mercredi 7 octobre 2015

EXPO PARISIENNE


Elisabeth Vigéee Le Brun, portraitiste de génie

Le portrait de Marie-Antoinette qui fit scandale

Yolande de Polignac, la jolie favorite



Portraitiste de génie, même si, à la fin d’une longue vie – elle est morte à l’âge de 86 ans – , Elisabeth Vigée Lebrun s’intéressa aux paysages, elle sut surtout rendre l’éclat et le charme de ses contemporaines ou de leurs enfants et de la sienne en particulier, cette jolie Jeanne aux grands yeux étonnés. Ses portraits d’hommes sont en effet bien moins nombreux que ceux de femmes, jeunes et belles pour la plupart, composés à l’huile ou au pastel. Ses Souvenirs, écrits d’une plume aussi alerte que ses pinceaux, relatent avec verve et piquant les bons et moins bons moments d’une vie agitée, dont douze années entières furent consacrées au voyage, Italie bien sûr, mais aussi Autriche, Russie, Angleterre et Suisse.

Autoportrait au ruban rouge

Autoportrait au pastel

Son frère Louis

Sa fille Jeanne au miroir

Jeanne au bain

Née dans une famille d’artistes en 1755, Elisabeth est de bonne heure encouragée et formée dans son art par son père, Louis Vigée, pastelliste d’un certain renom, affirmant hautement : « Tu seras peintre, mon enfant, ou jamais il n’en sera. » A vingt et un ans, elle épouse le marchand de tableaux Jean-Baptiste Le Brun grâce auquel elle découvre notamment les œuvres de Greuze qui devient un ami. La renommée de son frère poète, les relations de son époux et son talent ne tardent pas à la propulser dans le milieu artistique parisien. Elle devient d’abord membre de la prestigieuse Académie Saint-Luc en 1774 puis, quatre ans plus tard, portraitiste officielle de la reine Marie-Antoinette qui se fait sa protectrice. Dès lors, Elisabeth Vigée Le Brun est lancée et toute l’aristocratie française se bat pour se faire « portraire » par l’artiste, qui sait comme personne rendre l’âme de son sujet, tout en l’embellissant au besoin !

En 1783, son portrait de la reine en « robe de Gaulle », c’est-à-dire en tenue d’intérieur, légers voiles blancs pourtant parfaitement pudiques, suscite bien des indignations, sans toutefois lui retirer sa royale clientèle. Ses modèles sont souvent de pulpeuses créatures à la carnation de lis et de rose, comme c’est alors la mode, à la chevelure savamment décoiffée – les inesthétiques pyramides chevelues de Léonard ne sont plus de mise, non plus que les lourdes robes à paniers. Les élégantes préfèrent les tenues fluides plus près du corps qu’elles laissent deviner de façon sensuelle, les boucles au vent sous les grands chapeaux de paille presque campagnards. Telle est représentée la charmante Yolande de Polignac, la favorite de Marie-Antoinette régnant avec elle sur la cour restreinte du Petit Trianon.
 



Les enfants royaux

Belle au chapeau mauve

Jeune femme en blanc

La Ctesse de La Châtre

Deux amies et leurs enfants

Petit chien couronné
Le glas de la Révolution vient mettre un terme à ces temps d’élégante désinvolture. Si proche de la famille royale, Elisabeth est en proie à la vindicte populaire et elle préfère quitter la France avec sa fille Jeanne dans la nuit du 6 octobre 1789. Et ce seront les trois années italiennes au cours desquelles elle portraiture la famille royale de Naples, l’aristocratie locale et même lady Hamilton ! Arrivée à Vienne en octobre 1792, elle y retrouve les Polignac, puis y apprend la mort du roi et de la reine et enfin le prononcé de son divorce. Plus rien ne semble la retenir à la France et elle se décide à gagner la Russie, arrivant à Saint-Pétersbourg le 23 juillet 1795. Dès le lendemain, elle est présentée à l’impératrice Catherine II. Son séjour russe durera six ans, temps mis à profit pour peindre la famille impériale et toute l’aristocratie.

Ce n’est que le 18 janvier 1802 qu’elle revient à Paris, bizarrement accueillie et fêtée par son époux qui donne même un concert en son honneur, ses pinceaux se consacrant désormais à la famille impériale et à son entourage. Un long voyage en Angleterre est l’occasion de nouveaux portraits avant sa rentrée définitive en France en 1805. Des séjours en Suisse lui permettent de s’adonner à l’art du pastel de paysages en plein air – de son aveu, plus de deux cents dont peu nous sont parvenus.

A travers sa nombreuse galerie de portraits témoignant d’un art très sûr et plein de charme, ce sont les années les plus fastueuses du règne de Louis XVI et tout un art raffinée de l’élégance à la française que fait revivre avec brio Elisabeth Vigée Le Brun, elle-même une fort jolie femme, comme le prouvent ses nombreux autoportraits.
 
Cette exposition a lieu au Grand Palais jusqu'au 11 janvier prochain.
 

Cueillette de roses

Elégante en robe bleue

Coiffure champêtre

Robe rouge

Jolie mentonnière

Deux grandes duchesses de Russie

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