mercredi 18 mars 2015

SPLENDEUR DU SUD MAROCAIN


                      La douceur paisible du sud marocain

Musiciens sur la place Djemaa el Fna à Marrakech

Petit âne dans le souk de Marrakech

Fabrique de galettes dans le souk

L'une des portes du souk de Marrakech

 

Alors que les tragiques événements parisiens survenus à Charlie hebdo et à l’hyper kasher hantent encore les mémoires, ainsi que ceux de tunis survenus ce 18 mars, bien des voyageurs croient plus sage d’éviter pour l’instant les pays musulmans. Ce serait dommage pour le Maroc, qui reste une destination sûre et le sud marocain un délice, en ce printemps où les fleurs sauvages émaillent les montagnes de nuances délicates, où les oueds roulent leurs eaux claires dans des paysages tourmentés.

 

Avec Salaün, un service à domicile

Le voyagiste Salaün, voir www.salaun-holidays.com, qui existe depuis 1932, est implanté en Bretagne et s’est d’abord fait connaître par ses services de cars, organise de beaux périples dénués du moindre danger dans tout le Maroc et dans le monde entier. Tintine a choisi d’explorer avec cette équipe le grand sud marocain. La spécificité de Salaün, à la clientèle surtout constituée de seniors et jeunes seniors, est de s’occuper de tout pour ses clients, obtention des visas quand il en est besoin et ramassage à domicile pour arriver très détendu à l’aéroport.

Un minibus attend notre groupe de dix personnes à l’aéroport de Marrakech et notre chauffeur, Ali, nous conduit vers le cœur de Marrakech après un aperçu de sa ceinture de remparts d’ocre rose longs de vingt kilomètres et percés de dix portes, construits au XII è siècle par les Almoravides pour protéger leur capitale. Bien restaurés au XVIII è siècle, sous les Alaouites, ils sont toujours aussi imposants. La célèbre palmeraie de Marrakech, un temps attaquée par un parasite, est guérie aujourd’hui et le vent fait doucement bruire les palmes, tandis que les sommets enneigés du Haut Atlas se profilent au loin. Dominée par le minaret de la Koutoubia, la deuxième plus grande mosquée du Maroc après celle de Hassan II à Casa, l’immense place Djemaa el Fna, ses porteurs d’eau, musiciens, charmeurs de serpents, petits marchands d’oranges et gargotes semble bien vide aujourd’hui, tant les touristes boudent encore le Maroc. De nombreuses portes donnent accès au dédalle de ruelles et de petites maisons constituant le souk de Marrakech, l’un des plus animés du Maroc, dont nous explorons sous la conduite de notre guide, Youssef, les innombrables échoppes regorgeant de tapis, bijoux, épices ou céramiques. Pas le temps aujourd’hui de visiter le palais de la Bahia, les jardins de la Ménara ou celui de Majorelle, autrefois domaine enchanté du couturier Yves Saint-Laurent.

 

Le col des pâturages

Puis nous piquons vers le sud, franchissant les montagnes du Haut Atlas par le spectaculaire col du Tizi n’ Tichka, le col des pâturages en langue berbère, situé à 2260 mètres d’altitude et suivons, sur le versant sud-ouest de la chaîne montagneuse, la vallée du Dadès, véritable jardin planté d’orge et de blé, d’amandiers en fleurs où se dressent de multiples kasbahs construites en pisée, parfois en ruines mais souvent encore habitées.  L’eau murmure dans les palmeraies. Partout, les versants montagneux sont fleuris, en ces jours déjà printaniers. Puis c’est la Vallée des Roses, que l’on récolte deux fois l’an, en avril et juin, avant l’arrivée à Ouarzazate.
 
A l'entrée des studios de cinéma de Ouarzazate

Reconstitution du temple de Toutankâmon

Détail du temple de Toutankhâmon

Située au confluent de deux oueds, celui de Ouarzazate et celui du Dadès, cette capitale de la province du même nom annonce déjà le désert et est devenue l’étape touristique incontournable pour ceux qui veulent explorer les diverses oasis du grand sud, Erfoud, Merzouga, Rissani, Alnif, Zagora ou Tamgroute. Une curiosité de la ville, tout d’abord simple poste de garnison français destiné à combattre la tribu rebelle des Ait Attas, est constituée par les impressionnants décors de cinéma demeurés sur place et qui peuvent se visiter, monastère tibétain, village de la Rome antique mais surtout impressionnants ensembles dignes des pharaons de l’antique Egypte côté face, simples échafaudages de bois côté pile. On imagine la superbe Monica Vitti, la Cléopâtre d’Astérix, s’ébattant dans sa piscine emplie de lait d’ânesse…

