lundi 10 mars 2014

ALLERGIE


Tintine allergique aux touristes


 

Sur le site de l’AJT, l’Association des Journalistes du Tourisme dont elle fait bien sûr partie, Tintine confie son peu d’accointance avec cette faune, bien sûr responsable d’une nouvelle façon de voyager qui n’est pas la sienne et cause souvent bien des dommages.

 
Durant la Kumba Mela d'Haritwar

1. Te sens-tu plutôt touriste ou voyageur ?


Je déteste le mot « tourisme » et les « touristes » en général. Même si je comprends qu’une association que j’aime bien l’ait mis dans son sigle pour l’amour du jeu de mots – c’est vrai que la définition d’AJT nous va bien ! – je ne me considère en aucune façon comme une journalisme de tourisme, encore moins comme une journaliste spécialisée, quelle horreur et quelle signification cela peut-il avoir ? Je suis un reporter si l’on en croit les « ours » des diverses publications pour lesquelles j’ai travaillé et même un « grand reporter », titre que d’aucuns trouveront ronflant, mais qui n’a qu’une signification, que je travaille surtout à l’étranger. Je ne me sens pas non plus spécialement l’âme voyageuse. Les journalistes sont des éponges qui absorbent certaines sensations ressenties lors de reportages et s’efforcent de les restituer le mieux possible et sans inutiles clichés. Par pitié, évitons des phrases de ce genre : « la sérénité d’une mer diaphane constellée de milliers de nénuphars ». Où est l’info ? Est-ce vraiment du travail de pro ? Même pas de poète…

 

2. Pratiques-tu plutôt le tourisme urbain, la découverte des grands espaces ou la visite des sites connus ?

Puisque j’évite comme la peste la détestable engeance des touristes, je recherche surtout les grands espaces encore difficiles d’accès, peu envahis, donc à faire encore découvrir aux lecteurs qui me font l’amitié de me lire. J’y recherche des personnages hors du commun, des coutumes tendant à disparaître, des cérémonies extraordinaires. Je pratique donc assez peu le tourisme urbain, du moins dans les sentiers battus, même si je reviens souvent, par exemple dans la Cité des Morts de Dehli, lieu réputé à tort dangereux où l’on ne risque donc pas de croiser le moindre touriste. Quand il s’agit de sites connus, j’y arrive pour l’ouverture et les visite à contrecourant. Un truc simple qui m’a toujours réussi. Quand c’est possible, j’y dors sur place, mais de préférence ailleurs que dans un hôtel. 

3. La veille d’un départ, excitée ou angoissée ?

Il me semble être toujours à la veille d’un départ ou du moins de pages qui se tournent, et je ne suis donc pas le moins du monde angoissée. Excitée, oui, car je sais que je vais vivre entre parenthèses, dans une liberté totale, pendant un laps de temps que je souhaite toujours plus long. Ma difficulté, c’est de rentrer.
 

4. Un objet que tu emportes toujours dans tes voyages ?

    Un bon guide, l’inévitable carnet de notes le plus résistant possible, deux appareils photos tenant de préférence dans la paume d’une main et mon immuable grande gueule, indispensable quand on est une femme voyageant seule dans des contrées pas toujours très sécures.

5. Dans quel pays ou quelle ville pourrais-tu revenir indéfiniment ?

    Toutes les contrées d’un accès assez difficile pour décourager… les touristes bien sûr, régions himalayennes, déserts, jungles. Je ne me lasse pas de mes villages gypsies d’altitude, au Cachemire par exemple. 

6. Quel voyage ne feras-tu plus jamais ?

Ceux de mes vingt ans, évidemment, mais c’est amusant de revenir bien plus tard dans un endroit qu’on a adoré et de noter les différences, pas toujours aussi désagréables que l’on pourrait le croire.
 

7. Que rapportes-tu dans tes bagages ?

Comme je voyage avec des bagages plus que réduits et préfère m’équiper sur place, je rapporte déjà les vêtements achetés localement, souvent ravissants, surtout lorsqu’ils proviennent d’un artisanat local. J’ai récemment dû me séparer, la mort dans l’âme, d’un éléphanteau d’une semaine qui m’avait prise pour sa mère de substitution et que je voulais adopter. Nos adieux furent déchirants, mais ma végétation normande n’était pas idéale, m’a-t-on expliqué, pour son régime alimentaire.
 

8. Peux-tu partir sur un coup de tête ?

Je ne pars que sur des coups de tête et mon emploi du temps restant toujours très souple, j’ai souvent la surprise de constater que j’ai finalement fait un voyage bien différent de ce que j’avais initialement prévu. Je prévois donc de moins en moins.

 

9. Quel genre de lecture t’accompagne en voyage ?

Si j’ai pu dénicher avant mon départ un bon roman restituant l’âme du pays où je compte aller, je l’emporte, sinon, j’achète sur place. Pour tous les amoureux de l’Inde, par exemple, je ne saurais trop conseiller le très émouvant « Loin de Chandigarh », qui n’a rien à voir avec la capitale sikh bien ratée par Le Corbusier.

 

10. Quel lieu ou pays rêves-tu de découvrir ?

J’aimerais assez aller sur la lune, mais attention, pas en groupe !

 

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