mardi 1 février 2011

Exotisme

Bali, le paradis des dieux

Sa végétation de rizières en terrasses et de forêts emplies de singes et de fleurs tropicales, ses kilomètres de plages baignées d’eaux toujours bleues, ses coraux propices à la plongée sous marine, ses falaises et ses vagues pour surfeurs en font une destination de rêve. Seule île d’Indonésie à avoir conservé de ses origines ses croyances hindouistes, Bali a pourtant une religion fortement teintée d’animisme, bien différente de celle de l’Inde. On y adore aussi l’eau et certains animaux comme les chauves-souris...

Barque de pêche à Lovina Beach

Puja à Gilimanuk

Dès le premier siècle, une population venue d’Inde

Déjà, au premier siècle après JC, le grand géographe grec Ptolémée attestait de la présence en Indonésie, qu’il nommait alors l’Insulinde, d’une population venue des Indes. Cette influence se fit encore plus sentir aux IV è et V è siècle et une inscription en sanscrit, la langue religieuse indienne, faisant mention de sacrifices rituels d’animaux fut découverte à Java.

Filet de pêche à Lovina Beach
Jusqu’à l’arrivée de marchands arabes au XV è siècle dans l’archipel, l’hindouisme fut partout la religion prépondérante des Indonésiens, mais aujourd’hui elle ne subsiste qu’à Bali, où elle s’est fortement teintée d’animisme. Ces pratiques religieuses originales, la beauté des temples uniques en leur genre jointes à des paysages uniques font de Bali une île à part.
Les temples balinais existent par milliers au sein de l’île, parfois perdus au fond d’une forêt, égarés le long d’un lac ou de ces magnifiques rizières cultivées en gradins, ils semblent abandonnés, presque en ruines, et revivent soudain lors d’une puja ou cérémonie d’offrandes, lorsque tombe le soir. Chaque Balinais prie les dieux dans plusieurs temples qu’il fréquente régulièrement et où un Occidental respectueux de leurs croyances sera toujours le bienvenu, pourvu qu’il adopte le port d’un sarong à la balinaise, sarong auquel les femmes devront ajouter une ceinture et des manches longues. Il y a ainsi un temple pour s’attirer des bienfaits pour la famille ou banjar, un autre pour le village ou subak, un enfin pour la profession...

Sources sacrées à Air Panas Banjar
Les temples plus importants, dits « temples directionnels », sont indifféremment fréquentés par toute la population. Tous, du plus humble au plus imposant, sont faits de la même manière : un mur d’enceinte, une ou plusieurs cours auxquelles on accède par un porche symbolisant le mont Meru, la montagne sacrée des dieux, une tour dite kulkul, des autels à étages multiples couverts de chaume dits merus qui servent à adorer un dieu, un ancêtre ou aussi bien l’eau, un volcan, un padmasana ou trône en forme de lotus.

L’hindouisme à la balinaise

Le culte balinais s’est forgé autour de trois croyances : hindouisme, culte des ancêtres et animisme, c’est ce qui le rend si riche et si varié. De l’Inde et de l’hindouisme, il a pris la vénération des trois principales divinités : Brahma, Visnu et Siva, sans compter les innombrables divinités locales ponctuant de fêtes le calendrier du Balinais. Pour se conformer aux principes de base de la constitution indonésienne prévoyant la croyance en un Dieu unique, les Balinais ont inventé le concept de Sanghyang Widi Wasa, le Dieu de l’Ordre Universel, ce qui leur permet de vaquer tranquillement à leurs diverses cérémonies !

Pagode à étages de Pura Ulun Daru Bratan 

Immense plage d'Amber

Personne n’est dupe, mais cela offre une apparence d’unité à ces îles si diverses. En fait, ces trois croyances balinaises se mêlent intimement et les fêtes religieuses, toujours somptueuses, bariolées et très gaies, se caractérisent toutes par des offrandes de fleurs, fruits et légumes à la divinité que l’on veut honorer, des danses au son argentin des joueurs de gamelan, sortes de tambours de diverses tailles et sonorités.
Les danses balinaises, stylisées et associées aux croyances religieuses, sont à juste titre célèbres et de plusieurs types, mais la plus renommée et la plus émouvante, le Legong, est directement issue des traditions des rajas indiens. Toujours interprété par de très jeunes filles de huit à douze ans environ, parées de riches bijoux comme de véritables déesses, revêtues de brocarts d’or, aux gestes à la fois hiératiques et gracieux, il mime l’histoire légendaire du roi de Lasem dont on ne sait même pas s’il exista et l’éternel combat du bien et du mal.

Adoration des chauves-souris à Goa Lawa

Plus étranges encore sont les danses d’extase, les Sanghyang, interprétées cette fois par de jeunes garçons vêtus de pagnes à carreaux noir et blanc. Au cours de la danse, ils entrent en transes et leurs corps sont, croient-ils, alors investis par les esprits des nymphes célestes qui manifestent ainsi leurs exigences, une nouvelle puja bien sûr. Elles sont destinées à protéger le village contre les mauvais esprits.


Mélancolie de la danse du Legong

Rizières en gradins près d'Ubud
Le sud si prisé des surfeurs
Arriver à Bali de Java par bus et bateau et voir le soleil de l’aube illuminer lentement, en les faisant rougeoyer, les environs de Gilimanuk et la côte du détroit de Bali est un féerique spectacle. Les barques de pêche à la proue bizarrement sculptée de monstres ou dragons sans doute inspirés des varans de Lombok émergent lentement de la nuit. Les balanciers assurent la stabilité des embarcations, les filets tournoient dans les airs…
La côte ouest, plate et monotone, n’offre pas grand intérêt. Denpasar, au sud de l’île, est une grande ville moderne, encombrée, bruyante et sans grand charme. Une fois que l’on a vu le Bali Museum recelant un échantillon de tous les styles architecturaux de l’île, subi l’animation trépidante du Pasar Badung, le plus grand marché de la capitale où l’on trouve à peu près tout, écouté les gazouillis des petits prisonniers du marché aux oiseaux et admiré l’artisanat de l’Art Center Sanggraha Kriya Asta, à cinq kilomètres du centre mais plus cher qu’à Ubud, on a épuisé les charmes de la ville. Il serait dommage de ne pas se rendre à l’extrême sud de Bali et de pousser jusqu’à Uluwatu, hautes et sauvages falaises plongeant vers des rouleaux de vagues impressionnants sur lesquels dansent les surfeurs.
Même si les touristes affluent dans la bourgade d’Ubud, il faut y rester pour en goûter l’étrange charme, ainsi que les célèbres canards laqués ! Une animation extraordinaire y règne jour et nuit, reflétant toute la gaîté de vivre des Balinais.

 
Fiche pratique
Ce voyage peut être réalisé par :
. Atalante, 5, rue de Sommerard, 75005 Paris, Tél. : 01 55 42 81 00.
. Compagnie du monde, 5, av de l’Opéra 75Paris, Tél. : 01 53 63 33 42.
Comment y aller
De Paris, par Garuda, la compagnie nationale indonésienne qui assure un vol par jour à partir de Londres, Francfort ou Amsterdam et peut s’occuper de votre pré-acheminement. 75, av des Champs-Elysées, 75008 Paris, Tél. : 01 44 95 15 50.
De Jakarta, par Malaysia Airlines, 12, Bd des Capucines, 75009 Paris, Tél. 01 44 51 64 20.

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