 

L’antique système d’irrigation des khettaras

Après une nuit passée dans l’un des charmants pavillons du Berbère Palace et une réception au bord de sa piscine, nous partons vers le nord-est, en direction d’Erfoud, en suivant les gorges du Todra, profondément encaissées entre d’immenses roches rouges étirant vers un ciel d’un bleu imperturbable leurs masses verticales que prennent d’assaut quelques grimpeurs. Aux abords d’Erfoud et de ses paysages minéraux, on peut voir plus de deux mille curieux tumulus de pierre et de sable aggloméré. Ce sont des khettaras, antique système d’irrigation formé d’une sorte de puits d’où partent de multiples galeries permettant à l’eau d’infiltration de ne pas se perdre. Si ce système est aujourd’hui abandonné car il supposait un vrai travail de fourmi, il a longtemps contribué à rendre fertile cette oasis.
Berbère à Timghir

Les abruptes gorges de Todra

Oasis vers Erfoud

Berbère près des anciennes khettaras d'Erfoud

Une ancienne khettara près d'Erfoud

Au sud d’Erfoud, dans l’oasis de Merzouga où se dressent les tendres rondeurs des premières dunes de sable, l’oued du même nom s’est tant gonflé qu’il a engendré un grand lac éphémère dans lequel se reflètent les dunes. Insolite spectacle. Là nous attendent chameliers et dromadaires, plus habiles que nous pour les escalader afin de guetter le coucher du soleil, qui s’abîme tout à coup derrière la plus haute.

A Erfoud, l’élégant palais Massandoïa, très bien décoré par le Français qui en est propriétaire, mêle savamment art traditionnel et conception plus moderne.

 

L’élégance de la kasbah de Taourirt

Le lendemain matin, par une route sinueuse enlaçant étroitement la montagne, notre minibus s’enfonce vaillamment vers le sud, en direction de Zagora. L’entrée du gros bourg de Rissani est marquée par une gigantesque porte très ouvragée, érigée là au XVII è siècle. Ce fut de cette ancienne capitale du Tafilalet, berceau de l’actuelle dynastie Alaouite, que partit en 1666 « Moulay Ali Chérif » pour se lancer à la conquête du Maroc et en chasser les Sâadiens. Paysage de rude montagne coupé de kasbahs couleur de la terre marocaine et de luxuriantes oasis essaimée tout au long de cette vallée du Drâa à l’oued pour l’heure fort large et majestueux.

A Zagora, le palais Asmaa où nous passons la nuit a su garder le charme désuet des hôtels des années 70, avec sa profusion de stuc très ouvragé, de colonnes, de vitraux rappelant ceux des funduks yéménites, de balcons aériens décorés de moucharabiehs derrière lesquels s’abritaient les femmes.
 
Dromadaires à Merzouga

Merzouga, ses dunes et son lac éphémère

On franchit le lac à dos de dromadaire

Ombres des dromadaires sur les dunes de Merzouga

Vallée du Drâa toujours, le lendemain, avant de retrouver les régions montagneuses enserrant l’oasis de Ouarzazate. Le bijou de l’oasis est la kasbah de la tribu des Glaoui ou kasbah de Taourirt, édifiée au XVII è siècle. Egalement toute en pisée, rénovée et classée au patrimoine mondial de l’Unesco, elle jouxte la médina et offre aux visiteurs son dédalle de salles de réceptions et appartements aux plafonds de cèdre ouvragé, au riche décor de stuc ciselé et peint.

Polissage d'une table de marbre incrustée de fossiles

Elégante porte d'Assani

Nomades vers Alnif

Panneau indiquant Tombouctou à Zagora

le majestueux oued du Drâa

Massif montagneux vers Ouarzazate
 Adresses utiles :
. La boutique de fossiles  Bouaich Ammar se trouve sur la route de Rissani, BP 69 Arfoud, Tél. : 212 06 61 09 21 38 et voir sahara_factory_fossiles1972@yahoo.fr
. La boutique d'herboristerie Epices Maria, Hay El Wahda N° 1579, Ouarzazate, voir maria_moustapha74@hotmail.fr et Tél. : 05 24 88 37 76.


Jolie boutique à Ouarzazate

Kasbah du Glaouï

Vue de la kasbah

Salle de réception

L'herboristerie

L'Atlas vu d'avion
 

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