dimanche 18 novembre 2012

EN L'AIR !


Transports aériens,

L’analyse de Jean-Louis Baroux

 

Pour les journalistes du tourisme toujours entre deux avions, voici des remarques pas très roses mais solidement étayées, faites à partir de trois ans d’observation par celui qui fut le président du premier réseau mondial de représentations de compagnies aériennes. Voici en vrac quelques unes de ses mises en garde assez peu tendres.

Air France d’abord, le fleuron de notre déficit budgétaire depuis pas mal d’années. L’auteur se livre à une comparaison dûment chiffrée d’Air France-KLM et d’Emirates. Des chiffres éloquents. En voici quelques uns :

-        Déficit d’Air France-KLM 1559 millions d’euros en 2010

-        Profit d’Emirates pour la même période 714 millions d’euros

-        Chiffre d’affaires d’Air France KLM 20 994 millions

-        Chiffre d’affaires d’Emirates 8740 millions

-        Nombre d’employés d’Air France-KLM 108 367

-        Nombre d’employés d’Emirates 26 686

-        Salaire moyen mensuel chez Air France-KLM 6025 euros

-        Salaire moyen chez Emirate 3920 euros

-        Un passager d’Air France-KLM produit un chiffre d’affaires moyen de 294 euros

-        Un passager d’Emirates 318 euros…

Bilan, tout est à revoir chez nous !

L’analyse des aéroports n’est pas non plus à notre avantage, Charles-de-Gaulle étant considéré comme celui où l’on se perd le plus, sans compter des parkings si étroits qu’on ne parvient à s’y faufiler qu’après moult manœuvres. La palme de l’aéroport le mieux conçu et le plus élégant, avec sa profusion d’orchidées va bien sûr à Changi Airport, celui de Singapour, qui traite tout de même 42 millions de passagers internationaux contre 56 millions à Roissy, comprenant une bonne part de passagers domestiques.

Un reproche qui n’est pas des moindres en France, l’arrivée sur le marché de directeurs n’ayant aucune connaissance du transport aérien, tel qu’Alexandre Couvelaire, nommé par simple amitié par Jacques Chirac !

L’auteur conseille aussi de se méfier de l’attraction des low costs, pas si bas que ça, lorsqu’on additionne tous les suppléments potentiels. Au prix fabuleux par exemple de dix euros pour un Paris-Milan (Beauvais-Bergamo) aller et retour, il faut ajouter 30 euros pour un bagage en soute, 8 euros pour une demande de priorité, 1 euro pour un SMS de confirmation, 7 euros pour un paiement par carte… L’addition à Ryanair fait se demander si son PDG, M. O’Leary ne saurait pas… trop bien compter !

Pied de nez final quand nos politiques, M. Didier Gonzales, député de Villeneuve-le-Roi en tête déposent une motion pour délocaliser l’aéroport d’Orly à Vatry pour en faire des terrains à construire…

Un livre sérieux et savoureux, qui laisse assez mal augurer de l’avenir aérien français.

 

Transport aérien : une profession au bord de la crise de nerfs par Jean-Louis Baroux, éditions l’Archipel.

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