jeudi 28 août 2014

HÔTEL DE CHARME A CUZCO, AU PEROU


A Cuzco, le Monasterio,

 

Un hôtel dans un couvent du XVIème siècle

Vue du célèbre Machu Pichu

En arrivant à Cuzco

Petit marché à Cuzco


Bébé parmi les châles

 
Dans la vieille capitale inca de Cuzco (le «nombril du monde » en langue quechua), au Pérou, un hôtel de grand luxe s’est aménagé en 1995 dans un ancien monastère datant de 1592.

Ce qui fait tout le charme du Monasterio, c’est que l’on a, en le rénovant, respecté l’architecture d’origine, conservé cloîtres, chapelle baroque, salles voûtées, peintures, sculptures et mobilier ancien tout en le dotant du confort le plus moderne.

 En arrivant avec ses lieutenants à Cuzco en novembre 1533, Pizarro ne rencontra aucune résistance, car il venait de décimer l’armée inca avec sa terrible victoire sur Atahualpa à Cajamarca. Les Espagnols avaient donc le champ libre pour piller et violer tout à leur aise. Il faut dire que la vision du Temple du Soleil aux murs couverts de plaques d’or et d’argent avait de quoi griser les plus sages... Peu à peu, on tenta d’anéantir tous les vestiges incas, même s’il en demeure aujourd’hui par chance bien des traces. Les Espagnols ne pouvant venir à bout de ces massifs blocs de Cyclope constituant les murs des temples ou palais incas, ils s’en servirent pour les fondations de leurs églises ou de leurs palais coloniaux.

 Un couvent espagnol inspiré par l’art indien

Vieille dans le bazar de Cuzco
Marché de Cuzco
Dans les rues de Cuzco



Le somptueux grand cloître du Monasterio

Le petit cloître
 

Ce fut ainsi que fleurit au XVIème siècle une délicieuse ville coloniale rutilante d’or et d’argent. Le Monasterio n’échappe pas à la règle. La salle de conférences par exemple, aménagée dans l’ancienne chapelle, a su conserver tous ses trésors baroques : magnifique retable de Saint Antoine tout en bois sculpté recouvert de feuilles d’or, orné à profusion de balustres, niches, pilastres et merveilleuses statues alliant l’art espagnol à la naïveté des sculpteurs indiens : les personnages de l’Evangile sont représentés avec de hautes pommettes très colorées dues à l’altitude car Cuzco est tout de même à 3400m, un teint plus sombre que la normale, une exubérante prodigalité des fleurs et des fruits des Andes. On a même préservé la chaire torturée par les ciseaux des sculpteurs et les autels latéraux, également ruisselant d’or. Les peintures sont bien évidemment d’inspiration religieuse. D’ailleurs, ces singulières effigies de saints représentés dans les costumes espagnols d’alors et surtout le foisonnement des anges - les fameux anges de l’école de Cuzco - ont à juste titre rendu cette école de peinture célèbre. Maintenant encore, des artistes qui n’ont rien de copistes car ils font oeuvre de création et d’imagination continuent de peindre comme à l’ancienne anges et saints de Cuzco...

Le cloître, coeur du Monasterio


Intacte car merveilleusement restauré, le grand cloître du Monasterio offre sur les quatre côtés ses doubles arches et ses chapiteaux harmonieusement disposés sur deux étages. Les toits couverts de petites tuiles rondes, le clocher à l’espagnol de la chapelle, l’agréable bassin circulaire évoquent plus un couvent d’Andalousie que le Pérou, mais la végétation est plus foisonnante là qu’en Espagne, les roses et les hibiscus plus éclatants. D’autres petits cloîtres, aux murs souvent peints de teintes vives, jaune et bleu, servent de puits de fraîcheur et de clarté sur lesquels donnent les chambres. Le hall d’entrée aux murs peints d’un bleu dur, ainsi que les salons et les salles à manger courent tout autour de ces espaces de paix et de verdure. La gageure de la décoration des salons notamment est d’avoir gardé les magnifiques proportions d’antan, les cheminées  à la fois massives et délicates, les voûtes dans certaines salles, l’opulence des immenses miroirs baroques et des cadres. Des fauteuils et canapés modernes ne déparent pas les étonnantes pièces de mobilier haute-époque ou d’autres datant parfois du XVIIème et XVIIIème siècles. Tous ces styles se marient à merveille, égayés par des flambeaux de bronze et des coffrets de bois peint. Un fauteuil du XVIIème siècle en bois doré sculpté orne le coin réception, des fauteuils modernes et confortables rappellent tout de même, avec leurs hauts dossiers droits, la rigidité espagnole. Une console en bois sculpté très travaillé, d’insolites commodes galbées, en bois précieux incrusté de cuivre doré, allient style ibérique et colonial. Même dans la salle à manger aux austères voûtes de pierre nue soulignées par des éclairages indirects, les chaises ont gardé des lignes épurées, un peu sévères, convenant à la solennité des lieux.
Le salon et sa succession de belles voûtes

