samedi 2 juillet 2016

COURBET ET ART CONTEMPORAIN


Gustave Courbet à l’abbaye d’Auberive


Ciurbet peignant sur le motif
 

Jusqu’au 25 septembre prochain, à Auberive, à quelques 65 kms de Dijon, le centre d’art contemporain de l’abbaye du même nom, en Haute Marne, présente une exposition sur le thème de Courbet et la nature, les toiles des peintres de son atelier d’une même inspiration et les regards croisés d’artistes contemporains.

 

L’abbaye d’Auberive, un destin mouvementé
 
La chapelle romane

La sobre façade XVIII è

La cascade romantique alimentant autrefois le moulin
 

Abbaye cistercienne appartenant à cet ordre de Saint Benoît réformé par le grand Bernard de Clervaux dès 1119, Auberive connut bien des vicissitudes : pillage par deux fois au XVI è siècle durant les guerres de religion, reconstruction et fin de l’abbaye cistercienne au XVIII è, abandon de l’abbaye par les huit moines restant en 1790, rachat l’année suivante par le gendre de Diderot pour en faire une filature de coton, destruction de l’église abbatiale pour alimenter le haut-fourneau d’une forge en 1825, transformation en prison de femmes en 1856, la prisonnière la plus célèbre étant Louise Michel, la célèbre et indomptable Vierge Rouge qui y fut détenue vingt mois, en colonie agricole pour garçons de 1894 à 1924 puis reprise de l’abbaye par les Bénédictins de la Source de Paris jusqu’en 1960, à nouveau une colonie de vacances. L’abbaye aborde enfin des rivages plus paisibles avec la création d’un centre culturel et, en juin 2006, d’un centre d’art contemporain exposant la collection de la famille Volot et des expositions temporaires telle que celle présentant aujourd’hui plus de vingt œuvres dédiées à la Nature de Gustave Courbet, de ses élèves ou d’artistes contemporains ayant le même regard.

 
Les latrines des prisonnières

Les prisonnières de Badia


Gustave Courbet, un enfant d’Ornans

Né en 1819 à Ornans dans une famille de bourgeois-paysans, c’est au Petit Séminaire de cette ville qu’il apprend le dessin, puis la peinture au Collège Royal avec un élève de David, avant d’arriver à Paris. Son second envoi au Salon, Autoportrait au chien noir, est accepté. Il voyage en Belgique, dans le Midi et en Allemagne et peint une série de nus dont la scandaleuse Origine du monde. A la chute de l’Empire, il est élu Président de la Commission des arts, puis est élu à la Commune de Paris, ce qui lui vaudra ensuite six mois de prison à Sainte-Pélagie. Poursuivi par le fisc, il se réfugie en Suisse où il fonde l’Atelier de collaboration avec des peintres tels que Pata, Ordinaire, Brigot, Cornu. Il meurt d’hydropisie le 31 décembre 1877.

Déclaration de Courbet sur le Beau


La source de la Loue, Courbet 1864


Une papeterie à Ornans, Courbet 1865
 
Les paysages de Courbet ne sont pas simples décors, mais un hymne à la Nature. Fasciné par l’eau vive, la noirceur des forêts, il peint inlassablement les horizons de son enfance et les sources de la Loue, les chemins creux, les austères rochers. Sur ces toiles, la Nature reste souveraine et il faut aiguiser son regard pour y discerner quelques petits personnages, perdus dans toutes ces étendues sauvages.

Parmi ses élèves, fascinés par l’autorité du maître dont ils reproduisent le plus souvent l’inspiration mais avec moins d’intensité, citons Ernest Bigot, Théophile Morel, Cherubino Pata et sa délicieuse Fagotière, Alexandre Rapin ou Marcel Ordinaire.

 
Cherubino Pata, La Fagotière 1883


Regards croisés

La suite de cette vaste exposition concerne des peintres ou auteurs de compositions faisant penser à la sensibilité si particulière de Gustave Courbet. Fabian Cerredo, artiste argentin mort en 2005 à 45 ans, a produit en dépit de sa courte vie une œuvre onirique et tourmentée, brossant des personnages puissants mais aussi une nature grandiose, dont son superbe Paysage de Patagonie où les sommets enneigés ne sont visible que dans l’eau qui les reflète. Jacques Perconte, qui vit et travaille à Paris, explore la nature à travers des supports numériques, mais aussi des œuvres abstraites d’une grande puissance. Paul Rebeyrolle mêle dans ses vastes compositions peinture, photo et ajout de matière, tels ces bouts de bois composant La Barrière. Quant à l’artiste polonaise Malgorzata Pasko, née à Varsaovie mais habitant la Normandie, pensionnaire de la Villa Médicis en 1987, ses amples compositions à l’acrylique disent sa proximité sensuelle avec la nature. Enfin, Jean et Andréas Moiziard, qui n’ont quant à eux aucun rapport avec Courbet, ont recréé dans une pièce de l’abbaye le décor si particulier de leur propre intérieur, évoquant l’ambiance fameuse des cabinets de curiosités de jadis.
FabianCorredo, Paysage de Patagonie, 1998

Paul Reyberolle, La Barrière, 2000

Malgorzaka Paszko, Champ II, 2012

Comme un cabinet de curiosités de Jean et Andrée Moiziard

 

Centre d’art contemporain de l’abbaye d’Auberive, Tél. : 03 25 84 20 20 et www.abbaye-auberive.com.

 

 

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