mardi 1 février 2011

Collection

Les objets de l’amour




Pour vous donner de tendres idées pour la Saint-Valentin et pour toute cette année 2011, allez visiter le musée amoureux de René Marly, à Oger, en Champagne.

Ce viticulteur, qui exploite huit hectares de vignes dans son village natal d’Oger, ne se passionne pas uniquement pour le vin et le champagne ou pour son jardin, l’un des plus soignés d’Oger. Il possède aussi une rare collection d’objets de l’amour, que l’on peut visiter. (S’adresser à Champagne Henry de Vaugency, 1, rue d’Avize, 51190 Oger, Tél. : 03 26 57 50 89).


René Marly dans son jardin d'Oger

Les œuvres des « boutonneuses »
Inauguré par Denise Fabre, cette collection est devenue un musée selon le souhait de René Marly, qui aime à montrer ses objets et à faire partager sa passion. Son musée, donc, comporte quelques sept cents pièces curieuses, émouvantes, naïves ou tout simplement belles. Parmi elles, un étonnant ensemble de près de quatre cents globes de mariées. Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, on avait l’habitude, dans les familles de la France entière, de mettre sous globe le bouquet de fleurs d’orangers de la mariée, sa couronne et ses boucles d’oreilles. Petit à petit, les compositions sont devenues de plus en plus élégantes et même sophistiquées. Dans ces globes, on trouve de nombreux symboles : la cerise pour vaincre la guigne, le tilleul qui portait chance, le chêne, en gage de longévité du couple, le raisin pour l’abondance, la colombe pour la paix au foyer. Souvent, un miroir central était disposé au milieu du globe, pour refléter l’image du bonheur. Quant aux miroirs latéraux, de taille plus modeste, ils indiquaient le nombre d’enfants souhaités par le couple. C’étaient alors les « boutonneuses » qui fabriquaient ces jolis bouquets de mariées que l’on conservait sa vie durant.


Les globes de mariées qui le firent tant rêver dans son enfance

Les « arbres d’amour » des marins
Outre ces globes, on peut admirer de curieuses compositions faites à partir de cheveux, gage d’amour que les futurs se donnaient souvent au cours de leurs fiançailles ou action de grâce que l’on portait le lendemain des noces à l’autel de la Vierge. D’exotiques et tendres « arbres d’amour » étaient composés par les marins pour leurs femmes durant leurs trop longues absences. Il s’agissait la plupart du temps de subtiles compositions faites grâce aux oiseaux morts trouvés sur le pont du bateau. L’amoureux les empaillait pour sa belle et les perchait sur des branches.
Il y a encore d’innombrables cadeaux de mariage, vaisselle ou verres à l’effigie des mariés, les célèbres jarretières de la mariée ou une collection d’alliances. Jusqu’en 1830, elles étaient faites de deux anneaux entrelacés portant la date du mariage. De 1830 à 1850, ces anneaux furent remplacés par deux fils d’or tordus ensemble, puis de 1850 à 1870, la mode fut à un seul anneau, très large. Il devint plus étroit après cette date. Enfin, à partir de 1930, on mélangea la couleur des ors. On peut voir aussi de nombreuses coupes en argent ou en étain, dans lesquelles les mariés devaient boire « la trempée » censée porter bonheur au soir de leur noce. Lointain écho des philtres d’amour de jadis, tel celui que burent par mégarde Tristan et Iseult.
Des armoires de mariage ornées des traditionnelles pigeons roucoulant servaient jadis à serrer le trousseau de la mariée. Les provinciales soucieuses de suivre la mode des villes et surtout celle de Paris se faisaient envoyer à domicile des poupées vêtues en mariée, ce qui leur permettait de se choisir la tenue de leur rêve.
Sa pièce la plus rare est sans doute un biscuit datant du début du siècle, représentant une jeune femme tenant un flacon et qui servit au lancement d’une eau de toilette appelée « le bouquet de noces ». Il l’a acquise dans une salle des ventes de l’Hôtel Drouot et il n’en existe à sa connaissance que trois au monde. L’une appartient aux parfums Fragonard, à Grasse, et l’autre à son ami Pierre Davy, qui avait à Dôle-de-Bretagne une collection un peu identique à la sienne, qu’il a vendue depuis lors car il n’avait plus assez de place pour l’exposer.

Globes de jumeaux, quenouilles ou treizins
S’il devient à présent fort difficile de trouver de nouvelles pièces René et son fils, Pascal, lui aussi atteint du virus, recherchent des globes de jumeaux, ce qui est fort rare, de même que des « quenouilles », des globes tout en hauteur renfermant d’immenses bouquets de fleurs ou de fruits ou encore des « treizins ». On appelle ainsi, les treize pièces, en or, argent ou bronze, autrefois frappées spécialement lors d’un mariage. La gageure étant de trouver  les treize !
Chaque été, le père et le fils se rendent très ponctuellement à deux grands marchés bien achalandés, celui de Barjac dans l’Ardèche, ou celui d’Île-sur-la-Sorgues, entre Cavaillon et Fontaine-de-Vaucluse.
Pour être un bon collectionneur n’acquérant que des objets de qualité, l’expérience ne suffit pas. René Henri a beaucoup appris des traditions amoureuses des Français dans les dictionnaires d’Arnold Vangenette, « De la naissance à la tombe », ce qui lui permit de ne plus rien laisser passer.
A découvrir sa collection, on l’impression d’effectuer un nostalgique voyage dans le temps. Au pays de l’amour.



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