vendredi 1 novembre 2013

MYSTERIEUX PEROU


Pérou: au coeur du royaume des Incas




La paisible splendeur du lac Titicaca et de ses barques de roseau





 
Le Pérou, la mystérieuse terre des Incas, nous offre la blondeur lumineuse de sa bande côtière sur le Pacifique, les hauts sommets des Andes, ses villes perchées près du ciel, le lac le plus haut du monde et la luxuriance de sa forêt amazonienne...

 
Alanguie sur les rives du lac Titacaca formant une mer intérieure de 8000km2, la bourgade de Puno aux vieilles maisons de briques crues, avec aussi béton et tôle ondulée semble balayée par un vent de joyeuse folie...

 
Mélange d’exhibition et de ferveur : la Candelaria
Tourbillon de jupes et de couleurs
de la Candélaria

C’est la Chandeleur et l’on célèbre la Candélaria. Des villages voisins, on vient à Puno dans ses beaux atours à vélos, en colectivos ou moto-pousse, en bus rapiécés. Les femmes à la longue tresse noire surmontée d’un drôle de chapeau melon ont passé leurs dix-huit jupons et marchent avec ce bizarre coup de hanche destiné à faire s’envoler leur jupe. Des hommes en ponchos, certains affublés d’une fausse peau d’ours ou de la défroque du diable, des jeunes filles en tenues de majorettes se pressent dans la rue principale, la Jiron Lima. Les flûtes andines et les bolas scandent les premiers pas de danse. Les fanfares retentissent.

Tous se dirigent vers l’église de la Candelaria. Exhibée sur le parvis, sa Vierge naïve préside la fête. En 1780, cette Vierge de la Candelaria apparut en effet au général indien de l’Inca Tupac Amaru II pour lui commander de quitter la ville sans combattre les Espagnols. Ce qu’il fit et Puno fut épargnée...

Cette fête profane évoquant le carnaval devient presque mystique lorsque les groupes parviennent devant la Vierge. La musique s’apaise, les danseurs s’immobilisent et s’agenouillent avec ferveur devant celle qui sauva leur bourgade...


Titicaca, le lac des roseaux


Très à l'aisedans son fragile esquif
C’est à la lueur de l’aube, quand cette immensité liquide se teinte de rose, qu’il faut s’embarquer sur le lac Titicaca pour gagner les îles flottantes des Indiens Uros. Cette population de pêcheurs vit sur le lac, dispersée sur une quarantaine d’îlots agrandis et consolidés par les Indiens. On marche sur des brassées de roseaux coupés ponctuant d’or pâle tout ce bleu. Quelques huttes de roseaux contiennent des bas-flanc pour dormir ou un hamac, des clous pour accrocher les vêtements, des étagères pour la vaisselle de terre ou de fer blanc. La plus vaste sert d’école. Devant chaque hutte est amarré une sorte de drakkar, en roseau aussi, à la proue figurant un dragon. De minuscules jardins où poussent tomates, haricots, fèves et melons sont aménagés sur le sol de roseaux.

A une quarantaine de kilomètres de Puno, sur la route de Cuzco, il faut visiter en bordure du lac Umayo le site de Sillustani. Il se compose d’une vingtaine de tombes incas et pré-incas ou chullpas édifiées du XIIè au XVè siècle. La plus haute, la chullpa del Lagarto, s’élève à plus de douze  mètres de haut. Ces gigantesques blocs de pierre assemblés par les Indiens Colla ont ensuite inspiré l’architecture inca.


Cuzco, le nombril du monde
 

Marchands itinérants vers Cuzco


Les quelques quatre cents kilomètres séparant Puno de Cuzco, la capitale des Incas, le nombril du monde comme ils la nommaient, offrent une succession de paysages grandioses : monotonie presque désertique de l’Alti Plano, hauts sommets déchiquetés couverts de neige, montagnes à la végétation déjà tropicale...

Blottie à 3400m d’altitude au sein de montagnes brunes, la ville sacrée des Incas a résisté à sa manière à la brutalité des Conquistadors. Après s’être appropriés ses fabuleuses richesses de pierres précieuses, d’or et d’argent, les Espagnols auraient voulu effacer toute trace d’une civilisation qu’ils n’ont jamais comprise, or le gigantisme des blocs de pierre empêcha la totale destruction. Même le Temple du Soleil, le coeur de Cuzco autour duquel les Espagnols édifièrent le monastère Santo Domingo ne put être entièrement détruit. Cloître et monastère enrobent l’ancien temple du Soleil ou Coricancha dont il reste bon nombre de blocs massifs, taillés étrangement en zigzag, exactement ajustés l’un sur l’autre ! Les murs sont inclinés vers l’intérieur pour résister aux tremblements de terre et les ouvertures sont en forme de trapèze, mais il faut imaginer tout cela recouvert d’or et d’argent...

