mercredi 6 juillet 2016

PATRIMOINE ET ARTISTES CONTEMPORAINS


Dans la région de Montpellier, quatre fleurons du patrimoine

 

accueillent l’art contemporain

Les gracieux panaches des bambous

Des inclusions de céramique dans le marronnier

D'élégantes perspectives


De même qu’à l’abbaye d’Auberive près de Dijon ou que dans les chapelles oubliées du Morbihan, l’an dernier, le mariage modernité et tradition se fait facilement. L'associations Le Passe Muraille s’attache à mêler passé et présent en une osmose audacieuse et valorisante pour les deux. Nous vous convions à la découverte de La Bambouseraie dans les Cévennes, de l’abbaye de Lagrasse encore habitée par 35 moines, de celle de Fontfroide et de son fameux cloître appartenant à la même famille depuis le début du XX è siècle et de celle de Gellone dans le pittoresque village médiéval de Saint-Guilhem-le-Désert. Autant de lieux magiques parmi d'autres ayant inspiré de célèbres artistes contemporains.


La Bambouseraie, un petit air d’Asie

L'installation des Time Maker's


Toute la subtilité d'un jardin japonais

La maison blottie dans sa forêt de bambous

Au milieu du XIX è siècle, un certain Eugène Mazel, orphelin élevé par un oncle riche armateur, peut, avec la fortune léguée par ce dernier assouvir sa passion pour l’horticulture et il créé alors deux jardins, l’un au Golfe-Juan et l’autre à Pragrance, non loin d’Uzès. Grâce aux canaux d’irrigation qu’il fait creuser, les bambous venus d’Asie se développent bien et le lieu peut bientôt être baptisé La Bambouseraie. Rachetée en 1902 par Gaston Nègre, un autre passionné, la propriété s’étend, une serre, un labyrinthe et des jardins d’eau sont réalisés. Aujourd’hui, la propriété comporte 32 hectares, donc 16 en jardin soignés par 32 jardiniers. Des films comme Le salaire de la peur et Les héros sont fatigués y furent même tournés. En dépit d’une crue catastrophique du Gardon en 1958, La Bambouseraie panse ses plaies et est inscrite à l’inventaire des monuments historiques en 2008, puis devient signataire de la Charte Européenne du Tourisme Durable. C’est aujourd’hui Muriel Nègre qui a repris le flambeau et ouvre ce parc d’exception aux artistes contemporains qu’il inspire. Parmi ces derniers, citons Marie Gueydon de Dives et ses lichens de céramique appliqués sur le grand marronnier, Marie-Noëlle Fontan et ses fibres en palmier de Chine tendues comme autant de bannières exotiques au sommet de la serre ou cette immense perche conçue par un collectif de trois architectes, Le Time Maker’s, et rivée à un cyprès… pour rivaliser d’audace avec les bambous véritables.


De savants tissages dans la serre


Au cœur des Corbières, l’abbaye de Lagrasse

Fondée par Charlemagne, cette très puissante abbaye s’étendait autrefois jusqu’à Saragosse, en Espagne. Vendue comme Bien national à la Révolution, elle est alors divisée en deux lots et seule la partie la plus ancienne devient propriété du département de l’Aube. Aujourd’hui de nouveau habitée par des moines, elle comporte donc une partie privée et une autre ouverte au public, donc le prodigieux ancien dortoir monastique à la majestueuse charpente, qui a inspiré l’artiste Javier Pérez. Il a su à merveille utiliser cet harmonieux espace pour y installer ses douze grosses cloches de verre noir, Les lamentations, mêlant sons de cloches et voix un peu divines des chants grégoriens. C’est d’une beauté poignante. Javier Pérez a déjà exposé au Guggenheim de Bilbao, au Carré d’Art de Nîmes, au Palacio de Cristal, à Madrid et au Centre Pompidou à Paris.


La massive abbaye de Lagrasse, presque une forteresse

La mélodieuse et poétique installation de Javier Pérez


Fontfroide, une puissante abbaye cistercienne

Fondée en 1093 par des moines bénédictins, puis rattachée à l’Odre de Citeaux, Fontfroide connut sa puissance culminante durant la croisade contre les Cathares, avant de décliner. Elle fut classée monument historique au XIX è siècle. Son cloître aérien et intact et sa salle capitulaire du XII è siècle, son imposante église abbatiale sont dans un état de conservation remarquable, même si le logis abbatial date du XVIII è. Rachetée par le collectionneur Gustave Fayet en 1908, l’abbaye est toujours aussi bien entretenue aujourd’hui par ses descendants. Quant aux jardins italiens en terrasse, ils sont classés à juste titre Jardins remarquables. Une roseraie s’étale aujourd’hui dans l’ancien cimetière des moines. C’est dans la salle capitulaire jouxtant le cloître que l’artiste Marc Couturier a choisi d’installer sa Barque-miroir, une demi-barque symbolique se reflétant dans un miroir déformant qui incurve les belles arches gothiques en leur offrant une nouvelle vie.


Le logis abbatial de Fontfroide

Le cloître aérien de Fontfroide

La symbolique mystique de Marc Couturier





L’abbaye de Gellone dans le célèbre village de Saint-Guilhem-le-Désert

S’il est bien un lieu célèbre sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, c’est ce délicieux village médiéval adossé à sa colline escarpée et renfermant l’abbaye de Gellone, fondée au IX è siècle par un aristocrate aquitain, Guillaume de Gellone. Monument historique également inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, Gellone ne possède plus à présent qu’une moitié de cloître, l’autre partie étant partie au musée The Cloisters de New York. Des religieuses y vivent encore aujourd’hui. L’abbatiale abrite une œuvre de Renato Nicolodi appelée Retable II 2016, sorte de monolithe exprimant silence et immobilité.


Bien intégrée au village, l'abaye de Gellone

Le retable de Renato Nicolodi


La Bambouseraie en Cévennes, Tél. : 04 66 61 70 47 et bambouseraie.com

L’abbaye de Lagrasse, Tél. 04 68 43 15 99 et abbayedelagrasse.com

Abbaye de Fontfroide, Tél. : 04 68 45 11 08 et fontfroide.com

Mairie de Saint-Guilhem-le-Désert, Tél. : 04 67 57 70 17 etsaintguilhemledésert. Com


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