jeudi 12 mai 2016

PERIPLE EN ISLANDE


L’Islande le pays le plus cultivé du monde…


Drakkar symbolique sur le front de mer de ReykjavikAjouter une légende

La cathédrale et sa curieuse façade en arêtes de poisson

Une façade de maison digne des sagas
du grand historien Snorri Sturluson
 

Une origine viking

Même s’ils sont fiers de leurs origines et de leur culture viking, même s’ils parlent toujours le norrois, cette langue connue depuis l’an 500, on ne peut pas dire que les souvenirs historiques pullulent en Islande. Quand il subsiste une ferme de cent ans d’âge, elle est aussi bien indiquée qu’un château de la Loire ! D’ailleurs, les Islandais, en dehors de Reykjavik, leur capitale déjantée où tout devient licite dans les bars du vendredi soir, on n’en voit guère, sinon dans les supérettes de villages de campagne que l’on peut dépasser sans les voir. Pas de place, les mignonnes chapelles sont le plus souvent isolées et… fermées, les fermes ont leurs portes closes, il n’y a personne sur les tracteurs. Dans les ports de pêche, on cherche en vain marins et poissons. Mais où sont donc les Islandais ?
 
Dans le Cercle d'or, petite chapelle vers Vigoulauv

Ferme et moutons à Vigoulauv

Un gras et prospère mouton islandais

Il faut dire qu’avec leur population de 320 000 habitants répartis sur plus de 100 000 kms 2, cette île du grand nord est l’une des régions les moins peuplées du monde, avec seulement 3% de terres cultivées. On voit dans les prairies à l’herbe rase et sèche leurs robustes petits poneys multicolores. Quant aux vaches, elles sont le plus souvent confinées dans des conditions de vie pitoyables. Depuis que les vikings norvégiens accompagnés d’esclaves et de femmes celtes ont colonisé l’île et donné naissance au peuple islandais à l’aube médiévale, les difficiles conditions climatiques n’ont guère encouragé le peuplement et, à présent, les campagnes se désertifient au profit de la capitale et des quelques chefs-lieux de régions.

En dépit de leur désir de modernité, les Islandais ont pourtant conservé leur système patronymique. Pas de noms de famille ici, comme c’était le cas dans toute la Scandinavie jusqu’au XVIII è siècle. On est simplement la fille – dottir – ou le fils – son – de son père. Ici, pas de différence non plus entre hommes et femmes. La parité reste parfaite ! Pas d’armée, liberté totale de la presse et la société islandaise passe pour la plus cultivée du monde. Il faut dire que les soirées hivernales restent bien longues… Le monde étrange et poétique des sagas islandaises peuplées d’elfes, de trolls et de géants maléfiques, mais avec toujours un fond de vérité sous la légende, rapportées par le premier historien du pays au XII è siècle, Snorri Sturluson, restent d’appréciables sources historiques relatant les temps héroïques de toute la Scandinavie.

La crise économique de 2008 a pourtant un peu ébréché ce portrait d’une nation idyllique. L’alcoolisme et la consommation de drogue augmentent, le noyau familial, si important dans les sociétés scandinaves, se fissure, les prix montent en flèche, faisant de l’Islande l’une des régions les plus chères pour les touristes. On s’en tire en louant des camping-cars en couples (2000 E pour quinze jours en mai, en fait la meilleure saison pour apprécier l’Islande sans les hordes de touristes), en faisant du stop pour les courageux, mais ça marche, en improvisant des piques niques car les rares restaurants sont hors de prix. D’ailleurs, sur les routes, les tables de pique-nique sont bien signalées, dommage qu’aucun abri ne soit prévu…

 

Comment visiter l’Islande
 
Geysir, le site ayant donné son nom à ce phénomène


La majestueuse cataracte de Gullfoss

Tintine à Gullfoss

Etrange plongée de l'eau dans une faille

La violence de l'onde à Gullfoss

Mise à part la région très accidentée et magnifique des fjords du nord-ouest, assez semblables à ceux de Norvège, l’Islande se visite facilement en bus ou en voiture en suivant la fameuse Nationale 1 qui fait tout le tour de l’île. Les pistes du centre traversant les Hautes Terres, encore plus désertes que le reste du pays, ne sont accessibles qu’en 4x4. On peut ainsi explorer les environs de Reykjavik et la péninsule de Reykjanes, surtout connue pour son fameux Lagon Bleu. Imaginez un immense lagon d’un bleu turquoise laiteux entourant une centrale thermique que l’on ne devine que dans les nuages de vapeur et ceint de rochers de lave aussi noirs que l’enfer – enfin, selon les représentations de Jérôme Bosch. Si le prix d’entrée de 50E  et la queue de plus de deux heures en saison sont décourageants, on peut très bien se balader dans la partie non payante du lagon, interdite bien sûr à la baignade. Juste pour le plaisir des yeux ! Et se réserver pour les bains bien moins onéreux du lac Myvatn au nord-est par exemple, qui, eux, ne coûtent que 15E.

