lundi 13 février 2017

LA SCIENCE AMOUREUSE DES GEISHAS

Au paradis des geishas

Pour ce 14 février, jour de la saint Valentin, le patron des amoureux dit la légende, pourquoi ne pas le faire rêver en le transportant dans l’univers si raffiné des geishas, ces Japonaises expertes dans les arts amoureux ?

Momoyo ou Pêche apprend le difficile langage de l'éventail


L'école de geishas d'Hakone
Une ambiance de grâce et de séduction règne dans cette harmonieuse maison de bois traditionnelle d'Hakone, où d'anciennes geishas ont formé une association pour transmettre leur art. Cette école, plus ou moins secrète et en tout cas interdite aux non-initiés, j’ai eu, après bien des difficultés, la permission d’y pénétrer et d’y effectuer un reportage, le premier à ce qu’on m’a dit…

Geishas du quartier de Gion, à Miako Odori, Kyoto

Hakone est une jolie ville de province qui s'étend entre la vallée volcanique d'Owakudani et le lac d'Ashino. Cette maison paisible et hors du temps où je suis reçue par le maître Misao, une ancienne geisha, est vouée à l'apprentissage des jeunes filles désireuses de devenir à leur tour des geishas ou de perfectionner leur art : savoir évoluer avec grâce dans le lourd kimono de soie, sur d'inconfortables patins de bois, apprendre à se grimer de blanc, yeux ourlés de rouge vers les tempes, bouche en forme de pétale, nuque peinte dans la tradition du temps des samouraïs, savoir chanter, danser, dire des poèmes, animer une conversation, servir le thé dans les règles, cérémonie esthétique et philosophique codifiée au XVI è siècle par le maître Sen no Rikyu. Maître Misao s'agenouille pour plaquer des accords très lents sur son samisen, luth à trois cordes, tandis que ses deux élèves, Momoyo et Kotone, de vraies geishas qui désirent se perfectionner, s'exercent à l'art difficile de manier l'éventail et l'ombrelle. De temps à autre, maître Misao se lève, s'approche de l'une des jeunes filles pour donner un conseil : on déploie l'éventail dans un geste pudique, manche levée vers le visage, on ouvre l'ombrelle en la dirigeant vers l'hôte que l'on souhaite honorer.

Des geishas trésor national vivant

Ecole de geishas d'Hakone, les cours sont donnés
par une ancienne geisha

Hakone, cours de danse à l'éventail

Il y a trois siècles, les geishas vivaient en communauté dans les quartiers de plaisir des villes, dits le monde flottant. Elles étaient d'avantage des hôtesses, parfois même reconnues comme trésor national vivant, que des prostituées, même si la frontière n'était pas très nette - et ne l'est toujours pas, n'en déplaise à maître Misao et à ses élèves. Ces hôtesses payées à prix d'or pour recevoir des hôtes de marque ou animer des banquets par leur charme, leur culture et leur grâce pouvaient bien sûr outrepasser ces fonctions. Elles avaient généralement un danna ou protecteur fortuné étant leur amant et assurant leur bien-être matériel. L'écrivain William Golden a fait connaître leur mode de vie au monde occidental dans son livre émouvant, Geisha. Aujourd'hui, on compte encore environ dix-huit cents geishas au Japon, dont mille à Tokyo et cinq cents dans l'adorable quartier de Gion de Kyoto, où l'on peut aisément les apercevoir à la nuit tombante, se glissant furtivement vers les restaurants spécialisés et maisons de thé où elles reçoivent leurs clients.
Momoyo et Kotone interprètent à présent pour moi ces pas glissés et harmonieux des danses de cour de jadis, tandis que maître Misao, elle-même une ancienne geisha, joue du samisen.
- Aujourd'hui, m'explique Misao, les geishas ne vivent plus dans les karyukai d'autrefois, mais restent chez leurs parents jusqu'à leur mariage. Ce qui ne les empêchera nullement de continuer à exercer leur profession, très honorable et respectée, et d'avoir des enfants. Nous avons fondé cette association pour préserver notre art et transmettre nos traditions aux plus jeunes. Ce serait triste que toute cette beauté se perde.
- Etre une geisha, ajoute Momoyon avec son ravissant sourire, n'empêche nullement de trouver un mari, bien au contraire. J'ai choisi cette profession pour toute l'harmonie qu'elle suppose. J'adore porter un kimono traditionnel, mais aussi savoir répéter et exercer le mieux possible, et je continue à m'améliorer grâce à ces cours, les gestes et les arts des courtisanes de jadis.
Alors, et si votre chéri se laissait aller à vous offrir ce voyage exceptionnel ?

Sitôt les cours terminés, les geishas consultent leurs agendas
pour se rendre à leurs rendez-vous

Fiche pratique :
Comment y aller : Par Japon airline, 4, rue de Ventadour 75001 Paris, Tél. : 01 44 35 55 72 et en consultant le site de l'Office du Tourisme, même adresse et Tél. : 01 42 96 28 89, www.tourisme-japon.fr.
Comment organiser votre voyage :
        Voyageurs du Monde, 55, rue Sainte-Anne 75002 Paris, Tél. : 08 92 23 56 56, grand spécialiste du Japon, vous organisera un voyage sur mesure et vous procurera le passe JR, qui vous permettra de voyager sur la plupart des trains japonais.
        L'agence NostaAsie, 19, rue Damesme, 75013 Paris, Tél. : 01 43 13 29 29 est également spécialiste du Japon.
        Où loger  : Dans bien des villes, les hôtels Prince, 12, rue Vignon 75009 Paris, Tél. : 01 53 05 99 09 jouissent en général d'une belle vue et les prix sont raisonnables.
A Hakone, au délicieux ryokan ou auberge traditionnelle de Mikawaya, 503 Kowakidani, Hakone-Machi.


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