mercredi 10 mai 2017

NORD VIETNAM

Le Nord Vietnam et la légendaire baie d’Halong

 
Petit pêcheur à Hanoï



Les distances se rétrécissant et Hanoï n’étant qu’à douze heures de vol de Paris, on peut morceler ses vacances et y aller sans fatigue pour une escapade exotique d’une semaine.

Hanoï, la capitale du Nord

Scène de rue à Hanoï

On mange dans la rue et à toute heure

Mariage à Hanoï, on pose en pleine rue

Au Vietnam, tout se passe dans la rue, perpétuel spectacle. Mais à Hanoï, il est d’abord affolant pour le promeneur occidental de se frayer un passage parmi la foule compacte de scooters fondant sur lui ! La seule façon de procéder pour traverser une rue sans dommage  est de marcher droit devant soi sans jamais s’arrêter. Avec un peu de chance, les deux roues parviendront à vous éviter ! Chaque engin est surchargé de sacs et ballots divers, de bambins ou de jeunes passagères assises en amazone, parfois revêtues de la longue tunique flottante et fendue que les Vietnamiennes portent encore pour les fêtes. On est tout de suite frappé par l’extrême jeunesse de la population dont 60% a moins de trente ans ! La plupart des passants ont le visage masqué par un foulard pour se défendre de la pollution, pas bien nocive pourtant, ou du soleil. Les élégantes portent même de longs gants protégeant leurs mains qu’elles veulent garder blanches.

Atelier de poteries à Hanoï

Etudiantes en ao daï

L'heure de la sieste dans une crèche

Moins marquée par son passé colonial que son homologue du Sud, Saïgon nommée maintenant Hô Chi Minh-Ville, Hanoï a pourtant gardé un petit air français dans le quartier des ambassades, au sud du lac Hoàn Kiêm, avec ses villas aux volets bleus et sa spectaculaire cathédrale Saint-Joseph, au style médiéval incongru ici. Ce qui fait le principale charme de la ville tient à ses grandes étendues d’eau. Elle comprend en effet deux lacs et le Fleuve Rouge que franchit l’antique pont français baptisé autrefois Paul-Doumer. Le principal lac, Hoàn Kiêm, est une paisible étendue d’eau rafraîchissante bordée de jardins et veillée par de hauts immeubles. C’est aussi le rendez-vous des amoureux et de la jeunesse de Hanoï. C’est délicieux de flâner sur ses berges ou de louer l’un de ces curieux pédalos en forme de cygne qui sillonnent ses eaux bleues en évitant les nombreux pêcheurs à la ligne. On peut ainsi se rendre sur l’île où se dresse un joli temple en forme de tour, la stûpa de Thap Rua. Un autre temple auquel on accède par un élégant pont de bois rouge a été construit au bord du lac, le temple Ngoc Son où se pressent les fidèles, car les Vietnamiens ont à présent retrouvé le chemin des temples et peuvent y prier librement. A deux pas du lac s’élève le théâtre des Marionnettes d’eau, un spectacle typiquement vietnamien à ne pas manquer. Des marionnettes actionnées par de longues perches évoluent sur l’eau, mimant les légendes et épopées vietnamiennes.

Sur la Rivière des Parfums

Boutique d'offrandes devant la grotte sacrée
de la Rivière des Parfums

C’est au nord du lac que commence le Quartier des 36 Corporations, le plus ancien de la ville, qui a gardé tout son cachet asiatique. Il est formé d’un incroyable lacis de ruelles enchevêtrées où il faut errer à pied. Il s’y concentre une multitude d’échoppes où l’on trouve de tout, où s’exercent tous les métiers, où l’on peut savourer dans la rue une excellente soupe vietnamienne à toute heure du jour ou de la nuit en choisissant soi-même les ingrédients à jeter dans la grande marmite pleine de bouillon. Dans ce quartier ont été construites les pittoresques maisons-tubes exhibant d’étroites façades bariolées d’à peine trois mètres de largeur pour une longueur de trente à quarante mètres, tout en béton, sans ouvertures. On paie ainsi moins d’impôt ! On n’est jamais agressé dans ces quartiers populaires où l’on flâne en toute sécurité, sans avoir à redouter les voleurs et les Vietnamiens, toujours souriants et aimables, ne semblent pas nous en vouloir le moins du monde des guerres d’autrefois.