Dans cette ravissante cité de style espagnol, les soubassements des plus vieilles demeures ou des édifices religieux datent de la période inca. Au centre de la ville, sûr la plaza de Armas s’élève la superbe cathédrale composée en fait de trois églises, la Sagrada Familia à gauche, la cathédrale au centre et l’église del Triunfo à droite. Edifiée à la place de l’ancien palais de l’Inca, cette cathédrale de style baroque édifiée à partir de 1560 est un flamboiement d’argent. La plupart des murs exhibent des toiles de la célèbre « école de Cuzco », à la fois naïve et opulente. A côté, l’église de la Compania (des Jésuites, bien sûr) arbore l’une des plus belles façades baroques du Pérou.


Le marché de Cuzco
Il faut errer sans fin dans les impressionnantes ruelles partant de la place d’Armes, la calle Loreto ou la calle Hatun Rumiyoc bordée du plus beau mur inca de la ville et de la fameuse pierre à douze angles. Partout, des échoppes proposent pulls, ponchos ou écharpes en laine de vigogne ou de lama. A l’angle de cette rue et de Palacio, le musée d’Art religieux vaut le détour. Autour d’un cloître tapissé d’azulejos s’organisent des salles contenant retables, plafonds et portes ciselées, meubles sculptés et peints, sculptures et peintures de l’école de Cuzco.

Vieille dame dans une épicerie de Cuzco

Le soir, c’est sur la place San Blas que l’on peut déguster un verre de pisco bien mérité (eau de vie de raisin avec du citron, un blanc d’oeuf battu et de la canelle) en écoutant les accords des antaras (flûtes de Pan) et des kenas (flûtes droites). Quand résonnent cajas (tambours) et tinyas (percussions), les couples s’élancent pour danser la célèbre diablada d’Oruro, évoquant l’éternelle lutte du bien et du mal. Il faut ensuite déguster un maté de coca, une infusion annihilant les effets de l’altitude, dans le plus bel hôtel de Cuzco, le Monasterio, ancien monastère reconverti en hôtel. Au-dessus de la ville veille ce qu’on nomme « la forteresse », en réalité un autre temple inca figurant la tête d’un puma tandis que le reste de la cité inca représentait son corps. Les blocs de pierre disposés en quinconce évoquent des dents impressionnantes.
 
Le splendide hôtel du Monasterio

La Candélaria, danses et ferveur

Masque légendaire

Les tourbillons de la Candélaria

En train par le Chemin de l’Inca vers le Machu Picchu

De la petite ville d’Aguas Calientes, connue pour ses sources d’eau chaude, un petit train suit le cours d’un torrent tumultueux, l’Urubamba, jusqu’à la station de Puente Ruinas. Puis un bus monte jusqu’au site. Même si tout le monde a vu des photos du Machu Picchu (Vieille Montagne en langue quechua), on ne s’attend pas à se trouver dans un endroit si sauvage, hérissé de multiples pics verdoyants s’élevant presque à la verticale depuis des gorges profondes. Cette montagne arasée par les Incas pour en faire un terrain plane où bâtir leur cité mythique fut pendant des années recherchée en vain par Pizarro et ses sbires qui espéraient faire là une abondante moisson d’or. Or il ne la découvrit jamais. Dépouillée de sa végétation et fouillée en 1911 par l’archéologue américain Bingham, cette cité perdue pose encore une énigme. Le Machu Picchu fut-il une forteresse, un refuge, une ville religieuse, un autre temple du soleil ? On n’est sûr de rien ? Ce site pouvant abriter plus de mille personnes comprenait le quartier des agriculteurs et celui des notables, la maison de l’Inca et l’Intiwatana, lieu où l’on « attache » le soleil, sorte d’observatoire dont la table centrale servait de calendrier solaire, le quartier des prisons et celui des Mortiers, réservé aux tâches domestiques... Le site est admirablement conservé et entretenu, mais il faut venir tôt pour éviter le flot de touristes. L’ambiance reste magique si l’on s’y promène seul...

Le site grandiose du Machu Picchu
 

 
Dans la luxuriance de la forêt amazonienne
 
La belle luxuriance de la forêt amazonienne


Au coeur de l’Amazonie péruvienne, à une heure de bateau de Puerto Maldonado, sur les rives du Madre de Dios, José Koechlin, homme d’affaires d’origine autrichienne, a créé une réserve de 10 000 hectares, avec un centre d’études biologiques, une école et un complexe hôtelier respectant la nature, Reserva Amazonica. Un bâtiment circulaire en chaume et bois constitue le centre de cet hôtel pas comme les autres. De simples rondins forment des dalles menant aux différents bungalows, spartiates et sans électricité mais pourvus d’eau courante et de toilettes. De là, on peut partir en bateau pour le lac Sandoval, l’île aux singes ou la petite ferme d’Anselmo, un Indien amoureux des fleurs. Le soir, on observe à la lueur d’une torche des caïmans tout de même longs de cinq ou six mètres...

