueux mène à Thimphu.

Une langue écrite depuis 1960
On voit que Thimphu, forte de ses 40 000 habitants, est la capitale, deux rues parallèles encadrent la voie principale. C’est la sortie des classes. Au Bhoutan, l’école est mixte, obligatoire et gratuite. L’enseignement se fait en anglais, mais la langue nationale, le dzongkha ou « langue parlée dans les dzong », est également apprise. Ecrite depuis 1960, elle n’a pas une orthographe très stable.

Le col de Dochola
Au col de Dochola, à 3100 m d’altitude, s’élève un chorten, cloche renversée, et claquent des drapeaux de prières. Celui-ci forme une colline coiffée de cent huit petits chorten peints, nombre sacré. En arc de cercle se profilent les sommets enneigés des Himalayas. 
Après avoir suivi le cours de la Panakha chu – la profusion des rivières permet au Bhoutan de vendre à l’Inde son électricité –,  on parvient à Punakha, où un arrogant dzong sert de résidence au supérieur des Bonnets Rouges, le Jé Khenpo, plus haute autorité religieuse du royaume. Celui-ci fait partie des 21 forteresse du royaume datant pour la plupart du XVII è siècle. A la fois places fortes, siège du gouverneur et monastère, ils ont fait l’unité du Bhoutan.

                                                       Dzong de Punhaka

Le dzong de Gasa, dans sa solitude hautaine
La piste suivant la Punatsang chu s’arrête devant un rocher dévalé de la montagne. Il faut continuer à pied avec chevaux, matériel de camping et provisions pour atteindre le dzong de Gasa, perdu dans sa solitude hautaine. Les chevaux franchissent passes et fragiles « ponts de singe ». Celui de Same Zam enjambe les eaux de la Tsachomo chu, mugissant vingt mètres plus bas.
Au matin, la masse du dzong de Gasa émerge de la forêt. A l’intérieur, trente danseurs et chanteurs, des Layap venus de Laya, au nord du royaume, répètent pour le couronnement. Il faut six heures pour rejoindre Gasa Tsa chu. Près de la rivière jaillit une source volcanique, canalisée pour former des bassins. C’est un dimanche et l’on vient y pique-niquer en famille, shampouinant, étrillant les gamins, lavant le linge de la semaine. L’eau est presque trop chaude, sulfureuse.
Lever à sept heures sous une pluie battante. La forêt s’est changée en marécage, les sentiers en patinoires.

Festival tantrique au dzong de Bumthang
Bumthang s’épanouit dans une gorge creusée par la Puna Tsang chu. Le dzong s’étale au-dessus de la vallée, à 2600 m d’altitude. Ce 29 octobre, dixième jour du mois lunaire, on y célèbre le festival de Tsechu. Dans la cour principale, des moines masqués, pieds nus, en robes de brocart, jaillissent de la grande porte, tournent sur eux-mêmes en se déhanchant pour que leurs manches effleurent le sol, pris de transes. Leurs masques à têtes de morts ou d’animaux leur donnent un aspect fantomatique.


                                            Coiffes noires au dzong de Bumthang

Tout un peuple célèbre son 5 è roi
Thimphu s’agite en cette veille du couronnement. On accroche les dernières banderoles, on nettoie les rues, on achève les arcs de triomphe. Le long de la voie principale, les enfants des écoles agitent leurs drapeaux ornés d’un dragon blanc. Tout se passe dans le dzong de Thimphu, en ce 6 novembre 2008, jour du couronnement de Sa Majesté Jigme Khesar Namyel Wangchuck, 5 è roi de la dynastie des Wangchuck.
Les premiers membres de la procession incarnant des divinités terribles arrivent. On retient son souffle en attendant ce roi de 28 ans auquel son père abandonne le trône. Enfin, il est là, marchant entre deux haies de spectateurs, enveloppé dans l’écharpe royale, ému. Il est beau, il est jeune, il est exotique, il est roi, mais Tintine a eu beau faire, elle n’a pas réussi à s’affubler des vêtements de cérémonie qu’il lui a offerts, ainsi qu’aux autres journalistes. Tout ça ne tient que par des épingles et tombe au moindre geste avec assez peu de dignité. Dommage, elle se prenait déjà pour une princesse…Et son beau roi pénètre dans la Salle du Trône interdite au public. Son père le coiffe de la couronne brodée surmontée d’une tête de corbeau. A l’intérieur, les cours s’ornent de bannières brodées de vingt mètres de haut. Six cents Bhoutanais assistent aux danses ayant lieu dans le stade du dzong. C’est le délire quand le roi paraît.
Les deux jours de cérémonie suivants se déroulent dans celui de Thimphu pouvant contenir 2000 personnes. Le premier est dédié à l’armée, le second aux jeux. Le défilé militaire commence par la garde royale, splendide dans ses uniformes datant de trois siècles. L’armée se rassemble devant la tribune pour saluer le roi d’un triple hurrah repris par la foule.

Les moines dansent pour rappeler l’assassinat d’un roi
On attend la mystérieuse danse tantrique des Coiffes Noires ou shanag. Les moines masqués de la tête de mort chassent les mauvais esprits, leur danse contant l’assassinat d’un roi tibétain au IX è siècle. Ils se contorsionnent et tourbillonnent, leurs jupes étalées dans un scintillement d’or.
A trois heures, tout est fini, le roi s’en va, les gradins se vident, les équipes de nettoyage se mettent au travail.
Les moines assistent au spectacle
Pour le troisième jour, place aux jeux, joutes des « hommes forts », combats à coups de sacs de son de deux adversaires accrochés à une barre au-dessus d’une cuve d’eau glacée. Dans une aire voisine, s’exercent les tireurs à l’arc, le sport national. On acclame les meilleurs coups. Survient le roi, qui tire sa flèche sous les acclamations et repart aussi vite qu’il était venu. La fête est finie.
Fiche pratique : Ce voyage a été organisé par Compagnie du Monde, 5, av  de l’Opéra, 75 Paris, Tél. : 01 53 63 33 42.