 

Le Cercle d’Or et le Sud
 
Poneys vers Fluoir

Vieille ferme au toit herbeux de Stong

Abri vers Skogar


Chapelle de Bruarhloo
Ensuite, on se dirige par une route droite à deux voies où la vitesse est limitée à 90 ainsi que dans toute l’île, vers le fameux Cercle d’Or, un condensé des richesses naturelles et si contrastés de l’île : fumerolles et geyser qui explose soudain dans un gargouillis boulimique à Geysir, site ayant donné son nom au phénomène, large et spectaculaire cataracte de Gullfoss, curieuse vieille ferme de Stong dissimulée sous les roches et coiffée d’herbe, volcan enneigé de l’Hekla qui ne se laisse guère approcher en voiture, mais on peut y accéder assez facilement à pied, même s’il se voile souvent la face sous une enveloppe de brume, prodigieuses falaises déchiquetées de Reynisdrangar, où nichent des milliers d’oiseaux dont les amusants macareux, mirant leur noirceur dans une eau au bleu enchanteur, épaisse langue blanche de l’immense glacier de Skaftafell s’avançant sans cesse vers le sud et couvrant une superficie de 80 000 km2, la taille de la Corse ! Là, tout est prévu pour les sportifs désireux d’explorer ces immensités blanches, treks, chiens de traîneau, raquettes ou skis de fond ! En remontant vers le nord-est le lac glacé de Jokulsarlon, creusé par une série de tremblements de terre dans les années 1920-1950, laisse avec nonchalance traîner dans sa lagune des lambeaux de glace. Icebergs miniatures, certes, mais aux étonnantes nuances de bleu et de vert. Des canards sillonnent cette spectaculaire lagune glaciaire ayant servi de décor naturel à des films tels que Tomb Rider, Meurs un autre jour ou encore Batman Begins. Dans les autres lacs barbotent d’innombrables cygnes et oies sauvages.

 

Les noires et dangereuses falaises de Reynisdrangar


On dit que 120 bateaux s'y fracassèrent...

Vue des roches en forme de trolls statufiés à Vik

L'étrange lagune glaciaire de Jokulsarlon où flottent les icebergs


Le port plus hospitalier de Reikningur

Presque un lieu de villégiature... à l'islandaise


Les fjords de l’Est

Alors qu’il n’existe aucun port sur la côte inhospitalière du sud où nombre de bateaux se sont échoués – pas moins de 120 sur les noires falaises de Reynisdrangar – , les fjords de l’est, comme alanguis sur l’eau, offrent aux pêcheurs quantité de rades sûres. C’était là que venaient pêcher la morue, mais aussi saumons, harengs et sardines les fameux Pêcheurs d’Islande chers à Pierre Loti. On ne peut dire que leur activité soit frénétique en ce mois de mai, les chalutiers sont déserts et l’on chercherait en vain la queue d’un maquereau dans les vastes entrepôts à poissons mais au moins, on voit des bateaux, c’est déjà ça ! Hofn, Djupivogur, Bérufjordur, Faskruosfjordur, ils se ressemblent tous un peu, avec leurs maisonnettes de bois ou de tôles peintes de couleurs vives, leurs rades doucement arrondies, la mer remontant parfois fort avant dans les terres. Le spectacle est paisible, reposant, un peu monotone peut-être et l’on n’est pas trop triste de quitter la mer quand la fameuse Nationale 1 bifurque soudain vers l’intérieur des terres après avoir longé l’harmonieux Lagarfljot qui s’étire jusqu’à la centrale thermique de Fljotsdalsstod que l’on peut visiter.
 
Une ambiance cosy à l'hôtel Framtio dans le même port

Cygnes vers Stoovafjordur

Passage d'un col sous la neige vers Selfoss

 

Le Nord de l’île

L’un des hauts lieux de cette région est le lac Myvatn, immensité d’eau bleue creusée parmi les roches noires semées de fumerolles des volcans. Tous les touristes s’y pressent par vagues entières dès juin en dépit des nuées de moucherons, mais en mai, le lac reste presque désert et son pourtour facile à visiter en voiture, stop, vélo ou poney. On peut s’y loger très facilement et surtout profiter des eaux chaudes de sa centrale de Bjarnarflag pour s’y baigner dans un site naturel et sauvage, moins grandiose certes que le Blue Lagoon mais aussi bien moins fréquentées. Au sud du lac, zone de marais, des pseudo-cratères ceignent la lagune de Stakholstjorn en crachant des nuages de fumée. Et pour les passionnés, le musée des oiseaux de Sigurgeir vaut le détour. Ainsi, les moeurs du fuligule morillon, arlequin plongeur, harle huppé et autre garrot d’Islande n’aura plus de secret pour vous.
 
Vers Selfoss

Mugissante cascade de Godafoss


Puissante majesté de cette cataracte

Les fjords n’y sont pas franchement différents de ceux de l’est. Eyjafjordur, Skagafjordur ou Hunofloi échancrent largement les terres, remontant parfois loin à l’intérieur…
Les fumerolles de Dettifoss

Ou d'Hafragilfoss

L'église de Vesturdatur la nuit

La perfection presque japonaise du cône de l'Asbyrgie

Fureolles sur champ de lave vers Krafla

Fumerolles vers Hueric

La paisible étendue bleue du lac Myvatn

Dramatique élevage de veaux dans une ferme du lac Myvatn
Bains de Jarobaosholar au lac Myvatn

Chapelle de Husavik
Après ces solitudes assez désolées, on retrouve avec plaisir l’ambiance presque trépidante de Reykjavik, ses maisons gaîment bariolées, son essaim de bars et petits restaurants où l’on voit enfin… quelques Islandais profiter gaîment du soleil enfin rayonnant en sirotant leurs bières à 2° , la seule que l’on peut acheter dans les supérettes, autrement, il faut dénicher le liquors store du coin, en attendant les nouvelles folies du prochain vendredi soir !

 




Retour à Reykjavic

Drôle de barrière

Maison multicolore

Grille hérissée... de gants

Cratères lunaires de Seltun

Seltun



Baignade au Blue Lagoon
Coquet petit port de Njarovik

Les eaux laiteuses autour de la centrale thermique




Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire