mardi 31 décembre 2013

FEERIE


Palais et jardins des Mille et une nuits en Iran



Shiraz : Palais qatjar de Afif Abad



Téhéran, Jardin des Roses du Golestan
 

Il faudrait abolir la légende qui court toujours : l’Iran est un pays dangereux où l’on ne doit se rendre sous aucun prétexte. Rien n’est plus faux. Il n’y a aucun danger à voyager, même seule, en Iran. Il suffit d’avoir une invitation d’un résident iranien en Iran pour obtenir son visa et ensuite, tout s’enchaîne.

Petit code du voyageur

Le mieux est de demander à l’une des agences de voyages de Téhéran un chauffeur parlant anglais pour visiter la ville et de lui marchander ensuite ses services pour le tour classique réalisable en neuf jours : Téhéran, Kashan, Abyaneh, Ispahan la perle de l’Iran, la prodigieuse Persépolis hélas incendiée par Alexandre, Shiraz et les tombeaux de ses poètes, Kerman, Yazd la ville du désert couleur de miel, Kalardesh et retour à Téhéran. Ensuite on peut au choix se diriger vers la Caspienne puis l’Azerbaïdjan, le sud et ses îles du Golfe Persique, le nord-est et ses villes saintes ou le grand désert de l’est aux paysages lunaires. Partout, les rares visiteurs sont accueillis à bras ouverts et l’on peut dormir chez l’habitant sans le moindre risque. On vous invitera volontiers aux fêtes de famille, anniversaires, fiançailles ou mariages, où hommes et femmes ne dansent pas ensemble, sauf en comités restreints. La plupart des mosquées sont ouvertes à tous, ainsi que les cafés. On ne demande aux visiteuses que de porter un foulard, même minuscule et un T-shirt à manches longues pas trop décolleté par-dessus un pantalon.

La rigueur religieuse s’estompe depuis la mort de Khomeiny et son successeur l’ayatollah Ali Khamenei désire donner une image plus souriante d’un pays pour son malheur boudé par les touristes, alors que la Perse reste le berceau de nos civilisations et recèle des trésors d’art. Bien sûr, l’usage de l’alcool ou de drogues est interdit, des élans amoureux en public très mal vus !

Agences de voyages à Téhéran :






Téhéran, le « Jardin des Roses » du Golestan


Si la ville moderne en elle-même, poussée n’importe comment, n’a pas grand intérêt, adossée au nord (les quartiers chics) à de hautes montagnes que la pollution masque la plupart du temps, elle renferme de beaux musées et surtout un lieu féerique où échapper aux embouteillages urbains : le palais du Golestan, résidence des rois qajars durant les XVIII è et XIX è siècles. Situé près du bazar, en plein centre ville, il fut construit par Fath Ali Shah au début du XIX è puis sans cesse embelli par ses successeurs.

Dans ce jardin fleuri des roses iraniennes rouges et jaunes, partout murmure l’eau venue des montagnes – le mont Damavant, le plus haut sommet d’Iran aux neiges éternelles et culminant à 5671 m n’est situé qu’à une centaine de kilomètres de la capitale. Le parc est semé de pavillons émaillés décorés de motifs floraux ou de paysages de rêve. Le plus somptueux, le palais du Trône de marbre, qui date de 1806 et n’a subi aucune altération abrita les cérémonies de couronnement des shahs pahlavis. Le dernier shah recevait dans l’étincelant pavillon des Miroirs, le jour du Nouvel An, les dignitaires et ambassadeurs.


Golestan, Pavillon des Miroirs

Golestan : Pavillon du Trône de Marbre

Au fond du jardin se dresse le plus bel édifice qajar de Téhéran, Shams ol-Emareh et ses deux tours jumelles que reflètent les eaux calmes d’un grand bassin. L’intérieur n’est qu’un foisonnement de stucs richement travaillés, incrustés de miroirs ou de vitraux.

 


Kashan : le jardin d'eau de Fin Garden


Fin Gardens

Kashan, les jardins de Fin


La source Suleymaniyeh jaillie des montagnes bordant Kashan, conduite par tout un réseau de canaux, a formé une luxuriante oasis. Séduit par la douceur du climat, Shah Abbas Ier, dit le Grand, se fit construire au XVI è siècle un pavillon de plaisance planté au centre de jardins figurant la vision persane du paradis. A l’origine, ces jardins étaient formés de trois rectangles réguliers délimités par le tracé des canaux.

Au XIX è siècle, à l’époque qajar, Fath Ali Shah restructura les jardins en faisant tracer parallèlement à l’allée centrale une nouvelle allée aboutissant à un élégant pavillon orné de fresques et d’un hammam plus tard témoin d’un événement sanglant. Ce fut là que le grand vizir réformateur Amir Kabir, coupable aux yeux du shah d’être devenu plus populaire que lui, fut assassiné sur son ordre. Tout près, une agréable maison de thé abrite les familles qui viennent y pique-niquer dans la senteur des roses et des genets.

 

Ispahan, les jardins de l’hôtel Abbassi


Cet ancien caravansérail faisant partie des quelques 999 construits par Shah Abbas Ier pour favoriser le passage des caravanes et donc le commerce, admirablement restauré et constituant sans doute l’un des plus beaux hôtels iraniens, (Tél. : 222 60 10 à Ispahan) était si vaste que sa cour centrale fut aménagée en jardins ouverts au public.  On peut y dîner le soir devant les jets d’eau des bassins ou prendre un verre dans un délicieux café oriental.

 


Ispahan : les jardins de l'hôtel Abbassi


Son pavillon de thé

Shiraz, les jardins d’Afif Abad et de Qavam


Shiraz, la douce, de tout temps chantée par les poètes, fut d’ailleurs la patrie des plus célèbres d’entre eux,  Hafez et de Sa’di, qui y ont de somptueux tombeaux où les Iraniens, toujours amoureux de beauté et de poésie, aiment à se recueillir. Elle fut un temps la capitale de la Perse au XVIII è siècle, jusqu’en 1794, avant d’être détrônée par Téhéran. Il en reste quantité de monuments, forteresse, mosquées et mausolées, palais de plaisance plantés dans des jardins aussi somptueux que raffinés. Le canal coupé de cascatelles d’Afi Abad et son ravissant pavillon qajar, sa foison de fleurs en firent l’une des résidences préférées du dernier shah. Il sert à présent de cadre au musée militaire de la ville.


Le palais qatjar d'Afif Abab et ses giroflées

Le même palais et ses parterres de pavots

Celui de Qavam, achevé en 1886 pour le gouverneur de la ville durant la période qajar également, exhibe un riche décor de faïence émaillée, boiseries, stucs, vitraux et mosaïque de miroirs. Autrefois, un passage souterrain le reliait à la maison voisine dont il faisait partie, Zinat ol-Molk, que l’on peut aussi visiter. Ce pavillon décoré d’un fronton à trois arches ferme harmonieusement la perspective d’un jardin découpé en divers parterres floraux par le tracé des canaux. Roses, pensées, gueules de loup ou giroflées rivalisent d’éclat et de senteurs et s’harmonisent aux teintes des mosaîques.
 

Shiraz : palais Qavam et ses roses de légende

Intérieur du palais, vitraux et mosaïques

Palais Qavam et son foisonnement de mufliers

 Mahan, les jardins du prince


Mahan, pavillon d'entrée

Mahan, les anciens hamams


Mahan, le pavillon central

Oasis réputée sur la route de la soie pour les caravaniers avides d’eau et de fraîcheur, Mahan était une ville-jardin largement abreuvée par l’eau ruisselant des montagnes auxquelles elle s’adosse. A six kilomètres au sud de la ville, un carré émeraude comme jailli du sable d’ocre rouge intrigue. Il s’agit du paradis en miniature du prince qajar Abdul Hamid Mirza qui l’édifia en 1873. Les jardins situés en pente douce permettent au canal central d’être coupé de douze cascatelles du meilleur effet. Un portail d’entrée, un pavillon central coupant le canal en deux parties et un hammam abritant un restaurant et quatre chambres d’hôtes offrent un aperçu de l’art de vivre si raffiné des Persans.

 

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