vendredi 17 décembre 2010

Repas de fête

Le Noël provençal


La Sainte-Barbe
Sous le doux ciel de Provence, Noël commence dès le 4 décembre, jour de la Sainte Barbe. Ce jour-là, on couvre trois soucoupes, les « sietouns », de coton humide sur lequel on dépose du blé à germer, qui viendra ensuite décorer la crèche et la table de Noël, en guise bien sûr de symbole de fertilité. Chaque famille compose évidemment sa crèche, qui s’enrichit d’un ou plusieurs nouveaux santons au fil des ans. Une crèche traditionnelle doit comporter les personnages religieux, la Sainte Famille entourée de l’âne et du bœuf, les trois Rois Mages, l’ange Boufareu, le troubadour de l’enfant qui annonce la bonne nouvelle et les bergers ou « pastres ». Tous les petits métiers de Provence sont aussi représentés, meunier et son sac de farine, marchande de poissons, fileuse et bien d’autres. Le « ravi » ou « fada » est souvent représenté les deux bras en l’air pour clamer naïvement sa joie. Le pistachier, le garçon de ferme, est aussi simplet que lui. Il y a encore l’aveugle et son fils, l’enfant lui rendra la vue, le pauvre rémouleur, les vieux plus ou moins acariâtres, le couple sentimental des vieux Grasset et Grasseto., le bohémien qui fait peur aux enfants, mais aussi, pourquoi pas, le maire, le gendarme, la maîtresse d’école, le chasseur…

La table de Noël
Le repas de Noël, le plus solennel de l’année, suppose une grande table recouverte de trois nappes blanches disposées par grandeur décroissante. On y dispose du houx à boules rouges, des roses de Noël, mais surtout pas de gui, censé porter malheur ! Une place est réservée au pauvre qui peut ainsi s’inviter dans n’importe quelle maison.
Une fois la famille réunie dans ses beaux vêtements de fête, on procède au Cacho-Fio, l’allumage de la bûche de Noël, un bois fruitier. Le plus âgé prend alors un verre de vin cuit et prononce la bénédiction provençale :
« Alègre ! Alègre ! Alègre ! Que Nostre Segne nous alègre !
S’un autre an sian pas mai, moun Dieu fugen pas men ! »
Ce qui signifie :
« Allégresse ! Allégresse ! Allégresse ! Que Notre Seigneur nous emplisse d’allégresse !
Et si, une autre année, nous ne sommes pas plus, mon Dieu, ne soyons pas moins ! »
La bûche est alors arrosée par trois fois du vin cuit, puis l’  aïeul et le plus la portent ensemble en faisant trois fois le tour de la table avant de la déposer dans l’âtre. Une fois la bûche allumée commence la veillée, ponctuée de chants et contes de Noël.

Table de Noël provençal


Le gros souper
Il est maigre et se passe le soir du 24, avant la messe de minuit. Le menu type a été établi par Frédéric Mistral et comprend : de la morue sous n’importe quelle forme, bouillie, frite, rôtie ou en brandade, du mulet aux olives, des escargots accompagnés de cardons et céleri. Le gros pain rond ou Pain Calendal, représentant le Christ, est accompagné de douze petits pains figurant les apôtres. L’aïeul y trace le signe de la croix de la pointe de son couteau avant de le distribuer à la ronde. Les vins du terroir sont servis en pichets et le vin cuit accompagne les fameux treize desserts que l’on ne dégustera qu’au retour de la messe de minuit. Ils comprennent « la pompe à huile », petit pain très absorbant, les nougats noir et blanc, les fruits secs ou quatre mendiants (noix ou noisettes pour les Augustins, figues sèches pour les Franciscains, amandes pour les Carmes et raisins secs pour les Dominicains), plus dattes, mandarines, pommes, poires, raisins frais et oranges. 


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