Le hall d'accueil au mobilier richement sculpté

Détail d'une commode où se retrouve l'influence espagnole

Les ors flamboyants de la chapelle

Peinture naïve de l'école de Cuzco dans l'escalier




Des chambres comme des salons


Cent neuf chambres dont douze suites junior et six autres suites plus luxueuses, toutes décorées de façon différente, continuent d’allier avec minutie art colonial et modernité. Les plus récentes sont même équipées d’un diffuseur d’oxygène – pour les personnes pouvant souffrir de l’altitude, respirer de l’oxygène atténue maux de tête et vertiges. Boire du mate de coca, une infusion de feuille de coca, est d’ailleurs également recommandé et proposé gracieusement dans les différents salons. Des peintures murales décorant murs ou entourages de miroirs, l’utilisation massive du bois pour la moindre pièce du mobilier, chevets des lits et armoires de style hispanique, tables et sièges, les tapis de laine tissés par les Indiens, les somptueuses peintures religieuses parfont l’impression que l’on éprouve de se trouver dans un chaleureux palais – on est loin du dépouillement monacal qui n’est d’ailleurs guère présent à Cuzco ! Par contraste, le plafond souvent laissé à l’état brut, simples poutres chaulées de blanc, éclaircit les bois sombres. On n’est pas loin de l’Amazonie, le poumon vert de notre planète, et de ses incroyables richesses en essences végétales. Dans cette forêt primaire luxuriante et souvent très dense, tout pousse en effet et l’on y trouve à peu près tous les bois permettant aux ébénistes de belles compositions colorées, amarante ou palissandre violacés, amourette d’un rouge sombre, andiroba ou kouali plus clairs, merveilleux bois de rose jaune veiné de rose, pins de Paranà crème rosé...

Détail d'une chambre

Tons de bois et de sienne, ambiance chaleureuse pour cette chambre

Riches sculptures pour le lit et la fenêtre servant de banc de repos
 

Quant aux salles de bain, tapissées de marbre clair, elles sont souvent traitées en alcôves, la baignoire se blottissant derrière de vrais rideaux !

 


Merveilleusement restauré depuis qu’il est devenu un hôtel en 1995, le Monasterio a su conserver son atmosphère religieuse, cloîtres servant de jardins intérieurs, rutilante chapelle étincelant de tous ses ors, faisant à présent office de salle de conférence, multiples peintures religieuses très ornementées.

 

Pour en savoir plus :

Hôtel Monasterio, 136, Calle Palacio, Plazoleta Nazarenas, Cuzco, Pérou, Tél. : 242 3427, Fax : 242 3365, site Internet WWW.monasterio.orient-express.com. Compter à partir de 200 dollars la chambre simple de cet hôtel faisant partie de la chaîne Orient Express.

Pour ceux qui ne peuvent y demeurer, cela vaut le coup d’aller y déguster un pisco sour au bar, ce délicieux alcool de raisin servi avec sucre, citron vert, cannelle et blanc d’oeuf battu.

C’est aussi de Cuzco que l’on peut le plus facilement organiser un départ en train ou car et train vers Aguas Calientes et le Machu Picchu (la « montagne vieille » en langue quechua). Cette citadelle inca oubliée nichée dans un cadre grandiose de montagnes vertes fut découverte en 1911 par l’archéologue américain Bingham. La chaîne Orient Express est aussi propriétaire du petit train à présent modernisé où l’on assiste même à des présentations de mode menant presque jusqu’aux ruines. Pour tout renseignement, consulter www.peru.org.pe ou s’adresser par mail à postmaster@promperu.gob.pe.

 

 

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