jeudi 10 septembre 2015

COUP DE COEUR

                     Frédéric Nicolas, un amoureux du terroir


J’ai rencontré Frédéric Nicolas lors d’un premier reportage sur le thème du cirque, au Mans, puis nous nous sommes revus avec plaisir lors d’un second, au pays des C’htis cette fois. D’un abord chaleureux, toujours content de ce qu’il découvrait, toujours enthousiaste, à la différence de certains journalistes qui croient faire « baroudeurs » en arborant des airs blasés, Frédéric m’avait alors confié son désir de délaisser un peu la presse écrite, qui se portait déjà mal en ces années 2004 – il collaborait à L’Est Républicain, Figaro Etudiant, Gault et Millau, avait travaillé au guide du Petit Futé sur l’Essonne où il vivait alors – pour créer son propre site, Grizzly Press. Mission accomplie dès l’année suivante.

Je m’étais alors spécialisée dans les reportages lointains et insolites, mettant en scène des personnages hors du commun, tels le Dalaï lama, que j’avais suivi pas à pas dans sa vie quotidienne pendant trois semaines pour Géo, ou le professeur Yunus au Bengladesh, l’inventeur génial et généreux du Microcrédit pour Voici ou, plus récemment, le nouveau roi du Bhoutan qui m’avait invitée à son couronnement, cérémonie que j’avais couverte pour Spectacle du Monde et VSD. Je recherchais aussi des cérémonies étranges et peut-être en voie de disparition, la Kumba Mela, ce grand rassemblement des sâdhus nus, des sages vivant en ascètes, sur le Gange, la ferveur des Sikhs au Temple d’Or d’Amritsar, la danse ésotérique des Coiffes Noires à Lee, au Ladakh, la persistance de la foi bouddhiste au Tibet en dépit de l’occupation chinoise, la culture de l’opium chez les Méo de Thaïlande, le culte de la Kumari, petite fille sacrée, dans ce Népal à présent si éprouvé par le dernier tremblement de terre et bien d’autres. Toujours enthousiaste, Frédéric m’avait alors généreusement ouvert les colonnes de son site de Grizzly Press et ce fut le début d’une belle amitié…

Il s’attache aujourd’hui, dans son beau livre, La France qui gagne à être connue, à traduire ses émerveillements devant les richesses historiques, culturelles, artisanales ou gastronomiques de notre beau pays. Sa plume alerte distille savamment odeurs et saveurs, généreuse palette de couleurs en nous faisant part de rencontres savoureuses avec des femmes et des hommes d’exception, attachés à leur terre, à leur village ou ville, à leur métier ou leur savoir-faire. On croit entendre souffler le mistral dans ses pages au pays de Giono. On se perd avec lui par les vignes millénaires de l’incomparable Romanée-Conti, en Bourgogne. On voit s’embarquer sous sa plume les croisés à Aigues-Mortes. On guette avec la même patience que lui les truites qu’il taquine de sa canne à pêche dans l’Aisne. On frémit à pratiquer le rafting à ses côtés dans le parc régional du Morvan. Il sait faire revivre les légendaires templiers en Aveyron. On voit pétiller les joyeuses bulles de champagne dans l’Aube. On le suit sur les traces de Vauban en Bourgogne, Franche-Comté ou dans le Nord. Il sait évoquer pour nous les années folles sur la Côte d’Opale. Nous le suivons volontiers lorsqu’il va assister à une dégustation de vin de Cahors sur un certain Pont du Diable, à la découverte des villages et vignobles les plus typiques d’Alsace ou en randonnée dans les Hautes Alpes. Il évoque magistralement l’activité des salines de Salins-les-Bains qui ont fait vivre ses habitants pendant quelques mille deux cents ans et ne se sont arrêtées que récemment, en 1962… Lui qui avait aimé déambuler dans les rues de Canton nous assure avoir retrouvé les mêmes impressions, les mêmes saveurs… dans certaines ruelles du quartier chinois du treizième arrondissement, à Paris.

A déguster en prenant tout son temps cet insolite petit livre de Frédéric Nicolas, on apprend mille anecdotes sur notre propre terroir, on redécouvre des recettes de grand-mère, on savoure des petits crus méconnus. On croit l’entendre parler avec les vignerons, les cultivateurs, les artisans qui ont toute son affection. Et l’on se dit avec une certaine nostalgie qu’à trop sillonner la France en empruntant ses grands axes, on en oublie les petits chemins de traverse et le goût des choses simples et authentiques, qui perdurent pourtant pour notre plus grand bonheur. Suivez donc Frédéric dans ses multiples périples français, découvrez ses bonnes adresses et fiez-vous à ses coups de cœur entraînants.



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