jeudi 28 mars 2013


Tintine au Mémorial Charles de Gaulle

Tintine vous a compris

Sa tombe devant l'église de Colombey

Un ex-voto de Radio Londres
 

 

Tintine vous a compris ! Encore heureux…

Sa longiligne statue accueille le visiteur
à l'entrée du Mémorial
Le petit village de Colombey-les-Deux-Eglises, blotti dans ses molles collines de la Haute-Marne, est à présent surmonté par la formidable Croix de Lorraine brandissant ses deux bras parallèles à travers l’horizon. Et Tintine, impressionnée, de reproduire l’auguste geste de l’auguste général. Au pied même de la croix, le nouveau Mémorial, inauguré en 2008, offre ses 1600 m2  dédiés à la mémoire des Français. Si l’architecture extérieure n’a que le mérite de bien se fondre dans le décor, que dire de l’intérieur ? C’est une découverte de chaque instant, une surprise à chaque tournant du décor. C’est tour à tour grandiose, impressionnant, intimiste, émouvant. On a rarement vu une telle prodigalité d’idées pour mettre en scène un musée. D’innombrables photos d’archives révèlent l’enfance de Charles de Gaulle, son passé de saint-Cyrien, son emprisonnement de deux ans en Allemagne, son légendaire appel du 18 juin que peu ont réellement entendu mais qui unifia une certaine France refusant la défaite, la Libération de Paris, son entrée à l’Elysée, la malheureuse guerre d’Algérie sur laquelle on ne s’attarde d’ailleurs pas, non plus que sur mai 68 qu’il ne sut comprendre et qui lui valut le fameux « non » à son référendum, son départ et sa retraite à La Boisserie.



Quand les caricatures de Plantu retracent la vie politique

Vue d'ensemble de l'intérieur du Mémorial
Si la scénographie du Mémorial est en tous points remarquable, Tintine fut moins d’accord sur « l’histoire de la Résistance » telle qu’elle est contée au Mémorial. Soit, on prend le parti de n’évoquer que la Résistance gaulliste, mais alors pourquoi oublier ce « gamin de 29 ans », Chaban-Delmas, qui inquiéta tant le général, puisque lui avait collectionné les médailles sur le terrain, en risquant sa peau tous les jours et non d’une lointaine retraite londonienne… Quant à la Libération de Paris, si l’on regrette à juste titre au Mémorial les malheureuses femmes tondues suspectées de « collaboration à l’horizontale » avec l’ennemi, on passe bien vite sur les prouesses des généraux Leclerc ou de Lattre de Tassigny… Dommage que les historiens ayant travaillé à cette grandiose reconstitution se soient décidément montrés si orientés. Ce n’est pas un monument dédié à l’Histoire des Français, mais à la seule gloire de de Gaulle et c’est regrettable.

Un bel enfant

Le pouvoir des ondes

Serrant la main de Franklin Roosevelt

Les trois enfants dont la petite Anne qu'il aima tant
De Gaulle en chimpanzé
Plus émouvante est l’évocation de sa sœur Geneviève, résistante déportée à Ravensbrück, de sa rencontre avec Yvonne, bien jolie jeune femme brune que l’on ne nomme pas encore « tante Yvonne » ou de ses trois enfants et spécialement de cette petite Anne trisomique qu’il aima tant et tint avec courage à élever en famille, sans la cacher, chose rarissime alors. On a toujours su le général intègre, mais on ignore la plupart du temps qu’il poussa le scrupule jusqu’à installer à l’Elysée des compteurs relevant ses consommations personnelles d’eau et d’électricité, pour les payer de sa poche. Alors là, Tintine s’écrie « chapeau » !


La société de consommation

L'ébahissement du bourgeois devant les slogans de mai 68


La boutique du Mémorial sous son regard

Dès l’entrée, on est salué par sa statue filiforme rappelant assez la manière de Tinguely, puis par une exposition des caricatures de Plantu, « Drôle de peuple », soit 126 cartons retraçant au fil des jours, dans Le Monde et L’Express, quarante ans d’actualité politique – à noter d’ailleurs que les caricatures n’ont par bonheur pas été évincées du reste du Mémorial. D’une justesse irrésistible.

Exposition ouverte du 27 mars au 30 septembre 2013.

Mémorial Charles de Gaulle, 52330 Colombey-les-Deux-Eglises, www.memorial-charlesdegaulle.fr

 

Dans l’intimité familiale

A cinq minutes de là, cachée dans son parc de moins de trois hectares, la simplicité de la demeure familiale de La Boisserie montre bien que, si de Gaulle oeuvra de son vivant à sa propre gloire, il se moqua toujours de l’argent et des possessions terrestres. Acquise par le général en 1934, il s’y installe définitivement avec sa fille Anne et son épouse en 1946 et la retrouve après 1969, s’attelant dans la tour d’angle de son bureau à la rédaction de ses Mémoires d’Espoir, dont la rédaction est interrompu le 9 novembre 1970 par une rupture d’anévrisme à l’aube de ses 80 ans. Son fils, l’amiral, en est toujours propriétaire, même si l’administration en a été confiée à la Fondation Charles de Gaulle. On n’en visite d’ailleurs que le rez-de-chaussée, meublé dans un austère style Empire dénué tout autant de fantaisie que d’emphase et les photos de l’intérieur sont interdites.
 
La Boisserie et la tour octogonale où se trouvait son bureau
 

La Boisserie, Tél. : 33 (0) 3 25 30 90 80 et contact@memorial-charlkesdegaulle.fr

 

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