Temples et mausolée


Vieille femme devant l'entrée du temple de
Thien Hau à Hanoï

Deux temples surtout font à juste titre la renommée d’Hanoï, celui des Lettrés et celui du Pilier Unique. Le premier, très vaste, pourvu d’un portique d’entrée et de deux cours intérieures, renferme de nombreux autels où les fidèles viennent brûler des baguettes d’encens. Il fut construit au XVIIè siècle pour honorer les Lettrés ayant brillamment réussi leurs examens, dont les noms et les titres universitaires sont mentionnés sur de nombreuses stèles de pierre plantées en terre comme dans un cimetière. Le second, minuscule, érigé sur un seul gros pilier comme son nom l’indique, entouré d’eau, fut édifié à la même époque par un roi désireux de s’assurer une descendance et ne renferme qu’un unique autel. Un autre haut lieu des pèlerinages vietnamiens est le mausolée de Hô Chi Minh, édifié sur l’immense place Ba Dinh où il proclama l’indépendance du pays le 2 septembre 1945. C’est un massif bloc sans grâce qui contient la dépouille embaumée du champion de l’indépendance vietnamienne, mais il faut patienter des heures avant d’y avoir accès. On peut aussi visiter la modeste maison sur pilotis qu’il habita entre 1958 et 1969.
La campagne environnante, toute plate, est ponctuée par le vert luxuriant des rizières où l’on voit les femmes repiquer ou récolter le riz et les pacifiques gros buffles noirs barboter dans la moindre mare. A une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de la ville, deux villages d’artisans valent le détour et permettent de découvrir la vie rurale et les modestes maisons paysannes, en béton, ne comportant la plupart du temps qu’une seule pièce à tout faire où vit une famille entière. Celui de Vac s’est spécialisé dans la fabrique d’éventails et chaque famille y travaille. En papier joliment décoré, ils sont aussi parfois unis, de couleurs éclatantes, des motifs de fleurs ou de papillons étant obtenus en perçant le papier de multiples petits trous, un vrai travail de fourmi. Le second, celui de Van Phuc, se consacre au tissage et à la fabrication de vêtements de soie. Tout le village résonne du bruit des métiers à tisser installés dans l’unique pièce. De nombreuses échoppes s’ouvrent dans la rue principale et on trouve là de jolies tuniques, sacs et foulards à petits prix.
Jeune fille dans une maison traditionnelle

Une fabrique de lampions du
Quartier des Corporations

L’incomparable Baie d’Halong

La baie d'Halong et ses roches tourmentées


Même si l’on a vu d’innombrables clichés de cette célèbre baie immortalisée par le film Indo-Chine, son spectacle surprend toujours. La légende raconte qu’un dragon descendu des montagnes changea en pierres les génies marins voulant le combattre. Dans une eau turquoise aux innombrables anses troués de grottes se dressent en effet des milliers de rochers escarpés tombant à pic vers la mer, féerique spectacle. On atteint le rivage après environ une heure et demi de trajet dans un paysage un peu monotone. La meilleure façon d’explorer cette baie est de la sillonner en jonque, louée à la journée, à bord de laquelle on peut aussi dormir et déguster de délicieux repas de fruits de mer. Si on choisit de partir de la plus grande île de la baie, Cat Bà, on s’écarte des circuits officiels et l’on est seul au monde pour aborder les pittoresques maisons flottantes des éleveurs de poissons. Ceux-ci achètent des alevins qu’ils nourrissent dans de grands viviers et vivent dans de minuscules maisons de bois bâties sur l’eau. A Cat Bà, dont la moitié du territoire est occupée par un parc national où l’on trouve encore des singes à tête blanche, une espèce en voie de disparition, on embarque dans le petit port de Hai Phong où se pressent les élégantes jonques de bois. Les plus spacieuses comportent cuisine, toilettes et cabines, pont pour prendre des bains de soleil.


Faire son marché en baie d'Halong
Le village flottant de Vinh Lan Ha
en baie d'Halong

On peut se baigner toute l’année dans les eaux tranquilles de la baie, y faire du kayak ou accoster pour visiter les grottes. La plus spectaculaire est celle de Hang Sung Sôt, qui pousse loin sous une colline escarpée ses ramifications souterraines hérissées de stalactites. Classée patrimoine géologique de l’UNESCO, la baie d’Halong, avec ses quelques trois cents îlots granitiques d’une superficie totale de 1500 km2, est à présent protégée et c’est heureux, car on est épouvanté par le nombre d’hôtels et de karaokés poussés n’importe comment dans le port d’Along, qu’il vaut mieux ne découvrir que sur le chemin du retour, quand on a goûté pleinement à la paix de cette croisière inoubliable.







Un house boat de pêcheurs à Vinh Lan Ha

Enfants sur leur house boat

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire