lundi 18 mars 2013


Tintine entre geishas et karatekas

Tintine et ses copines geishas à Gion


Trois geishas en maraude à Gion

Enseigne des geishas
 

 

Les geishas de Kotyo

Plus poétique que Tokyo la bourdonnante, la vieille cité de Kyoto, en dépit de sa gare futuriste, laisse encore flamboyer ses vestiges du passé. La Pavillon d’Or, bien sûr, édifice carré au toit en pagode doré à la feuille d’or mire toujours sa douloureuse perfection dans les eaux d’un étang. Et c’est à cause de cette perfection que son moine gardien l’incendia au siècle dernier, avant qu’il ne fût reconstruit à l’identique. Ce geste n’était pas profanation, mais prière, comme l’a immortalisé l’écrivain Mishima dans son Pavillon d’Or.

Poésie toujours dans ce Chemin des Philosophes suivant les sinuosités du torrent qu’il borde, abrité de cerisiers et promenade favorite des habitants, surtout lorsque les arbres sont en fleurs. Tout près, le Pavillon d’Argent se reflète dans les eaux paisibles d’un petit lac. Et c’est du temple du Eikan-do, bâti sur pilotis à flanc de colline, qu’il faut voir le soleil décliner sur la cité.


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L'entrée du quartier réservé de Miyako Odori 
 
 
 
Les geishas de Kotyo
Plus poétique que Tokyo la bourdonnante, la vieille cité de Kyoto, en dépit de sa gare futuriste, laisse encore flamboyer ses vestiges du passé. La Pavillon d’Or, bien sûr, édifice carré au toit en pagode doré à la feuille d’or mire toujours sa douloureuse perfection dans les eaux d’un étang. Et c’est à cause de cette perfection que son moine gardien l’incendia au siècle dernier, avant qu’il ne fût reconstruit à l’identique. Ce geste n’était pas profanation, mais prière, comme l’a immortalisé l’écrivain Mishima dans son Pavillon d’Or.
Poésie toujours dans ce Chemin des Philosophes suivant les sinuosités du torrent qu’il borde, abrité de cerisiers et promenade favorite des habitants, surtout lorsque les arbres sont en fleurs. Tout près, le Pavillon d’Argent se reflète dans les eaux paisibles d’un petit lac. Et c’est du temple du Eikan-do, bâti sur pilotis à flanc de colline, qu’il faut voir le soleil décliner sur la cité.

C’est l’heure où s’éveille le quartier de Gion, celui des geishas, sillonné de canaux bordés de cerisiers et de maison de bois, tel que le campe le romancier William Golden dans son émouvant roman, Geisha. Il fit connaître leur mode de vie au monde entier. Une vraie geisha, peut-être un jour « trésor national vivant », est une hôtesse cultivée capable d’évoluer avec grâce parmi la meilleure société dans son lourd kimono de soie, de servir le thé dans les règles de l’art, de chanter, danser, jouer du shamisen, luth à trois cordes, dire des vers, animer une conversation. Elles sont encore environ 1800 au Japon, dont 500 à Gion. Quand tombe la nuit, on les voit passer furtivement, accompagnées de leur maiko ou apprentie, grimées de blanc, lèvres en forme de pétales, yeux ourlés de rouge vers les tempes, nuques dégagées et peintes. Si à Gion, bien d’autres femmes arborent le kimono traditionnel,  dans l’enceinte de Miyako Odori, elles sont vraiment chez elles.
 
Les origines du karaté
Tout près de la rue Kokusai, cœur de Naha, la capitale de l’île d’Okinawa appartenant à l’archipel des Ryûkyû, à la latitude de Taïwan, s’élève une vieille petite maison toute en bois de modeste apparence. C’est le dojo de l’école Matsubayashi-ryu, l’une des quatre écoles traditionnelles de karaté à Okinawa, dont le grand maître est Nagamine Soshin, de la troisième génération de ces grands maîtres.
Il faut savoir que le karaté, signifiant en chinois « la main vide », sans arme mais aussi sans mauvaise intention, est né à Okinawa, sous le règne du roi Ryûkyû Sho Shin. Sho Shin n’a que douze ans lorsqu’il succède en 1477 à son oncle, contraint d’abdiquer par la reine mère Yosoidon autour de laquelle s’est regroupée l’aristocratie locale, l’aji.  Sous la poigne de Yosoidon, le gouvernement se centralise à Shuri, actuelle Naha, et s’organise. A peine majeure, le roi contraint sa noblesse à lui remettre ses armes et à s’établir dans sa capitale. C’est à cause de cette interdiction d’être armés que les seigneurs d’Okinawa prirent l’habitude de combattre à mains nues et que, peu à peu, la pratique du karaté se compliqua et se codifia, donnant ici naissance à quatre écoles ayant leurs secrets et leurs grands maîtres, qui se transmettent leur savoir de père en fils. Celui de notre école, encore jeune, n’a pas encore achevé son apprentissage sous la tutelle de « l’assistant du dojo », Shinjo Kiyoshi.
 
L’assistant du dojo
Shinjo Kiyoshi, petit homme sec et nerveux de 65 ans à l’éternel sourire empreint d’une grande sérénité, a lui-même été enseigné par le père de l’actuel grand maître, Nagamine Bunshiro, autant dire qu’il détient le savoir de cette école. A partir du XVI è siècle, le karaté s’est peu à peu répandu dans tout le Japon. Et, depuis les années 1905, dans le monde entier, perdant pourtant de son éthique. L’important n’est en effet pas de gagner mais d’être en harmonie avec soi, les autres, le monde. Il n’y a ni tournois ni championnats à Okinawa. Les maîtres se font peu ou pas payer. Ils exercent donc tous un métier jusqu’à leur retraite et ne peuvent enseigner que le soir ou durant le week-end. On ne vit pas financièrement du karaté, même s’il conditionne toute la vie. Lui-même exerça plusieurs métiers, responsable des cantines des écoles, sur une base américaine, puis policier militaire japonais sur la même base.
Seul Miguel Da Luz, un Français établi depuis vingt ans à Okinawa où il était venu parfaire son karaté, vice président de l’association de karaté Okinawa-Nouvelle Calédonie et lui-même ceinture noire, s’adresse à Shinjo Kiyoshi, non sans de profonds saluts. Ses deux assistants, hiératiques sur leurs chaises de plastique, ne soufflent mot. Ne bougent pas d’un pouce.
« Lorsque votre empereur Napoléon était détenu à Sainte-Hélène, explique l’assistant du dojo, il rencontra un voyageur nommé Basile Haff, qui lui parla d’une lointaine île où la paix durait depuis plusieurs siècles car il était interdit d’y être armé. Et il lui montra ce qu’était le karaté, ce qui émerveilla l’empereur. »


 
 
Le karatéka doit rester un chevalier des temps modernes
Shinjo eut la chance d’avoir pour meilleur ami au lycée d’Okinawa ce même Nagamine, qui l’initia au karaté lorsqu’il eut 18 ans. Ici, tout le monde accède au dojo et seule une conduite brutale ou grossière peut en faire exclure. Le karaté ne s’arrête d’ailleurs pas à la porte du dojo. C’est un code de vie, de même que l’esprit de chevalerie de jadis. Le karatéka jure pour toujours respect et humilité à son maître, qui sera comme un père pour lui sa vie entière. C’est à la fois une philosophie, un mode de vie et une discipline pour le corps.
« On dit, ajoute Shinjo avec son malicieux sourire, que si un karatéka a pu mourir de vieillesse dans son lit sans avoir jamais eu à combattre, il a réussi sa vie ! Moi, je compare le karaté à de l’eau bouillante. Si on éteint le feu, l’eau refroidit. De même, un karatéka doit pratiquer sa vie durant. S’il arrête, son corps se relâche et les bienfaits du karaté disparaissent. Cet art martial permet de se contrôler, de contrôler sa vie, de supporter ses désagréments d’un front serein. »
Si le karaté n’est pas lié à une religion, le fondateur de cette école a inclus la pratique du zazen dans son apprentissage, l’art d’être toujours « ici et maintenant », attentif au monde, à soi et aux autres.
 
Office du Tourisme du Japon à Paris : 4, rue Ventadour, 75001 Paris, www.tourisme-japon.fr/explorer/
Bureau de liaison du karaté à Okinawa, Tél. : 81 98 943 4334 et www.okkb.org.
Bureau de Miguel Da Luz, capable de répondre à n’importe quelle demande à Okinawa, 090 8291 5267 et http://sites.google.com/site/okinawawanc/
 


Geishas dans le quartier réservé


C’est l’heure où s’éveille le quartier de Gion, celui des geishas, sillonné de canaux bordés de cerisiers et de maison de bois, tel que le campe le romancier William Golden dans son émouvant roman, Geisha. Il fit connaître leur mode de vie au monde entier. Une vraie geisha, peut-être un jour « trésor national vivant », est une hôtesse cultivée capable d’évoluer avec grâce parmi la meilleure société dans son lourd kimono de soie, de servir le thé dans les règles de l’art, de chanter, danser, jouer du shamisen, luth à trois cordes, dire des vers, animer une conversation. Elles sont encore environ 1800 au Japon, dont 500 à Gion. Quand tombe la nuit, on les voit passer furtivement, accompagnées de leur maiko ou apprentie, grimées de blanc, lèvres en forme de pétales, yeux ourlés de rouge vers les tempes, nuques dégagées et peintes. Si à Gion, bien d’autres femmes arborent le kimono traditionnel,  dans l’enceinte de Miyakoodori, elles sont vraiment chez elles.


Les origines du karaté

Tout près de la rue Kokusai, cœur de Naha, la capitale de l’île d’Okinawa appartenant à l’archipel des Ryûkyû, à la latitude de Taïwan, s’élève une vieille petite maison toute en bois de modeste apparence. C’est le dojo de l’école Matsubayashi-ryu, l’une des quatre écoles traditionnelles de karaté à Okinawa, dont le grand maître est Nagamine Soshin, de la troisième génération de ces grands maîtres.

Il faut savoir que le karaté, signifiant en chinois « la main vide », sans arme mais aussi sans mauvaise intention, est né à Okinawa, sous le règne du roi Ryûkyû Sho Shin. Sho Shin n’a que douze ans lorsqu’il succède en 1477 à son oncle, contraint d’abdiquer par la reine mère Yosoidon autour de laquelle s’est regroupée l’aristocratie locale, l’aji.  Sous la poigne de Yosoidon, le gouvernement se centralise à Shuri, actuelle Naha, et s’organise. A peine majeure, le roi contraint sa noblesse à lui remettre ses armes et à s’établir dans sa capitale. C’est à cause de cette interdiction d’être armés que les seigneurs d’Okinawa prirent l’habitude de combattre à mains nues et que, peu à peu, la pratique du karaté se compliqua et se codifia, donnant ici naissance à quatre écoles ayant leurs secrets et leurs grands maîtres, qui se transmettent leur savoir de père en fils. Celui de notre école, encore jeune, n’a pas encore achevé son apprentissage sous la tutelle de « l’assistant du dojo », Shinjo Kiyoshi.
L'ancien grand maître

L'assistant du dojo
 

L’assistant du dojo

Shinjo Kiyoshi, petit homme sec et nerveux de 65 ans à l’éternel sourire empreint d’une grande sérénité, a lui-même été enseigné par le père de l’actuel grand maître, Nagamine Bunshiro, autant dire qu’il détient le savoir de cette école. A partir du XVI è siècle, le karaté s’est peu à peu répandu dans tout le Japon. Et, depuis les années 1905, dans le monde entier, perdant pourtant de son éthique. L’important n’est en effet pas de gagner mais d’être en harmonie avec soi, les autres, le monde. Il n’y a ni tournois ni championnats à Okinawa. Les maîtres se font peu ou pas payer. Ils exercent donc tous un métier jusqu’à leur retraite et ne peuvent enseigner que le soir ou durant le week-end. On ne vit pas financièrement du karaté, même s’il conditionne toute la vie. Lui-même exerça plusieurs métiers, responsable des cantines des écoles, sur une base américaine, puis policier militaire japonais sur la même base.

Seul Miguel Da Luz, un Français établi depuis vingt ans à Okinawa où il était venu parfaire son karaté, vice président de l’association de karaté Okinawa-Nouvelle Calédonie et lui-même ceinture noire, s’adresse à Shinjo Kiyoshi, non sans de profonds saluts. Ses deux assistants, hiératiques sur leurs chaises de plastique, ne soufflent mot. Ne bougent pas d’un pouce.

« Lorsque votre empereur Napoléon était détenu à Sainte-Hélène, explique l’assistant du dojo, il rencontra un voyageur nommé Basile Haff, qui lui parla d’une lointaine île où la paix durait depuis plusieurs siècles car il était interdit d’y être armé. Et il lui montra ce qu’était le karaté, ce qui émerveilla l’empereur. »

Le karatéka doit rester un chevalier des temps modernes

Shinjo eut la chance d’avoir pour meilleur ami au lycée d’Okinawa ce même Nagamine, qui l’initia au karaté lorsqu’il eut 18 ans. Ici, tout le monde accède au dojo et seule une conduite brutale ou grossière peut en faire exclure. Le karaté ne s’arrête d’ailleurs pas à la porte du dojo. C’est un code de vie, de même que l’esprit de chevalerie de jadis. Le karatéka jure pour toujours respect et humilité à son maître, qui sera comme un père pour lui sa vie entière. C’est à la fois une philosophie, un mode de vie et une discipline pour le corps.
Un assaut

Avant le salut final
 

« On dit, ajoute Shinjo avec son malicieux sourire, que si un karatéka a pu mourir de vieillesse dans son lit sans avoir jamais eu à combattre, il a réussi sa vie ! Moi, je compare le karaté à de l’eau bouillante. Si on éteint le feu, l’eau refroidit. De même, un karatéka doit pratiquer sa vie durant. S’il arrête, son corps se relâche et les bienfaits du karaté disparaissent. Cet art martial permet de se contrôler, de contrôler sa vie, de supporter ses désagréments d’un front serein. »

Si le karaté n’est pas lié à une religion, le fondateur de cette école a inclus la pratique du zazen dans son apprentissage, l’art d’être toujours « ici et maintenant », attentif au monde, à soi et aux autres.

Tintine dans le dojo
 

 
Pour en savoir plus :
. Office du Tourisme du Japon à Paris : 4, rue Ventadour, 75001 Paris, www.tourisme-japon.fr/explorer/

. Bureau de liaison du karaté à Okinawa, Tél. : 81 98 943 4334 et www.okkb.org.

. Bureau de Miguel Da Luz, capable de répondre à n’importe quelle demande à Okinawa, 090 8291 5267 et http://sites.google.com/site/okinawawanc/

 

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