Le retour ensuite sur Lima, sa pollution, son bruit, sa circulation est un peu déroutant. En dépit des jolies plages (polluées) du quartier résidentiel de Miraflores et d’un beau centre ville comportant l’inévitable Place d’Armes, une superbe cathédrale jaune d’or et une poste vénérable, Lima est une ville que l’on doit aborder avec précaution. Certains quartiers sont même de vrais coupe-gorges...

 

Fiche pratique

Comment y aller

Les fêtes péruviennes ont toujours une dimension sacrée
 

. Air France, Tél. : 08 20-820-820, propose un vol par jour pour Lima, sauf les mardi et mercredi, avec un stop à Caracas.

. Ibéria, Tél. : 08 20-075-075 assure environ un vol par jour via Madrid ou Barcelone.

 
Où dormir

. A Lima, dans le quartier résidentiel de Miraflorés, très sûr et bien situé en bordure de mer :

- Hotel Libertador, Los Eucaliptos, 550 San Isidro, Tél. : 421 66 66, à partir de 160 dollars la chambre simple. Très confortable, piscine agréable sur le toit.

- La Castellana,  222 Grimaldo del Solar, Tél. :  444 35 30, jolie villa coloniale et patio intérieur, à partir de 80 dollars.

. A Puno, au bord du lac Titicaca :

- Hôtel Libertador, Isla Esteves, Tél. : 36 7780, admirablement situé sur une île, un peu moins cher qu’à Lima.

- Sonesta Posada del Inca, juste devant le fameux bateau Yavari transformé en musée flottant et ancré à l’entrée de la ville, Tél. 36 4111, à partir de 120 dollars.

. A Cuzco

- Hôtel Monasterio, le plus beau de la ville, à visiter de toute façon, 136, Plazoleta Nazarenas, Tél. : 24 1777, à partir de 230 dollars.

- Hôtel Libertador dans un ancien couvent aussi, 259 Plazoleta Santo Domingo, Tél. : 231 961, très confortable, à partir de 170 dollars.

. A Aguas Calientes

Le Machu Picchu Pueblo Hotel, situé dans un parc d’orchidées propose de jolis bungalows à la sortie de la gare, Tél. : 211 032, 220 dollars environ.

. En Amazonie, Inkaterra offre un tourisme écologique. Formule week-end tout compris à 170 dollars, Tél. : 800 442 5042.

 
Où se restaurer ou boire un verre :

. A Lima :

- La Rosa Nautica, Espigon 4, Playa Costa Verde, Tél. : 445 01 49, restaurant construit sur pilotis sur l’une des plus belles plages de Miraflorés, offre trois menus touristiques à partir de 35 dollars.

- L’Eau Vive, 370 Jiron Ucayali, Tél. 427 56 12, est une oasis de fraîcheur située en face du ministère des Relations extérieures.

. A Puno, près de la place d’Armes :

- Restaurant La Casona, 517 jiron Lima, Tél. :  35 11 08, menu à 10 dollars, truite délicieuse.

. A Cuzco, en face de la cathédrale :

- Restaurant Tunupa, 233, Plaza de Armas, Tél. :  23 53 70, danses typiques et buffet sympa.

- Prendre un verre en écoutant de la musique au café The Muse,  684 Tandapata, Plaza San Blas, Tél. : 246 332.

Que rapporter

Un peu partout dans les échoppes et marchés, achetez pulls, ponchos et écharpes en laine de vigogne, crèches sculptées, taureaux porte-bonheur.

. A Lima, bijoux et cadres en argent à la galerie marchande du 5411 av. Petit Thouars.

. A Cuzco :

De beaux pulls et écharpes en alpaga véritable à la fabrique de Carlos Pumayali (Tél. : 97 402 11), les statuettes de Vierges aux longs cous de Francisco Mendivil et de belles peintures de « l’Ecole de Cuzco », 619 Plazoleta San Blas, Tél. : 233 247, les statues (belles mais chères) d’Antonio Olave au 651 Plaza San Blas, Tél. : 231 835.

 
Les voyagistes

. Voyager Autrement, 44, rue de Montauban, 93 410 Vaujours, Tél. : 01 41 51 41 50 propose un circuit dans le Nord du Pérou en passant par Lima, Trujillo, Cajamarca, Magdalena, Chachapoyas, Chiclayo, Piura et Punta Sal, avec hébergement dans des fermes ou auberges.


. La Burle, 07510 Usclades, Tél. : 04 75 38 82 44, mail Laburle@wanadoo.Fr organise aussi des circuits pour visiter le Nord du Pérou.

 

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